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Commequiers34

Super-Sport-1963

Suite N°10 gémir n'était pas de mise au paradis de la mouche scatophage.
Ce n'était pas la pierre qui "n’aiguise pas" qui était lourde, la lourdeur venait plutôt de ce débile de Patrick...



Depuis une semaine, Patrick était parmi nous, il a repris le boulot toujours aussi taciturne et aussi bas de plafond, un après-midi profitant de l'absence du couple Éliane & Léon et de celle de Marcello momentanément. Il ordonna à Denis d'aller à pied, chercher « la pierre qui n’aiguise pas » en lui donnant un sac en toile de Jute pour se rendre à la ferme voisine chez les Lanvin à trois km de la forge. Ce que Patrick ignorait, c'est que Denis connaissait très bien le couple, ils étaient des gens gentils et merveilleux, ce qui était exceptionnel dans les environs, souvent le dimanche Denis se rendait à leur ferme pour leur donner un coup de main et surtout pour essayer de voir la jolie Nicole du haut de ses 16 ans elle paraissait physiquement en n'avoir dix-huit, elle était timide et farouche quand elle croisait un garçon, elle était de la même agence que Denis. Patrick aurait pu lui demander n'importe quelle demande même farfelue Denis aurait saisi n'importe quel prétexte au bond pour seulement croiser Nicole.
Monsieur Lanvin voyant Denis venir un après-midi en semaine trouva cette visite curieuse, il l'interpella « mais que t'arrive-t-il de venir nous voir en semaine ?» Denis lui expliqua que c'était le compagnon Patrick « qui lui avait demandé de venir prendre possession de la pierre qui n’aiguise pas et que vous étiez au courant ». Le fermier se mit à rire bruyamment face à la naïveté de Denis, il répétait sans cesse en se tapant sur les cuisses en scandant « ah le con ! Ah le con ! » « Il m'avait bien parlé de cette débilité, mais j'étais à cent lieues d'imaginer qu'il allait mettre sa vacherie à exécution ». Denis interloqué par la réaction du fermier ne comprenait plus rien, volontaire de cette expédition, mais avec une petite idée derrière la tête de caresser l'espoir d'apercevoir ne serai-je qu'une seconde la belle Nicole, et tant pis ci pour cela fallait passer pour un idiot, le traquenard de Patrick n'avait déjà plus lieu d'être dans son cerveau. Dans un moment de lucidité, il demanda au fermier « y a-t-il un souci pour cette pierre ? » Monsieur Lanvin toujours sous l'effet euphorique de cette blague, il lui tira amicalement son bras pour l'attirer jusqu'à une porte qu'il poussa en lui montrant la fameuse pierre qu'il devait ramener à la forge, c'était une ancienne marche d'escalier de la cave d'une quinzaine de kilos à elle seule. Denis toujours dans un flou d'espoir il imaginait Nicole dans une robe coquine et vaporeuse qui parfois se soulevait discrètement sous l'effet d'une légère brise en dévoilant pudiquement ses sous-vêtements, ils étaient tous les deux en balade à bicyclette, ils pédalaient au rythme lancinant de cette musique romantique à l’extrême, sensuelle et langoureuse de Bilitis, cette douce niaiserie voluptueuse qui a fait planer les jeunes romantiques.
Denis déconnecté ne comprenait toujours pas pourquoi il lui montrait cette ancienne marche et ne voyait surtout pas l'utilité de trainer une telle pierre jusqu'à la forge et Patrick que pouvait-il bien en faire ? Revenu dans le monde débile comprit enfin que Patrick était, en train de se payer de sa tête, ce n'était donc pas suffisant de passer le sexe et les fesses des apprentis à l'huile de vidange ou à la graisse, cela ne devait plus l'amuser, voici que, maintenant, il voulait aussi le ridiculiser à lui faire traverser le village à porter cette pierre comme un supplicié qui jusqu'à épuisement devait porter sa croix pour ensuite y être crucifié. Il fallait quand même avoir une sacrée dose de perversité pour imaginer un tel plan, le coup de sabot du cheval en pleine face lui avait certainement embrouillé son cerveau .


N°1, Un peu de douceur avant l'orage...


Monsieur Lanvin demanda à Denis d'aller retrouver son épouse à la cuisine pour se rafraîchir avec un verre de grenadine pendant que lui se chargerait de remplir son sac.
Denis dans la cuisine était en bonne compagnie pour siroter sa boisson fraîche que lui avait préparée l'élégante et longiligne madame Lanvin, Nicole était là aussi profitante d'une pose, tête baissée sur son ouvrage un canevas aux multiples couleurs, ses yeux verts voguaient discrètement par-dessus son étoffe en direction de Denis qui était ravi de cette sollicitude bienveillante, néanmoins, il faisait rien apparaître de ce ravissement tout en restant stoïque pour ne pas éveiller les soupçons chez la mère nourricière. Alors que ce moment était immensément intense de pouvoir la saisir même un instant pour la contempler et lui effleurer de la main ses belles joues seyantes avant de lui poser ses lèvres sur les siennes.
Dix minutes plus tard la porte s'ouvrit brusquement dans un couinement à faire grincer les dents, monsieur Lanvin apparu dans un halo de lumière avec le sac de jute garni, Denis était surpris de voir avec qu'elle facilitait il tenait le sac d'une seule main. Il s'adressa à Denis « tu vois, j'ai bien allégé le chargement en place de la marche en pierre, tiens ! J'ai mis de la sciure de bois à la place, dès que tu arriveras en vue de la forge, il te faudra faire du cinéma en tenant ton sac sur l'épaule en donnant l'impression d'en avoir plein le dos, tu marcheras d'un pas traînant en grimaçant d'un rictus de douleur au souffle court et bruyant afin que ton fou furieux de Patrick s'imagine que tu as horriblement souffert en transportant la marche. Il risque d'être franchement surpris quand tu lui videras le contenu à ses pieds, il te faudra te tenir à bonne distance ». Denis imaginait déjà le tableau connaissant le loustic, il savait déjà que cette affaire allait finir dans un pugilat sans fin, de toute façon quoi qu'il fasse avec Patrick, c’était inévitable, il ne savait que donner des coups. Denis essayait d'ailleurs de ne pas penser à ce moment précis, il s'était projeté déjà le soir dans son lit où il serait enfin libre de faire vagabonder son imagination et de fantasmer en toute quiétude sur sa petite reine. Il prit congé des femmes, monsieur Lanvin l’accompagna, en passant près de l'abreuvoir des animaux sans prévenir, il lui versa une gassotte d'eau sur la tête et sur sa chemise, Denis surpris et transi regarda le fermier pour ce geste inattendu qui lui disait, « c'est mieux comme ça cela fait plus vrai, allez ! Mon gars vas-y et n'oublie pas le scénario à l'approche de la forge » . Ce monsieur était un parfait metteur en scène il aurait aimé voir la réaction de Patrick.

N°2 Le fauve est atteint du vertige d'une violence mortifère. 

Arrivé à la forge, le stratagème avait magnifiquement bien pris, il était même trop parfait qui Patrick n'allait certainement pas apprécier ce tour de passe -passe .
Patrick n'avait franchement pas apprécié cette parodie et cette embrouille, il commença par shooter dans le sac en étalant la sciure dans tout l'atelier, il était d'une colère noire, mais Denis face à cette situation restait immuable, il était déjà loin dans les yeux dorés de Nicole, ce qui avait le don de quadrupler la puissance de la colère de cet abruti de Patrick. Denis ne perçut que le regard de Patrick s'assombrissait comme un typhon qui monte dans une puissance destructive, ses yeux devenaient noirs, ses narines se dilataient, son souffle chaud venait des ténèbres, Denis sortant de sa bulle senti sur son visage une lourde Irritation véhémente contre lui. Le typhon était dans une étape maximum rien n'allait pouvoir désamorcer cette déferlante.

Même les paroles apaisantes de Denis, le suppliant de se calmer « que ce n'était qu'une blague en réponse de la sienne sa fameuse pierre qui n'aiguise pas, mais peine perdue il n'entendait plus rien son sang bourdonnait dans ses oreilles, déjà un poing rageur, était en chemin, il lui frôla la tête Denis qui sentit le déplacement d'air de ce missile qui eut le mérite de le faire redescendre vite fait sur terre dont il était grand temps, car un deuxième était déjà lancé, plus précis et plus puissant que Denis eut juste le temps de l'esquiver juste de l'épaisseur d'un papier de cigarette. Les coups suivants devenaient toujours plus ravageurs et plus lourds à chacun des contacts. Denis savait qu'il devait protéger illico son visage et sa mâchoire, il n'avait donc, plus le choix, il devait répondre pour ne pas se faire massacrer par cette bête féroce écumante, c'était parti à la vie à la mort, il devait coûte que coûte éviter les coups redoutables et taper, lui aussi encore plus durement pour l’arrêter dans cette fureur destructible, il était dans la situation du gladiateur dans un amphithéâtre romain qui désirait sauver sa peau d'une mort promise.

Heureusement Denis savait jouer des jambes, car contre les poings de son assaillant il n'arrivait plus à les éviter ou à les contrer, la fureur venait de passer maintenant d'un cran supérieur chez Denis, sa jambe droite venait de se détendre à la vitesse du boa, elle se dirigeait toute en puissance à celle du sabot d'un cheval pour aller se caler dans ses bijoux de famille, le coup fut si violent que Patrick se retrouvait à deux mètres plus loin, il était plié en deux la respiration coupée avec ses poings, il se tenait le bas-ventre. Dans une poussée adrénaline supérieure Denis venait d’atteindre, une froideur extrême il s’approcha de son agresseur et profitant qu'il soit en difficulté et en pleine récupération, pour lui envoyer un second scud cette fois en plein sur la bouche en lui éclatant la lèvre supérieure dont le sang coulait abondamment. Un autre missile était engagé pour repartir en direction de son visage quand Denis sentit une mâchoire d'acier lui bloquer son bras droit en pleine course. C'était Marcello leste et silencieux comme un fauve, d'un bond, il s'était jeté sur Denis pour lui bloquer les bras afin qu'il cesse immédiatement son entreprise de démolition qu'il avait engagée sur Patrick.

Denis s'était mis dans une sale situation en voulant répondre à la sauvagerie de Patrick, en plus il n'avait pas mal reçu de la part de ce bûcheron son état physique n'était pas reluisant non plus, son œil gauche était à moitié fermé l'arcade ouverte dont le sang s'échappait et se mélangeait avec celui de sa lèvre inférieure éclatée, la joue droite avait aussi morflé ? Ce loubard n'avait franchement pas fait semblant de cogner, heureusement que Denis avait réussi à le contenir.
Patrick avait les phalanges de sa main droite ensanglantée, il marchait comme un Ravaillac écartelé pour aller en direction du puits pour se remplir le baquet d'eau afin de se laver de son sang qui lui couvrait son visage et ses mains l'homme était surtout plus atteint dans son orgueil que, physiquement, car surpris de la réaction foudroyante de Denis, qui d'habitude ne faisait qu’esquiver sans jamais se rebiffer malgré, les coups destructeurs sur le visage.
Sans un mot, Patrick monta dans la chambre, il en redescendit 10 minutes plus tard, il s'était changé sa valise à la main, il s'adressa à Marcello en lui demandant de dire à Léon de lui faire parvenir son solde de tout compte chez ses parents qui habitaient à Nontron en Dordogne, il lui a griffonné l'adresse sur une boîte de boulons en carton, il salua Marcello en ignorant Denis, l'instant suivant, ils entendirent le moteur de sa Mobylette sport beuglé à l’arrière du bâtiment puis le bruit s'est estompé en s'approchant de l'horizon comme avalé il disparaissait définitivement où l'on pouvait ce beau jour de soleil apercevoir à sa crête le haut du clocher du village voisin de Pérignac.
C'était au tour de Denis de se laver son visage ensanglanté Marcello lui fit les premiers soins en posant des compresses et pansements nécessaires pour stopper l'écoulement de son sang sur son visage.

Denis au fond de l'atelier s'était recroquevillé, la tête entre les jambes il était secoué par des spasmes du sanglot, Marcello se rapprocha de lui pour le réconforter, «Tu sais, tu n'as rien à te reprocher, ce n'était que de la légitime défense » Oui effectivement répondit Denis, « mais pour les inspecteurs de la DDASS, c'est encore une rixe à mon actif, ils ne chercheront même pas à comprendre que j'étais en droit de riposter, ils vont me faire passer directement par la case maison de correction» Marcello se voulait rassurant «Tu n'as rien à craindre de Patrick il ne parlera pas, De toute façon je suis un témoin en ta faveur et monsieur Lanvin connaissait aussi le plan non-amical qu'il avait concocté pour te faire souffrir et te faire passer pour un benêt dans le village. » Marcello s'est tue toujours la main amicale posée sur la tête du malheureux Denis.


N°3 Marcello Un frère, une belle personne pour Denis. La rencontre d'une vraie parole.

Quelques minutes plus tard Marcello interrompait, ce lourd silence Denis sentait dans l'intonation de sa voix un soulagement, une libération : « Tu vas suivre mon plan, c'est toi qui vas devenir pour les yeux de Léon et d'Eliane, un héros. Nous allons modifier la version, en fait Patrick était fâché contre moi pour lui avoir fait remarquer qu'il avait fait un sale boulot sur la transformation d'une machine agricole. Très susceptible, il en est vite venu aux insultes puis aux mains, je l'ai rejeté très violemment puis plus rien. Je suis passé à autre chose, quand plus tard il est revenu à la charge alors que je lui tournais le dos, surpris il m'a déséquilibré, armée d'une grande pince de forge, il allait me fracasser le dos, c'est à ce moment que tu t'es jeté sur lui pour le désarmer et faire échec à son attentat et c'est pendant ce corps-à-corps qu'il t'a massacré le temps que je reprenne mes esprits pour intervenir pour t’aider à le neutraliser. Voilà la version définitive que nous allons tenir au patron ».
Pendant ce temps Léon et Éliane visitaient la foire d'exposition annuelle d’Angoulême, où de nombreuses nouvelles machines agricoles pour tracteur y sont exposées, Léon s'en inspirait sur son bloc-note où il dupliquait ce matériel avec l'aide des brochures pour les fabriquer dans l'atelier en les vendant moins cher que chez les concessionnaires de ces machines qui étaient en majorité importées d’Amérique.
Éliane et Léon en rentrant dans la soirée furent affolés en voyant la tête cabossée de Denis, ils voulurent connaître la raison, en s’adressant à lui-même alors qu'il s’interdisait de ne rien dire du moins pas avant que Marcello s'exprime sur l’événement, allait-il maintenir sa version face au patron et à son épouse qui s'approchaient de Marcello pour s'enquérir des faits ? Marcello avait suivi au cordeau le déroulement du compte rendu de la rixe qu'il avait concoctée. Denis qui habituellement était d'une nature méfiante, eut une reconnaissance et un infini respect envers cette belle personne de parole qui était Marcello. Jamais, oh non jamais ! Autre personne depuis son enfance ne s'était autant investit pour lui.
Le compte rendu de Marcello avait ému Léon qui alla ressortir sa 2CV du garage pour emmener Denis chez son médecin pour lui effectuer des points sur les parties ouvertes du visage, oui ! À cette époque, un médecin était capable de vous recoudre, et poser des attelles au bras, à la cheville où à la main, ce qui n'est plus le cas maintenant. Léon a payé directement le médecin en espèce cela n'était pas grand-chose, mais pour Denis cela voulait dire beaucoup, c'était une belle preuve d'amitié que venait lui témoigner Léon... ! L'intervention du médecin ne sera donc pas inscrite sur le livret de la DDASS qui aurait eu pour but de répondre à des questions dérangeantes et de tantinet soupçonneuse et dérangeante sur le cas de Denis sur un tempérament bagarreur, qui aurait pu influencer un rapport désastreux établi par des inspecteurs imbus de leur influence afin de torpiller l'avenir d'un adolescent qui aurait été classé "dangereux pour la société".

Grâce à cette mise en scène bien conçue et bien ficelée de Marcello, Léon et Éliane n’arrêtaient plus de vanter des louanges sur Denis qui était devenu malgré lui le héros de Saint Léger, tous les clients mêmes ceux qui avaient l'habitude de le snober habituellement, venaient s’enquérir de son état en lui prodiguant une vive compassion pour son visage amoché avec l'œil toujours à moitié fermé et ses multiples hématomes qui passaient par plusieurs couleurs du noir, rouge, jaune, bleu avant de se résorber durant une dizaine de jours. Léon imperturbable racontait à chaque client la même litanie que «Denis était un brave garçon qu'il avait aidé son collègue à se sortir d'une mauvaise passe, vous voyez ces enfants de la DDASS ne sont pas tous à jeter aux chiens», comme il l'avait rétorqué à son ami Mirouleau le maire du village qui à une époque avait été personnellement odieux envers Denis. » (voir le n°3 les vendanges de la perfidie) cette expression hélas était trop souvent citée par les parents nourriciers et les patrons quand ils n'obtenaient pas un asservissement total du pupille..

Mes nuits les yeux fermés sont souvent plus belles que certains jours à rester les yeux grands ouverts sur des agissements de certains de nos notables moralement répugnants de notre société.




(Les filles de la DDASS D’AUXERRE assassinées sans que personne ne bouge sauf le gendarme JAMBERT paix à son âme. Ce sera ma sentence mémorable à chaque Toussaint ..)

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Même pas mort ! Même qu'un jour, il reparlera...

Merci ! Au nom de toutes nos sœurs sacrifiées. Pour les pupilles de la DDASS gendarme JAMBERT, vous ne serez jamais tout à fait mort, au contraire, vous resterez notre héros. Vous l'unique personne à avoir essayé de permettre à des gens de rien d'obtenir une justice face à des notables de cette société avec ses administrations corrompue, maire, juges, procureurs qui ont préféré leur salut par un transfert loin de ce département de la honte au lieu de faire éclater la vérité et dont certains médias complices n'ont jamais voulu non plus se mouiller à la chercher sur cette odieuse tragédie. Quant à votre hiérarchie et à certains de vos collègues qui vous ont mal enterré, nous leur souhaitons des nuits effrayantes et cauchemardesques...


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Gémir n'est pas de mise au paradis de la mouche scatophage.

N°11 Au nom de tous les miens et de Nicole.


Un loup solitaire a éteint sa lumineuse princesse.

N°1 La visite de la gendarmerie quand on est un pupille ça vous fout toujours une trouille insurmontable. Sachant que leur visite est rarement une courtoisie et toujours soupçonneuse à votre égard.

Suite à la dégradation de son visage, pendant deux semaines Denis avait refusé de se rendre à la ferme des Lanvin pour ne pas effrayer la belle Nicole. C'est en cette période qu'une nuit Denis fut réveillée par un hululement de cette maudite chouette qui l'avait mis mal à l'aise le restant de la nuit. Au matin, Denis n'était pas dans son assiette, ce mauvais présage lui prenait trop la tête sans savoir qu'elle en serait la teneur. Pendant la matinée au travail, son pressentiment s'était estompé, quant à 11 h 30 patentes s'arrêta l’estafette bleue de la gendarmerie dans la cour proche de la faucheuse que Denis réparait, levant la tête en apercevant le véhicule il faillit se trouver mal, il tremblait, il n'était pas loin de se pisser dessus, persuadé qu'il était là pour lui surtout qu'un gendarme venait avec assurance vers lui. Denis se disait « cette fois, je suis bon ce salop de Patrick a dû se plaindre de la dernière baston et ils viennent me cueillir pour me ramener à la DDASS (n°10) »

Le gendarme sentant l'émoi du jeune homme qu'il avait face à lui, fit une volte-face en direction d'Éliane qui croisait pile dans les parages avec une gamelle pleine de grains à la main pour aller nourrir ses poules, le gendarme l'interpella, elle s'approcha immédiatement vers lui avec courtoisie, car en plus de sa soif de la curiosité Éliane avait un grand respect envers l'uniforme « pardon madame, vous pourriez nous indiquer la ferme des Lanvin » Denis devenait moins farouche en comprenant qu'ils n'étaient pas là pour lui, tout en restant quand même inquiet t'entendre le nom des Lanvin il tendit l'oreille, discrètement il s'était avancé de trois pas pour essayer d'entendre le contenu de la conversation, Éliane indiquait où était située la ferme puis elle demanda au gendarme « c'est grave brigadier ? » Il fit une moue de fonctionnaire blasé et lui répondit d'une façon laconique et détacher « un domestique aurait violé une drôlesse mineure de 16 ans de l'assistance publique » un fluide glacial passa de la tête aux pieds de Denis, il était dans une position cataleptique sans pouvoir bouger, il se murmurait en boucle ", mais ! Il parle de ma princesse de mon soleil de mon espoir, c'était bien elle ! Ma Nicole venait de subir un viol par un journalier de passage." Denis, enfin, se dégagea de sa catalepsie pour aller se planquer dans la cabane dans le fond du jardin qui lui servait aussi la journée de confessionnal quand il avait une monomanie dans la tête ou qu'il avait besoin de pleurer comme sur cette situation abstruse et insupportable, son bleu de travail était inondé par son torrent de larmes, Marcello qui avait cerné la situation avait abandonné son occupation pour surveiller et contenir Denis en cas d'une réaction soudaine ou d'un sérieux dérapage hystérique envers ce gendarme qui lui paraissait insensible au crime que Nicole venait de subir. Marcello qui connaissait son secret de sa chimère sentimentale arriva avec beaucoup de patience à le consoler.

N°2 Encore un malade du sexe, qui hélas étaient nombreux dans nos contrées, et il fallait que sa tombe sur la rayonnante princesse de Denis.

Le journalier de 40 ans était un rustaud brut de décoffrage que les Lanvin avaient embauché pour effectuer des travaux de sarclage dans les champs de betteraves. Il était un loup solitaire, il passait de ferme en ferme son état d’hygiène était si catastrophique qu'il était un répulsif pour l’espèce humaine, seules quelques mouches scatophages osaient se poser sur lui. Il fouettait la puanteur du bouc en chaleur, pas rasé, les cheveux poisseux sa bouche pleine de chicots, un bonnet charentais vissait sur la tête dont la sueur successive avait imprimé un large cercle blanc.

Ils sévissaient dans le monde rural en écumant une région différente par saison dès qu'ils étaient libérés de la prison ou qu'ils pouvaient s'évader de leur asile psychiatrique où ils étaient internés pour soigner leurs pulsions.

Le personnage chez les Lanvin était officiellement à son quatrième viol avoué, il connaissait déjà tous les usages avec les gendarmes, il était même prolixe avec eux pour imposer sa version sans témoin, c'était parole contre parole et comme la parole d'une pupille de la DDASS ne valait pas grand-chose sachant qu'elles étaient souvent la cause de l'embrouille pour leur faire porter la faute des autres, laissant souvent nos militaires et nos fonctionnaires indifférents. Ils étaient même parfois hostiles à ces personnes sans famille qui n'apportaient que des soucis supplémentaires à leur travail pour la vie en société, il ne fallait surtout pas compter sur l'indulgence et la bienveillance des administrations et de ses fonctionnaires pour les défendre et les protéger. Nous avons des exemples flagrants et pourtant bien plus récents que ses années 1964 1966.

(L'exemple dans l'affaire des disparues de l'Yonne des années 1975 à 1989 qui, hélas, n'était pas unique qu'à ce département où des pupilles filles étaient abusées suppliciées pour donner du plaisir à leurs bourreaux vicieux ensuite ils les faisaient disparaître du monde des vivants pour vivre ensuite en bon père de famille

jusqu'à la prochaine séance perverse. Ce ne sont pas les administrations qui allaient chercher une quelconque faille dans ces disparitions bizarres qu'elles entérinaient définitivement en fugue sans jamais ouvrir d’enquête malgré le nombre élevé de fugueuses dont beaucoup n'avaient pas d'attache familiale pour les réclamer où pour demander une enquête de recherche, alors qu'il suffisait de chercher chez les gens proches de leur quotidien, elles n'étaient pas très loin jetées dans un puits tari ou enterrées sous terre ou pires sous un tas de fumier où l'on n'aurait même pas osé déposer son chien mort..

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N°3 Le Gendarme Jambert a payé au prix fort de s'intéresser à ces disparitions à répétitions.

De ces personnes cataloguées “des gens qui ne sont rien" Grace à vous gendarme Jambert ces filles ont été estimées en tant qu'humaine, grâce à l'intérêt ininterrompu que vous leur avez porté, elles ont pu retrouver une âme que des salauds féroces leur avez ôté cruellement.

Au nom des pupilles de la DDASS Gendarme Jambert vous ne serez jamais complétement  mort, vous resterez un héros. Oui ! Notre Jean Valjean à nous et tant pis ! Pour cette société avec ses administrations corrompues avec certains médias complices qui n'ont jamais voulu connaître la vérité sur cette tragédie. Quant à votre hiérarchie et à certains de vos collègues qui vous ont mal enterré, pour obéir à je ne sais qui de si important qu'une raison d'État ? Nous leur souhaitons des nuits cauchemardesques...
La chape de plomb se fendille à peine, derrière les disparues de l’Yonne, Auxerre se débat contre les lourds secrets qui empoisonnent ce coin de Bourgogne depuis vingt ans. Trois affaires, dont les crimes avoués par Émile Louis, laissent la pénible impression qu’une partie de la vérité a échappée à la justice. Les trois dossiers n’ont juridiquement rien à voir. Si ce n’est qu’à chaque fois les victimes étaient des jeunes filles de l’assistance publique, parfois légèrement handicapées mentalement, et toujours abandonnée socialement. Les institutions ne se sont pas vraiment avisées alors qu'ils en avaient la responsabilité. La direction départementale de l’action sanitaire et sociale de la région d’Auxerre tournait au triangle des Bermudes. Vingt jeunes femmes au moins ont été violées et parfois tuées entre 1977 et 1989 dans ce petit coin de l’Yonne, et l’Association de défense des handicapés de l’Yonne (ADHY) estime qu’une dizaine d’autres n’ont pas porté plainte. Juges, préfets, maires, sénateurs, députés, Conseil général, conseil de la région tout ce beau monde qui se vante d’être proche et à l'écoute de leurs administrés qu'ont-ils faits... ? Pour rechercher toutes les pupilles qu'ils avaient d'office mis en fugue pour n'ouvrir aucune enquête pour s'en débarrasser avec une indifférence inconcevable que même le propriétaire d'un pigeon égaré n'aurait pas osé ce comportement envers son volatile. Qui, devaient-ils protéger ou couvrir pour les avoir assignés à l’indifférence à vie pour le genre humain. Denis a été exacerbé par ce silence lourd et pesant de ces filles en détresses de la DDASS que personne n'a voulu entendre sauf le gendarme Jambert.
Denis avait déjà vécu, en 1965, le viol de Nicole que la DDASS avait discrètement cachée, on ne change pas une pratique efficace d'une institution qui a pour consigne de ne pas faire de vagues chez nos chers notables qui eux, pourtant, ne nageaient pas toujours dans des lacs bleus, paisibles et limpides.

Pour revenir au violeur de Nicole, c'était du pain bénit pour lui qu'il soit tombé sur une pupille ! Nicole était muette incapable de se défendre face à ce monstre sans scrupule, qu'il l'accusait de l'avoir supplié, qu'elle n'était qu'une provocatrice avec sa poitrine affolante et imposante, qu'elle bougeait érotiquement, ça l'avait carrément excitée et c'est après avoir eu plusieurs rapports consentis que Nicole aurait eu des remords de l'avoir séduit et par peur ensuite de se retrouver internée dans une maison disciplinaire.

Elle aurait simulé le viol en déchirant ses vêtements en se griffant le ventre en se donnant des claques sur le visage et qu'elle s'est même cassé une incisive et cassée son nez. Il n'était qu'un pauvre accusé qui était au mauvais endroit au mauvais moment alors qu'il n'était venu à la ferme des Lanvin pour travailler pour manger. «Monsieur le gendarme, c'est vraiment insupportable de se faire traiter de la sorte.»

Le gendarme excédé qui avait déjà eu affaire à cet individu dans une autre agression d'adolescente lui rétorqua « pourtant cher monsieur, ce n'est pas la première fois que vous violer une adolescente dans la région, à votre actif nous avons au moins quatre victimes.» Le violeur cessa instantanément sa turpitude nauséeuse sans jamais avouer son crime.

Un autre gendarme sans affect écoutait la version entrecoupée par des averses drues de sanglots douloureux de Nicole prostrée dans le coin de la pièce. Ses vêtements étaient en lambeaux ses cheveux blonds et soyeux étaient en bataille et ensanglantés, ses joues, son nez, sa bouche aucune partie de son visage n'avait été épargnée par les mandales reçues de la part de son agresseur pour la maîtriser, on aurait cru qu'elle était passée dans un buisson de ronces, le gendarme pointilleux voulait à tous pris qu'elle lui raconte et raconte sans pudeur, les faits et gestes du viol subit par ce monstre qui avait encore l’audace de l'accusé de tout avec un rapport consenti.



N°4 La spirale du fou

Beaucoup de familles s'étaient tues aux viols de leurs filles adolescentes afin d'éviter que leurs enfants ne soient couverts d'opprobre à vie dans toute la contrée, les parents nourriciers faisaient aussi la même chose concernant les pupilles filles, ils optaient pour une discrétion totale afin d'éviter de rendre des comptes à l'agence, souvent ce taré se prenait une bonne correction de la part des parents qui l'éjectaient avec perte et fracas de chez eux sans lui gratifier évidemment ses journées de travail en lui disant d'aller faire ses saloperies ailleurs ce qu'il appliquait à la lettre ce con-là ! Car comme personne ne voulait dévoiler le délit officiellement par peur " du qu'en-dira-t-on" du voisinage qui s'ensuivrait. Seul le couple Lanvin avait eu ce courage de prévenir la gendarmerie pour le stopper au milieu de sa folie, au lieu de se le balancer comme une patate chaude de maison en maison sans rien dire.

Les gendarmes après son audition ont déposé cette bête au centre de Breuty (le bien nommé) où il avait déjà tous ses compagnons au plafond bas et le sexe agité internés pour passer leur hiver confortablement au chaud et à saturation de drogue pour les endormir, au bout de six mois les intouchables seront libérés juste pour les beaux jours, quand la sève monte sans aucun traitement pour régulariser leur tempérament sans surveillance ils vont se métamorphoser en un animal assoiffé d'assouvir un besoin irrépressible, exacerbé et convulsif, d'un rut frénétique.

Le journalier ne bramait pas pour prévenir qu'il allait passer à l'action, au contraire, comme une furie, il se jetait sur la victime, c'était pour lui la réussite d'obtenir une forte jouissance pour perpétrer son crime de violer les jeunes filles par surprise qui se débattaient comme des lionnes jusqu'à l'extrême épuisement. Face à cette masse de nerfs et de muscles incoercibles, la victime n'avait aucune chance d'échapper à sa pulsion démoniaque.

Chaque fois qu'il sortait, ou qu'il fuguait de ses internements à répétition, pour ne pas se faire repérer immédiatement, il allait zoner dans un autre lieu en employant toujours la même pratique pour écumer un secteur, il pratiquait, la spirale du fou un parcours sous une forme hélicoïdale en partant toujours du centre en tournant sur la droite vers l'extérieur seul un viol déclaré pouvait le stopper de son entreprise pour ne pas persévérer dans son schéma diabolique.
Ce timbré a fini par disparaître du paysage rural, d’après la gendarmerie, il n'était ni en prison ni revenu dans son un hôpital psychiatrique... ?


N°5 Alléluia ! Le Satyre s'est perdu dans les ténèbres.


À la suite de ses escapades terrifiantes, avait-il rencontré son pire ennemi un père de famille borderline et irascible qui avait certainement de bonnes raisons de ne pas prévenir les autorités qui l'auraient de toute façon relâchée au bout de trois mois.
Après une bonne cuite ce prédateur avait dû trouver refuge dans une porcherie glauque et s’affaler dans l'auge des cochons affamés. Où sait-il trop incliner dans un excès de narcissisme au bord d'un puits abandonné en pensant qu'il allait apercevoir dans le fond son visage rubicond, suite à sa grosse beuverie.
On ne recherche pas une pupille orpheline de l'assistance, pourquoi devrait-on rechercher un satyre alors qu'il ne manquait vraiment à personne.
On ne peut quand même pas chère justice laisser ce genre de détraqué en liberté violer des gamines en toute désinvolture sous le prétexte que ces malheureuses n'étaient victimes que d'un pervers malade de la bite.
N°6 Nicole était dans l'état d'une déréliction totale, ses yeux verts venaient de se couvrir d'une telle noirceur, qu'on n'aurait pu imaginer qu'à cet instant précis, elle venait de subir une éclipse totale sur toute sa vie d'adolescente.
Nicole a été condamnée à être assignée à l'indifférence, c'était la double peine pour elle, un inspecteur de l'assistance est venu la retirer à ses parents nourriciers, sans aucun ménagement, et sans adieux. Dans un premier temps, elle devait être hospitalisée et ensuite un nouveau placement lui serait proposé d'office et tout cela devait se passer incognito.

Denis n'a jamais revu Nicole ni le couple Lanvin qui en avait la charge.

Il a gardé de cette période une certaine animosité envers ce couple d'avoir laissé ce monstre déambulé librement sur leur propriété pour trois francs six sous, sans prendre aucune garantie. Pourquoi ont-ils accepté cela ? De laisser Nicole avec ce taré au milieu de nulle part sans pouvoir entendre son appel au secours. Sachant qu'ils n'auraient jamais accepté de laisser un loup affamé seul au milieu de leurs brebis.