Gémir n'est pas de mise au paradis de la mouche scatophage.n°1

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chiffonnieres

enfants sur le bord du canal

Chapitre N°1 Le 15 décembre 1951 à 22h30 le monde de DENIS s'écroule...

Sur la voie pavée cahoteuse du quai du canal de l'Ourcq, un bébé emmailloté comme une chrysalide dans un lange presque blanc est bringuebalée parmi un fourbi d'objets hétéroclites dans la carriole à bras que sa maman Jacqueline n'avait de cesse de remplir en bas de chaque immeuble du 19e arrondissement, entre une série de toux grasse dont elle expectorait les substances qui encombraient ses bronches ensuite elle se raclait plusieurs fois la gorge, ce qui lui permettait d'avoir une portée de voix à faire concurrence à la poissonnière du marché rue de Flandre le vendredi pour vendre son poisson paraît-il plus frais que sa voix rauque de mère maquerelle avec son éternel mégot à la commissure des lèvres. Alors que Jacqueline criait sans cesse en avançant dans la rue "chiffons, papiers, peaux d"lapin" elle vivait un bonheur parfait quand sa carriole était pleine à ra bord même s'il fallait libérer de la place en installant le bébé dans un berceau de fortune un ancien cagot de tomates rembourré de feuilles de journaux en guise de literie, relié avec une corde entre les deux brancards qui procurait à chaque pas de Jacqueline un mouvement de balancement qui endormait le bébé, elle tirait cette carriole avec rage pour tenir jusqu'à la fin de la journée. 

Enfin Jacqueline posa sa charrette délicatement ne voulant pas réveiller l'enfant brutalement mais peine perdue Denis avait déjà ses yeux ouverts, il paraissait préoccuper en regardant tout ce capharnaüm autour de lui, il venait de réaliser que ce n'était pas là dans cet agglomérat que sa maman avait amassé avec l'acharnement d'une fourmi qu'il trouvera sa petite cuillère d'argent, il est déjà trop tard, la chance de la plus belle opportunité de sa vie venait définitivement de s'écouler, il vivra donc son enfance avec cette petite cuillère de plomb de substitution, désagréable à sucer donnant un goût ferreux à la bouche, elle se contorsionnera et se pliera dès la moindre pression presque à atteindre sa limite de rupture face à tous les aléas et facéties que l'enfant aura à surmonter pendant une bonne partie de sa vie en évitant que le saturnisme lui plombe le cerveau et ce n'est pas le côté optimiste de la déclaration universelle des droits de l'homme dont l'article premier fait apparaitre :"tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits." Cette belle pensée artificieuse ne changera pas le destin fuligineux que Denis aura à affronter ; d’ailleurs le chaos et le big-bang a vite frappé à sa porte a l'orée de ses 3 ans.

Nous sommes en 1951, il est 22 h 30 à 10 jours de Noël, déjà la nuit était profonde et sombre comme sortie d'un trou noir. Ce soir, l'allumeur de réverbères du "Petit Prince" a failli à son job, aucune étoile ne scintillera rendant l'orientation de la marche de Melchior, Gaspard, et Balthazar impossible. La pluie est glaciale et traversière poussée par une bise mordante venante du nord. Les éclairs sont éblouissants d'une teinte blanche bleutée, elles flashent les ténèbres en formant des zigzags avec des claquements sourds d'une arme guerrière martienne de fin du monde. Jacqueline célibataire 25 ans avait été répudiée par ses parents à cause d'une rencontre d'un amour furtif au bal des pompiers de la caserne voisine du 14 juillet 1947. L'enfant déjà coupable dès sa naissance d'avoir dévoilé et apporté la preuve à la face de son petit monde de cette relation sans lendemain qui aurait dû rester à jamais secrète. 

C'est dans ce tumulte apocalyptique que la dépouille de Jacqueline auréolée du feu de Saint-Elme a choisi de quitter le n°3 de l'impasse de Joinville dans les bras de cette salope de tuberculose qui n'avait pas cessé de lui faire cracher son sang depuis plus d'un an aux portes de l'enfer en se faisant appeler fille de garce..! Elle avait élu domicile chez elle sans relâche pour lui imposer son chemin de damnation, et l'assujettir en lui imposant l'agonie d'une toux perpétuelle, rauque et grasse qui faisait apparaitre à chaque éternuement des soubresauts de sa frêle poitrine en expectorant un fragment de ses poumons malades, elle avait beau agiter un pavillon blanc en pensant obtenir la paix, ou la trêve ou la reddition complète de cette salope, mais hélas ce n'était que son mouchoir propre qui devenait à chaque usage un buvard de son sang noirâtre dont la couleur en était toujours plus funeste...
Son univers était critique et pénétrable, sa mistoufle était sans issue et inexorable, malgré la visite presque quotidienne du curé Jean qui n'était pourtant pas radin de ses prières " Le Notre Père et le je vous salue Marie" en boucle rien n’arrêtera cette marche infernale vers cette maudite fosse commune qui se faisait toujours un peu plus proche à en devenir palpable, seul son enfant de trois ans et l'âme immortelle de Jacqueline se sortira de cette affliction de ce lieu infâme et pourtant en cette période si proche des guirlandes fastueuses donnant l'ambiance surréaliste et festive de Noël à la capitale qu'elle habitait avec son fils. À croire qu'à cette époque de l'année il valait mieux vivre entre un âne et une vache dans une étable que de vivre dans l'indifférence dans une cabane en bois, trop humide et sans chauffage, proche du bassin de la Villette Paris 19e arrondissement à quelques enjambés du lieu mythique " d'atmosphère ? Atmosphère ? Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?" Hélas ! pour Denis jamais il ne donnera la réponse à cette question. Sans aucun souvenir et sans la moindre petite photo du visage de sa maman, comme si elle avait voulu s’effacer et s’excuser d’être passée trop brièvement dans la vie de son enfant en lui voilant les yeux d'un bandeau d'illusion et d'espérance sur un nouveau destin. Durant toute sa vie l'enfant sera frustré de ne pas pouvoir mettre un visage et un physique sur une maman c'est la chose la plus cruelle qu'on puisse faire à un humain, nous ne sommes pas des poussins pour sortir d'une couveuse sans aucun lien nous avons besoin pourtant de ses racines fortes et indispensables entre enfants et parents pour évoluer vers un avenir serein. Vous les docteurs inséminateurs vous verrez un jour vos enfants éprouvettes vous détesteront et vont pourrir votre futur pour vous réclamer une empreinte familiale de leur passé.. La seule marque que Denis ait pu obtenir de sa maman, c'est sa signature arrondie en bas de son acte de naissance. Maintenant que nous vivons dans le monde numérique pourquoi ne pas introduire en cas de disparition des parents une photo de la maman ou du papa sur l'acte de naissance destiné à l'enfant ? Au lieu d'inventer une maman chimérique qui n'apparaît que parfois dans l'imagination de l'enfant avec un voile blanc lui masquant tout son visage qui ne pouvait être que magnifiquement sublime...

Chapitre N°2 Admission quand l'enfant devient pupille... 

Il entendit une voix féminine, neutre et rigide, elle lui était étrangère, non ce n'était pas la voix suave d'amour de sa maman. Il ferma ses yeux à double tour pour ne pas voir cette personne intruse qui l'interpellait, mais peine perdue, il sentit une pression délicate sur sa paupière droite. Il ouvrit l’œil sous l'impulsion, surpris ! Il le referma aussitôt en tournant la tête en sanglotant ce qu'il venait de voir ne le rassura vraiment pas, penchée sur son lit la tête céleste d'un ange avec une coiffe blanche immaculée, il pensa que sa maman l'avait aussi emmené dans son voyage sans retour. Non ! Il le referma aussitôt en tournant la tête en sanglotant ce qu'il venait de voir ne le rassura vraiment pas, penchée sur son lit la tête céleste d'un ange avec une coiffe blanche immaculée, il pensa que sa maman l'avait aussi emmené dans son voyage sans retour.

Cet établissement ne lui était d’ailleurs pas étranger, car c'était à cet endroit précisément qu'eut lieu sa naissance, trois ans plus tôt. Denis en était donc à sa deuxième naissance. Il venait de faire connaissance avec ça une nouvelle maman, elle répondait au doux nom affectueux de la DDASS de la Seine. Cette institution à cette époque avait une curieuse idéologie, son credo était de couper l'enfant de son contexte familial y compris en séparant les fratries. Plus aucun cordon ombilical ne devait retrouver un lien de parenté. La psychologie infantile n'existait pas ou à peine.

Denis allait donc contribuait au repeuplement de la Charente pour contrer l'exode rural. Cela eut lieu juste un an après le décès de sa maman, La DDASS décida de lui faire quitter l'hospice de Saint-Vincent-de-Paul de Paris en direction du doyenné d’Angoulême Denis y était en transit de quelques semaines pour une destination vers une nourrice charentaise, le lieu était un grand espace avec une grande baie vitrée donnant sur un parc ceinturé par un haut mur, la pièce contenait une vingtaine de berceaux identiques bien alignés sur quatre rangées au fond de cette pièce une imposante armoire en bois vernis qui était une glacière chaque matin un homme y venait la garnir de longs pains de glace qu'il chargeait par-dessus. Cette énorme glacière placée dans un dortoir n'était certainement pas dans cette pièce et à cet endroit précis pour meubler était-elle là pour des raisons alimentaires comme pour tenir les biberons au frais ou pour servir de morgue aux nourrissons victimes de la mort subite...? Nuls pensionnaires ne pouvaient voir la manutention du contenu qu'elle enfermait secrètement derrière ses quatre portes a poignées hautement sécurisées. Denis avait compris qu'il ne fallait pas se tromper de sortie de cette crèche et que seule celle sur le parc paraissait la plus rassurante. Quand la maman DDASS, vous placez sa chaîne autour de votre cou, c'était un bon signe que vous alliez quitter la pouponnière et que vous veniez de décrocher un certificat de viabilité le passeport pour un placement. La médaille du collier était indécrochable grâce à son fermoir scellé, sans la gravure du Christ ou de la vierge et ni aucun patronyme et ni date n'apparaissaient sur les revers de la médaille en acier blanc, seuls les chiffres d'un matricule gravés grossièrement apparaissaient sur une face. Sous aucun prétexte, l'enfant ne devait se séparer de ce collier en cas de rupture la DDASS devait en être informée sous 24h pour obtenir une nouvelle fourniture. Le retour de ce collier sans le titulaire à l'agence était un mauvais présage, il annonçait trop souvent une fin de vie prématurée du pupille. Ce système était identique pour comptabiliser et identifier les dépouilles des militaires au front. Dès son placement dans une famille nourricière sans adoption, l'enfant devenait la propriété de l’État pour épouser le statut de pupille de l'assistance de la Nation. Il n'était plus qu'un matricule chez la famille Tartempion, il recevait son trousseau de vêtements, tous identiques suivant son âge et son sexe, un livret suivra l'évolution de l'enfant jusqu'à sa majorité, où il sera inscrit les maladies, les vaccins, les trousseaux perçus, les adresses des hébergements chez les parents nourriciers et la perception de leurs mandats et les visites sans surprise des inspecteurs de l'agence d’Angoulême.

Chapitre N°3 Premier placement chez des parents nourriciers.

Parfois, l'inspecteur mettait une annotation style " pourrait mieux faire ou enfant sage, et même trop sage, pas motivé, ou la meilleure de toutes et certainement la plus offensante pour un pupille "enfant limité"

avec cette mention vous aviez un visa pour toute la durée de votre adolescence.

Les rares visites des agents de la DDASS étaient orientées en principe que sur l’hébergement sanitaire et l'école les questions étaient orientées en direct au pupille sur la famille d’accueil en leur présence ce qui rendait impossible de communiquer une situation réelle. Une analyse comportementale du pupille était effectuée sur son humeur joyeuse ou belliqueuse ou sur la toxicité de son caractère, s'il possédait la fureur de vivre d'une cagouille, cette option n'était pas pour déplaire aux agents inspecteurs en sachant que pour plus tard, il sera plus facilement cassable qu'un enfant trop exalté, quant à la première famille nourricière les Dupuis dans ce couple, il n'y avait que du triste entre eux et ils trouvaient salutaires cette mollesse de l'enfant qui n'était qu'un avantage, bien pratique surtout pour madame afin de pouvoir vaquer à d'autres occupations.
L'enfant vivait uniquement dans cette pièce principale et centrale de la maison, le lieu de vie de la famille qui ressemblait à un décor d'une scène de théâtre avec son escalier rustique au fond de la pièce sa grosse horloge comtoise face à l’entrée, à droite la grande cheminée campagnarde, au beau milieu de la pièce s'imposait une longue table massive, les cinq portes latérales ouvrant dans d'autres pièces, les chambres, la cuisine, ou encore une souillarde et le chai.
L'enfant était déposé à même le plancher dans un parc une fabrication maison idem à celui des poussins, il jouxtait le lit de la mémé veuve de la première guerre, toute tremblante et radoteuse, son corps du côté gauche était raide suite à un avec suite à l'accumulation de tous ses malheurs d'avoir perdu son père puis son époux à la guerre de 14/18. Ce fut un dur labeur quotidien qui avait succédé à sa vie aisée pour élever sa fille orpheline. Plus jeune, elle n'achetait aucun aliment tous devaient sortir de sa ferme seule l'exception le sel, et parfois des sardines fraîches quand c'était le jour de la foire et qu'elle avait bien vendu ses volailles et ses lapins. Plié en deux, elle sarclait des rangs interminables de betteraves fourragères de patates et une vigne l'ensemble était d'une vingtaine hectares. Elle avait aussi du bétail six vaches normandes  et deux chevaux. Elle avait hérité de la propriété de son défunt père. Maintenant, le regard pétillant de sa jeunesse était fixé sur la porte dans l'attente d'un “toc toc” pour que la porte s'ouvre sur le passage d'un visiteur qu'elle voyait flou à cause de sa cataracte ce qui l'arrangeait bien, vu qu'elle ne se souvenait et ne reconnaissait presque plus personne de son entourage. Elle était là assise sur son lit, là où sa fille sans affect l'avait installé dès le matin avant d'aller soigner les animaux de la ferme. Alors que son gendre après la traite matinale était déjà en train de sulfater la vigne contre le mildiou avec Bijou son cheval de labour. L'enfant lui gazouillait en poussant ses cubes en bois avec les mains ou ses pieds selon la proximité de ceux-ci sans une destination précise, seulement pour découvrir les images animalières des autres faces. L'enfant n'attendait vraiment personne, sa seule sortie de cette pièce, c'était pour accompagner sa mère nourricière aux travaux des champs qu'elle roulait dans une brouette en bois à fourrage en guise de poussette. Quant à la mémé toujours dans ses fantasmes, tous les matins, elle était à l’affût du ronronnement rauque venant du village voisin de la Motobécane jaune 125 cm3 équipée de trois énormes sacoches en cuir rempli de courrier. Elle pouffait d'impatience, de voir le facteur un jour lui glisser un courrier dans la main, “ le cerveau calcule, l'esprit se languit et le cœur sait ce qu'il ressent."
Elle était tellement obnubilée que chaque jour, elle tendait la main au facteur, par compassion, il lui aurait bien écrit cette lettre, mais avait-il franchement le droit d'entretenir sa folie ? En lui écrivant cette ultime lettre enflammée de son feu chéri militaire polonais blond comme les blés qu'elle attendait et qu'elle déifiait toujours. Elle le trouvait si beau dans sa tenue d'aviateur. C'est le baron rouge cet aviateur ennemi à sang-froid qui ne voulait pas partager son ciel, il était redoutable dans les airs, avec un palmarès de 80 avions descendus, c'est lui qui l'a abattu sans aucun scrupule un matin d'avril 1917, il est sorti par surprise d'un stratus cumulus comme un éclair avec la gerbe d'une étoile filante de son arme fatale sa mitrailleuse LMG qui équipait son triplan Fokker rouge, la rafale avait déchiré le blouson Top Gun Navy d'où le sang de son cœur d'amour jaillissait, en lui fermant définitivement ses beaux yeux dorés dans la chute fracassante d'une boule de feu qui se dirigeait ci-bas vers l'enfer des hommes. Il est vrai qu'avec ce genre d’exercice, il n'avait aucune chance de mourir de vieillesse dans le lit conjugal auprès de son épouse aimante. D'ailleurs, un an plus tard, c'était à son tour au Baron Rouge de venir tutoyer à son tour l'asphalte de l'enfer dans une boule de feu en volant à basse altitude pour échapper à une escadrille de la Royal Air Force, c'est du bas qu'une D.C.A alliée l'a stoppé donnant fin ainsi à son décompte macabre.

 

Chapitre N°4 Trouver une famille pour élever ou adopter un orphelin ce n'était pas le but des instances Charentaises.

Il fallait placer un maximum de pupilles dans ces fermes insatiables de bras, où ils assureront une main-d’œuvre gratuite et malléable à volonté. Alors que le fils héritier qui lui était bien né faisait ses études supérieures en agronomie, pour plus tard poursuivre l'activité de l'exploitation qu'il aura triplé grâce à un mariage plutôt terrien que d'amour avec sa voisine cela lui permettra d'obtenir son premier tracteur Mc Cormick rouge et bien plus tard, il paradera aux abords de la préfecture avec un gros 4x4 ou avec une grosse berline Mercedes pour déguster les Ferrero de Monsieur le préfet et des pontes de la FNSEA. Le rapport avec l'argent chez certains charentais était troublant et indiscernable pour imaginer que la sueur d'un pupille qui travaille de 6 h à 20 heures sur 7 jours ne pouvait à peine parvenir à rembourser la pension du" logé, nourri et blanchi, " telle la situation à celle de l'esclave à qui l'argent et la rémunération étaient un tabou et une réalité impossible à imaginer... Aucune mention de la vraie famille ni de son lieu de naissance ne devait être dévoilée au pupille. Le vrai patronyme de l'enfant dans la famille d'hébergement ou à l'école ne devait être utilisé seulement que dans une situation exceptionnelle, en privilégiant le prénom ou un sobriquet afin que l'enfant ne se pose pas des questions embarrassantes sur le nom différent de la famille accueillante. Et si une personne était un peu trop curieuse sur le passé du pupille, elle était vite dissuadée par la gendarmerie de passer son chemin après avoir subi une enquête bien fouillée. Le pupille devait être une personne protégée venant de nulle part, dont la mémoire auditive et visuelle avait été effacée du disque dur du cerveau. Il n'était donc pas question qu'un témoin ravive la vie d'avant en apportant des témoignages pour brouiller le vide du passé qui aurait pu se réactiver en remettant des jalons dans le cortex cérébral de l'enfant. Les pupilles étaient déplacés systématiquement de la capitale. Ils étaient accueillis lors de leur arrivée dans un foyer doyenné d'Angoulême, puis ils étaient envoyés dans des familles d'accueil ou suivant l'âge chez des paysans à travers la Charente dont certaines familles les utilisaient comme bonne à tout faire ou pour travailler sans salaires à vie. Aujourd’hui, cet espace n'existe plus toutes les archives sont concentrées à Paris au centre de Saint-Vincent-de-Paul. Dix ans après d'autres départements avaient encore besoin de bras pour le repeuplement rural comme dans la Creuse ce qui fut un vrai scandale...! Par duperie et falsification la DDASS a abusé de la naïveté de certains parents réunionnais pour kidnapper 1632 enfants pour les inscrire avec la mention comme "pupilles abandonnés définitivement". Monsieur Michel Debré était le ministre et l'instigateur, c'est lui qui a organisé cette rafle d'enfants.

Le rouge de la honte qu'il a refusé d'assumer et qui pourtant empourprait complétement son visage tout en arborant sans honte ce ruban rouge qu'il portait avec fierté et zèle à la boutonnière.

Pourquoi monsieur le ministre dans votre généreuse et grandeur d'âme, vous n’aviez pas aussi envoyé vos quatre enfants pour parfaire à votre grande  cause au lieu de vous servir uniquement des enfants de certaines familles par ruse ou vous servir des enfants pupilles de la DDASS pour repeupler le trou du cul de la Creuse ou de la Lozère pendant que vous gardiez confortablement vos enfants bien au chaud chez vous où dans le ministère des Dom-Tom ou à Matignon afin  qu'ils puissent faire des grandes études dans les plus prestigieuses écoles de l’État...? 

La DDASS avait décidé que Denis à ses 15 ans devait maintenant atteindre une partie de son autonomie. Ce qu'il voulait dire que l'adolescent devait s'autosuffire en logement, en nourriture et en argent de poche ce qui était pour ce dernier selon le bon vouloir de l'employeur qui souvent n'était rien. Cette décision était aussi brutale et du même acabit que celle de l'oiseau qui niche sur les hautes corniches rocheuses maritimes pour paraît-il protéger son unique poussin des prédateurs au sol, alors qu'une chute hors du nid pour son poussin sans la formation des ailes était irréversible.
C'est la mère qui avait la décision du grand jour de l'autonomie de l'envol de son unique oisillon, elle le poussera hors du nid avec une violence déterminée en assumant le geste sans aucun regret du grand saut à la vie ou à la mort de son petit, s'il a le bonheur de la suivre en planant et d'atterrir sur les flots à côté de sa mère, il sera effectivement adoubé à la vie, par contre s'il loupe son envol et qu'il ricoche d'une corniche à l'autre comme une pierre pour finir son saut de la mort en contrebas fatalement, il s'en sera déjà fini pour lui. Seuls les prédateurs abrègeront sa souffrance. Denis en quittant l'école avait eu cette forte sensation d'abandon, deux choix se présenteront face à lui pour obtenir une réussite conventionnelle et discrète dans les clous ou croupir dans les enfers que notre société avait bien imaginés et bien pourvus sans issue de secours.

Chapitre n°5 Des travaux titanesques sur la planète de la haute sphère de la consanguinité...

C'est à la sueur acide dégoulinante du front brûlant les yeux et à la force de ses biceps en formation de ses bras qu'il allait devenir indépendant avant même de réussir à devenir un adulte dans cette société impitoyable. Il trouvait que son premier chantier pour ses 15 ans chez les fermiers Arnault, c'était déjà du costaud le terrassement était d'une ampleur pharaonique rendant ce labeur de la démolition épuisant, il fallait être Hercule pour dézinguer cet ancien pressoir vertical pour rénover le chai afin de construire une nouvelle cuve en béton, et préparer l'installation du nouveau pressoir horizontal. 

Entre des tonnes de gravats, le sable et les pierres et le ciment qu'il fallait brasser à mains nues à la pioche ou à la pelle tous les jours et trop souvent avec l'estomac creux. En plus chez les Arnault rien n'était dans la normalité, tous les jours, il se passait des événements curieux, cela n'était pas rassurant pour la défiance que Denis accordait à cette famille, pourtant, il était déjà bien blindé par son enfance assassinée...
Tous les matins, il y avait ce gamin de 7 ans qui était en crise, en jetant tous les accessoires de cuisine des placards en se roulant sur le sol de la pièce quand il ne s'en prenait pas aux barriques de pineau du chai en émettant des cris stridents cet enfant était déjà accro au vin rouge ou à la niôle et à tout ce qu'il pouvait contenir de l'alcool. Il y avait aussi ces hommes et ces femmes d'une trentaine d'années qui étaient toutes simples d'esprit à cause de leur consanguinité, ils criaient en s'amusant à courir derrière les poules et les canards en imitant avec leurs bras les battements d'ailes de la volaille, comme l'aurait fait un enfant de la ville en voyant pour la première fois une basse-cour, les chiens et les chats connaissaient la finalité de ce tumulte annonciateur d'une victime potentielle de jeu sur une volaille qui allait devenir un ballon, ils disparaissaient vite fait de la cour de la ferme afin de ne pas devenir à leur tour l'objet central de leur jeu favori du massacre à la basse-cour. Les Arnault avaient à peine terminé avec leur petit-fils dans la cuisine qu'ils devaient très rapidement trouver des travaux dans les champs avant que la bande se désagrège et qu'elle parte en vrille, il fallait vite reprendre en main les simplets.
La fratrie était composée de deux sœurs et trois frères, enfants de madame et monsieur Arnault qui à leur tour ont eu trois enfants en pratiquant des relations incestueuses entre frères et sœurs. Ils ont donné naissance à deux filles la première avait 15 ans, la cadette, 14 ans plus le gamin de 7 ans sans savoir qui était leur père parmi les trois frères, d'ailleurs ce n'était pas leurs soucis et elles ne désiraient certainement créer ce genre de lien, leur unique famille s'arrêtait à leurs grands-parents. Physiquement, elles étaient belles et différentes de l'une de l'autre, elles faisaient des études brillantes, elles n'avaient rien à envier à ces gamins paraient-ils bien nés qui pourtant étaient cons à bouffer du foin. On sentait bien un complexe et une certaine gêne chez les deux sœurs leurs regards étaient fuyants surtout si elles croisaient une personne informée sur leur situation familiale dont certaines ne se privaient pas non plus pour cancaner sur leur famille tuyaux poêle.

Au pire ! Elles auraient d'ailleurs préféré la situation de Denis être orphelines de parent inconnu ou naître même sous X, ce qui aurait été certainement plus confortable et le moins pire pour elles que de porter cette bosse à vie au risque même de revoir apparaître les effets de cette consanguinité à la génération suivante. Concernant leur jeune frère de sept ans, lui, il était déjà irrécupérable, son biberon n'avait jamais été blanc depuis belle lurette, son visage sous l'effet du manque était déchirant avec la folie qui s'exprimait dans ses yeux, on aurait dit le petit garçon Oscar avec son tambour qui refusait de grandir comme dans le film. Il était gravement atteint par ses crises de delirium tremens suite à son addiction à l'alcool, il faut dire aussi à sa décharge qu'il n'était franchement pas possible de vivre normalement quand on éclos dans ce capharnaüm familial...


Chapitre N°6 Quand le plombier entreprenait sa démarche du flamant rose pour aller à la chasse du sexe. 

Ce chantier à mesure de son avancement devenait un insupportable supplice pour Denis entre les fils et filles de la maison qui avaient oublié de grandir, il flippait carrément, en les voyant surgir de nulle part avec une expression agressive ou une joie hystérique qui était d’ailleurs la plus terrorisante. Plus tard entra dans la danse ce nouveau prestataire un plombier qui n'apportait franchement pas une sérénité sur ce chantier qui était déjà extravagant. Ce vicelard de quarante ans, une putain de folle de charentaise, dans son obsession de vouloir se taper un gamin de 15 ans, il était dans tous ses états, dans une hystérie psycho-sexuelle, il n'était plus qu'un cerf en rut il ne lui manquait plus que le cri du brame. Il ne maîtrisait plus rien son cerveau était passé uniquement en mode reptilien, son comportement devenait primitif, sa pulsion n’obéissait plus qu'à la volonté de sa prostate. Il cherchait des subterfuges pour effectuer des tentatives d'approche afin que son délire devienne tactile. Sa démarche ressemblait à celle d'un flamant rose qui irait à la chasse aux papillons en dessinant des volutes dans l'air avec ses bras en guise de filet, plus rien ne pouvait freiner son ardeur, il était dans une obsession totale, il fallait par tous les moyens qu'il atteigne son objectif de caresser les fesses et surtout atteindre son objectif de capturer le sexe de Denis, il osait toujours plus, pour atteindre son but, ce qui au premier plan amusait son patron ce barjo de Moreau, alors que son apprentie était dans une mouise et une panique totale, lui il s'en amusait avec délectation au lieu de calmer cet olibrius sur le champ, il demanda à Denis de garder son sang-froid voyant qu'il s’apprêtait à lui asséner un coup de pelle sur la tête, de ce vicieux au comportement salace. Denis avait vraiment hâte de quitter cet endroit abracadabrantesque mais ce n'était pas à lui de décider.

Chapitre N°7 Qu'a t-il fait pour mériter ce bagne et cette prison ?

Qu'a-t-il fait pour mériter ce bagne et cette prison ? Monsieur Moreau était un homme de 38 ans, il avait quatre filles la plus âgée Isabelle avait l'âge de Denis 15 ans et les autres se suivaient avec un décalage d'une bonne année et demi entre elles afin que leur maman puisse être un peu valide pour l'aider dans la maçonnerie. Toutes ses filles avaient la même maigreur avec leur visage de la blancheur du lait, des cheveux blonds roux cuivrés, elles avaient toutes subi la coupe à la Clovis réglementaire de madame Moreau. Denis ne voyait que très rarement les filles, car il habitait à l'écart de la maison familiale, dans une cabane humide et spartiate, une ancienne réserve à patates.

Le sol était en béton brut avec des murs en pierre qui suintaient ou ils produisaient une poussière blanche suivant le temps extérieur, un lit métallique à une place, un seau galvanisé, une cuvette jaune émaillée, une chaise avec l'assise en paille éclatée, un ancien volet posé sur deux piles de briques, une nappe confectionnée avec les feuilles jaunies d'un journal faisait office de table, une table de nuit déclavetée sur trois pieds avec un tiroir sans fond, une penderie souple de couleur grise, il est vrai que le mobilier IKEA n'était pas encore dans ce monde. Pour se retrouver dans la pire des prisons et du bagne de la Charente. La directrice de l'école de Montmoreau en pensant bien faire l'avait signalé à l'agence. Ce n'était même pas parce que son institutrice l'avait oublié au fond de la classe, une place que Denis appréciait beaucoup, il ne l'aurait pas cédé même contre son plumier en bois garni de crayons ou de ses coureurs en plomb dans le fond de son cartable dont il était un fervent collectionneur, son sac de billes, d'agates et de calots était de l'importance de son habilité féroce pour les gagner. Le bonheur de Denis était d'observer toute la classe sans être vu ; les embrouilles, les chouchous de l'institutrice, les premiers flirts, les roublardises, les petits mots qui passaient entre toutes les mains pour arriver enfin au destinataire, quand ce n'était pas l'institutrice qui neutralisée le parcours du télégramme scolaire avec l'effaceur du tableau qui n'atteignait pas toujours la bonne cible, mais la maladresse était vite compensée avec quelques caramels par contre le vrai coupable goûtait à la règle en ébène avec ses angles en métal doré, pour faire vraiment mal en frappant l'extrémité des doigts. Denis partait souvent pour un long voyage en s'inspirant des planches de l'histoire de France accrochaient au mur, il se racontait une histoire, son histoire bien à lui, il était nul en interrogation pour réciter les dates historiques, elles refusaient de se graver dans sa tête par contre il connaissait certaines dates qui hélas ! N'étaient pas celles du programme scolaire.

Le 12 avril 1961 à 9h07, un cosmonaute URSS Youri Gagarine avait atteint l’altitude maximale de 327 km avec une vitesse de 28.260 km/h. Il était la première personne à avoir été aussi haut et aussi vite. Il a tout simplement dit de son excursion ", C'est très beau". Ce modeste fils de charpentier a été choisi en plus de ses qualités d'endurance pour sa petite taille pour pouvoir rentrer dans le vaisseau Vostok. Vous remarquerez que les fils de charpentier ont toujours eu des destins fabuleux... Mais ce n'était pas ce que voulait entendre l'institutrice, car l'importance de ce jour, c'était la date de naissance de François 1er de France, le 12 septembre 1494, à Cognac, Alors que la ville voisine de Jarnac 422 ans, plus tard, y naissait un autre roi François le 26 octobre 1916 monsieur Mitterrand, il sera président de la République française le 21 mai 1981.

Chapitre N°8 Mais qu'est-ce qu'il a ce Robert à piquer du nez dans son assiette ?

Voilà comment Denis s'est retrouvé dans cette galère moitié chien de traîneau moitié garçon et faire aussi le cheval de trait chez ce taré au lieu d'aller à l'école. La situation du moment était autrement plus terrifiante que celle de chez Marcelle cette mère nourricière qui jouait effectivement trop souvent avec son martinet, et les corvées qu'elle empilait comme un millefeuille en moins digeste, depuis qu'elle avait acheté une boulangerie à Montmoreau à la place de son épicerie de Fontafie pour son fils Michel un homme de 28 ans qui était un homme râblé tout en nerf, il avait plutôt de la sympathie pour ses trois chiens courants quand il était à la chasse, puis les ignorait ensuite hors période de la chasse. Denis avait hérité de la corvée de nettoyer la dalle de ciment où ils étaient enchaînés durablement, pour Michel, Denis n'était pas de son monde, il l'ignorait superbement ou le snober totalement malgré les douze années passées sous le même toit. Denis n'était qu'un sous être pour lui, pourtant, il savait l'utiliser sans ménagement pour le soulager de certaines besognes que son dos ne pouvait pas parfois lui permettre d'effectuer. Quant à Robert l'époux de Marcelle un taiseux transparent, il promettait à Denis sans jamais rien tenir un exemple " Pour ta place de cinéma que je t'ai proposé va demander l'argent à Marcelle." Cette demande Marcelle, la radine l'avait trouvé effectivement excessive, "attend ! Pourquoi une récompense, c'est franchement n'importe quoi cette générosité de la part de Robert, je ne vais quand même pas établir un bulletin de salaire à chaque fois que tu nous rends un service...?" ça seule particularité après chaque dîner, il piquait du nez dans son assiette heureusement vide, Marcelle à grands coups de taloches en l'invectivant copieusement "de bourriche à vin, de feignasse" et de lui reprocher de quitter une conversation sans sommation. Elle avait tôt-fait de mettre un terme à son voyage inopiné, le visage rougeaud de Robert commençait à reprendre vie, vu son temps de réadaptation, on sentait bien que Robert avait été contrarié par cet atterrissage un peu trop brutal suite à la tempête rageuse de Marcelle. Robert laissait toutes les initiatives à la charge de Marcelle, car comme il le disait si bien "elle porte si magnifiquement la culotte avec élégance et avec la toute-puissance de l'autorité malgré son absence de burnes à l'intérieur.

Chapitre N°9 Valérie ! C'est quoi ce putain de jeu du touche pipi...?

Il y avait aussi Valérie la fille, déjà une vraie nana sensuelle à l'opposé de sa maman, une belle brunette pétillante avec ses cheveux longs qui couvraient ses épaules avec une frange en limite de ses grands yeux de biche, elle avait déjà de magnifiques reliefs corporels, quand elle passait près des hommes, ils ressentaient une légère brise chaude tel un sirocco à la fragrance olfactive envoûtante de mandarine et de magnolia qui ne laissait aucun homme indifférent. Denis âgé de dix ans était déjà son jouet, elle était doctoresse quand elle ne faisait pas en vrai le rôle de la maman chevauchant gaillardement le papa, heureusement pour Denis, cette période n'a duré que le temps d'une passade de quelques mois, car il saturait des jeux fantasmatiques que Valérie lui imposée. Du haut de ses seize ans dont elle paraissait dix-huit et l'assumait comme une évidence Valérie était donc très vite passée aux choses sérieuses, les chevauchées fantastiques avec Denis l'avaient trop laissé en plan sur un désir inassouvi pour persévérer dans ce jeu de touche-pipi. Elle s'est vite essayée avec quelques voisins des fermes environnantes sans aucune discrimination du riche propriétaire au garçon de ferme, le scandale arriva avec une histoire de détournement de mineur avec un bourgeois marié qui était un garagiste agent d'automobile Peugeot de la commune. Pourtant pour la vertu, il avait un prie-dieu perso côte à côte avec celui de madame son épouse gravé à leur nom au premier rang de l'église de Saint-Aignan à Luxé 16. Car ils étaient des généreux donateurs de la paroisse.

Chaque dimanche, ils étaient là à leur place, car il fallait être vu par tous les notables de cette petite localité pour l'exemple, sans jamais rater la distribution des hosties à genoux les mains jointes la bouche ouverte avec la langue sortie, dans cette posture, on avait l’impression de voir Mickey le chien ratier de Marcelle, debout sur ses pattes arrière pour attraper le morceau de sucre qu'on lui tendait. Marcelle étant dans l'incapacité de maîtriser sa fille même de l'enfermer dans sa chambre cela n'était pas tenable, on n'étouffe pas un Etna avec une couverture. Comment pouvait-elle empêcher l'extravagance de cette élégante et magnifique nymphe accro au plaisir de virevolter en mai sur un plan d'eau, tapis de nénuphars aux fleurs rouges, jaunes, ou blanches offertes sans la moindre pudeur, elle en avait toute sa déraison face à ces étamines qui lui étaient tout acquises, à la moindre brise, que produisait son souffle chaud stationnaire au-dessus de la fleur choisie qui animait la danse et le chant de la nature et de son imagination qui se représentait sous les traits d'un jeune garçon d'une beauté ravissante prendre ses ébats avec Naïade la nymphe, qui préside aussi  la vie de la source de ce lieu magique en se créant des cyclones d'amour pistillaire à l'intérieur de sa corole de pétales. La seule réponse adéquate que Marcelle trouva pour éteindre la polémique a été de détourner cette lave incandescente que sa fille était, en déménageant afin de trouver un lieu anonyme où personne ne connaîtrait ses désirs et où elle n'aurait plus toutes ces granges et ces remises pleines de paille où elle avait ses habitudes pour ses rendez-vous démoniaques à la jouissance.


Chapitre N° 10. Mon Dieu ! Ce village, c'est le diable qui l'avait vomi en voyageant entre Angoulême & Limoges, même le guide Michelin ne l'avait pas référencé...

Marcelle se décida pour une épicerie lugubre de Fontafie. situé dans le centre en bordure de l'unique route transversale du village constamment les néons de la boutique restaient allumés, car à chaque passage des camions de l'usine une masse sombre envahissait le magasin. Il fallait voir Marcelle au milieu de sa boutique, elle était facile avec les clients, elle aurait été même capable de vendre du lait tourné à une vache. Le vin coulait à flots pour étancher cette soif persistante venant de cette poussière d'argile qui chargeait l'air, l'abus de cette boisson faisait parfois apparaître un semblant de ciel bleu, mais le mauvais vin blanc muscadet trop acide ou le monbazillac trop sucré mélangé à de la limonade ou à du Perrier pour donner du pétillant à cette boisson sans obtenir pour cela une belle ivresse joyeuse et euphorique à cause de la migraine qui sévissait auparavant. Les corbeaux avaient l'interdiction de survoler le village pour qu'ils ne soient pas tentés d'organiser un suicide collectif en se jetant sur la cheminée gracile fumante de la tuilerie, en voyant le spleen et la loose et savoir comment réussir la parfaite misère, les habitants régnaient ici-bas en noir et blanc, on imaginait pouvoir rencontrer, Michel Simon dans la peau de Zabel ce pourri ! De tuteur dans le "Quai des Brumes" sans jamais pouvoir y croiser les beaux yeux de Michèle Morgan. Le village vivait au rythme cadencé du seigneur des lieux de la tuilerie, la sirène sonnait journellement l'embauche, la pause, la débauche. Parfois, la cloche le bourdon de l'église sonnait surtout pour le glas, par l’aumônier de la SA PERRUSSON. Pour les enterrements, le corbillard municipal noir avait des liserés blancs, il était tiré par un cheval blanc qui d'ordinaire était utilisé pour le ramassage des poubelles, pour cet événement, il était en tenue de parade joliment habillée d'une étoffe noire avec une croix en argent de chaque côté du poitrail de l'animal sur sa tête entre ses deux oreilles était posé une grosse étoile argent rayonnante d'une multitude de petits brillants bleutés tout cet attirail funéraire avec l'animal était offert gracieusement par la S.A PERRUSSON qu'elle accordait à ses salariés pour leur dernier voyage. Dans ce lugubre village, les enterrements paraissaient presque féeriques. C'était le seul moment de la journée que les camions-bennes de l'usine pleins de glaise cessaient leurs navettes sur l’itinéraire de l'église au cimetière qui était d'ailleurs l'unique artère transversale du coron, elle partait de la carrière pour aller à la fabrique qui était presque à l'autre extrémité. Cette route était impraticable par temps de pluie, tapissée par l'argile, elle devenait très glissante et à chaque passage de ces monstrueux camions qui aspergeaient copieusement avec la gadoue les piétons ou les véhicules qui roulaient en sens inverse, elles devenaient pour un instant aveugle par les projections boueuses sur le pare-brise, ce qui donnait aux véhicules l'impression de revenir d'un safari boueux africain.

Des maisons toutes identiques de l'usine bordaient cette route principale, elles étaient classées par catégories hiérarchiques du personnel de l'usine, les petites maisons étaient  collées les unes sur les autres à 2 pièces en rez-de-chaussée, elles étaient réservées aux ouvriers (o.s) sans grade

dans ces maisons les cloisons étaient aussi légère que du carton, les occupants devaient attendre pour faire l'amour discrètement quand le voisin était en brigade décalée des trois huit, s'il ne voulait pas entendre le lendemain en public dans le vestiaire de l'usine des réflexions désobligeantes style " alors ! La nuit a été torride ? Ou tu as fait cela comme un piaf sur le bord d'une gouttière, ou madame était insatiable deviendrais tu impuissant..?"

 Quant aux maisons des cadres et des assimilés elles étaient en retrait de la route sur deux niveaux très vastes sur un grand terrain et sans aucune mitoyenneté.

En place depuis deux ans à l'épicerie de Fontafie toute la famille de Marcelle s'était éparpillée, concernant les deux fils Claude effectuait son service militaire du côté de Romilly s/seine quant à Michel lui, il était ouvrier boulanger à Angoulême quant à Valérie, Marcelle lui avait concocté un passage obligatoire pour une durée de deux ans de sa vie de jeune fille, elle s'est retrouvée interne dans une école familiale, ménagère, disciplinaire du côté de Limoges pour apprendre à devenir une bonne maîtresse, ce qui était déjà dans ses cordes, mais concernant l'entretien de la maison une seule pièce était sa préférée et mériter toute son attention ce n'était que la chambre à coucher... Contrainte, elle apprenait à longer un bébé fictif, elle apprenait aussi à faire la cuisine et à tricoter, puis à repasser ou à apprendre à effectuer des canevas afin de les faire admirer plus tard à ses convives ses œuvres dont les "glaneuses" ou " l'angélus" de Jean-François Millet, elles seront accrochées au mur en bonne place, juste au-dessus du chien couché la langue pendante et les oreilles droites en plâtre verni posé sur un napperon en dentelle sur le confiturier. Valérie n'était pas heureuse dans cet établissement, effectivement il était trop disciplinaire et catho à son goût, il y régnait une ambiance de rigueur et d'une sévérité de fer qui n'avait rien à envier à celle d'un couvent. Non ! Ce n'était pas un paradis pour y croquer la pomme, quoique certaine l'aient déjà dégusté avec délice, pour se donner bonne conscience, elles disaient avoir été surprises dans un moment de faiblesse par une étreinte irrésistible trop foudroyante et passionnelle qui rendait vaine la volonté de se raidir pour résister à cet acte si désiré. Pour Valérie à 17 ans loin des hommes, ce n'était pas vivable et intenable pourquoi devait-elle se privait de ce bonheur et passer par la case ménagère pour devenir la parfaite épouse d'un seul homme une situation qui ne lui paraissait pas la plus parfaite et la mieux adaptée à son tempérament de nymphomane insatiable.

Dans l'internat heureusement que sa voisine de chambre Marie Paule qui avait l'apparence d'une fille désuète qu'elle cultivait avec soin pour paraître une vraie sainte ni touche avec son chignon et ses lunettes rondes et sa légère poussée d'acné frontale, qui la frustrée horriblement tout en lui donnant une apparence austère, elle bernait l'encadrement tant qu'elle était insoupçonnable, transparente comme une oie blanche, en retour elle avait une paix royale pour se livrer secrètement à ses relations amoureuses. Marie-Paule était très demandeuse d'une douceur et d'une affection féminines, elle pouvait compter sur Valérie toujours en manque et en pénurie en l'absence des hommes ce n'était pas pour elle le nirvana, mais déjà un merveilleux ersatz, car il fallait bien que son corps exulte.

Marie Paule, c'est elle qui veillait jusqu'à minuit pile pour obtenir son moment câlin sous ses draps, suivant le sommeil des six autres pensionnaires qui partageaient la chambre, ce qui conditionnait le lieu du rendez-vous, car il ne fallait surtout pas qu'une des autres filles du dortoir puisse s'en apercevoir pour aller cafter à la directrice, sinon par précaution, elles se rencontraient dans le bloc sanitaire hors du dortoir de l'autre côté du couloir, mais avant tout il fallait attendre l'unique passage de la surveillante de nuit qui sortait de sa loge du rez-de-chaussée, à pas de loup elle avançait comme pour surprendre une proie, seule sa lampe torche de flic la trahissait, son approche était toujours méthodique elle n'allumait aucune lumière, elle orientait son faisceau de lumière vers chaque lit, parfois, elle chuchotait et réconfortait des pensionnaires qui avaient du vague à l'âme en leur caressant le visage avec infiniment de tendresse. Quand elle ne percevait pas la tête de la pensionnaire, elle soulevait le drap pour être sûre qu'elle n'avait pas fugué dans une autre chambre de l’établissement ou contrôler que tout était normal au sous-sol de la pudeur.

David le frère de la DDASS de Denis, huit mois après son arrivée chez Marcelle, il était devenu pensionnaire à l'Institut médico-pédagogique au village bien nommé de Breuty proche d'un asile de fous. David âgé de 11 ans ne revenait que deux fois par an une semaine à Noël dont quatre pour le mois d’août jusqu’à ses 15 ans. David malgré le cauchemar et l'incompréhension qu'il devait supporter à l'IMP, il trouvait qu'à Fontafie, c'était encore la pire des variantes de ce qu'il pouvait imaginer, c'était l'ennuie. La vie dans le centre avec ses copains d'infortunes était moins monotone que dans ce village à regarder les camions-bennes pleins d'argile ou vide se croiser, pour lui les vacances devenaient insupportables dans le trou du cul de la Charente. À l'IMP malgré la persécution sporadique, et de l'acharnement machiavélique de certaines monitrices capricieuses qu'elles faisaient subir aux gamins.


Chapitre N° 11 L'abée quittait sa soutane pour le short de scout.

Heureusement que l'abbé Chambault lui, il était bien là pour organiser en tenue de scout avec quelques bonnes sœurs dont la belle Marie-Thérèse fraîche comme une rosée d'un matin de mai. On voyait bien qu'il n'y avait pas qu'une relation de missel entre elle et l'abée.

Pendant les vacances scolaires, il organisait des promenades, la pêche à la ligne, des pique-niques, des veillées de lecture avec des livres de la bibliothèque Verte ou des recueils de catéchisme qui sentaient bon le café et qui parfois comportaient aussi des taches grasses indélébiles produites par le café en grains dont les sœurs avaient façonné les couvertures en recyclant l'emballage des sacs de café en papier paille pour couvrir les livres bibliques ou les livres d'aventures de la bibliothèque.

 Il organisait aussi des nuits à la belle étoile sous des tentes avec des grands feux de camp et il entonnait des chansons paillardes ou grivoises comme "la Lirette, la Lirette" l'ambiance était festive et ce n'est pourtant pas avec le pschitt ! Citron ou orange servi à gogo qui pouvait rendre la troupe d'une humeur si joyeuse, c'était seulement l'effet de ne pas dormir dans ce dortoir austère à seize lits et de pouvoir s'endormir au contact des uns contre les autres pour se sentir soudé par une énorme amitié, contre l'adversité, car tous ensemble les enfants devenaient une digue indestructible si un enfant souffrait, c'est tous les enfants qui souffraient et qui portaient sa douleur. Dans la cabane en bois située au milieu du petit-bois de l'institution, David avait pris l'initiative de la construire avec l'aide de ses copains de sa section en la reliant entre des chênes porteurs afin de consolider son ensemble de branches, David y organisait des points de rencontre où chacun se racontait à se faire peur ses cauchemars ou des histoires d'aventures qu'ils avaient puisés dans la bibliothèque, d'Alexandre Dumas ou de Jacques London et d'André Demaison...

David leur servait des palets de chocolat aux noisettes sauvages qu'il avait récolté à l'automne dans ce même bois, il avait aussi détourné des tablettes de chocolat à croquer affectées aux monitrices pour leurs goûter dont il avait la charge de préparer la portion de chocolat avec les tartines de pain et le verre de lait. La fabrication de ces palets consistait à faire fondre sur les noisettes le chocolat dans des anciennes boîtes de cirage posées discrètement sur les radiateurs les plus chauds du circuit. Il leur avait aussi concocté une piquette à base de fruit du vieil arbre un cornier qui poussait à l’intérieur du parc. La corme est un fruit en forme de petite poire qui passe du jaune au bleu en mûrissant, David était le seul à récolter les fruits que seules les guêpes et frelons dégustaient, il les faisait macérer dans des bouteilles de limonade dans de l'eau et du sucre. Sa bibine était légèrement acide et âpre avec un léger pétillant ce qui n'était pas désagréable, il était impossible d'obtenir même une légère euphorie avec cette purge improvisait, mais par contre en échange, ils obtenaient tous une superbe colique à perdre chacun leur ténia qui habitait les quatre-vingts enfants du centre.

Chapitre N°12 Pas de pitié pour le mur.

Marcelle régularisait les naissances des chatons de la façon la plus détestable. Par contre chez Marcelle, David trouvait que c'était toujours la désespérance, il avait l'impression de retomber au moyen-âge dans le domaine confort pas de chauffage central, pas de wc avec cuvette et la chasse d'eau, seulement une cabane au fond du jardin, pour uriner, c'était le long de ce mur de la maison, sous la treille de la bignone orange là où Marcelle massacrait toutes les portées de chatons en les lançant violemment à la suite contre le mur et cela se reproduisait à chaque fois qu'une de ces deux chattes apparaissait avec des nouveaux chatons. Les miaulements plaintifs des chatons pleurant leur mère n'avaient pas d’effet pour émouvoir Marcelle qui n'avait aucun ressentiment dans son action de les massacrer. La souffrance chez Marcelle était un sentiment dont elle était dépourvue et réfractaire. L'eau courante et l'eau chaude pour effectuer la toilette au robinet, ou sous la douche, ne s'étaient pas encore invitées dans la maison. Seule l'usine était équipée de douches réservées pour son personnel, à l'épicerie une douche ne s'improvisait pas sur-le-champ, il fallait pomper manuellement l'eau qui était glacée, après attendre des heures pour la chauffer sur un feu de bois dans une lessiveuse pour enfin remplir le baquet dans la grange, la grande toilette n'était pratiquée qu'une seule fois par semaine, le restant de la semaine, il était pratiqué la toilette de chat à l'eau froide dans une cuvette dans l'évier extérieur de la maison.


Chapitre N°13 La première taffe, une gorgée de cidre, et on a fait bonder les lance-pierres.

La seule distraction de David a été de réaliser deux lance-pierres avec des fourches en bois et des lamelles de chambre à air, ce n'était pas très fiable, car souvent, l'élastique éclaté en plein visage. Ce jour, les deux gamins avaient décidé d'organiser un goûter à l'extérieur. Denis avait pris une boîte d'allumettes, des feuilles de journaux des wc, du tabac gris à rouler de Robert, une boîte de poissons Pilchards vide, des œufs, des sachets d'Alsa de sucre vanillé et quatre ou cinq pommes de terre, et une bouteille de cidre le tout piqué dans le magasin pendant que Marcelle faisait l'inventaire de ses Charentaises dans sa réserve. Maintenant, ils devaient trouver un alibi pour franchir le portail, ils allaient se servir des deux chèvres et du bouc de Marcelle tout heureuse de l'initiative des deux gamins d’emmener brouter ses animaux dans la prairie en jachère en haut du village en bordure d'un chemin de terre. Ils commencèrent à ramasser du bois mort pour faire un feu pour faire cuire les pommes de terre dans la cendre, la boîte de pilchard était utilisée pour mettre les œufs battus mélangé au sucre vanillé pour le flan. Les pommes de terre cuitent à la cendre pour les gamins, c'était un fruit de la passion, du vrai caviar, le flan chaud était aussi un merveilleux délice, Denis roula une cigarette avec le tabac gris qu'il avait récupéré dans le véhicule de Robert, une feuille de journal servait de papier à cigarettes, ils tiraient chacun leur tour une taffe, la fin était limite supportable, entre le tabac et le cidre, les deux gamins étaient ronds comme des queues de pelle, les chèvres leur alibi n'étaient plus leur souci, elles auraient pu repartir à l'étable sans que les deux garçons s'en rendent compte. Ils étaient déjà passés à autre chose les deux compères s'étaient organisés un concours d'adresse au lance-pierre pour exploser le maximum de godets en verre de la ligne électrique qui était en parallèle du chemin.

A ce petit jeu Denis était le meilleur. Par contre, les agents d'EDF ne trouvaient pas cette destruction aussi glorieuse que se l'étaient imaginés les deux canailles, face à ce sabotage les agents demandèrent au garde champêtre de rester vigilant et de surveiller discrètement la ligne à cet endroit. Lui qui n'était pourtant pas un aigle, il découvrit rapidement en plein flag un coupable un gamin du village qui avait profité des doutes sérieux qui pesaient sur les deux zigotos de l'épicerie pour se défouler sur les godets en ignorant que le garde champêtre était une personne cancanière et qu'entre-temps, les commérages allaient bon train en passant par le magasin, Denis et David avaient décidé de mettre un terme à ce jeu stupide d'ivrogne et de mauvais garnement surtout avant que cette furie de Marcelle prenne le sujet à bras-le-corps. Car le gamin qu'il avait surpris était le fils du régisseur de fort Knox ce haut lieu de l'élevage des visons lieu qui n'avait rien à envier au camp militaire américain de la Braconne le garde champêtre eu droit a un blâme et à un sermon de la part des élus locaux afin que la prochaine fois, il y regarde à deux fois avant de battre du tambour et de jeter en pâture un enfant d'une très bonne famille et surtout le fils d'un cadre de l'unique employeur de la commune, il aurait dû le traiter avec égard et discernement au lieu d'un vulgaire fils de manant de la chaîne de la fabrication des tuiles.


Chapitre N°14: les rancunes débordent. Un mulot qui se prend pour le lion de la jungle.

C'est «OK Corral à L'école » Les vacances de David étant terminées, Denis âgé de 12 ans s'est retrouvé tout seul avec Marcelle et Robert son époux qui lui disparaissait toute la journée pour battre la campagne des environs avec son fourgon gris Renault Goélette pour proposer son épicerie à domicile. Quand Denis n'était pas à cette maudite école primaire, qui avait scellé en six mois le sort de son camarade David. Il n'était pas non plus épargné, par certains enfants de la bande, ils étaient toujours prêts à lui faire des sales blagues afin qu'il porte le chapeau, comme pisser sur la porte ou sur les murs des WC privatifs des institutrices en dénonçant Denis. Une autre fois, ils lui avaient chipé son cartable pour le balancer dans un fossé plein d'eau, résultat les manuels et ses cahiers n'étaient plus que des torchons illisibles Denis avaient beau dire à Marcelle ou à l'institutrice que c'étaient des élèves qui avaient fait cela sciemment de toute façon Denis était un coupable idéal comme le pensaient les adultes, "ce gamin a le vice en lui, il est prêt à tout pour ne pas apprendre." Ce qui autorisait Marcelle à aligner les branlées et des punitions, les corvées, le verre d'eau et le trognon de pain rassis pour le souper. Des photos étaient effectuées à l'initiative de l'institutrice par un photographe pour réaliser des clichés du groupe d’élèves de la classe avec les encadrants de l'école puis une seconde où chaque enfant était pris individuellement assis à une table d'écolier les clichés étaient proposés ensuite à la vente à la famille à chacun des élèves. Tous les parents avaient payé pour garder les deux clichés sauf Marcelle qui n'en avait rien à foutre de la bobine de Denis, en plus elle motivait son refus que Denis y était franchement trop laid pour acheter les photos afin de bien enfoncer le clou de son cynisme et tant pis si l'enfant en sera complexé pour la suite de son adolescence, quant à l'instit, elle avait compris qu'il ne fallait pas qu'elle persiste à vouloir vendre des clichés avec la frimousse de Denis , Marcelle préférait mettre cet argent dans le calendrier de la poste avec en couverture le trio de chatons dans la corbeille. Denis à contre-cœur dut rendre les deux photos à l'institutrice sachant que c'était le seul témoignage de son enfance qu'il allait perdre à jamais il a dû aussi supporter la raillerie et les rires de toute la classe qui crachait des paroles venimeuses à son encontre " Tu vois même ta mère te trouve trop moche !" L'institutrice qui était au premier plan ne trouva pas utile d'intervenir tant que ce n'était pas ses chouchous qui étaient visés dans ce torrent de la méchanceté sans limites." L'institutrice qui était au premier plan ne trouva pas utile d'intervenir tant que ce n'était pas ses chouchous qui étaient visés dans ce torrent de la méchanceté sans limites. Pourquoi toute cette haine alors qu'ils étaient adulés par des parents généreux en adjectifs merveilleux envers leurs enfants sortis tout droit de la cuisse de Jupiter.
À la récréation au bout du bout du supportable Denis pris par le col cette petite vermine, ce meneur de bande, ce garçon bien né d'une famille bourgeoise en négociant de vin de la commune, cette petite frappe passait son temps à narguer et à se moquer de sa situation familiale dépourvue de l'affection parentale. Denis tel un fauve bondit pour en faire une bouchée en deux coups l'alpha de la meute des acnés juvéniles était à terre le bras coincé dans son dos avec un œil "au beurre noir" en suppliant, pleurant sous les baffes à répétitions. Suite à cette empoignade Denis a été catalogué comme fou furieux, il n'était plus qu'à deux pas de l'enfermement en maison de correction. Les gendarmes ont été contactés à la demande de l'école, des parents du petit saint et des autres gamins de la bande, pour les parents ce débile de l'assistance publique n'avait pas sa place dans une école communale la DDASS, comme d'habitude attendait le rapport définitif pour prendre une décision de retirer Denis de chez Marcelle, les gendarmes pour calmer les matadors du village avaient mis en quarantaine Denis, ce qui n'était pas pour déplaire à Marcelle

d'avoir à sa merci, un commis disponible à volonté pour effectuer la manutention du magasin. Quant à Denis il était prêt psychologiquement pour la prochaine étape à effectuer de la maison de correction que de continuer à subir cet acharnement sans fin de toute la classe et de son encadrement direct, sans ne pouvoir jamais obtenir aucune bientraitance. Malgré l'influence et la pression des bourgeois et de l'école du village les gendarmes ont été exemplaires, ils ont blanchi Denis, ils ont même effectué un rappel à l'ordre aux parents du meneur et de sa bande. Malgré l'influence et la pression des bourgeois et de l'école du village les gendarmes ont été exemplaires, ils ont blanchi Denis, ils ont même effectué un rappel à l'ordre aux parents du meneur et de sa bande. Le corps enseignant aurait dû le protéger de cette petite vermine au lieu de l'encourager dans ses méfaits." Néanmoins, c'est Denis qui a dû poursuivre son année scolaire à l'école d'un village voisin, mais cette fois dans une ambiance apaisée.


Chapitre N°15 Marcelle voulait le beurre, l'argent du beurre et les biceps du berger.

Les corvées étaient toujours aussi nombreuses dans le magasin, il fallait tourner cette manivelle de ce gros moulin à poivre pour moudre des kilogrammes de grains de poivre pour ensuite placer la mouture dans des sachets de 50 grammes Denis n'arrivait pas à canaliser cette averse de larmes plus l'eau qui lui coulait du nez à chaque tour de manivelle, il éternuait bruyamment à chaque vidage de la mouture qui rendait l'air irrespirable comme s'il avait vidé une bombe lacrymogène dans la boutique. Il fallait placer aussi dans la grange les bouteilles consignées et remportées des bouteilles pleines dans chaque rayon. Il y avait aussi les jerricans, les bidons vides des clients qu'il fallait remplir en mazout ou en alcool à brûler le produit était stocké dans des énormes fûts métalliques gris, debout dans un cabanon étroit, pas de pompe Japy ni de robinet juste un tuyau souple qu'il fallait enfiler dans le tonneau pour aspirer avec la bouche pour obtenir l'écoulement du carburant pour le remplissage des récipients. C'était encore une installation brevetée de cette feignasse de Robert, certaines journées, c'étaient des bonnes rasades de carburant que Denis aspirait en guise de bain de bouche en passant le reste de la journée et les jours suivants à recracher ces carburants infects et tenaces qui lui restaient en bouche, tout ce qu'il pouvait manger avait le goût infect du fioul. Parfois, il avait l'impression que dans ses veines, il ne circulait que cette saloperie de carburant à la place de son sang. Dans la journée Denis devait devenir "persona non gratta" aux abords de la boutique sauf sur demande exceptionnelle de Marcelle pour apporter une bouteille de gaz à un client et repartir avec la vide en mode disparition instantanée. De toute façon d'autres corvées attendaient Denis, les chèvres, le clapier à lapins, le poulailler à nettoyer, couper de l'herbe pour les lapins ou des orties pour en faire l'usage d'une pâtée avec du son de blé pour les canards, parfois Marcelle utilisait les orties à d'autres fins et s'en crier gare ! pour fouetter soudainement à froid Denis sur les jambes ou sur les fesses pour avoir cassé il y a trois jours une bouteille de vin en effectuant sa manutention. La rancune était redoutable et persistante chez Marcelle toute aussi forte que celle de la mule du pape qui avait attendu patiemment huit ans pour lui rendre son coup de pied.


Chapitre N°16 Des yeux noisette rieurs pour embellir ce soleil noir. Un peu de douceur dans ce monde de douleurs.

Dans ce lieu sans soleil, le seul rayon qui rendait Denis accro à la vie, c'était Isabelle sa copine une fille de son âge, elle était grande mince avec un visage rieur des cheveux mi-long clair, elle habitait le village voisin de Genouillac ses parents avaient une importante exploitation agricole. Denis l'avait rencontré dans le chemin où broutaient les chèvres. Elle était en panne avec son vélo la chaîne pendante, il lui proposa de la lui remettre en place, après le dépannage, elle était restée pendant des heures à discuter sur la nouvelle arrivée dans le village de Denis tout en partageant le fruit de la passion de Denis une pomme de terre à la cendre. Pendant deux ans, elle est passée à la boutique suivant sa disponibilité et la liberté qu'elle pouvait s'octroyer pour s’échapper pour venir faire sa provision de confiserie, elle attendait Denis au portail, s'il était absent, elle lui laissait un mot dans un interstice du mur que Denis avait creusé avec son canif dans le mur en guise de boîte aux lettres pour lui laisser un message pour le prochain rendez-vous à la pâture des chèvres dans le petit chemin de la prairie afin de partager et de déguster et de boire du cidre ou de tirer une taffe roulée dans la Charente-Libre, de déguster ses friandises, on faisait aussi des parties avec des osselets ou on joué à la bataille avec un jeu de cartes publicitaire que Denis avait fait main basse dans un carton de pastis. Mais un jour alors que son père et sa mère avaient feinté de se rendre à la messe du dimanche matin de Roumaziere le village voisin, son père mettra fin à cette relation amicale en venant cueillir sa fille au rendez-vous.

Chapitre N°17 Le départ de Fontafie, l'argile nous sèche les larmes de joie...

Quand Marcelle décida de partir de ce morne coron Denis n'eut même pas une pensée mélancolique de partir de cet endroit lugubre et de quitter aussi cette réserve qui lui servait de chambre, quant au lit la journée, il servait de marchepied pour atteindre les étagères où étaient entassés les bottes, les sabots, les pantoufles, les espadrilles et les chaussons pour les sabots et les bottes. Une odeur persistante et entêtante de caoutchouc de feutre et de cuire et de textile avec la colle, accompagnée toutes les nuits le sommeil et les migraines de Denis. Même que parfois, il était troublé en se réveillant en sursaut en pensant qu'il travaillait dans une manufacture de chaussures et de pantoufles charentaises.

Chapitre N°18 Valérie est revenue... Attention ! chaud, chaud devant.

Marcelle avait choisi la destination de la boulangerie de Montmoreau qu'elle avait financé pour son fils Michel. Valérie après une période presque de séminariste surtout sans scandale, elle avançait sur ses 18 ans et ce n'est pas parce qu'elle avait souvent adopté la position du missionnaire pour Marie-Paule qu'elle allait devenir après ça une candide bonne sœur, elle était, au contraire, devenue une insatiable nymphomane incontrôlable. À son premier emploi à la laiterie de Montmoreau lieu où elle était censée surtout de travailler, les réserves étaient son exutoire et lui servaient de nid d'amours pendant les poses dans cette chaude ambiance, il valait mieux prévenir avant d'accéder en ces lieux, même les esquimaux Miko en chambre froide n'étaient pas fières et certainement pas rassurés trop peur de perdre leurs consistances pour devenir une bouillie infâme à cause de ce volcan toujours en pleine activité que Valérie impulsait, quand elle s’enflammait, elle devenait une tour infernale incontrôlable. C'était scandale sur scandale Marcelle n'arrivait plus à gérer toutes ces femmes cocues de la commune venant au magasin, chacune a leur tour pleurnicharde ou au contraire complètement hystérique pour se plaindre ou tancer Marcelle sur le comportement de sa fille envers la gent masculine. Pourtant, le soir les claques tombaient sans retenue, le martinet lui aussi était en bonne place, les injures étaient furieuses et dégradantes l'ensemble faisant partie intégrante de la panoplie de rétorsion de Marcelle. Quant à Robert toujours aussi taciturne son béret charentais visé sur la tête, il agissait avec ses battoirs en guise de main, la tête de Valérie tournait comme une girouette qui subissait un vent fou venant en simultané du nord et du sud, les larmes de Valérie coulaient à flots des plaintes montaient et elle poussait de grands cris par saccades en jurant par tous les saints "qu'on ne l'y prendrait plus qu'elle aurait dorénavant une vie exemplaire comparable à celle d'une carmélite", comme elle le promettait à chaque rouste, sachant que sa fringale du sexe reprendrait vite l'ascendant.Pour une fois, ce n'était pas Denis qui était la bête à lyncher, il avait l'impression d’assister à une séance de désenvoûtement d'une aussi rare violence. Mais, chassez le naturel, il revient au galop, en effet le mois suivant le diable était déjà de retour, il se manifestait dans son corps et ça repartait dans tous les sens jusqu'au jour où elle rencontra enfin un beau prince moustachu un nouveau collègue de travail qui habitait une autre ville, il l'a épousé discrètement sans Marcelle ni Robert seulement avec son ventre bombé et plus personne n'a plus entendu parler des frasques de Valérie toutes les femmes de la commune se disant des victimes collatérales de Valérie retrouvèrent enfin leurs sérénités, elles allaient pouvoir vivre sans aucun nuage menaçant leur famille enfin le croyaient-elles...? Elles gardèrent quand même une rancune tenace en refusant d'acheter le pain chez Marcelle, mais le pain du concurrent le plus proche était tellement insipide et d'une qualité médiocre qu'elles rappliquèrent rapidement, le regard fuyant et honteux face à Marcelle qui jouissait du bonheur de voir ce retournement de situation, pourtant, elle avait perdu sa fille, mais pas sa clientèle et pour Marcelle le business passait avant toutes les considérations donc pas de place pour les sentiments, en plus Marcelle avait le don de cicatriser rapidement et la suite de la famille n'avait pas intérêt à moufeter...! Denis était certainement le seul à éprouver un grand manque par l'absence de Valérie, il avait le vague à l'âme, car elle était la seule personne de cette famille qui lui avait témoigné de l'humanité et de la gentillesse, elle s’adressait à lui comme à une personne du cercle familiale, et pour ses frasques Denis avait retenu une belle phrase que lui avait reporté David de l'abée Chambault "cela lui sera pardonné, car elle a beaucoup donné en amour." Quant à Marcelle et Robert qui ont fermé la porte à leur fille à cause de l'opprobre et le déshonneur qu'elle leur avait infligé, ils sont resté de nombreuses années sans se voir et dût attendre longtemps pour rencontrer leur gendre et leurs deux nouveaux petits-fils…

Chapitre N°19 Marcelle empile les corvées comme des choux à la crème sur une pièce montée en moins digeste.


Là aussi, les études de Denis n'étaient que secondaire pour Marcelle, loin de toutes les corvées qu'elle exigeait en priorité. Les jeudis d'automne et l'hiver, Denis devait se lever à 5 heures pour remplacer le fils Michel au fournil qui allait à la chasse. Le soir en sortant de l'école, il devait détailler et peser une balle de farine d'un quintal en poche d'un kilo ou de 500 grammes. Le dimanche matin, Denis n'allait pas à la messe, il partait avec Michel avec la 203 fourgonnette en tournée dominicale pour une fois Denis avait le droit de s’asseoir à l'avant du véhicule et pour cause l’arrière était rempli à bloc par les sacs de blé de 80 kg des fermes environnantes, elles échangeaient le grain contre le pain, ces sacs étaient toujours déposés dans des remises toujours inaccessibles ou dans le grenier de la grange, pour y accéder, il fallait utiliser l'échelle de fabrication maison toujours de guingois ou branlantes, sous l’effort de ses 14 ans et de ses 60 kilogrammes, Denis portait difficilement sur son épaule cette charge, par moments il frisait une hernie il avait l’impression que ses boyaux allaient sortir de son bas-ventre à chaque descente d'un barreau de ces maudites échelles. Cette tournée dominicale avait quand même un point positif, elle permettait à Denis de rencontrer tous ses frères et sœurs de la DDASS en placement dans ces fermes reculées.

Ensuite, ce sont les minotiers des Moulins d'Aubeterre qui venaient récupérer les sacs de blé stockés entassés les uns sur les autres dans le hangar, le lieu refuge où Denis entre deux corvées devait rester à attendre le bon vouloir de Marcelle pour rentrer dans la cuisine pour les repas. Les minotiers étaient deux rudes gaillards qui portaient les sacs de 80 kg de blés à l'épaule avec l'aisance d'un sac de patates de 10 kg qu'ils entassaient dans leur camion. Denis dés leur arrivée avait pris l'habitude d'aller se planquer sur la mezzanine derrière les fagots, Sachant que ces hommes avaient une curieuse façon de vouloir jouer avec un adolescent. Denis en avait gardé un très mauvais souvenir sous le prétexte d'un jeu les deux hommes, c'était livré à un comportement plus que douteux envers Denis. Brutalement, ils lui avaient enfilé par la tête un sac vide qui lui emprisonnait aussi les bras le long du corps jusqu'à la ceinture qu'un des hommes lui maintenait d'une main et de l'autre main, il lui bâillonnait la bouche pour le réduire au silence.

Denis était complètement bloqué, il ne pouvait qu'agiter ses jambes sans pouvoir se libérer de cette puissante emprise. Le deuxième homme lui avait dégrafé son short tout en lui tripotant de ses mains baladeuses ses parties intimes. Denis avait beau vouloir se débattre, il n'arrivait pas à se dégager de cette situation. Alors que les deux hommes essayaient maintenant de le coucher sur les autres sacs, c'est à ce moment-là que Mickey le chien ratier, voyant l'agitation de son copain à se débattre, le chien avait réalisé que ce n'était pas un jeu, il commença par grogner et à vouloir mordre les minotiers à la cheville qui à leur tour lui balançaient des coups de tatanes, ce qui ne le calma pas, bien au contraire, il devenait de plus en plus rageur et il aboyait encore plus furieusement, c'est là qu'à l’unisson qu'un concert d'aboiements aussi assourdissants qu’effrayant d'une meute s'est élevé dans tout le hangar c'était, les trois chiens de chasse de Michel qui étaient parqués plus en amont, ils avaient pris le relais de Mickey en hurlant à la mort, ce vacarme remis vite fait la tête à l'endroit des deux minotiers, ils retirèrent rapidement le sac qui entravait Denis en lui remettant son short et ils continuèrent à vaquer comme si rien ne s'était passé. Marcelle alertée par ce barouf inhabituel déboula en questionnant les minotiers « mais que se passe-t-il ici ? » Les minotiers avec un aplomb et un sang-froid à toute épreuve tout en sourire lui répondirent ensemble « oh rien de bien grave madame nous chahutions avec le gamin et son chien à vouloir faire semblant de les mettre dans un sac. »

Marcelle acquiesça d'un haussement d'épaules à leur intention elle était maintenant rassurée, elle ne s'adressa même pas à Denis qui s'était réfugié assis la tête dans les genoux et Mickey tout proche assis lui aussi, la tête haute et oreilles droites, fier d'avoir fait avorter la tentative de viol de ces deux salauds.

La journée du dimanche se terminait pour Denis par le lavage de la voiture pour la tournée de pain de Robert du lendemain, l'hiver l'eau était glacée, il lui fallait des heures pour retrouver l'usage de ses doigts. Dans la semaine d'autres corvées lui étaient attribuées, comme nettoyer, le parc des chiens chasse du fils chéri de Marcelle, vider aussi la fosse à purin des deux cochons, tous les matins avant de partir à l'école avec une minuscule casserole pour remplir le seau puis fallait aller verser le contenu dans le fossé de l'autre côté de la route, le purin pendant le transport giclé hors du récipient pour dégouliner sur les jambes en remplissant les chaussures de Denis cette odeur tenace le poursuivait jusqu'à l'école ce qui provoquait la raillerie des autres élèves qui le surnommaient de l’affectueux sobriquet de "Livarot " ce nom que Denis associait plus à la tribu des indiens Navajo à plumes qu'à celui d'un fromage qui pue. Il y avait aussi les fagots à charrier pour le four à pain, ils étaient souvent squattés par des serpents et des orvets qui n'appréciaient pas le dérangement, heureusement que Mickey le chien ratier y mettait bon ordre en les faisant tournoyer comme une fronde pour après les occire d'un coup de crocs. Le jour de la lessive avec une toute première machine à laver électrique de chez Connor que Robert avait installé dans le hangar proche d'une alimentation d'eau, son utilisation était une vraie séance d'électrochocs grâce encore au génie de ce Robert qui s'était occupé du branchement de la prise électrique, l’essorage était manuel en tournant une manivelle qui actionnait les deux rouleaux superposés où le linge était introduit, cette opération était un supplice avec cette machine, elle n'était qu'une gégène avec ses décharges électriques à répétition à fort ampérage.

Marcelle confortable les pieds dans des grosses chaussettes dans ses sabots en bois, elle était très bien isolée ne recevant aucune décharge, elle avait du mal à croire Denis qui n'était pour elle qu'un looser qui chercher toujours un prétexte pour esquiver cette mission d’essorage, lui qui avait les pieds dans des semblants d'espadrilles à la semelle usée jusqu'à la corde pataugeant dans l'eau de vidange, il était donc logique effectivement que Denis prenne le rôle conducteur de la prise de terre que Robert avait omis de brancher, mais cette bourde n'avait toujours pas fait son chemin dans la tête de Marcelle qui restait boulonnée à son idée de filouterie de la part de Denis. Mais alors qu'il arrivait dans le dur en voulant essorer une épaisse serviette de bain les rouleaux de l'essoreuse se sont bloqué Marcelle a bien essayé avec sa hargne des mauvais jours en gesticulant et insultant cette manivelle en tirant sur la serviette rien ne bougeait tout restait fermement bloqué, Michel son fils chéri en entendant les aboiements de sa mère, subito ! Il sortit de son fournil en pensant que sa mère courait un grave danger, il fut instamment invité à faire le dépanneur lui qui était nu pied dans ses vieilles savates de fournil, comme d’habitude, il n'entendit pas la mise en garde de Denis "ne touchez surtout pas à main nue la machine" peine perdue, il criait déjà impossible, il était piégé, collé à la machine, Marcelle la pétulante, voyant son fils chéri en mauvaise posture, elle voulut le sortir de cette terrible emprise, elle le tira comme une mule et voilà que la mère et le fils étaient devenus un couple d'Inséparables ce qui n'était pas habituel dans ce genre de famille, se fulgurent rapprochement affectueux et contraint, heureusement que le disjoncteur s'est vite lassé de cette étreinte électrique fraternelle en les libérant. Marcelle avait enfin assimilé que sa maudite machine était plus proche de la chaise électrique de Thomas Edison qu'une machine à laver, ce n'est pas pour cela qu'elle allait s'excuser auprès de Denis des insultes et médisances dont elle l'avait généreusement abreuvée. Quant à Michel, il avait eu du mal à s'en remettre, sa forme olympique en avait pris un sacré coup de mou, alors qu'il est allé immédiatement s'allonger sur son lit sa femme Nicole avait délaissé un instant son roman-photo de "Nous Deux pour essayer de déstresser son époux qui était sous l'influence des soubresauts qu'il n'arrivait pas à contrôler, heureusement le médecin habitait la maison voisine Marcelle avait été le sortir de son cabinet de consultation en lui aboyant "que son fils était au plus mal" la mallette en cuir noir du toubib à la main elle poussait ce mollasson de médecin dans le dos afin d'activer sa présence au chevet de son fils. Michel sans ouvrir les yeux et en se pinçant le nez en apnée salua le médecin qu'il avait reconnu par son haleine fétide du renard qui vient juste de manger une poule faisandée. Son cœur battait une chamade en version accélérée en 120 volts, la piqure du médecin fut immédiate Michel s’endormit comme un bébé jusqu'au lendemain matin, Nicole était restée proche du lit en lisant les bulles de son roman et savez-vous qui allât finir la journée au fournil avec le compagnon pour sortir la dernière fournée...? Le technicien de la maudite machine à laver est venu pour neutraliser le monstre, Robert a reçu les compliments de l'agent qui l'a traité "d'abruti" approuvé et repris en cœur par Marcelle et son fils. Une vidange fut installée hors de la dalle en béton de la machine et une vraie prise de terre a été plantée directement dans le sol. L'utilisation de cette machine même sans décharge électrique était quand même resté un supplice rebutant pour Denis. Denis devait aussi parcourir des kilomètres à pied à travers la campagne, sans tomber malgré ses sandalettes scabreuses sans attache usées de chez user, et il devait attendre encore trois mois pour toucher la nouvelle paire de brodequins de la DDASS pour passer l'hiver et ce n'est pas Marcelle qui aurait avancé une paire malgré les kilomètres qu'elle lui faisait exécuter. Il fallait éviter la chute pour ne pas effectuer une omelette géante dont Marcelle n'aurait certainement pas apprécié. Tous ses œufs étaient utilisés pour la fabrication de la viennoiserie et ils devaient être garantis frais, c'est ce qu'attestait la vieille Galtauld du Chail pourtant, il n'était pas rare de trouver dans le panier certains œufs contenant des poussins en formation, la Galtault n'était pas à un mensonge près, en sachant que tous les œufs ne feraient pas le voyage en entier avec ce genre de transport à pied sur un terrain aussi piégeux sans chemin praticable.

Au moment du règlement des comptes de l'échange entre œufs contre pain Marcelle et la Galtault commençaient par s'insulter en patois charentais par l'intonation et la violence de cette joute verbale, on voyait bien qu'ils n'étaient pas en train de parler des tissus du marché Saint-Pierre, cette conversation en patois cessait systématiquement au bout d'une heure comme si elles avaient consommé toute la panoplie du lexique des insultes en patois, Marcelle était toujours la gagnante, elle arrivait toujours à lui soustraire de son compte trois ou quatre miches. Le soir Denis devait encore courir à la ferme voisine pour prendre le lait, il avait aussi la charge de balayer le fournil et de laver la vitrerie des milliers de petits carreaux avec celle du magasin. Fallait étendre un produit blanc (blanc de Meudon) qu'il fallût ensuite essuyer avec une feuille de journal cela duré des semaines. Mais la pire des corvées était bien celle du décapage des toiles à couches en lin du pain, elles trempaient dans un énorme bassin dans une eau croupie qui puait la charogne putréfiée l'eau était glaciale sans gant sur une planche à laver, il fallait grattait la toile avec un coupe-pâte métallique pour enlever la croûte aussi dure que du béton puis finir à la brosse à chiendent, il n'y avait pas David ni Valérie ni Nicole l'épouse de Michel pour participer à ce boulot de merde, Denis se sentait bien seul et désespéré face à ce labeur digne du Moyen Age. Il courait aussi charger comme un mulet pour alimenter les dépôts de pain aux quatre coins de l’agglomération qu'il devait ranger dans l’étagère à pain debout avec la grigne de la miche placée toujours à gauche pour ne pas provoquer la migraine en plaçant le pain la tête en bas. Robert qui avait terminé sa tournée de pain était planqué dans un estaminet pour taper le carton comme autrefois quand il était propriétaire de la ferme proche de Luxé il passait plus de temps avec son fusil Robust de chez Manufrance qu'avec sa charrue, d'ailleurs comme la plupart des paysans charentais de cette époque, heureusement que les Vendéens qui crevaient la dalle dans leur propriété avec des terres iodées où même les arbres refusaient de pousser, ils ont migré en grand nombre pour fertiliser les bonnes terres charentaises... Un peu de temps libre, on lui confiait aussi la promenade en poussette du tout petit dernier de Michel, car sa maman Nicole était super occupée à lire avec Marcelle entre deux clients les romans-photos de l'hebdomadaire " Nous Deux " . Denis devait faire face à son destin sans brancher comme sur l'affiche de l'unique cinéma de la commune la belle Romy en SISSI impératrice, elle aussi elle était face à son destin en dansant des valses Viennoises étourdissantes dans des beaux et fastueux palais de l'Empire austro-hongrois, où coulait à flots le tokaji ce vin absolument magique et unique, alors que Denis lui valsait avec son spleen dans ce bagne de Trifouilly-les-Oies en Charente en enchaînant les corvées interminables quand il n'était pas à l'école son seul refuge...


Chapitre N°20 La faim à 15 ans, c'est la pire des afflictions, vous avez des mirages de steak, frites devant les yeux.

Une simple odeur de cuisine va vous rendre complétement dingue ! Vous seriez prêt à faire un hold-up du plat du jour. Dans ce bourg de trois maisons entre Montmoreau et Mouthiers-sur-Boëme, non franchement en ce lieu la vie ce n'était pas la bohème ce n'était qu'un égarement entre vérité et réalité des Charentais à vouloir, nous faire, croire que nous pourrions vivre chez eux une vie d'artiste ...! La journée commencée avec vaillance à 6h30 pour rentrer le soir sur les rotules vers 19h30, du lundi au samedi. Pour Denis le plus harassant ce n'était pas la longueur et l’effort fourni dans la journée, c'était la faim qui le tenaillait à partir de 10 heures du matin et ce n'est pas le casse-croûte que madame Moreau lui avait préparé pour le midi qui aurait pu avoir la prétention de lui couper sa faim de loup, à ce moment-là, il regrettait l'infernale la démoniaque, la cruélla, Marcelle méphistophélique et sa boulangerie où il avait droit au petit déjeuner royal toute la viennoiserie invendue de la veille ou après veille : croissants, pains aux raisins, flans, chocolatines, tartelettes, pains aux laits la totale quoi ! Sans compter les paquets de gaufrettes Gringoire praliné-noisette, ou les BN-choco qu'il chipait dans le magasin. Denis savait que de crever la faim était le pire supplice à 15ans, encore plus terrible et insupportable que le martinet et les tonnes de corvées de Marcelle. Heureusement encore que c'était la période de l'été le soir après le souper Denis allait faire sa réserve jusqu'à l'overdose des prunes, abricots, tomates ou d'autres fruits de saison qu'il chapardait dans le jardin du voisin. Le propriétaire avait repéré le manège du jeune homme dans ses plates-bandes, sans jamais pourtant lui faire une remarque au contraire ; il lui laissait discrètement en bordure de la clôture de son potager les tomates mûres. Il savait que monsieur Moreau son voisin n'était qu'un barjo, dont-il fallait se méfiait, car il était un grand impulsif sans limite.

Chapitre N°21 Il disait ! "J'engrosse mon épouse tous les ans quant à mes deux drôlesses adolescentes, je les éduque sexuellement trouvez-vous quelque chose à y redire...?"

Un dimanche où monsieur Moreau était parti en goguette loin de chez lui alors que son épouse enceinte n'était pas présentable d'après lui pour l’accompagner, elle s'affairait dans ses conserves et les confitures de fruits dans sa cuisine à l’arrière de la maison, sa fille aînée avait surpassé sa timidité et la crainte de ses parents concernant l’interdiction d'adresser la parole à Denis. Ce jour-là Isabelle osa enfreindre cette interdiction s’approchant de Denis qui puisait de l'eau du puits pour effectuer sa toilette du dimanche, c'est elle qui entama la conversation après quelques minutes, elle lui confia un dur secret de famille que Denis aurait préféré ne jamais entendre cette lourde confidence, stupéfait par cette horreur, il n'arrivait pas à comprendre cette situation incroyable comment peut-on coucher avec ses deux filles...? Isabelle 15 ans et sa sœur Annick 14 ans à peine pubères étaient obligés de coucher avec leur père chacune leur tour ? Denis croyait avoir tout vu et entendu sur ce genre de pratique assez courante pour les pupilles filles, mais faire cela ! Avec ses propres filles, ça dépassait l'entendement. Denis qui n'était déjà pas fan de monsieur Moreau, il se mit à le haïr encore un peu plus sévèrement chaque jour, il savait que ce monsieur était de la race des loups, il attendait patiemment le moment vulnérable de sa proie pour agir et la disloquer mentalement.
Cette entrevue fut répétée par sa sœur Annick à son père. Une semaine plus tard en soirée Denis trouvait que son patron était un peu trop mielleux avec une gentillesse de vicelard et son sourire effrayant et la douceur de ses yeux bleus provoquer un antonyme chez son interlocuteur en déséquilibre et le bougre ! Il savait en jouer. Denis n'avait pas vu venir le même stratagème et tant mieux ! Que celui que son patron lui avait préparé, il lui dit d'un ton très détaché "ce soir mon épouse t'a préparé de l'eau chaude et des vêtements propres, car demain, je te ramène au foyer de la DDASS d’Angoulême, car tu n'es pas fait pour ce métier et ta période d’essai de six mois se termine ce soir ".

L'annonce fut brutale Denis eut un choc terrible, il avait du mal à refréner sa tristesse face à cette injustice ; lui qui avait bossé avec ses tripes pour rester debout, il aurait dû être soulagé de quitter cet enfer et ce cerbère vicelard est bien non ! Denis était presque atteint du syndrome de Stockholm tellement qu'il était bouffé par le désarroi et l'effroi d'avoir failli dans sa tâche. Le lendemain Denis, la honte au ventre était face au directeur de l'agence, costume sombre avec des grosses lunettes à monture noire et des verres si épais qu'on ne pouvait voir la couleur et la direction de ses yeux. Monsieur Moreau était sous un nouveau jour un homme courtois, affable, jovial le visage souriant, sans remords, comme s'il venait de s'acquitter de sa bonne action en se débarrassant du chien galeux qu'il avait pourtant persisté à essayer d'adopter malgré ses cabosses apparentes dans un immense élan de générosité... Six mois d'un travail de forçat, pas une considération, pas de merci, pas une pièce, seulement un regard vers Denis, ce sourire qui glace, comme celui du chat qui va mettre un terme à cette relation de jeu avec la souris qu'il calcule depuis dix minutes entre ses griffes en entendant le coup fatal des canines. Denis réalisa qu'il était devenu une menace pour ce monsieur, il n'aurait pas dû ce jour-là écouter la confidence de sa grande fille Isabelle, mais il était trop tard, dans la tête de Denis, le sang bouillonnait si violemment qu'il entendait le ronflement d'un bombardier en plein régime sur le point de décoller dans ses oreilles, Denis, compressait de toutes ses forces cette lave ravageuse et bouillonnante dans les abysses de ses tripes, il aurait voulu faire comme Marcelle gueulait à s'en faire péter les cordes vocales, ou prendre un martinet pour se défouler sur les gros culs de ces deux pantins minables, en les insultant copieusement avec des mots abjects en patois de ce coin de France. Ce minable ! De directeur qui ne prenait jamais la défense de ses gamins dont il avait la charge, tellement qu'il était insolent de certitude qu'il ne voulait rien entendre et surtout ne pas savoir,

ce qui aurait pu remettre une autre logique dans son raisonnement obtus en cause.

Mais Denis s’arrêta net dans son compte-tour de la colère, une voix venait le supplier "mais, malheureux ! Garde la tête basse pour montrer ta déférence, et surtout, je t'en conjure ne répond pas, sachant que de tes arguments, il s'en fout comme de sa première chemise, pour lui, tu ne seras qu'un éternel coupable. Et si tu ne désires pas finir dans un de ces centres du style de l'I.M.P que la DDASS affectionne", c'était la supplication de son faux Frère de DDASS, David ce garçon fracassé et traumatisé qu'un soir Marcelle avait ramené du doyenné et qui chaque nuit lui arrosait copieusement son lit de son urine. Le pire, c'était le soir quand il fallait se recoucher dans ses draps humides et souillés que Marcelle avait décidé de laisser, en guise de rétorsion envers David. Denis qui lui n'y était pour rien devait lui aussi se vautrer pendant plus d'un mois dans ce lit à la forte odeur d'ammoniaque, dans ces conditions les deux gamins avaient du mal à rester solidaires et à créer un lien normal l'un envers l'autre ce qui arrangeait bien l'autorité de Marcelle de voir ces deux gamins se pourrir la vie.

Chapitre N°22 A mon frère de galère David. L'institutrice " nous ne laisserons pas cette main gauche récalcitrante prendre la place et la maîtrise de la main droite, en plus contre mon avis et tant pis si cela impacte le fragile équilibre de l'enfant."


David savait que l'entrée en I.M.P n'était pas réservée seulement aux élites attardées des orphelins. Car lui en plus d'avoir pissé au lit, il était gaucher, et cela, pour l'institutrice de Fontafie, c'était franchement une tare, en trois mois alors qu'il était un élève normal, à force de lui imposer autoritairement avec de sévères punitions ; le coin à l'école, le bonnet d'âne dans la cour de récréation, ou encore elle lui enfilait une chaussette à la main gauche avec l'interdiction de l'enlever de la journée, ou encore le bras gauche attaché dans le dos. Le supplice pour être efficace devait continuer aussi à la maison Marcelle avait ordre que l'enfant utilise bien sa main droite pour manger et écrire. Marcelle toujours aussi zélée pour se faire apprécier par son dévouement auprès de la bourgeoisie du village qui avait autorité de vie ou de mort sur son magasin, afin de contrer le concurrent qui avançait le bout du nez de son estafette Renault bleue de sa tournée en bas du village, Marcelle était capable pour sauvegarder le business de son épicerie de distribuer généreusement des claques ou des coups de martinet à un enfant, comme elle pouvait effectuer aussi les injections intramusculaires que le médecin du village ordonnait à ses patients, elle connaissait déjà pas mal de fessiers de beaucoup de bourgeois du village, ce qui n'était pas inutile pour améliorer ses relations. Ils avaient même droit au service confort de s'allonger sur le lit dans la chambre du couple. Quant à l'ouvrier lui, il n'avait pas le même cérémonial, interdit de franchir la porte de la chambre, il avait sa piqûre les fesses à l'air dans la cuisine appuyée sur le dossier d'une chaise. 

Parfois, Marcelle avait des curieux visiteurs en uniforme toujours par deux, ils faisaient toujours, le tour de la boutique elle savait être prolixe, joviale et très généreuse avec ces personnes à la fin de la visite comme ils avaient constaté de sérieux  manquements à la loi la visite se terminait par un giron dans le poulailler, les deux hommes ressortaient avec des cartons plein les bras, les poulets finissaient discrètement dans le coffre de leur voiture. C'était à croire qu'ils alimentaient toute la caserne.

Au rythme de ne plus pouvoir se servir de sa main gauche en tous lieux et en premier réflexe, le pauvre David n'avait plus de main ne sachant plus laquelle était la gauche de sa droite, il était complètement paralysé, il lâchait les objets qu'il tenait de peur de s'être trompé de main, ses mains, ses bras n'étaient plus qu'une protection du visage pour esquiver les claques spontanées de Marcelle et de l'institutrice. Elles ont été si loin dans leur opiniâtreté avec David qu'en six mois, il est devenu bègue à taper du pied pour pouvoir cracher un seul mot et comme cela n'était pas encore suffisamment grave, il est devenu aussi dyslexique qu'un mouton devenait un "tonmou" ou un cheval un "seval" . Elles avaient réussi ces deux salopes à lui faire obtenir le concours d'entrée à l'internat avec la mention "irrécupérable," neuropathie périphérique " dans cette grande institution de l'institut médico-pédagogique où ils transforment un loup en un agneau à grand renfort de Largactil, des gouttes, des granulés et des comprimés de toutes les couleurs comme celles des bonbons Smarties, qui métamorphosent un gamin plein d'entrain en cet animal aussi lent que le paresseux. Plus les coups de baguette souple qui cinglaient fort la chair et les ongles pour sortir de la torpeur chimique. Comme ce pitoyable directeur fielleux monsieur Chadurie qui avait mis son intelligence au service de l’oppression enfantine, il cherchait des motifs afin de se légitimer pour torturer des enfants.

Chapitre N°23 Les bonnes mœurs douteuses dans les pensionnats elles ne sont pas que dans les chansons.

Comment peut-on nommer un directeur qui haït les enfants dans un centre d'adolescents ? C'est comme aussi vouloir nommer pour surveiller les dortoirs d'enfants un surveillant, ou une surveillante pédophile qui passait la nuit à découvrir les enfants endormis, armé d'une lampe torche à la main, l'eau à la bouche, les lèvres humides en regardant le bas-ventre de chaque enfant. Certains adultes vicieux et dégantés dans nos internats s'autorisaient à calculer des enfants vulnérables qui ignoraient tout de la tendresse d'une maman ou d'un papa, ils en profitaient pour jeter leur dévolu sur le garçon le plus réceptif en obtenant sa confiance naïve, avec des confiseries alléchantes, des paroles bienveillantes et des caresses affleurantes précises effectuées avec une trop grande frénésie chaleureuse pour qu'elles soient affectives, car elles se situaient à des années-lumière du convenable, du bisou sur le front ou de la petite tape amicale sur la joue... Sachez que tout était possible dans ce genre d’établissements, les plus grands malades n'étaient pas forcément ceux qui portaient la blouse grise, certaines blouses blanches qui avaient tous les pouvoirs étaient parfois bien plus atteintes. Le personnel savait, la hiérarchie chloroformait le sujet, la plainte n'avait aucune chance de sortir, quant à l'enfant, il avait mérité sa triple dose de Largactil pour soigner sa grosse mythomanie.

Chapitre N°24 C'est un comble ! vouloir faire un exemple pour savourer son vice.

Un jour d'automne, ce salaud de directeur a fait le saut de l'infamie pour une traînée effectuée avec un marron d'inde sur le mur de la façade du bâtiment, il a réuni quarante pensionnaires sur les quatre-vingts du pensionnat enfin son rêve ! Faire subir une punition collective, en short accompagné de quatre monitrices qui ne pipaient mot, il a fait accroupir tous les enfants à genoux sur le gravier de la cour les mains sur la tête et ils devaient rester dans cette position et attendre qu'un enfant craque et se dénonce d'être l'auteur de ce crime immonde à ce petit jeu. Malheur à l'enfant qui cédera le premier, il était forcément le plus fragile de tous, mais certainement pas le coupable. Jean, les genoux à vif et à sang a avoué le crime dans un gémissement éploré avant de s’écrouler, il a été vite relevé par sa monitrice et traîné jusqu'aux pieds du trône du directeur qui attendait assis avec délectation, sa jouissance le faisait écumer à la commissure de ses lèvres, il testait sa puissance et toute son autorité du haut de ses trois marches du perron de l'immeuble, il était devenu Néron sur les marches du capitole, il va bientôt nous demander de lui faire le salut romain en scandant " l'Ave monsieur le directeur". Jean, l'enfant de la section dès 11 ans, était donc le coupable qui devait servir d'exemple, le torse nu à genoux le dos offert au maître sado tenant une baguette souple qui fondait l'air d'un sifflement à chaque rotation pour lacérer le dos de ce gamin qui devait en plus lui dire à chaque morsure sur son dos "non, je ne recommencerais plus à faire des traces sur le mur. " Des cris, du sang et de la souffrance, pas une monitrice ne bougeait, les enfants toujours à genoux les mains sur la tête observaient cette tragédie dans un silence horrifié. Quand un garçon le plus téméraire, le vrai chef de la section des 14/15 ans David du haut de ses 14 ans se releva ne supportant plus cet acharnement gratuit sur cet enfant trop frêle. Les 15 autres enfants de sa section commencèrent eux aussi à se lever comme une vague en formation hésitante, à cause des remontrances et les menaces des monitrices qui leur promettaient le pire des châtiments, ils prirent quand même chacun une poignée de graviers qu'ils lancèrent ensemble en direction du directeur et de son personnel qui étaient là plantés, comme dans la tribune présidentielle du 14 juillet au passage de la légion.

Les vitres de la porte d'entrée éclatèrent dans un énorme fracas. Le directeur voulut saisir un autre enfant pour le corriger toujours au nom de l'exemple. Mais la vague des 16 enfants s'avançait toujours plus menaçante et compacte avec une averse lourde de graviers, en direction du perron, le directeur commençait à sentir la violence et la douleur des cailloux, il se protégeait son visage enfoui entre ses deux mains la vague des enfants, était maintenant proche des monitrices et du directeur prêt à les cueillir à coups de savate le personnel commençait à flipper grave ! quand dans ce chahut une petite voix d'or empruntée à Joselito commença à monter en puissance cette voix que tous les enfants du centre reconnaissaient, c'était Christian, il avait 11 ans un petit bout de chou avec les oreilles décollées, bègue et introverti lui aussi comme beaucoup de pensionnaires, le soir pour s'endormir, il avait systématiquement ce mouvement de sa tête qui allait de gauche à droite accompagnée d'un ronronnement bouche fermée, la tête métallique de son lit sous l'effet du mouvement pendulaire que Christian lui imprimait était devenue aussi branlante qu'un vieux fauteuil de l'empire, elle grinçait comme pour compter les secondes sous l'effet de cette rotation régulière qu'il s'infligeait pour s'endormir. Il portait toujours des vêtements beaucoup trop larges et d'un autre temps qui sentaient la naphtaline, quand il s'exprimait ses mots étaient hachés par des syllabes coupantes et épuisantes à rassembler en une phrase, par contre quand il chantait, il était magnifique et sans défaut, il sentait la lavande, il était un autre garçon, il était devenu rayonnant comme le petit prince, il aurait pu charmer lui aussi la fleur, et même le malin renard. Il avait pris une superbe assurance, même une esquisse de sourire s'imprimait sur son visage lui qui était habituellement si triste. Du stade de la chenille processionnaire qu'ils étaient tous dans cet établissement. Voilà que leur Christian lui s'élevait en sortant de sa chrysalide, il était devenu grâce à sa voix ce flamboyant papillon machaon posé sur un trèfle à quatre-feuilles ( toute la beauté posée sur le bonheur). Sa voix n'était plus qu'un envoûtement, elle chassait la colère pour devenir une oasis de recueillement et de bonheur. Il entonna les premières paroles de la chanson "des brigands", ils avaient tous la chair de poule, ils fermaient les yeux pour mieux s'imaginer le décor de ce voyage et de cette aventure. Ils étaient tous fans de leur Joselito de cette voix cristalline aussi fraîche qu'une source. La mélancolie de ces chansons, parfois, les mené au bord des larmes. Dans la cour, l'atmosphère orageuse s'était libérée de sa haine pour retrouver une douceur assumée. Merci ! Aussi au vrai Josélito Pour ces merveilleux dimanches après midi d'hiver qu'ils leur offraient grâce à ses films, ce petit rossignol, qui les faisaient vagabonder hors de cette austère enceinte de l’orphelinat. Pendant un instant, ils étaient tous des Joselito, ils avaient tous oublié qu'ils n'étaient que des enfants de la DDASS...

"Ces Messieurs de Grenoble
Avec leurs longues robes,
Et leurs bonnets carrés,
M'eurent bientôt…
Vous m'entendez ?
Et leurs bonnets carrés
M'eurent bientôt jugé.
Ils m'ont jugé à pendre,
Ah ! c'est dur à entendre !
À pendre et étrangler,
Sur la place du…
Vous m'entendez ?
À pendre et étrangler,
Sur la place du Marché.
Monté sur la potence
Je regardai la France,
J'y vis mes compagnons,
À l'ombre d'un…
Vous m'entendez ?
J'y vis mes compagnons,
À l'ombre d'un buisson.
Compagnons de misère,
Allez dire à ma mère,
Qu'elle ne me reverra plus,
Je suis un enfant…
Vous m'entendez ?
Qu'elle ne me reverra plus,
Je suis un enfant perdu !»
Les 40 enfants avaient repris en chœur la chanson qu'ils n'avaient jamais si bien chantée, même sous l'arbre de Noël. Un fait unique deux des monitrices avaient des larmes qui roulaient sur leurs joues et pour cause, c'était elles qui étaient les initiatrices de cette chanson pour former la chorale pour animer la réception le Noël 1961, face au professeur Matrêt et à son parterre de personnalités, le clergé : l’évêque du diocèse, l'abée Chambault, avec la mère supérieure et ses sœurs", l'administration en la personne du préfet, les directeurs des DDASS, le maire et des nombreux médecins chercheurs. Le directeur après cet affront, et son autorité mise à mal, il était devenu pitoyable, discrètement, il a pris la tangente en laissant là en plan son personnel pour ramener les enfants par groupes de 16 dans leurs secteurs respectifs. Le malheur de ce directeur a été de choisir Jean l'un des pires choix pour lui, car c'était le seul pupille du groupe qui avait encore une maman qui venait le visiter ou l'héberger pour la durée du week-end à partir du samedi matin au dimanche soir à son retour, il partageait toutes ses friandises(confitures de fraises, saucisson à l'ail et des caramels, du coco pour boire ) avec ses amis de sa section, il était vraiment un chic gamin. David avec sa section avait eu raison d'intervenir pour cesser ce massacre.

Chapitre N°25 Quand les gendarmes paradaient pour nous faire admirer leurs bonnes prises du week-end.

Une ou deux fois par mois le lundi, c'était un rituel la gendarmerie ramenait un enfant fugueur par tradition les deux gendarmes passaient par le réfectoire à l'heure du déjeuner devant chaque table pour faire honte au fugueur menotté, suivi des commentaires des monitrices "vous voyez si un jour cela vous tente, vous subirez le même sort que lui, et cela, ce n'est pas grand-chose par rapport à l'ordonnance que le professeur Matrêt allait lui concocter, il allait devenir un vrai zombie pour quelques semaines". Mais pour une fois, ils ne ramenaient pas un enfant fugueur que les parents nourriciers auraient dénoncé presto dès que le gamin avait frappé à leur porte. Au lieu de l'accueillir et de lui donner un peu d'amour du réconfort et de la chaleur, et bien nom ! Ils couraient à la gendarmerie ces enfoirés...! Non cette fois, ils venaient discrètement arrêter le directeur tortionnaire. Certaines monitrices n'avaient toujours pas digéré l'averse de graviers qu'elles avaient essuyée et certaines n'étaient pas très heureuses de la finalité de l'éviction du directeur, alors elles décidèrent d'user de leurs prérogatives en l'absence du directeur pour se venger sur la section des 14/15 ans dont faisait partie David en s'attaquant à leur pudeur des grands, elles les alignaient en rang par deux à poil du dortoir au bloc sanitaire en inspectant avec délice et sadisme un à un les sexes des gamins, en tirant les quelques poils pubiens ou en tapotant les testicules, quant à certains, elles leur décalottaient brutalement le sexe, qu'ils cachaient rouge de honte sous leur gant de toilette. Les plus précoces n'étaient pas à l'aise face à cette inspection, ils pensaient que les monitrices avisées allaient découvrir vite fait que l'enfant avait déjà découvert la joie de la masturbation ce qui était franchement une anomalie dans ce genre d'institution. Un regard de désapprobation trop appuyé ou un hochement des épaules du pupille tremblant cachant son sexe entre ses cuisses bien serrées, c'était déjà un bon motif pour gratter à la paille de fer et remettre en cire le parquet du dortoir, avec toute sa farandole de corvées ménagères. En plus, il leur fallait supporter ce chien blanc nommé Barri une espèce de Spitz japonais aussi vicieux que sa maîtresse quand les pensionnaires étaient en rang à distance réglementaire, il faisait le tour comme s'il rassemblait son troupeau de moutons et allait mordre aux talons l'enfant qui n'était pas dans l’alignement en aboyant férocement après lui ce chien était vrai un kapo parfois en mal de rut, il s’essayait sur la jambe d'un pensionnaire quand sa maîtresse n'était pas très proche, il se ramassait des grands coups de savate, il aboyait la mort pour attirer la monitrice en l'orientant directement sur le coupable qui se ramassait une bonne paire de baffes à lui décrocher la tête.

Plus grave, elles faisaient un rapport comportemental journalier sur chaque enfant de la section et David l'enfant rebelle avait un rapport bien chargé qui parvenait sur le bureau du docteur Matrêt, un professeur qui ne s'abaissait pas à une tâche subalterne, il n'auscultait aucun enfant, il avait une confiance aveugle aux rapports des monitrices qui n'étaient pourtant pas toujours fiables à cent pour-cent, c'était suivant la cote d'amour et le ressentit ou pas qu'elles portaient à un gosse, pour décider d'un traitement ou mettre à jour une nouvelle molécule au risque de rendre l'enfant encore plus atteint, comme devenir aphone pour quelques jours, sa langue devenait écumeuse et encombrante par son doublement de volume, ou L'enfant devenait un robot avec des gestes saccadés ne contrôlant plus ses membres en totalité, même ses mains n'avaient plus la force et la précision pour tenir un verre sans le relâcher. Il lui était impossible de monter un étage de l'escalier normalement, accroché à la rampe l’effort était titanesque, la bouche grande ouverte, il était Lachenal en train d'atteindre le sommet à huit mille mètres d'un Annapurna, sédaté à mort après suivait la cure du charbon végétal activé en granulés ce qui était comme l'éparcyl à la fosse septique pour lessiver et vous rincer afin de faire disparaitre toute cette chimie que vous aviez emmagasinée dans vos tripes même le ténia n'y résistait pas à ce traitement des morceaux longs de 40 cm sortaient des boyaux de l'enfant ce qu'il l'affolait en pensant qu'il venait de rejeter une partie de son intestin.


Chapitre N° 26 quand le professeur fait construire pour les pensionnaires une salle omnisports juste pour sa gueule.

Le professeur Matrêt était un curieux personnage sur sa demande, il a fait construire un gymnase, car il ne supportait plus, paraît-il de voir les enfants jouer à faire rouler des pneus ou se prendre pour Fanfan la Tulipe, Ivanhoé ou Thierry la fronde avec des épées ou des flèches en bois qui parfois se loger dans l’œil. Il est vrai que la douce histoire du Petit Prince même avec la voix charmeuse de Gérard Philipe n'avait pas lieu d'être dans cet environnement d'incompréhension et de grosse souffrance... Le gymnase était équipé pour le tennis le basket et le volley. Le hic ! C'est que la salle était toujours dans la configuration de tennis donc impraticable pour d'autres activités, sans les raquettes ni les balles, les enfants devaient retourner jouer aux billes ou aux osselets ou au mikado dehors, pour les plus téméraires il pouvait jouer au foot avec les brodequins, les chevilles et les tibias passaient de très mauvais moments, sinon plus calmement, il y avait les cerfs-volants de leur fabrication en armature de tiges de noisetier recouvert de papier-journal enduit de colle à tapisserie. Il fallait un vent courageux pour vouloir tenir en l'air cet assemblage qui devenait lassant en plafonnant ne pouvant jamais atteindre les nuages, car la longueur de la ficelle devenait trop lourde pour l’amplitude de la maquette volante. Il était évident que notre cher Docteur Matrêt s'était fait un petit plaisir sur le dos de ses pensionnaires, pour venir jouer au tennis avec sa cour de fayots d'internes et de ses collègues subalternes ses apprentis sorciers. Ils avaient à disposition de la matière gratuite les enfants de l'IMP ou les adultes les malades mentaux de l'asile proche du centre de L'Esquirol du professeur Matrêt, ils pouvaient tester à volonté la tolérance et les effets secondaires des nouveaux médicaments avant la mise sur le marché. Sachez que certains traitements que vous utilisez actuellement ont été testés sur un

enfant de la DDASS à son l'insu. Lui, il en portera, hélas, des séquelles migraineuses ou idiopathiques pour le restant de sa vie. Mais comme nous étions que des enfants de deuxième zone, bègues ou poliomyélites et sans famille, la société n'avait pas à avoir des scrupules larmoyants envers ces cobayes humains.


Chapitre N°27 David s'est damné pour des yaourts aux fruits.

Les seuls changements après la guerre des graviers ont été d'attribuer un moniteur d'une autorité aussi carré et massive que son physique, pour la section des grands et un nouveau directeur pour le centre monsieur Maurice un homme nouveau, moderne et pédagogue, ouvert et à l'écoute des enfants malgré ses sciatiques paralysantes et douloureuses à répétition, enfin ! Un vrai et merveilleux directeur, l'abée Chambault, la monitrice madame Laurent d'Orange, Madame Orlondo la marraine de David furent les seules personnes de l'encadrement super-pédagogues d’exception que les pensionnaires du centre ont eu la chance de rencontrer et de sauver l'avenir de David. Quant à Jean l'enfant victime, il ne remit jamais, plus les pieds dans cette institution, il est resté avec sa maman. Cette dame-ci gentille avait sauvé tous les autres pupilles victimes des sévices de ce taré de directeur que certaines monitrices lâches ont préféré tourner la tête au sens opposé des exactions de ce minable.

Madame Laurent cette divine monitrice avait pris sous son aile le sort de David, elle lui trouvait souvent des faux prétextes pour l'envoyer dans le bâtiment d’hébergement des monitrices, comme pour aller chercher un vêtement. Entre volet et fenêtre de sa chambre, elle laissait volontairement dans son emballage tout un achalandage de tous les parfums de véritables pâtes de fruits qu'elle ramenait de ses vacances d'Orange. David, face à ce délice se gavait jusqu’à écœurement, car en passant proche de la cuisine, il avait senti l'odeur du repas de midi, il connaissait déjà avec dégout ce que serait le contenu de son assiette. Elle était effectivement garnie d'un mortier de pois cassé, avec sa tranche inséparable de foie de porc tout saignant, que le chien Barri refusera et abandonnera, lui aussi, sous la table. Le dimanche avec le poulet rôti au lieu de servir des frites, ils leur proposaient du céleri-rave filandreux en cube, ce qui était impossible à manger, il fallait avaler tout rond pour s'en débarrasser pour ne pas vomir dans son assiette.

Pour améliorer son ordinaire David avait passé, un deal en cachette avec la lingère ; une douzaine d'escargots pour un yaourt nature, ou 2 douzaines escargots pour un yaourt aux fruits. David avait zoné tout l’intérieur de l'enceinte chaque haie, mur, ruine avait été fouillé par David sur un mois, il avait tari tout le filon d'escargots. David reprit espoir quand un matin sur l'autre rive de la rivière Charreau qui était la délimitation naturelle du pensionnat, il aperçut un papi avec un panier à maille garni de cagouilles. David repris espoir de pouvoir encore déguster des yaourts à la place des Minis Bonbel orange, des carrés Gervais ou de la portion de la Vache qui Rit et autres vaches qui n'étaient souvent qu'une pâle copie au niveau gustative qu'on lui servait au réfectoire d'internat. Mais cette fois, il allait devoir régler des gros problèmes pour réussir seulement à traverser cette rivière hostile par sa faune qui l'habitait et par aussi sa pollution, elle était un égout à ciel ouvert aggravé par les rejets d'une papeterie en amont qui formaient des voiles opaques blanchâtres que les branches basses des arbres retenaient donnant une sensation d'un lieu diabolique, la rivière était profonde sur une largeur de 3 mètres donc impossible à traverser à pied.

Il y avait bien un petit pont pour accéder à l'autre rive, mais il était dans le village voisin et son accès n'était pas discret, pour l'atteindre, il fallait traverser ce village voisin des tarés qui dès l'apparition d'un pensionnaire hors des limites de la propriété du pensionnat les gamins autochtones du village le refoulaient à coups de lance-pierre comme s'il était atteint de la peste. L'autre obstacle était encore plus vicieux, il s'appelait Jules un homme d'une soixantaine d'années, un physique de charognard la tête, complétement, déplumait des petits yeux fuyants, il était sec comme un coup de trique, toujours fraichement rasé, il entêtait l'eau de Cologne Mont St Michel toujours à l'aise dans sa combinaison de bleu de chauffe, il possédait une motte dont il avait aménagé une cabane en bois tout confort qui jouxtait le terrain de récréation des enfants du centre.

Il passait le plus clair de son temps à surveiller toujours une main en opposition au-dessus de ses yeux comme pour ne rien manquer jusqu'à la ligne de l'horizon, il sifflotait sans cesse, mais le son n'exprimait une joie de vivre, non ! C'était plutôt pour braver avec mépris et avec insolence le voisinage. Pourtant, Jules était toujours reçu en bienfaiteur par l'encadrement, à chaque fois qu'il se présentait à l'internat avec un enfant qui paraît-il s'était égaré hors de la propriété, alors que souvent, il allait les cueillir à la limite du bois mitoyen en direction de l’agglomération de Saint-Michel. L'avantage avec Jules pour les encadrants, ils n'avaient pas à faire une déclaration officielle d'une fugue auprès de la gendarmerie qui aurait été suivie envers la monitrice responsable du groupe de l'enfant fugueur, par un blâme ou une sanction disciplinaire genre mutation. Et tant pis pour l'enfant si Jules l'avait un peu caressé charnellement avant de le rendre. David ne lâchait pas son projet malgré toute cette hostilité environnante, il ne voyait que des yaourts dans sa tête, c'était franchement irrésistible et trop bon !

Pour atteindre l'autre rive, il fallait monter une expédition genre à la recherche du Diamant Vert. David avec Daniel, un collègue sûr de sa section, ils commencèrent à vider la locale poubelle de la cuisine où étaient entassées de nombreuses boîtes résistantes en bois d'emballage de poissons. Qu'ils avaient planqué dans leur cabane dans le bois. La visite dans les locaux techniques des entreprises de maintenance avait été très fructueuse, ils avaient maintenant les outils adéquats, plus les fournitures, clous, vis et fil de fer et une corde. Ils avaient aussi trouvé un vieux ciré vert pour assurer l’étanchéité de l'embarcation. Il fallait attendre le dimanche après le retour de la messe pour pouvoir s’éclipser, car la surveillance était plus relâchée, les deux compères œuvraient à l'assemblage des boîtes entre elles sur deux grosses branches le tout recouvert du ciré pour étanchéifier le radeau, une gaule de noisetier avec une planche clouée à son extrémité servait de pagaie.

Le dimanche suivant comme le temps était humide David seul pris place sur son assemblage de bric et de broc. En laissant Daniel sur la rive qui devait le suivre de la rive avec la corde en cas de naufrage. La rivière par endroits avait un fort courant et était suffisamment profonde pour y noyer David qui nageait aussi confortablement qu'une serrure. David malgré les 3 mètres de largeur de la rivière se lança dans le cours d'eau polluée, qui était un vrai bouillon de culture, il fallait surtout ne pas tomber dedans, la seule faune vivant paisiblement dans ces lieux infects était des rats d'eau aussi gros qu'un chat, où des vipères aspics qui vivaient en bordure de la rivière. La traversée pour aboutir sur l'autre rive était aléatoire, car l'embarcation dérivait énormément par la force du courant, qui l'entraîna à plus de 800 mètres en aval de son point départ, David en plus était obligé de se coucher pour ne pas être accroché par des branches d'arbres qui pendaient au ras de l'eau.

La faune était bien là, les serpents venaient face à l'embarcation sans vouloir déviaient pour l'éviter, les rats en nombre arrivaient par le flanc droit, dans ce marigot David passait pour un intrus, c'est à grands coups de pagaie qu'il a dû sévir sérieusement pour éloigner ce monde hostile. Daniel était bien là, il lui lança à plusieurs reprises la corde pour l'attacher à l’embarcation qui était déjà bien destroy. David atteignit enfin l'autre rive après plusieurs tentatives maintenant, il avait à faire un escadron de moustique soif de sang. Il inspecta les alentours à l'horizon, pas d'humain, il fit un signe à Daniel avant de s'éloigner à sa gauche, il y avait trois ou quatre mottes idem à celle de Jules « le véreux ».

Il y avait des saules pleureurs, des touffes de buis avec de nombreuses haies en osier, il y avait aussi un incroyable maillage de petits canaux, mais c'est à droite que David décida de s'orienter vers les grandes étendues de culture de choux verts et rouges. David avait touché le bingo ! Sa musette était pleine. En une heure, il avait prélevé la valeur de quatre yaourts aux fruits qu'il partagerait avec son complice Daniel. Le retour fut plus simple à gérer, son collègue avec la corde a pu ramener directement l'embarcation sur sa rive, ensuite, ils ramenèrent le semblant radeau dans la cabane pour le réparer pour une prochaine tentative. Le week-end suivant le nouveau directeur avait organisé un sympathique pique-nique pour la section de David des 16 enfants à un magnifique endroit rien à voir avec la Charreau, la vallée des Eaux Claires à Puymoyen son nom n'avait pas été usurpée tellement que cette vallée naturelle était d'une grandeur et d'une somptuosité à couper le souffle.

Très escarpées par les rochers, il y avait de très nombreuses cavernes et grottes, elles ne contenaient ni dessins ou peintures de la préhistoire. Par contre, de nombreux cœurs avec leurs prénoms étaient gravés au cran d’arrêt sur les parois, ce site était un haut lieu du flirt et de la baignade qui était animée par de belles cascades en série. C'était une jeunesse de 16 ans à 20 ans qui fréquentait les lieux, d'ailleurs, il suffisait de regarder la concentration de Mobylettes sport biplace pour réaliser qu'ils étaient nombreux accompagnés de leur promise à squatter l'endroit. Il y avait beaucoup d'amour sachant que l'eau fraiche y était abondante, elle coulait de tous les rochers d'une pureté exceptionnelle, et même en pleine chaleur, elle était si froide qu'elle glaçait les dents à provoquer une violente odontalgie.

Le dimanche suivant était sous la pluie. David et Daniel avaient décidé de se faire un dernier giron sur l'autre rive de la Charreau pendant les projections resucées "le voleur de bicyclette film de 1949. Chômeur depuis deux ans qui retrouve un emploi, on lui vole son vélo, il lui est impossible de remettre la main dessus. La perte de sa bicyclette signifiant la perte de son emploi, il se résout à en voler une autre, mais lui, il se fait prendre et lyncher par la foule.) Ou alors c'était les sagas plus romantiques de Roberto Benzi cet enfant de dix ans musicien et chef d'orchestre " à l'oreille absolue" puis "Joselito "chanteur à la voix d'or".

David était déjà trempé comme une soupe pour effectuer la traversée la flottaison de son embarcation était plus proche de celle d'un sous-marin. Enfin, il put atteindre l'autre rive avec prudence, il s'engagea dans les mottes, Jules la vigie n'avait pas l'air de trainer dans les lieux. Pourtant derrière une touffe de buis, un fauve était planqué en position d'attaque, il surveillait les faits et gestes de l'antilope esseulée, voyant qu'elle était très proche de sa planque le vieux fauve, se mit à bondir vers l'antilope, mais grâce à sa jeunesse, à son agilité et à sa vélocité, elle lui échappa totalement. Dans sa course David avait perdu sa musette et son bâton il put rejoindre l'autre rive grâce à la dextérité de Daniel qui avait flairé que Jules le vicieux était sur les talons de David. Cette fois, ils laissèrent partir leur ramassis d'assemblage flottant à d'autre aventure sous les yeux de Jules qui ne pouvait plus leur courir après. Les deux compères passèrent d'abord par la salle d'eau pour enlever la boue qu'ils avaient de coller sur le visage et les jambes, nettoyer leurs brodequins et changer de tenue sous la blouse grise qu'ils n'avaient pas portée pendant cette excursion. N'ayant croisé personne, ils pénétrèrent incognito dans le sombre obscur du réfectoire transformé en cette occasion en une salle de cinéma, pile quand le voleur de bicyclette se faisait copieusement lyncher par la foule.

Le lendemain après-midi le nouveau directeur demanda avec insistance à recevoir David avec sa monitrice du groupe, David compris à ce moment-là que ce serpent de Jules était venu cracher son venin voyant que le matricule n°12 était cousu à l'intérieur, il a préféré remettre en mains propres la musette au directeur dès ce lundi matin en l'informant avec zèle de la rencontre du dimanche dans sa motte, au lieu de se débarrasser de cette maudite musette en la balançant dans la propriété de l'établissement. Un conseil disciplinaire fût convoqué dans l'urgence, pour décider de la suite qu'ils devaient donner à cette nouvelle bévue de David, s'ils devaient l'interner dans une maison de correction où trouver un autre lieu disciplinaire. David était impressionné par le nombre de personnes qui étaient présentes parce qu'il avait foulé le terrain de ce vieux salopard..?

Il y avait ce mauvais directeur de l'agence de la DDASS d’Angoulême le professeur Matrêt, le directeur Maurice du centre, heureusement pas celui qui prenait plaisir à frapper les enfants en public, l'abée Chambault les monitrices mesdames Laurent et Orlando sa marraine, il y avait aussi la plus mauvaise et la vicieuse la fille du chef cuistot une fille terriblement complexée qui avait la silhouette pour travailler avec son père ou tenir une poissonnerie et qui haïssait avec force David. Il ne manquait que le préfet et son peloton de gendarmes pour assister au crime d'avoir franchi une rivière aux eaux pourries.

Monsieur Maurice le directeur du centre demanda à David de se lever et de s'expliquer sur sa désertion David avait beau taper du pied pour faire sortir un mot, mais rien de compréhensible ne sortait de sa bouche, seulement son corps tremblait d'effroi face à toutes ces personnes inquisitrices, sa souffrance était terrible, il se pissait dessus, les monitrices mesdames Laurent et Orlando voyant l'état de l'adolescent, elles prirent la parole pour expliquer qu'il n'avait pas fait cette escapade pour fuguer, mais seulement par gourmandise pour obtenir les nouveaux yaourts aux fruits que l'internat ne pouvait leur offrir d'ailleurs, il les partageait avec ses collègues de sa section en échange de quelques escargots que la lingère acceptait. Le directeur de la DDASS et le professeur Matrêt trouvaient que quelque chose était quand même tordu chez cet enfant, pourtant lui, il ne se posait pas de question lui avec ses traitements à multiples effets indésirables

Alors qu'il persistait dans son monologue « prendre des risques aussi graves pour un yaourt...? C'est quoi cette dinguerie ? Ce gamin n'était franchement pas normal ! Pourquoi prendre autant de risque de traverser une rivière aussi pourrie que la Charreau qui n'est qu'un égout à rats, un bouillant de cultures, il aurait pu se noyer comment ont-ils fait pour tromper la vigilance des monitrices à ce point là ? D'ailleurs, c'est qui votre complice ? » Ouf ! Jules ce sale collabo n'avait donc pas reconnu Daniel sur la planche des photos de l'IMP... Le corps de David était toujours en transe malgré l'insistance des deux hauts responsables David refusa de donner son complice. Et tant pis s'il allait encore s'en prendre plein la gueule.
Seul le directeur de la DDASS et la Moche vindicative avaient demandé un nouveau placement de David dans un centre disciplinaire.

La décision finale revenait au professeur Matrêt, qui lui aussi trouvait que ce dur à cuire n'avait pas sa place dans cet institut, il méritait bien un placement en maison de correction, mais, cela ne l'arrangeait pas et pour cause ce n'était pas pour l'enfant, c'était pour le cobaye qu'il était pour la bonne continuation de ses travaux, il avait concocté en collaboration avec un laboratoire pour appliquer un nouveau protocole prometteur pour un traitement qui pourrait soigner définitivement les nerfs. Pour cette expérience, il effectuait un duo avec le directeur instituteur pour une rééducation de l’élocution et de la prononciation afin d’éradiquer le bégaiement et la dyslexie de David, voilà comment David a été libéré de son enfermement intérieur et évité celui de la maison de correction.

Chapitre N°28 Les Smarties étaient L'arme fatale du professeur. Alors que l’instituteur reprenait à la base la prononciation des mots avec l'aide du manche d'une cuillère à soupe.

Les traitements chimiques étaient toujours l'apanage et l'arme favorite d'asservissement du professeur et de sa horde d'internes pour des adolescents qui parfois ne voulaient pas grandir tellement que la vie paraissait effrayante. Il était impossible pour un pupille de rencontrer un dentiste même avec une énorme chique dentaire, par contre les abonnements à la clinique psychothérapique du professeur à la suite de la petite rébellion et de la dernière réunion ont été amplifiés et pas besoin de rendez-vous au service d'électroencéphalogramme de L'Esquirol, avec tous ces fils électriques gris et crème vissaient sur le crâne, le patient avait l’impression qu'il était William Kemmler, la première personne à être exécutée par l'intermédiaire de la chaise électrique. David installé sur l'assise ses membres et sa tête fixée par des sangles. Soudain ! Au son du grésillement de la machine, il pensait que s'en était fait, qu'il allait mourir sur son siège qui ressemblait étrangement à la chaise électrique de Thomas-Edison. Paraît-il qu'il allait chercher la folie, il fallait la débusquer dans les tréfonds du cerveau en sortant des km de listing un graphique à plusieurs courbes en rouge et bleu comme pour détecter où la folie pouvait bien se planquer dans ce tissu mou à la forme d'une grosse noix...

Le patient ressortait ko de cette séance, avec une migraine persistante de 48 heures, d’ailleurs, elle reviendra sans cesse idiopathiquement pendant toute la vie de David et des pupilles cobayes, telle une tique accrochée à perpétuité dans leurs têtes. Après chaque séance, la lumière du jour devenait jaune comme si vous étiez pris dans les phares d'une voiture. Et cette pâte blanche qui puait et coller les cheveux comme un enduit mural, elle dégoulinait par la chaleur des électrodes dans les yeux qui étaient déjà beaucoup trop inquiets pour s'ouvrir, de ne pas savoir ce que le monsieur à la blouse blanche allait découvrir, allait-il diagnostiquer un dérèglement mental ou une dyslexie ? Suite à des neurones endommagés, par tant de sollicitude des traitements de cobaye subits qui pourraient vous transformer en un redoutable serial killer, "on n'est jamais assez prudent avec cette graine sauvage de potence, il faut protéger la société, car un jour, il pourrait se rebiffer", c'est que disait le professeur Matrêt aux monitrices accompagnatrices.

David a quitté ce lieu sordide de l'IMP à 15 ans, il en est sorti droitier contrarié, il parlait normalement sans bégaiement et sans dyslexie grâce à la patience et à l'affection de l'instituteur directeur qui pendant son temps libre, il s'était fait une spécialité de restaurer la prononciation avec la queue d'une cuillère à soupe dans la bouche pour orienter la langue la séance durée une heure par jour parfois sur deux ans. À force de persévérance, il a sauvé des dizaines de garçons qui peuvent maintenant s'exprimer couramment. Quand pour la première fois, son élève a prononcé le mot fatidique de cheval au lieu de (seval) et que le (tonmou) est redevenu à l'endroit un mouton, l'instituteur a actionné vite ses essuie-glaces devant ses yeux larmoyants de sensibilité joyeuse, il était flamboyant les bras en l'air avec sa cuillère à soupe en étendard.

Tout en étant un hypersensible, il essuyait discrètement sous la table ses verres de lunettes qu'il avait inondés de larmes, même sa pipe n'avait plus le bruit habituel du tabac en fusion ce n'était plus qu'un bruit de gazouillis humide. Sans lui, ces enfants seraient restés bègues et dyslexiques à vie sans aucune ouverture dans la société. Salut l'artiste & merci encore ! Parfois dans le couloir sombre de notre vie, on croise un homme sans Légion d'honneur qui pourtant a fait discrètement plus de bien qu'un artiste ou d'un politique, ou tout autant que Lourdes avec ses miracles pour le genre Humain.

Les traitements chimiques du professeur Matrêt étaient limites et peu efficaces avec des gros problèmes d'interactions comportementaux sur l'enfant, ce sont pourtant ces traitements qui ont été préférés à la méthode de l'instituteur qui elle était trop artisanale pour ce professeur toujours à la recherche d'un cas pour s'en servir de cobaye à la disposition des laboratoires. David n'était pas repassé par l'étape de chez. Marcelle, et c'est tant mieux pour lui ! son papa a renoué avec lui quand il a refait sa vie. David s'était métamorphosé, seules les migraines subsistaient, elles étaient toujours là aussi tenaces en laissant une cicatrice béante sur cette période. Malgré cela, il est devenu le pilier indispensable de l'équipe du club de rugby du SCA d’Angoulême, Denis ne revit plus son compagnon de la horde des pupilles.

Chapitre N°29 Un monsieur au-dessus de tout soupçon, il n'était que diabolique.

Pourtant, si vous saviez monsieur le directeur, ce qui se cache derrière cette apparition trompeuse et trop flatteuse de mon ex-patron monsieur Moreau, cet homme face à vous, si courtois, si souriant, à qui vous confiez des enfants; alors que cette personne est un prédateur un monstre monsieur ! Ce salaud ! il viole régulièrement ses deux filles de 16 et 15 ans. Monsieur le directeur, vous ne pouviez pas ignorer non plus que des filles pupilles de la DDASS que vous avez placée dans des fermes isolées de ce département que Denis est rencontré au gré des chantiers, elles se faisaient copieusement violer et elles se taisaient aussi sur la maltraitance qu'elles subissaient sans discernement des pupilles (garçons ou filles) hélas ! Il y avait trop d'enfants comme Julien qui étaient laissés pour contre.

Chapitre N°30 une reconnaissance des Charentais, il ne faut quand même pas rêver... 

Ils ont fait l'essentiel pour les nourrir afin qu'ils soient redevables et qu'ils puissent leur rendre au centuple un labeur gratuit et sans limite.

Dans cette vie, alors qu'il était dans l'état d'un chien cabossé promis à des fermes charentaises à une rigueur rustre et sévère à ne produire que de la main-d’œuvre généreuse et surtout à moindre coût, et d'apporter une amélioration dans le foyer grâce à la pension des pupilles. Leurs enfants à 15 ans, ils étaient promis à des études alors que les pupilles accumuleraient, un déficit d’instruction général et ils finiraient illettrés et analphabètes à travailler dans un champ de betteraves ou de patates, ou de nettoyer les écuries et finiraient en haillons après que la famille d’accueil leur a détroussé le contenu de leurs trousseaux, alors qu'ils portaient les vêtements d'occasion des parents et de leurs enfants.

Le couvert dans ces fermes n'était pas un lieu de raffinement pour une dégustation de fin bec, il était plus proche de la bornée à cochon. Le plat royal était servi régulièrement, cette assiette de fayots avec ces trois rondelles de carottes qui nageaient dans un jus insipide avec son morceau de couenne toute velue qui était impossible à avaler au risque de tous vomir à cause de ces poils d'un demi-centimètre qui grattaient le fond de la gorge. Ils n'étaient pas non plus question de quitter cette putain d'assiette tant qu'elle n'était pas vidée, il fallait honorer ce succulent morceau de couenne de porc velu. Pour éviter de rester des heures à table quand le chien n'était pas sous la table. Denis découpait la couenne minutieusement en petits morceaux afin de rassurer Irène, la mère nourricière qu'il avait bien l'intention de déguster ce mets d'exception qu'il allait déglutir tout rond.

Dès qu’Irène aura tourné le dos, il planquerait les morceaux dans son slip épais en coton pour s'en débarrasser en sortant de table. Tous les soirs, il y avait aussi l'indispensable assiette de soupe. Elle était faite à base du bouillon un restant d'un pot-au-feu, ou d'un bouillant de poule avec quelques légumes qui nageaient parmi ses multiples yeux gras. La marmite était d'une belle contenance et profonde afin que la soupe puisse tenir pour plusieurs jours avant qu'elle devienne trop aigre. Ce que ne pouvait pas détecter le mari d'Irène qui effectuait un curieux chabrot à l'envers en remplissant d’abord le fond de son assiette de sa piquette de vinasse, ce qui réduisait considérablement la quantité du bouillon ajouté. Avant chaque souper Irène puisait à l'aveugle à la louche le bouillon dans le faitout qu'elle ne déplaçait pas dans le bas de sa grande armoire. Elle concoctait ensuite une soupe améliorée aux vermicelles alphabétiques ou avec une biscotte ou avec du pain rassis ou parfois avec du tapioca enfin avec ce qui lui restée. Le deuxième soir pensant qu'elle touchait le fond du récipient, elle poussa un cri d'horreur, car elle venait de retrouver son chaton qu'elle cherchait depuis deux jours. De savoir qu'il avait consommé de ce bouillon du chat à la nage, Denis était écœuré, horrifié, abominé

Ce soir-là, le gamin n'avait plus le courage de s'asseoir à table. Ce qui était un comble, c'est que le couple ne soupçonnait pas l'accident, il était persuadé que l'animal n'était pas tombé tout seul dans ce faitout avec le couvercle dessus. Pour le couple, Denis aurait été assez timbré pour avaler la soupe tout en sachant que le chaton baigné dans le bouillon alors que leurs deux enfants Marc et Bertrand qui eux n'étaient pas assidus obligatoirement à la soupe le soir et qui n'étaient certainement pas des saints, car ils avaient de sérieux comptes de jalousie à régler envers Denis qui utilisait un peu de leur espace sans leur prendre pourtant aucune affection à leurs parents. Ils étaient prêts à faire n'importe quoi pour faire endosser leurs saloperies à Denis qui n'était qu'une personne ingrate envers toute la famille qui l'accueillait si gentiment par pure philanthropie.

C'est ce que voulait faire croire les parents à leurs enfants chéris qu'ils étaient des héros. Ces deux garnements auraient été capables d'avaler la soupe sachant que le chat y était pour se faire disculper tout en voulant faire une bonne farce à ce bâtard d'orphelin tout en faisant participer involontairement leur maman. Trouver plus machiavélique que c'est deux garçons, c'était franchement impossible. La mémé de la maison n'était pas en reste chez les cradingues parfois, elle revenait toujours avec trois ou quatre cagouilles fraichement ramassées en pleine course toutes les cornes tirées et toutes baveuses, elle les déposait directe sur la plaque chaude de la cuisinière quand l'escargot n'était plus qu'une bave visqueuse verte, elle les mangeait avec délectation et avidité. Un jour qu'elle faisait mijoter un ragoût de porc dans la cheminée en le remuant méthodiquement avec une cuillère, il n'était pas rare de voir subrepticement des filets de morve sortir de son nez pour atterrir pile dans la marmite.

En période des moissons ou des vendanges quand toute la contrée se réunissait et que les marmites manquaient, il n'était pas gênant de voir son gros pot de chambre recyclé en un récipient alimentaire pour contenir le ragout d'agneau installé en bonne place sur la table et qu'un convive pensant que le récipient était neuf à lancer une plaisanterie salace, « dépêchez-vous les gars à le vider, car j'ai une grosse envie pressante ».

De toute façon chez ces gens-là, le seul critère essentiel qu'ils demandaient à un pupille, c'était d'avoir des bras solides pour assumer sans relâche d'ailleurs, il n'était pas utile de passer par une salle de musculation pour obtenir des muscles. Le pupille n'avait pas à poser une question qui aurait pu embarrasser la famille d'accueil sur des injustices criantes qu'il devait subir journellement. Essayez donc de trouver une reconnaissance de ces familles charentaises qui ont pourtant beaucoup compté et se sont enrichies avec l'aide des pupilles de la DDASS qui ont participé activement à l'essor de la ruralité en Charente en nettoyant les écuries, soigné les animaux en bêchant et en sarclant gratuitement des hectares de cultures avec ou sans la participation du père ou de la mère de la famille d'accueil. Les orphelins s'échinaient gratuitement, pendant que leurs fils n'étaient que des enfants insouciants qui étaient débordés par les devoirs de l'école quant aux plus âgés, ils étaient dans des établissements de formations supérieures en agroalimentaire.

Maintenant, ils roulent leur arrogance de la réussite au volant de leurs gros 4x4 noirs pour rencontrer les sommités du département et les autorités de la préfecture qui leur sont tout acquises, les réceptions du préfet en leur honneur non-rien à envier à celle-ci de l'ambassadeur. Pourtant, ce n'est pas très beau ce qu'ils font, de vouloir jouer à cache avec notre eau de consommation, nous faire boire une eau qu'ils ont bourrée en nitrate et de pesticides alors que le préfet est comptable de la qualité de cette eau pendant ses deux ans de mutation sur le département, il va bidouiller consciencieusement pour remonter le seuil de tolérance pour faire croire que son eau au robinet est toujours honorablement potable... Les pupilles auraient donc sué dans vos exploitations pour maintenant boire et manger vos produits nocifs pour en finir un jour par arrêt de l'arbitre d'une nouvelle souffrance provoquée par le cancer. Tous ça pour ça qu'elle déception. Vous n'êtes plus des paysans, vous êtes devenus des exploitants de grandes superficies en vivant trop souvent avec les aides de l'Europe, pour nous produire en plus une alimentation oncogène.


Chapitre N°31 A ma sœur de galère. Fille de la DDASS "Tu ne termineras pas ton adolescence pucelle la drôlesse il nous faudra bien qu'un jour on se paye sur la bête !."

Le calvaire d'une drôlesse, ce nom que Denis trouvait abject sans élégance, vulgaire, insupportable et dégradant qu'il faudrait même bannir du patois charentais " la drôlesse" comme le disaient ces vieux vicieux d'une voix appuyée et forte à rendre sourd un Sonotone afin de se faire remarquer dans tout le voisinage pour désigner la pupille, ils avaient l’œil pervers et les lèvres vineuses et baveuses, tout en se tripotant les couilles à travers la poche de leur pantalon en velours côtelé, ils avaient fait une sacrée découverte, que la drôlesse pouvait rimer avec fesse, "olé vachement benèze...!"
Martine 16 ans qui finissait ses études, elle servait de boniche et de bergère et devait aussi soulager sexuellement François son père nourricier, il abusait d'elle, mais pour lui ce n'était pas un viol, ce n'était seulement que son droit de cuissage, qu'il exerçait avec zèle, outrance et autorité dans tous les lieux insolites de sa ferme, quand sa femme Germaine était hors d'atteinte du délit.

Pourtant, une fois dans l'étable alors que madame était partie faire les courses dans le village à 8 km avec sa bicyclette, sur place, elle avait rencontré son voisin qui lui était motorisé, il lui avait aimablement proposé de faire le retour dans sa camionnette, elle a bien failli surprendre son époux en train de besogner Martine heureusement que le chien avait donné l'alerte en voyant l'engin mécanique stationné devant la grille. François eut juste le temps de rajuster les bretelles de son pantalon sur sa chemise qu'il avait dans sa précipitation boutonnée en décaler le dimanche avec le lundi.

Il recouvrit vite fait Martine sous la paille propre en lui intimant de ne faire aucun bruit et aucun mouvement, François sorti de la pénombre qui l'arrangeait bien, en se dirigeant vers le seuil de l'étable que Germaine était prête à franchir, il trouva vite fait un stratagème pour faire sortir son épouse de l'étable sa main sur l’œil, il lui fit croire qu'il avait un moucheron dans celui-ci, et qu'il fallait se mettre à l'extérieur à la lumière pour qu'elle puisse lui retirer cet intrus invisible. Son épouse agacée de ne rien voir se lança dans une brève digression en lui faisant une remarque saugrenue ", tu as vu, comment tu t'es fagoté ce matin", il ne répondit pas à ce détail qui aurait pu devenir gênant et glissant un haussement d'épaules pour fermer le sujet vestimentaire sera sa seule réponse afin de revenir sur la bonne voie, il l'interpella ", tu ne vois franchement rien dans mon œil ?

Quand le silence est revenu dans l'étable Martine se rhabilla rapidement en se secouant de toute part pour chasser toute cette paille heureusement que ses cheveux étaient coupés à la garçonne sous la tendeuse militaire de Germaine, elle pensait qu'il ne fallait pas que Martine soit trop féminine afin que François ne soit pas tenté par cette fraîcheur et cette beauté naturelle même habillée dans un sac, elle restait encore pétillante et désirable. Germaine savait qu'à 40 ans, elle cumulait beaucoup handicaps physiques par rapport à cette maudite fleur qui avait la quintessence de la jeunesse et cette beauté dont elle était jalouse, qu'elle n'avait jamais eu d'ailleurs même à sa jeunesse, quant aux rides, elles avaient déjà fait leurs œuvres de démolition avec les travaux des champs sous le soleil de plomb, son visage était tout fripé comme un fruit séché. Pourtant de qui pouvait-elle avoir peur pour son couple ?

Son François avait les mains et les pieds liés à son épouse, sans elle, il ne serait qu'un commis agricole ou au mieux un métayer exploité par un riche propriétaire dans une autre ferme sur la moitié de la récolte. Leur union était donc indéfectible grâce à la propriété que madame avait dans sa corbeille de mariage. En période de vacances scolaires par tous les temps et toute la journée Martine était au champ pour garder les vaches et les chèvres et là, c'était au tour du domestique du voisin Lucien un jeune homme de 35 ans qui faisait partie d'une trop grande famille de 7 enfants dont il était l’aîné, à ses 15 ans ses parents décidèrent de le placer dans cette ferme, le deal était le gîte, blanchi et le couvert en échange de son travail. Il voyait rarement ses parents et ses frères et sœurs, avaient grandi sans lui et l'avaient oublié laissé à son destin dans cette ferme qu'il n'avait pas quitté durant ses vingt années.

Il savait que Martine avait un mal fou à garder son troupeau dans le périmètre du champ qui était tout en longueur sans clôture seulement un bois à son extrémité d'où les pilotes des avions de chasse de la base de Cognac venaient précisément faire des exercices en ce lieu presque quotidiennement dans un fracas terrifiant, Martine était paralysée par ce tonnerre mécanique des bombardiers, elle perdait le contrôle sur ses bêtes. Les pilotes improvisaient des piqués au-dessus du bois pour terminer en rase-motte, sur le troupeau fou qui partait en tout sens. C'est à ce moment-là que Lucien son samouraï profitait pour lui offrir son aide qui n'était franchement pas catholique, une aide pour rassembler les bêtes en échange d'un gros câlin comme il disait.

Martine n'avait pas le choix, car la punition serait pire de la part de ses parents nourriciers si les vaches s'éclataient la panse dans le champ de luzerne du voisin. De toute façon Martine n'allait pas se plaindre à son père nourricier des abus de Lucien, qu'elle trouvait même parfois plus agréable quand elle était consentante, à celle du lapin François qui lui aussi voulait sa part vite fait, elle ne pouvait pas non plus se plaindre à sa mère nourricière qui l'aurait traité de dégénérée et d'affabulatrice, ni au fonctionnaire de la DDASS qu'elle ne voyait presque jamais, mais de qui elle connaissait déjà la leçon de morale et la devise "on n'écoute pas l'enfant qui fabule sinon les placements deviendraient impossibles" quant à la leçon morale, elle ne change pas. Elle est gravée dans le granite de la DDASS : "tu sais, tu as de la chance que cette famille exemplaire t'héberge ils ont franchement du mérite et du courage (Martine pensait "avec la pension trimestrielle qu'ils percevaient, cela pouvait bien aider à obtenir un semblant de mérite ") elle t'offre un foyer alors que certains enfants n'ont rien ! Toi, tu n'es qu'une gamine capricieuse qui n'apprécie rien et tu es, en plus, médisante, tu n'as aucune reconnaissance envers cette famille.

Martine méditait en pensant que ce qu'il y a d'encombrant dans la morale, c'est toujours la morale des autres et que cette morale était à cent lieues de la réalité et du quotidien que vivait Martine; c'était certainement au nom de la morale que ses parents nourriciers la cachaient quand ils recevaient leur famille de la ville, elle n'avait plus le droit de naviguer dans la maison et de s'installer à la table familiale où les invités avaient pris place, d'ailleurs son repas lui était servi bien avant que la famille passe à table, dans la grange sur la charrette à fourrage. Une mélancolie montait en Martine, pourquoi cette différence flagrante avait lieu entre elle et les enfants des invités.

Pourtant, Germaine était une catho pratiquante assidue, elle n'aurait sous aucun prétexte manqué l'office du dimanche recevoir l'hostie pour elle, c'était atteindre le saint Graal. Elle attendait agenouillée avec impatience son tour, la bouche grande ouverte avec une haleine de hyène, elle tirait complétement sa langue pointue afin que le curé puisse lui déposer dessus l'hostie tout en contournant adroitement son encombrant et protubérant nez, sa bouche était grande ouverte ce qui permettait au curé et au jeune sacristain d'avoir une vue profonde sur ses amygdales.


Chapitre N°32 “Allô ! la famille nourricière j'arrive.”

Quand l'inspecteur de la DDASS avisait les parents nourriciers de sa proche visite à la pupille, la vie de Martine devenait pour quelques jours un conte de fées. Une vraie chambre avec un cabinet de toilette attenant était à sa disposition, plus de stations accroupies dans l'étable sous surveillance, plus d'abus sexuels, plus de vaches au champ, plus de traite, plus le vidage de la fosse à purin des cochons. Elle portait des vêtements propres et avait même reçu une petite délicatesse de la part de madame, elle lui avait glissé un mouchoir imbibé de l'Eau Cologne dans la poche de sa nouvelle blouse qui n'était plus grise, ce gris qui était bien pratique pour cacher la crasse et les taches, mais, hélas, pas l'odeur des cochons elle était toujours persistante.

Pour cette unique circonstance, elle portait une blouse plus fantaisiste avec des couleurs joyeuses, elle était rouge bordeaux, avec le col et les revers des poches en rouge dégradé. Elle faisait son effet, même qu'elle rendait à Martine une bonne mine, elle était une autre personne, un optimisme s'affichait sur son beau visage androgyne . Elle n'avait plus cet enfermement sur elle-même qui lui rongé toute sa personnalité. Mais elle ne restait pas dupe pour autant... Le lavage de cerveau était constant pour que le jour( j) soit conforme au niveau de la famille exemplaire et surtout qu'elle reste bien notée." Attention ! La drôlesse pas d'entourloupette sinon après la visite cette maison sera pour toi un enfer de douleur " disait en chœur le couple machiavélique, Martine savait que ces suppôts de Satan ne pouvaient pas faire pire, car elle vivait déjà les enfers. Et après la visite effectivement l'enfer était vite revenu.

Nicole 16 ans par un commis agricole. Florida 17 ans par son employeur fermier. Martine 16 ans par son père nourricier et le domestique du voisin. Georgina 14 ans par le domestique du voisin de ses parents nourriciers. la liste des personnes abusées n'est pas exhaustive Monsieur le directeur.


Chapitre n°33 Une justice placébo pour les bourgeois.

Denis était devenu un adolescent avec une corpulence et une taille qui lui permettait de maintenir à l'écart ces salauds qui faisaient subir et endosser aux filles adolescentes les placements cauchemardesques.
Pour en finir avec ce parasite de monsieur Moreau. C'est un personnage sur un moment d'inattention que Dieu avait offert son ciel dans ses yeux bleus, persuadé qu'il serait un modèle pour le genre humain, alors qu'effectivement ses yeux avaient tourné aux rouges comme venant directement des ténèbres, il était le diable en personne. Denis avait appris plus tard que ce monsieur était passé par la case prison, il ignore qui de ses filles ou de son épouse l'avait dénoncé ? Mais ce personnage grâce à sa truelle virtuose il aurait pu vous transformer la gentilhommière d'un notable en château d’Azay-le-Rideau, ce qui fait que son séjour en prison n'était qu'un gâchis totalement insupportable ce n'était quand même pas un crime de sang ! D'abuser de ses filles chez soi ça reste dans la famille, alors que de violer une gamine de son voisinage, ce n'est franchement pas tolérable l'acte est innommable objectaient nos chers notables. Il y avait à l'extérieur tant de rénovation à effectuer dans les gentilhommières de chez gens, surtout chez un en particulier un industriel local de Montmoreau qui avait un bras si long, si long en relationnel avec les élites les plus importantes de la Baronnie charentaise. En plus, cela persiste toujours dans nos régions en zone rurale, certains ont encore gardé des pouvoirs et une influence indéfectible auprès des administrations ou des services de l'État afin de ralentir ou de bloquer des dossiers discrètement en les perdant dans les dédales de nos administrations, pour servir leurs protégés sans foi ni loi qui sont souvent des ordures qui pratiquent des abus de pouvoir en bénéficiant de l'impunité que leur confèrent leurs positions. Monsieur Moreau est ressorti de prison, paraît-il inconsolable avec des milliers de regrets pour sa famille et surtout pour Isabelle et Annick qui d'ailleurs ne voulait plus de lui sous leur toit. Il a donc décidé de se mettre en ménage avec sa visiteuse et confidente de prison. Cette dame certainement aveuglée par l'amour et impressionnée par son relationnel et par le charme de ce loup qui avait déjà une étape d'avance quand il a fait la connaissance de sa gamine de 14 ans qui vivait avec elle, il n'allait certainement pas refuser l'hébergement que lui proposait avec insistance cette nouvelle connaissance. Il a passé trois mois dans l'ambiance d'une douceur et d'une courtoisie excessives et exagérément hypocrite et obséquieuses, par sa nouvelle conduite, il méritait un titre d'élégance courtoise envers ses deux femmes... Mais un jour ! Bas le masque, plus de soumission, sa courtoisie, n'était plus qu'une fureur, il avait repris la peau de ce loup en rut incontrôlable et déchaîné, il fit qu'une bouchée de la gamine pendant l'absence de sa mère, il a violé et encore violé. Merci ! À ce cher bourgeois naïf d'avoir fait confiance à ce fauve qui avait goûté à la chair fraîche en pensant qu'il n'y reviendrait plus. L'histoire ne dit pas s'il a eu le temps d'utiliser sa truelle pour reprendre les travaux qu'il avait commencés à son premier emprisonnement ? La DDASS avait horreur des pupilles rassemblés au foyer sans affectation, ils pouvaient se raconter et comparer leur régression d'infortune sur l'échelle de la souffrance, en groupe ils pouvaient aussi se solidariser et avoir des mauvaises idées de révolte. Les fonctionnaires se passaient donc de leur avis pour leur trouver un nouveau placement, car avec une main-d’œuvre aussi bon marché c'était une bonne aubaine en 48 heures Denis fut sélectionné par un nouveau maître, oh ! Pardon, un nouveau patron pour une nouvelle aventure certainement d'esclavage et d'un asservissement total à ravir son nouvel exploiteur pour l
e prix d'une bornée et d'un lit sans rêve.

noel 1961 piece de théatre  le poulet 001

Suite n°2.( A Julien) "Le fumier ça se conjugue aussi dans ce coin-là..."