Denis soit un homme, ne tombe surtout pas, tu leur ferais trop plaisir, car ces malveillants ont parié sur ta chute au lieu de miser sur ta réussite.

Gémir n'est pas de mise au paradis de la mouche scatophage.n°1

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Chapitre N°18 Valérie est revenue... Elle n'a pas rencontré que le loup mâle alpha, elle a réussi aussi à séduire toute la meute...

 

Valérie après une période presque de séminariste surtout sans scandale, elle avait retrouvé sa place dans la cellule familiale à Montmoreau. elle avançait sur ses 18 ans et ce n'est pas parce qu'elle avait souvent adopté la position du missionnaire pour Marie-Paule qu'elle serait devenue une candide bonne sœur, bien au contraire, avec cette privation forcée elle était devenue une insatiable nymphomane incontrôlable. À son premier emploi à la laiterie Noki de Montmoreau lieu où elle était censée surtout de travailler, les réserves étaient son exutoire et lui servaient de nid d'amours pendant les pauses dans cette chaude ambiance, il valait mieux prévenir avant d'accéder en ces lieux, même les esquimaux Noki en chambre froide n'étaient pas fières et certainement pas rassurés trop peur de perdre leurs consistances pour devenir une bouillie infâme à cause de ce trop proche volcan toujours en pleine activité que Valérie impulsait, quand elle s’enflammait, elle devenait une tour infernale incontrôlable. C'était scandale sur scandale Marcelle n'arrivait plus à gérer toutes ces femmes cocues de la commune venant au magasin, chacune a leur tour pleurnicharde ou au contraire complètement hystérique pour se plaindre ou tancer Marcelle sur le comportement de sa fille envers la gent masculine. Pourtant, le soir les claques tombaient sans retenue, le martinet lui aussi était en bonne place, les injures étaient furieuses et dégradantes l'ensemble faisant partie intégrante de la panoplie de rétorsion de Marcelle. Quant à Robert toujours aussi taciturne son béret charentais visé sur la tête, il agissait avec ses battoirs en guise de mains, la tête de Valérie tournait comme une girouette qui subissait un vent fou venant en simultané du nord et du sud, les larmes de Valérie coulaient à flots des plaintes montaient et elle poussait de grands cris par saccades en jurant par tous les saints "qu'on ne l'y prendrait plus qu'elle aurait dorénavant une conduite exemplaire comparable à celle d'une carmélite", comme elle le promettait à chaque rouste, sachant que sa fringale du sexe reprendrait vite l'ascendant. Pour une fois, ce n'était pas Denis qui était la bête à lyncher, il avait l'impression d’assister à une séance de désenvoûtement d'une violence extrême. Vous chassez le naturel et voilà qu'il revient au galop, le mois suivant le diable était déjà de retour, il se manifestait dans son corps et ça repartait de plus belle.

Puis un jour elle rencontra enfin un homme un vrai célibataire d'une trentaine d'années qui ignorait son passé agité étant tout nouveau dans la région c'était un bel homme élégant au look à la Clark Gable, cheveux gominés portant une belle moustache noire, elle venait cette fois de rencontrer mieux qu'un homme, elle avait rencontré l'amour fou à sa démesure à la passion brulante, ils partaient ensemble sans rien, qu'avec du neuf.
Valérie quitta la maison puis elle épousa discrètement son chéri, sans inviter Marcelle et Robert, son seul témoin était son ventre bombé, puis plus personne n'a plus entendu parler de la bouillante Valérie elle se métamorphosa en une douce maman et en une épouse éternellement passionnée et aimante.

Beaucoup de femmes de la commune se disaient des victimes collatérales de Valérie et retrouvèrent enfin leurs sérénités, elles allaient pouvoir vivre sans aucun nuage menaçant sur leur vie familiale, sauf pour certaines qui étaient déjà en équilibre précaire dans leur couple avant l'épisode Valérie malgré cela elles avaient une rancune tenace envers elle et la tenait comme responsable d'avoir donné la dernière estocade à leur ménage branlant. Elles refusaient obstinément d'acheter le pain chez Marcelle, bien que le pain du concurrent le plus proche n'était pas au top niveau de la qualité qui était encore plus médiocre que de celui de Marcelle. D'ailleurs toutes ces dames attendaient avec impatience la fermeture des vacances du concurrent pour avoir un prétexte pour rappliquer au magasin. Le regard fuyant et l'approche honteuse face à Marcelle qui jouissait de ce doux moment de bonheur de contempler ce retournement de situation. Marcelle avait perdu sa fille, et de son aisance, mais certainement pas le sens du business prioritaire sur toutes ses considérations donc pas de place pour les sentiments, en plus, Marcelle avait le don de cicatriser rapidement face à ce retour ces dames offensées. Personne n'avait intérêt de protester pour ne pas la faire monter en décibels dont l'intensité pouvait être égale à une disqueuse... ! Denis était certainement le seul à éprouver un grand manque par l'absence de Valérie, il avait le vague à l'âme, car elle était la seule personne de cette famille malgré toutes les tracasseries qu'elle lui avait fait subir elle était la seule à lui avoir témoigné autan d'humanité et de franche gentillesse, elle s’adressait à lui comme à une personne du cercle familiale, et pour ses frasques Denis lui avait pardonné cette période en se souvenant d'une belle phrase que lui avait reportée David venant de l'abée Chambault "cela lui sera pardonné, car elle a beaucoup donné en amour." Quant à Marcelle et Robert qui avaient fermé la porte à leur fille à cause de l'opprobre et le déshonneur qu'elle leur avait infligé, ils sont restés de nombreuses années sans se voir et ils durent attendre longtemps pour rencontrer leur gendre et faire la connaissance de leurs deux petits-fils…

Après son départ houleux de la boulangerie Denis n'eut plus aucune nouvelle de Valérie.

 

Chapitre N°19 Marcelle empile les corvées comme des choux à la crème sur une pièce montée en moins digeste.

Pour Marcelle les études n'étaient qu'une perte de temps il y avait plus urgent et l'école ne devait pas sortir du cadre minimum sans emprunter sur son espace de ses corvées. Les jeudis d'automne et une partie de l'hiver, c'était le réveil à 5 heures pour remplacer son fils Michel au fournil qui avait une grande occupation de partir à la chasse. En fin d'après-midi juste après la sortie de l'école Denis devait sortir des 100 kg de la balle de farine des paquets au détail en poche d'un kilo ou d'une livre. Le dimanche matin, ce n'était pas la messe obligatoire d'ailleurs Denis n'était pas chaud pour ce genre de célébration il préférait partir avec Michel avec la camionnette 203 en tournée dominicale savourant ce plaisir de voyager en s’asseyant sur le siège passager à l'avant du véhicule le but de cette attention de la part de Michel n'était pas pour veiller au confort de Denis, elle était dictée tout bêtement qu'il ne pouvait pas demander à Denis de monter à l'arrière du véhicule qui était plein comme un œuf une fois sur deux des sacs de blé des fermes environnantes.

Certains fermiers échangeaient contre des bons, grains contre pains pour l'année. Les sacs que Michel et Denis avaient la charge de prendre étaient toujours déposés dans des remises toujours inaccessibles ou dans un grenier de la grange, pour y accéder, il fallait utiliser une échelle fabrication maison toujours de guingois ou branlantes, Denis sous ses 14 ans et ses 55 kilogrammes portait difficilement à l'épaule cette charge, de 80 kg par moments il avait l’impression que ses boyaux allaient sortir de son bas-ventre pour chaque descente d'un barreau de ces maudites échelles. La tournée dominicale avait quand même un point positif, elle permettait à Denis de rencontrer tous ses frères et sœurs de la DDASS en placement dans ces fermes reculées. Ensuite, ce sont les minotiers des Moulins d'Aubeterre qui venaient récupérer les sacs de blé stockés entassés les uns sur les autres dans le hangar, cet endroit était aussi le lieu où Denis devait rester entre deux corvées et faire le piquet à attendre le bon vouloir de Marcelle sans qu'elle ait à le chercher et qu'il soit toujours à porter de sa voix de Cerbère, pour rentrer dans la cuisine il devait attendre les repas et encore quand elle ne recevait pas, sinon le repas était sur l'évier à l'extérieur.

Un après-midi alors que la température était au zénith, le camion des minotiers avait reculé dans le hangar pour récupérer la trentaine de sacs de blé. Les deux minotiers étaient deux rudes gaillards en maillot de corps architrempés de sueur ils avaient l'air éméchés avec la bouteille de rouge à portée de main, ils portaient les sacs de 80 kg de blés à l'épaule avec l'aisance du port d'un sac de patates de 10 kg qu'ils entassaient dans leur camion. Denis dès leur arrivée avait pris l'habitude d'aller se planquer sur la mezzanine derrière les fagots, sachant que ces hommes avaient une curieuse et fâcheuse façon de jouer avec les adolescents, Denis ne pensait qu'à fuir ces deux personnes à la tête trop joviale et aux yeux vicelards, Denis en avait gardé un très mauvais souvenir de leur dernier passage avec leur jeu à vouloir l'attraper pour l'enfiler dans un sac…

Quand soudain un des deux lui avait fait un croc-en-jambe en pleine course pour le saisir brutalement et que le second accourait déjà pour lui enfiler un grand sac vide de farine par-dessus la tête pour lui emprisonner les bras le long du corps jusqu'à la ceinture qu'un des hommes lui ceinturait d'une main et de l'autre lui bâillonnait la bouche pour le réduire au silence. Denis complètement bloqué, ne pouvait qu'agiter ses jambes sans pouvoir se libérer de cette puissante emprise. Les deux hommes s’allièrent pour pousser l'adolescent à l'arrière entre les sacs par discrétion. Le deuxième homme empressé lui avait déjà dégrafé son short tout en lui tripotant d'une main baladeuse son sexe. Denis avait beau vouloir se débattre, et se ruer dans tous les sens il n'arrivait toujours pas à se dégager de cette forte emprise. Il lui était impossible de lutter contre ses deux monstres il sentait qu'il faiblissait sous la forte pression, les bras bien pris plus la tête dans le sac à moitié aveuglé une main devant la bouche Denis avait du mal à reprendre son souffle son salut n'était que ses jambes qu'il pouvait à peine agiter à cause de son short en bas de ses chevilles pour les frapper. Les deux salauds étaient passés à la version de l'hystérie, ils ne voulaient pas se contenter d'un touche zizi pour effrayer Denis, maintenant, c’était clair, ils voulaient aller jusqu'aux bouts de leur insanité. Ils cherchaient à coucher Denis sur le ventre sur les autres sacs. Heureusement Mickey le chien ratier qui passait par là avait rapidement compris par l'agitation régnante que son ami était en mauvaise posture, le chien commença par se mêler à la bagarre en aboyant rageusement et en mordant les minotiers à la cheville qui eut l'effet de couper net leur élan trop occupé à balancer des coups de tatanes, ce qui ne calma pas Mickey, bien au contraire, il devenait de plus en plus rageur il grognait encore plus furieusement, c'est à ce moment-là, à l’unisson qu'un concert d'aboiements aussi assourdissants qu’effrayants à celle d'une meute de chasse à cour, c'est élevé dans tout le hangar c'était, les trois chiens de chasse de Michel qui étaient parqués plus en amont, ils avaient pris le relais de Mickey en hurlant à la mort, ce vacarme remis vite fait la tête à l'endroit des deux minotiers, ils retirèrent rapidement le sac qui entravait Denis en lui remettant son short et ils continuèrent à vaquer comme si rien ne s'était passé. Marcelle alertée par ce barouf inhabituel arriva soudainement en questionnant les minotiers « mais que se passe-t-il ici ? » Les minotiers avec un aplomb et un sang-froid à toute épreuve tout en sourire lui répondirent ensemble « oh rien de bien grave madame, nous chahutions avec le gamin et son chien à vouloir faire semblant de les mettre dans un sac. » Marcelle acquiesça d'un haussement d'épaules à leur intention, elle était maintenant rassurée, elle ne s'adressa même pas à Denis qui s'était réfugié assis la tête dans les genoux et Mickey tout proche assis lui aussi, la tête haute et oreilles droites, toujours les crocs apparents avec un aboiement serein fier d'avoir fait avorter la tentative de viol que ces deux salauds s'apprêtaient à faire sur son copain.

La fin de matinée du dimanche se terminait souvent pour Denis par le lavage de la voiture 203 pour la tournée de pain de Robert au lendemain. L'hiver l'eau était glacée, il lui fallait des heures pour retrouver l'usage de ses doigts. Dans la semaine d'autres corvées lui étaient attribuées, comme nettoyer, le parc des chiens de chasse du fils chéri de Marcelle. Chaque matin avant d'aller à l'école Denis devait vider la fosse à purin étroite et profonde des deux cochons, c'est à l'aide d'une minuscule casserole qu'il remplissait le seau puis traverser la route pour le vider dans le fossé de l'autre côté de la voie le seau était plein à ras bord pour éviter de faire des allers et retours, surtout qu'à chaque trajet le purin giclé contre ses jambes tout en remplissant copieusement ses chaussures l'odeur restée tenace et le poursuivait jusqu'à l'école ce qui provoquait la raillerie des autres élèves qui le surnommaient de l’affectueux sobriquet de "livarot " ce nom que Denis associait plus à la tribu des Indiens navajo à plumes qu'à celui d'un fromage qui pue Il y avait aussi les fagots à charrier pour le four à pain, ils étaient souvent squattés par des serpents et des orvets qui n'appréciaient pas le dérangement, heureusement que Mickey le chien ratier y mettait bon ordre en les faisant tournoyer comme une fronde pour après les occire d'un coup de crocs. Marcelle venait d'acquérir sa toute première machine à laver électrique de marque Connor que Robert avait installée avec tout son génie habituel dans le hangar proche de l'alimentation d'eau, C'est Robert qui avait la mission d'effectuer le branchement électrique, il est arrivé à faire d'une machine à laver une chaise électrique son utilisation était un cauchemar tout l'environnement de cette machine n'était que décharge électrique. L’essorage de cette machine était manuel en tournant une manivelle qui actionnait les deux rouleaux superposés où le linge était introduit et qui avait hérité de cette nouvelle corvée ? C'est Denis cette opération était un supplice, elle n'était qu'une gégène avec ses décharges électriques à répétition à fort ampérage en 120 volts. Marcelle ne s'en sortait pas trop mal les pieds confortablement dans des grosses chaussettes dans ses sabots en bois, elle était très bien isolée ne recevant aucune décharge, elle avait donc du mal à comprendre les jérémiades de Denis qui n'était pour elle qu'un looser cherchant toujours un prétexte pour esquiver cette nouvelle mission d’essorage. Denis n'avait qu'aux pieds un reste d'espadrilles à la semelle usée jusqu'à la corde pataugeant dans l'eau de vidange, Denis était tout simplement le câble conducteur de la prise de terre que Robert avait omis de brancher, voyant que la machine fonctionnait avec deux fils le troisième pour lui n'était qu'un gadget. Cette bourde n'avait toujours pas parcouru son chemin dans la tête de Marcelle qui était boulonnée à son idée de filouterie de la part de Denis, alors qu'il arrivait dans le dur en voulant essorer une épaisse serviette de bain les rouleaux de l'essoreuse se sont bloqués, Marcelle avec sa hargne des mauvais jours avait bien essayé en gesticulant en insultant cette manivelle sans oublier au passage ce bon à rien de Denis elle tirait sur la serviette avec la même hargne qu'un chien a qui on agite une serviette devant son museau rien ne bougeait tout restait fermement bloquée, subito ! Michel le fils chéri en entendant les vociférations de sa mère, sorti de son fournil en pensant que sa mère courait un grave danger, il fut instamment invité à faire le dépanneur lui qui était nu pied dans ses vieilles savates de fournil, comme d’habitude, il n'entendit pas la mise en garde de Denis "ne touchez surtout pas à mains nues la machine" peine perdue, il criait piégé puis collé à son tour à la machine, Marcelle la pétulante, voyant son fils chéri en mauvaise posture, elle voulut le sortir de cette terrible emprise, elle le tira comme une mule et voilà que la mère et le fils étaient devenus un couple d'inséparables ce qui n'était pas habituel dans ce genre de famille, se fulgure rapprochement contraint, heureusement que le disjoncteur s'était vite lassé de cette étreinte électrique fraternelle en les libérant. Marcelle avait enfin assimilé que sa maudite machine était plus proche de la chaise électrique de Thomas Edison qu'une machine à laver, ce n'est pas pour cela qu'ensuite elle s'excuserait auprès de Denis les insultes et la médisance dont elle l'avait généreusement abreuvée pour elle ce n'était plus que des mots affectueux. Michel, était très choqué et avait un mal fou pour s'en remettre, sa forme olympique habituelle était comateuse, il alla titubant s'allonger sur son lit sa femme Nicole avait délaissé un instant son roman-photo de "Nous Deux, pour essayer de déstresser son époux qui était sous l'emprise de soubresauts impossibles à contrôler, heureusement le médecin habitait la maison voisine Marcelle avait été le sortir de son cabinet de consultation en lui aboyant "que son fils était au plus mal" la mallette en cuir noir du toubib à la main elle poussait ce mollasson de médecin dans le dos afin d'activer sa présence au chevet de son fils. Michel sans ouvrir les yeux et en se pinçant le nez en apnée salua le médecin qu'il avait reconnu par son haleine fétide du renard qui vient juste de manger une poule faisandée. Son cœur battait une chamade en version accélérée en 120 volts, la piqure du médecin fut immédiate, Michel s’endormit comme un bébé jusqu'au lendemain matin, Nicole était restée proche du lit tout lisant les bulles de son Nous-Deux. Il était évident que Denis allait être le volontaire d'office pour prendre la relève afin d'achever la journée au fournil avec le compagnon pour sortir la dernière fournée... ? Enfin un technicien de cette maudite machine à laver est venu sur place pour neutraliser le monstre, Robert pour une fois qu'il était dans les lieux, c’est ramassé en plein visage les compliments de l'agent qui l'a traité "d'abruti et d'assassin " soutenus et approuvés par Marcelle et son fils qui avait retrouvé toute sa vitalité dès le lendemain le dépanneur en rajouta une couche en indiquant de son index qu'il était à point pour rentrer à Sainte-Anne. Une vidange fut installée hors de la dalle en béton où était posée la machine puis une vraie prise de terre a été plantée directement dans le sol. L'utilisation de cette machine même sans décharge électrique était quand même resté un supplice rebutant pour Denis. Il préférait encore parcourir des kilomètres à pied à travers la campagne en essayant de ne pas chuter avec ses sandalettes scabreuses avec la semelle grande ouverte et sa lanière d'attache coupée par l'usure. Denis devait attendre encore trois mois pour toucher la nouvelle paire de brodequins de la DDASS pour passer l'hiver et ce n'est pas Marcelle qui lui  aurait avancé une paire pourtant responsable en grande partie de cette usure prématurée par les kilomètres qu'elle lui faisait avaler. Au retour il ne fallait surtout pas tomber avec les cinq douzaines d’œufs. Marcelle n'aurait certainement pas souhaité que tous ses œufs frais utilisés pour la fabrication de la viennoiserie passent en pure perte. Avant de trouver la vieille Galtauld du Chail tout en restant vivant, il fallait affronter ses deux chiens, des Bergers belge Groenendael noir que des personnes c'étaient débarrassées car effectivement ils n'étaient pas très sociables Denis avait pris le coup pour ne pas se faire chopper il fonçait droit dans la cabane des WC et attendait que la Galteau veuille bien rappeler et enfermer ses deux fauves en furies, aboyant et secouant la porte branlante de la cabane. Un à un elle comptait ses œufs en les rangeant dans la paille en vrac dans le grand panier en osier tout en attestant que ses œufs étaient pondus de la veille pourtant, il n'était pas rare de trouver dans certains œufs des poussins en formation, elle n'était pas à un mensonge près, certaine que des œufs ne feraient de toute façon pas le voyage en entier avant le départ elle prodiguait toujours sa consigne débile à «Petit avant de chuter tu poses ton panier. » Au moment du règlement des comptes de l'échange des œufs contre pains Marcelle et la Galtault commençaient par s'insulter en patois charentais par l'intonation et la violence de cette joute verbale, on voyait bien qu'ils n'étaient pas en train de parler des tissus du marché Saint-Pierre, cette conversation en patois cessait systématiquement au bout d'une heure comme si elles avaient consommé toute la panoplie du lexique des insultes en patois, Marcelle était toujours la gagnante, elle arrivait toujours à lui soustraire de son compte trois ou quatre miches. La journée n'était pas terminée le soir Denis devait attendre la traite des vaches pour encore faire 2 km à la ferme voisine pour ramener les pots à lait. Les corvées s'accumulent sans cesse Denis avait aussi la charge de balayer le fournil et de laver la vitrerie quand elle devenait opaque, c'était des milliers de petits carreaux avec celle de la façade du magasin. Il fallait étendre un produit blanc (blanc de Meudon) qu'il fallait ensuite essuyer avec des feuilles des journaux cela duré des semaines pendant les vacances scolaires. La pire des corvées était bien celle du décapage des toiles à couches en lin du pain, elles trempaient dans un énorme bassin dans une eau croupie qui puait la charogne putréfiée l'eau était glaciale sans les gants sur une planche à laver, il fallait gratter la toile avec un coupe-pâte métallique pour enlever la croûte aussi dure que du béton pour en finir à la brosse à chiendent, il n'y avait pas de volontaire Marcelle, Robert, Valérie, Nicole l'épouse de Michel, David, pour participer à ce boulot de merde, Denis se sentait bien seul et désespéré face à ce labeur digne du moyen Âge sans fin ce n'était pas une perspective enthousiaste de passer son adolescence le nez dans ce bassin. La visse sans fin des corvées ne s'arrêterait jamais Il fallait aussi courir en pleine charge comme une mule pour alimenter les boutiques dépôts de pain aux quatre coins de l’agglomération qu'il fallait ranger dans l’étagère à pain debout avec la grigne de la miche placée toujours à gauche pour ne pas provoquer la migraine aux pains en le plaçant la tête en bas. Denis croisait souvent cette feignasse de Robert qui avait terminé sa tournée de pain dans l'après-midi et comme il n'était pas pressé de rentrer à la boutique il se cachait dans un estaminet pour taper le carton et boire des carafes de vin blanc. Robert vivait comme autrefois quand il était propriétaire de la ferme proche de Luxé il passait plus de temps avec son fusil Robust de chez Manufrance que derrière le cul des chevaux à tenir la charrue, d'ailleurs comme la plupart des paysans charentais de cette époque, heureusement que les Vendéens qui avaient une faim de loup dans leur propriété avec des terres iodées où même les arbres refusaient de pousser, ils ont migré en grand nombre pour fertiliser les bonnes terres charentaises... Marcelle qui n'aimait pas que Denis puisse rester un instant à vide était constamment à lui inventer de nouvelles occupations comme faire la nounou pour promener dans sa poussette son petit-fils, car Nicole la maman était très occupée à lire en duo avec Marcelle le nouveau roman-photo « Nous Deux » entre le passage des clients. Denis devait faire face à son destin sans brancher tout le contraire de cette belle affiche de l'unique cinéma de la commune où la belle Romy en Sissi impératrice, apparaissait dans une beauté insolente, elle aussi était face à un notre destin que celui de Denis elle dansait des valses viennoises étourdissantes dans des beaux et fastueux palais de l'Empire austro-hongrois, où coulait à flots le tokaji ce vin absolument magique et unique qui euphorisait la grâce de notre Sissi, pendant que Denis valsait avec son spleen dans l'attente de jours meilleurs en entendant de devenir un homme pour sortir de cette relégation de servitudes de Trifouilly-les-Oies en Charente en enchaînant les corvées interminables quand il n'était pas à l'école son seul refuge...

 

Chapitre N°19 bis L'affection de Claude envers Denis n'avait que la valeur d'une baguette de pain rien de plus.

La dernière idée généreuse et surtout une des plus pourries de Marcelle d'offrir des vacances à Denis pour le mois d'août pour ses 15 ans chez son fils Claude qui venait d'acquérir une boulangerie à Couhé-Vérac. Ce séjour était vendu à Denis comme un cadeau, surpris, car Claude n'avait jamais montré un sentiment particulier envers Denis il l'ignorait totalement, trop loin de son lui et de ses préoccupations. Denis comme à son habitude avait le voyage à l’arrière de la fourgonnette à se taper les fesses sur le plancher pendant deux heures. À peine arrivé dans l’après-midi Claude était à sa sieste il avait laissé des consignes à son épouse Huguette pour que Denis lui prépare le levain de la première fournée. Après le souper, Denis pensait qu'il allait se coucher directement pour ce lever très top le matin au lieu de cela Claude l'invita à le suivre directement au fournil à préparer la pâte de la viennoiserie.

À 2 heures du matin Denis n'était plus qu'un robot ambulant titubant de sommeil, sa première nuit blanche se termina à 8 heures du matin le moment ou Claude comprit que Denis ne serait plus aucune aide à l'avancement de la panification du pain, c’est à cet instant qu’Huguette que venait de lever lui proposa son lit. C'est à 16 heures que Denis revit le jour, il fut surpris d'entendre les voix de Robert et Marcelle qui avait fait la route sur la demande de Claude pour le récupérer immédiatement en se plaignant que Denis n'était qu'une charge supplémentaire pour son travail, il n'y avait aucune raison de persévérer dans ce séjour de vacances que Marcelle avait concocté une curieuse idée de nommer cette aide pour des vacances ? Cette situation avait attristé Denis qui venait de comprendre qu'il n'était pas là par pure gentillesse et complaisance avec la volonté de lui offrir un total dépaysement loin des corvées de Marcelle, triste désillusion pour Denis qui n'était seulement là pour remplacer le commis mitron qui lui était réellement en vacances.

  


Chapitre N°20 La faim à quinze ans, c'est la pire des afflictions, vous avez des mirages de steak, frites devant les yeux.

À 11 heures, une simple odeur de cuisine peut vous rendre complétement fou ! Vous seriez prêt à faire un hold-up du plat du jour. Dans ce bourg de trois maisons entre Montmoreau et Mouthiers-sur-Boëme, la journée a commencé avec vaillance à 6 h 30 pour rentrer le soir sur les rotules vers 19 h 30, du lundi au samedi. Pour Denis le plus harassant, ce n'était pas la longueur et l’effort fourni dans la journée, c'était la faim qui le tenaillait à partir de 11 heures du matin et ce n'est pas le casse-croûte que madame Moreau lui avait préparé pour le midi n'avait aucune prétention de lui couper sa faim de loup.

En manque Denis regrettait avec fringale ce moment-là, l'infernale la démoniaque, la Cruélla, Marcelle méphistophélique et sa boulangerie où il avait droit au petit déjeuner royal de toute la viennoiserie invendue de la veille ou de l'après veille : croissants, pains aux raisins, flans, chocolatines, tartelettes, pains aux laits la totale quoi ! Sans compter les paquets de gaufrettes Gringoire praliné-noisette, ou les BN-choco que Denis chipait dans le magasin. Denis savait que de crever la faim était le pire supplice à quinze ans, le martinet et les multitudes corvées de Marcelle étaient plus supportables. Heureusement encore que c'était la période de l'été, le soir après le souper Denis allait faire sa réserve jusqu'à avoir une overdose de prunes, abricots, tomates ou d'autres fruits de saison qu'il chapardait dans le jardin du voisin.

Le propriétaire avait repéré le manège de cet adolescent dans ses plates-bandes, sans jamais intervenir comme s'il n'avait rien vu aucune allusion aucune remarque, mais Denis savait que le propriétaire n'était pas dupe, car il lui laissait poser sur une tuile en bordure de la clôture de son potager des tomates et concombres savoureux. Ce magnifique monsieur connaissait l'humeur instable de son voisin Moreau le patron de Denis un barjo de la pire espèce dont il fallait se méfier, avec ses impulsions sans frein, il pouvait rapidement passer en zone rouge de son compte-tours de la folie et de la perversité.

Chapitre N°21 Premier placement en apprentissage pour Denis, la DDASS n'avait pas fait dans la douceur pour son premier job avec un employeur qui n'était que le diable personnifié.

Ce dimanche tout gracieux monsieur Moreau partait en goguette loin de chez lui son épouse enceinte jusqu'aux oreilles n'était pas conviée à cette sortie. Elle s'affairait dans ses conserves et les confitures de fruits dans sa cuisine à l’arrière de la maison, sa fille aînée avait surpassé sa timidité et la crainte de ses parents concernant l’interdiction d'adresser la parole à Denis. Ce jour-là Isabelle osa enfreindre cette interdiction s’approchant de Denis qui puisait de l'eau du puits pour effectuer sa toilette du dimanche, c'est elle timidement qui entama la conversation après maintes hésitations, elle lui confia son lourd secret de famille que Denis n'aurait jamais voulu entendre stupéfait par cette révélation Denis restait pantois face à cette situation incroyable comment un père pouvait-il coucher avec ses deux plus grandes filles ? Isabelle 15 ans et sa sœur Annick quatorze ans à peine pubères obligés de coucher avec leur père chacune leur tour ? Denis croyait avoir tout vu et entendu sur ce genre de pratique assez courante envers les pupilles filles, mais avec ses propres filles, là ça dépassait l'entendement ! Avec ses propres filles où allons-nous ? Denis qui n'était déjà pas fan de leur père, maintenant le haïssait doublement de savoir que ce monsieur était de la race des salops de la pire espèce, c'était un virtuose de la manipulation il disloquait mentalement sa proie quand elle était en état de vulnérabilité
Le Père avait compris que ses mœurs avaient fuité et confirmé par sa moucharde fille Annick qui avait surpris sa sœur en plein bavardage avec Denis. Deux semaines plus-tard le jeudi en début d’après midi monsieur Moreau demanda à Denis de nettoyer et ronger les outils dans la camionnette surpris de cette décision de débaucher sitôt son patron vit son trouble et lui bredouilla presque amicalement qu'il devait emmener son épouse chez le médecin. A la maison Denis trouvait que son patron était un peu trop mielleux avec une gentillesse malsaine et ce sourire effrayant que ses yeux verts n'arrivaient pas à adoucir il savait provoquer un antonyme chez son interlocuteur qui était déstabilisé avant de retrouver ses esprits, le bougre il savait en jouer. Denis sentait quelque chose venir, mais où était donc le piège ? Il savait que son patron lui avait préparé sournoisement un scénario, enfin il leva le rideau et lui parla d'un ton presque solennel très détaché "ce soir mon épouse t'a préparé de l'eau chaude et des vêtements propres, car demain, départ à 7 heures pour te ramener au foyer de la DDASS d’Angoulême, n'est pas de regret petit, tu n'étais pas fait pour ce métier ta période d’essai de six mois se termine donc ce soir, prépare dès maintenant ta valise ".

L'annonce fut brutale Denis eut un choc terrible, il avait du mal à refréner sa tristesse face à cette injustice ; lui qui avait bossé avec ses tripes pour rester debout, il aurait dû être soulagé de quitter ces enfers lucifériens. Denis était presque atteint du syndrome de Stockholm tellement qu'il était dévoré par le désarroi et l'effroi d'avoir failli dans sa tâche. Le lendemain comme promis Denis, la honte au visage était face au directeur de l'agence, costume sombre avec des grosses lunettes à monture noire et des verres si épais qu'on ne pouvait voir la couleur et la direction de ses yeux. Monsieur Moreau était sous un nouveau jour un homme courtois, affable, jovial le visage souriant, sans remords, comme s'il venait de s'acquitter de sa bonne action en se débarrassant du chien galeux qu'il avait pourtant essayé de lui apprendre un métier dans un immense élan de générosité malgré ses cabosses apparentes... Six mois d'un travail de forçat, pas une considération, pas de merci, pas une pièce, seulement un regard fuyant vers Denis et toujours ce putain de sourire qui glace, comme celui du chat qui va mettre un terme à cette relation de jeu avec la souris qu'il calcule depuis dix minutes entre ses griffes en entendant le coup fatal de ses canines. Denis réalisa qu'il était devenu une menace pour ce monsieur, certainement qu'il n'aurait pas dû ce jour-là écouter la confidence de sa grande fille Isabelle, mais son secret était certainement trop lourd à porter pour elle seule, Denis n'avait pas de regret à avoir, dans sa tête son sang bouillonnait si violemment qu'il entendait le ronflement d'un bombardier en plein régime sur le point de décoller, devenait insupportable à ses oreilles, Denis, compressait de toutes ses forces cette lave ravageuse et bouillonnante dans les Abysses de ses tripes, il aurait voulu faire comme Marcelle vociférait à s'en faire péter les cordes vocales ou prendre un martinet pour se défouler sur les deux gros culs de ces deux pantins minables, en les insultant copieusement avec des mots abjects en patois de ce coin de France. Ce minable ! De directeur qui ne prenait jamais la défense de ses gamins dont il avait la charge, tellement qu'il était insolent de certitude sans affect il ne voulait rien entendre et surtout ne pas savoir, pour ne pas courir ce risque qui aurait pu remettre un peu de sentiment et un autre jugement Qui aurait pu faire fléchir son raisonnement obtus en cause.

Denis s’arrêta net dans son compte-tours de la colère, une voix venait le supplier "mais, malheureux ! Garde la tête basse pour montrer ta déférence, et surtout, je t'en conjure ne répond pas, sachant que de tes arguments, il s'en fout comme de sa première chemise, pour lui, tu ne seras qu'un éternel coupable. Si tu ne désires pas finir dans un de ces centres du style de l'I.M.P que la DDASS affectionne", c'était la supplication de son faux Frère de la DDASS, David ce garçon fracassé et traumatisé qu'un soir Marcelle avait ramené du doyenné et qui chaque nuit lui arrosait copieusement son lit de son urine. Le pire, c'était le soir quand il fallait se recoucher dans ses draps humides et souillés que Marcelle avait décidé de laisser, en guise de rétorsion envers David. Denis qui lui n'y était pour rien devait lui aussi se vautrer pendant plus d'un mois dans ce lit à la forte odeur d'ammoniaque, dans ces conditions les deux gamins avaient du mal à rester solidaires et à créer un lien normal l'un envers l'autre ce qui arrangeait bien l'autorité de Marcelle de voir ces deux gamins se pourrir la vie.

Un monsieur au-dessus de tout soupçon, il n'était que diabolique. Pourtant, si vous saviez monsieur le directeur, ce qui se cache derrière cette apparition de faux cul, trompeuse et trop flatteuse de ce patron monsieur Moreau, cet homme face à vous, tellement courtois et souriant, que vous lui confiez les yeux fermés des adolescents ; alors que cette personne est un prédateur un monstre monsieur ! Ce salaud ! Il viole régulièrement ses deux filles de 16 et 15 ans. Monsieur le directeur, vous ne pouviez pas ignorer non plus que des filles pupilles de la DDASS que vous avez placée dans des fermes isolées de ce département et que Denis avait pu rencontrer au gré des chantiers, elles se faisaient toutes copieusement violer et elles se taisaient aussi sur la maltraitance qu'elles subissaient sans discernement des pupilles (garçons ou filles) hélas ! Dans cette jungle rurale, Il y avait trop d'enfants comme Julien qui étaient laissés pour contre pourtant encore vivant dans ce no man's lands des ténèbres.

 

Chapitre N°22 A notre frère de galère David. L'institutrice " nous ne laisserons pas cette main gauche récalcitrante prendre la place et la maîtrise de la main droite, en plus contre mon avis et tant pis si cela impacte le fragile équilibre de l'enfant."

David savait que l'entrée en I.M.P n'était pas réservée seulement aux élites attardées des orphelins. Car lui en plus d'avoir uriné au lit, il était gaucher, et cela, pour l'institutrice de Fontafie, c'était franchement une tare, en trois mois alors qu'il était un élève normal, à force de lui imposer autoritairement avec de sévères punitions ; le coin à l'école, le bonnet d'âne dans la cour de récréation, ou encore elle lui enfilait une chaussette à la main gauche avec l'interdiction de l'enlever de la journée, ou encore le bras gauche attaché dans le dos. Le supplice pour être efficace devait continuer aussi à la maison Marcelle avait ordre que l'enfant utilise bien sa main droite pour manger et écrire. Marcelle toujours aussi zélée pour se faire apprécier par son dévouement auprès de la bourgeoisie du village qui avait autorité de vie ou de mort sur son magasin, afin de contrer le concurrent qui avançait le bout du nez de son estafette Renault bleue de sa tournée en bas du village, Marcelle était capable pour sauvegarder le business de son épicerie de distribuer généreusement des claques ou des coups de martinet à un enfant, comme elle pouvait aussi effectuer les injections intramusculaires que le médecin du village ordonnait à ses patients, elle connaissait déjà pas mal de fessiers de beaucoup de bourgeois du village, ce qui n'était pas inutile pour améliorer ses relations. Ils avaient même droit au service confort de s'allonger sur le lit dans la chambre du couple. Quant à l'ouvrier lui, il n'avait pas le même cérémonial, interdit de franchir la porte de la chambre, il avait sa piqûre les fesses à l'air dans la cuisine appuyée sur le dossier d'une chaise.

Parfois, des curieux visiteurs en uniforme toujours par deux, faisaient le tour de la boutique pour contrôler la qualité et la fraicheur des produits son étiquetage et la tare de la balance. Marcelle savait qu'elle n'était pas une commerçante disciplinée, mais savait être prolixe, joviale et très généreux envers ces personnes, à la fin de la visite ils lui ont fait constater de sérieux manquements à la loi. La visite se terminait par un giron dans le poulailler, les deux gendarmes avaient avancé la juva 4 dans la cour pour charger discrètement plusieurs cartons de poulets vu la quantité c'était à croire qu'ils allaient alimenter toute la caserne.

Pendant ce temps David vivait le martyre à ne plus pouvoir se servir de sa main gauche en tous lieux et en premier réflexe, le pauvre n'avait plus de mains valides ne sachant plus laquelle était la gauche ou la droite, il était tellement paralysé, qu'il lâchait systématiquement les objets de peur de s'être trompé de main. Par la suite il avait pris l'habitude de se servir de ses bras pour enfuir sa tête afin de se protéger d'une averse de claques qui tombait drue sur son visage. L'association de l'instite et de Marcelle a été si loin dans leur opiniâtreté envers David qu'en six mois, il est devenu bègue il tapait du pied pour pouvoir cracher un seul mot et comme cela n'était pas encore suffisamment grave, il est devenu aussi dyslexique qu'un mouton devenait un "tonmou" ou un cheval un "seval" . Elles avaient réussi ces deux salopes à lui faire obtenir le concours d'entrée à l'internat avec la mention " presque irrécupérable, en neuropathie périphérique. " Cette grande institution de l'institut médico-pédagogique où ils savaient transformer un loup en un agneau à grand renfort de Largactil, des gouttes, des granulés et des comprimés de toutes les couleurs comme celles des bonbons Smarties, qui vous métamorphosent un gamin plein d'entrain en un animal aussi lent qu'un paresseux. Plus le châtiment corporel à coup de baguette souple qui cinglait fort en mordant la chair ou la règle métallique sur le bout des doigts pour se sortir de la torpeur chimique. Avec l'encadrement d'un pitoyable directeur fielleux un monsieur Chadurie qui avait mis son intelligence au service de l’oppression d'adolescent, toujours à la recherche d'un motif afin de se légitimer pour torturer les enfants.

Comment peut-on nommer un directeur dans un centre d'adolescents un homme qui exècre les enfants ? Comme aussi vouloir nommer pour surveiller les dortoirs d'enfants un surveillant, ou une surveillante pédophile qui passait la nuit à découvrir les enfants endormis, armé d'une lampe torche à la main, l'eau à la bouche, les lèvres humides en regardant le bas-ventre de chaque enfant. Certains adultes vicieux et dégantés dans nos internats s'autorisaient à calculer des enfants vulnérables qui ignoraient tout de la tendresse d'une maman ou d'un papa, ils en profitaient pour jeter leur dévolu sur le garçon le plus réceptif en obtenant sa confiance naïve, avec des confiseries alléchantes, des paroles bienveillantes et des caresses affleurantes précises effectuées avec une trop grande frénésie chaleureuse pour qu'elles soient affectives, car elles se situaient à des années-lumière du convenable, du bisou sur le front ou de la petite tape amicale sur la joue... Sachez que tout était possible dans ce genre d’établissements, Les plus grands malades n'étaient pas forcément ceux qui portaient la blouse grise, certaines blouses blanches qui avaient tous les pouvoirs étaient parfois bien plus atteintes. Le personnel avait encore de beaux jours face à eux, il savait, que la hiérarchie chloroformait les sujets, les plaintes rien ne pouvaient sortir de ces murs épais de cet ancien cloître. L'enfant rebelle, avait mérité sa triple dose de Largactil pour soigner sa grosse mythomanie.

  

Chapitre N°23 C'est la révolution des graviers qui mit fin au règne du directeur bourreau d'enfants.

C'est une journée chaude d'automne, c'est ce moment que ce salaud de directeur a fait le saut de l'infamie pour un motif si futile, une traînée effectuée à l'aide d'un marron d'inde sur le mur en crépi de la façade du bâtiment, il a réuni les quarante pensionnaires de l'immeuble sur les quatre-vingts présents dans l'internat partagé en cinq groupes de 16 pensionnaires ces groupes étaient nommés par une couleur distincte la plus petite "les blancs " les huit, neuf ans , Les suivants étaient "les jaunes " dix ans les deux groupes logeait chacun sur un rez-chaussée des deux bâtiments ensuite à l'étage vous aviez trois groupes les verts les onze douze ans, au milieu les bleus les treize ans et les plus grands le groupe " des Rouges" les quatorze quinze ans.

Enfin le directeur allait réaliser avec détermination son fantasme, il allait pouvoir prendre son pied et se défouler avec cette séance jouissive à outrance pour lui de même que pour certaines de ses monitrices complices. C'est avec une touffe d'ortie à la main qu'elles fouettaient les cuisses des plus récalcitrantes qui s'obstinassent à ne pas vouloir s'agenouiller directement sur le gravier de la cour, les enfants en short. La friction des orties a été instantanée tous les gamins étaient en position à genoux à terre et mains sur la tête, maintenant les hostilités étaient ouvertes et le supplice pouvait commencer. Le directeur commença par s'excuser en disant qu'il avait été contraint d'appliquer cette punition collective car personne s'était dénoncé à aucune des quatre monitrices présentes qui l'écoutaient religieusement. Avec force il aboya sur la foule qu'il laisserait les enfants dans cette position tant que le coupable ne se serait pas identifié, déjà par la hauteur de la traînée il aurait pu déjà dispenser le groupe blanc dont aucun ne pouvait atteindre la traînée mais rien à faire pour l'exemple ils devaient eux aussi subir à rester dans cette position en attendant qu'un enfant trop chétif craque et se dénonce d'être l'auteur de ce crime immonde que le diable trouvait odieux. Malheur à l'enfant qui cédera le premier, il serait forcément le plus fragile de tous, mais pas forcément le coupable. Deux après, c'est Jean, les genoux à vif et à sang contraint par la douleur a avoué qu'il était l'auteur de ce crime dans un gémissement éploré avant de s’écrouler, il a été vite relevé par sa monitrice et traîné jusqu'aux pieds du trône du directeur qui attendait assis avec délectation, et jouissance il écumait déjà à la commissure de ses lèvres, enfin il pouvait tester sa réelle puissance et toute son autorité auprès des adultes et des gamins du haut de ses trois marches du perron de l'immeuble, il était devenu Néron sur les marches du capitole, Son égo était surdimensionné il va bientôt leur demander de lui faire le salut romain en scandant " l'Ave monsieur le directeur". Jean, l'enfant de la section des verts douze ans, était le garçon le plus vulnérable qui n'était pas armé comme la plupart des gamins de l'internat pour affronter cette brutalité gratuite son cas était presque unique lui il avait encore l'affection de sa maman. Décrété coupable il devait maintenant subir l'exemple alors que les autres enfants étaient toujours dans cette position inconfortable à genoux pour assister à cette odieuse séance de flagellation, Jean se retrouva torse nu à genoux son dos offert au maître-sado tenant une baguette souple qui fondait l'air d'un sifflement à chaque rotation pour lacérer le dos de Jean le martyr qui devait en plus lui dire à chaque morsure sur son dos "non, je ne recommencerai plus à faire des traces sur le mur. " Des cris, du sang et de la souffrance, pas une des quatre monitrices ne bougeaient , les enfants toujours à genoux les mains sur la tête observaient cette tragédie dans un silence horrifié. Un garçon le plus téméraire, le vrai chef de la section des 14/15 ans David du haut de ses 14 ans son corps portait de la maltraitance ancienne celle que son père lui avait infligé. Il se releva d'un coup ne supportant plus cet acharnement gratuit sur cet enfant innocent trop frêle. Les 15 autres enfants de sa section rouge commencèrent eux aussi à faire bloc ils se levaient comme une vague en formation qui allait envahir la cour, les remontrances et les menaces des monitrices qui leur promettaient le pire des châtiments, ne pouvaient plus les impressionner. Cet instant avait libéré jean des coups de son tortionnaire qui demandait aux monitrices de lui apporter de la viande fraîche en parlant de David pour qu'il reçoive lui aussi son châtiment. À vouloir exécuter cet ordre ce ne fut pas pour les monitrices la meilleure idée de vouloir l'exécuter la section de David toujours solidaire et devant pour protéger les autres groupes d'enfants plus jeunes étaient tous armées les mains remplies de gravier qu'il suffisait de se baisser pour les ramasser. Les monitrices venaient de rentrer dans un nouvel habit celui de matonnes mauvaises de se faire houspiller durement par les gueulantes du directeur toujours assit comme César sur son trône en haut des trois marches du seuil de l'immeuble. C'est le fracas d'une première volée de graviers qui stoppa net en invitant les quatre cerbères de faire demi-tour, en se dirigeant directement vers le directeur, pensant qu'elles seraient mieux protéger auprès de celui-ci, ce qui ne fut pas le cas quand la deuxième averse bien fournie par les 40 enfants, ce sont les vitres de la porte d'entrée qui éclatèrent dans un bruit de tonnerre. Les matrones se planquaient la tête entre leurs mains, le directeur toujours dans sa bulle voulut saisir un autre enfant pour le corriger pour l'exemple et faire cesser ce chahut. C'est à ce moment-là qu'une première vague de 16 adolescents du groupe de David s'avançait toujours plus menaçante très compacte avec cette pluie persistante de graviers qu'elle produisait en se dirigeant imperturbablement droit sur le perron, le directeur commençait à sentir la violence des cailloux et les premières plaies ensanglantées sur son visage eu pour effet de le sortir de son délire son fan-club féminin l'avaient abandonné pour s'abriter à l'intérieur du bâtiment.

La vague des enfants, libéra Jean qui était en mauvaise posture sous une chaise surveillée par une monitrice zélée à son directeur. la vague maintenant était sur le point d'engloutir l'encadrement de l'internat et de les lyncher à coups de savate dans le chahut le personnel des autres services accoururent de l'infirmerie à la cuisine les secrétaires le personnel de maintenance tout le monde flipper grave en étant persuadés qu'ils n'arriveraient jamais à ramener le calme sans l'aide de la gendarmerie, ils n'arrêtaient pas de crier "ils sont tous devenus fous" en reprochant au directeur d'avoir soufflé le mistral et qu'en retour il venait d'engendrer une tornade et qu'elle laisserait énormément de dégâts avec les prochains réfractaires sur la discipline prochaine à appliquer.

C'est une petite voix fluette et fragile qui stoppa net la révolte des adolescents. Un silence de cathédrale avait envahi le champ de bataille et maintenant seule cette petite voix d'or empruntée à Joselito commençait à prendre de la puissance cette voix était connue de tous les enfants du centre. Christian, cet ange tout cabossé à onze ans un petit bout de chou avec les oreilles décollées, bègue et introverti de surcroît, lui aussi comme beaucoup de pensionnaires, il utilisait ce mouvement de la tête qui allait de gauche à droite le soir pour s'endormir, accompagnée en plus d'un ronronnement bouche fermée. La tête métallique de son lit sous l'effet répétitif de son mouvement pendulaire était devenue aussi branlante qu'un vieux fauteuil de l'empire, qui grinçait comme pour compter les secondes sous l'effet de cette rotation régulière qu'il s'infligeait pour pouvoir dormir.

Il portait toujours des vêtements beaucoup trop larges et d'un autre temps qui sentaient la naphtaline, quand il s'exprimait ses mots étaient hachés par des syllabes coupantes et épuisantes à rassembler en une phrase, par contre quand il chantait, tout était revenu en ordre il était magnifique et sans défaut, il sentait la lavande, il était un autre garçon, il était devenu rayonnant comme le petit prince, il aurait pu charmer lui aussi une rose, et même le malin renard. Il prenait une superbe assurance et portait même une esquisse de sourire sur son visage qui d'habitude portait toute la misère du monde.

Au comportement des chenilles processionnaires qu'il fallait adopter pour se fondre dans le groupe pour ne pas être calculé par certaines des monitrices qui étaient envenimées naturellement par l'ambiance carcérale de cet établissement. Christian pour un instant s'était extirpé de sa chrysalide pour se retrouver en pleine lumière, sa voix le portait comme un flamboyant papillon machaon virevoltant avant de prendre la pose sur un trèfle à quatre-feuilles, toute cette élégante beauté posée sur le bonheur. Sa voix n'était qu'envoûtement, les graviers de la colère étaient devenus que douceur comme des chamallows qui étouffaient le bruit du piétinement et la colère pour devenir un autre silence affectueux pas comme celui qui est imposé par la menace des baguettes des cerbères. Christian entonna les premières paroles de la chanson "des brigands", les enfants avaient tous la chair de poule, ils fermaient les yeux pour l'entendre profondément jusqu'à leurs tripes ils voyageaient loin de ce centre qui n'aimait pas ses enfants pour un oui ou pour un non, tout était prétexte pour subir une punition ou un coup de baguette.

Ils étaient tous fans de leur Joselito, sa voix cristalline avant sa mue totale était d'une fraîcheur comme celle d'une des sources des Eaux Claires qui coulaient des contreforts de Puymoyen. Comme les larmes qui coulaient de ces visages plein de bonté et d'une épaisse mélancolie que provoquait ce son que beaucoup d'enfants auraient bien voulu entendre dans leur foyer au lieu d'entendre les aboiements autoritaires de Marcelle.

Dans la cour, l'atmosphère orageuse s'était complétement dissipée pour retrouver une douceur assumée.

Merci ! Aussi au vrai Josélito Pour ces merveilleux dimanches après midi d'hiver qui leur offrait grâce à ses films, où ce joyeux rossignol les faisaient errer hors de cette austère enceinte de l’orphelinat. Pendant un instant, ils étaient tous des Joselito en puissance , ils avaient tous oublié qu'ils n'étaient que des enfants de la DDASS...

"Ces Messieurs de Grenoble

Avec leurs longues robes,
Et leurs bonnets carrés,
M'eurent bientôt…
Vous m'entendez ?
Et leurs bonnets carrés
M'eurent bientôt jugé.
Ils m'ont jugé à pendre,
Ah ! c'est dur à entendre !
À pendre et étrangler,
Sur la place du…
Vous m'entendez ?
À pendre et étrangler,
Sur la place du Marché.
Monté sur la potence
Je regardai la France,
J'y vis mes compagnons,
À l'ombre d'un…
Vous m'entendez ?
J'y vis mes compagnons,
À l'ombre d'un buisson.
Compagnons de misère,
Allez dire à ma mère,
Qu'elle ne me reverra plus,
Je suis un enfant…
Vous m'entendez ?
Qu'elle ne me reverra plus,
Je suis un enfant perdu !»

Les 40 enfants avaient repris en chœur la chanson qu'ils n'avaient jamais si bien interprétée, même sous l'arbre de Noël. Un fait unique deux des monitrices avaient des larmes qui roulaient sur leurs joues et pour cause, c'était elles qui étaient les initiatrices de cette chanson pour former la chorale de la réception le Noël 1961, face au professeur Matrêt et à son parterre de personnalités, le clergé : l’évêque du diocèse, l'abée Chambault, avec la mère supérieure et ses sœurs qui offraient aux pensionnaires à l'occasion de leur communion d'énorme bouquet d'arums, l'administration était aussi représentée en la personne du sous-préfet, les directeurs des DDASS, le maire et des nombreux médecins professeurs et chercheurs.

Pendant l'intermède de Christian le directeur avait discrètement quitté son trône pour retrouver ses appartements pour oublier cet affront, et son autorité bafouée, il était devenu pitoyable, il avait donné ordre à son personnel encadrant de reformer les quatre groupes de 16 adolescents et les diriger dans leurs secteurs respectifs en douceur en groupe sans imposer la discipline de marcher en rang. Plus tard le directeur apprendra à ses dépens que ce jour-là il avait fait le pire choix de se défouler sur Jean il avait choisi le seul enfant qui n'était pas un pupille et qui avait une fenêtre ouverte à l'extérieur du centre, lui il avait encore une vraie maman avec un véritable lien, elle lui rendait visite régulièrement le dimanche quand elle ne pouvait pas l'héberger le week-end. Le dimanche soir à son retour, il partageait ses friandises (confitures de fraises, saucisson à l'ail et des caramels et chocolats et de la poudre de coco pour boire avec ses amis de sa section, Jean était un chic gamin, généreux. Bien qu’il ne soit pas de la même section, David et ses amis avaient eu raison d'intervenir pour cesser cette cérémonie de supplice que seul un directeur barjot et vicieux pouvait se réjouir.

 


Chapitre N°24 Il est midi les gendarmes paradent dans le réfectoire pour nous faire admirer leurs bonnes prises des fugueurs menotte aux mains de ce week-end.

Une ou deux fois par mois le lundi, c'était un rituel la gendarmerie ramenait un enfant fugueur par tradition les deux gendarmes passaient par le réfectoire à l'heure du déjeuner devant chaque table pour faire honte au fugueur menotté, suivi des commentaires des monitrices "vous voyez si un jour cela vous tente, vous subirez le même sort que lui, et cela, ce n'est pas grand-chose par rapport à l'ordonnance que le professeur Matrêt va lui concocter, ensuite il sera un putain de zombie pour quelques semaines". Cette fois, ils ne ramenaient pas un enfant fugueur que les parents nourriciers auraient presto dénoncé dès que le gamin allait frapper à leur porte. Au lieu de l'accueillir et de lui donner un peu d'amour du réconfort et de la chaleur, hé bien nom ! Ces enfoirés Ils couraient à la gendarmerie au lieu de lui servir une soupe revigorante... cette fois, les pensionnaires n'étaient pas en cause ils venaient discrètement arrêter le directeur tortionnaire suite à la plainte de la maman de Jean, quand elle a découvert dans l'état du corps de son fils qui était cramoisi de cicatrices et des marques aux couleurs de l'arc-en-ciel de Hiroshima sur l'instant elle avait cru que son fils avait été écrasé par l'écroulement d'un immeuble seul son visage avait été préservé. Deux des monitrices n'avaient toujours pas digéré l'averse de graviers qu'elles avaient essuyée elles étaient les plus coriaces et possédaient une rancune tenace qu'un éléphant n'aurait pas désavouée. Elles étaient colères et très remontées contre la finalité de l'éviction du directeur elles avaient promis une vengeance terrible pendant cette vacante de directeur elles décidèrent d'user de leurs prérogatives en attendant l'arrivée du nouveau pour se venger sur la section dès 14/15 ans dont faisait partie David en s'attaquant lâchement à la pudeur des adolescents en pleine évolution de la puberté, certains ados n'étaient pas à l'aise avec cette exhibition de bites. Par honte ils cachaient leur sexe sous un gant de toilette, ou le coincer entre les cuisses puissamment serrées l'une contre l'autre, malheur à ceux-là, le couple de monitrices les avait repérés de loin. Les ados étaient placés en rang par deux à poil du dortoir au bloc sanitaire elle inspectait avec délice et sadisme un à un les sexes des gamins, comme pour chercher des morpions inexistants en tirant méchamment les quelques poils pubiens ou en tapotant les testicules, les plus intimidés étaient les plus évolués physiquement, ils étaient d'ailleurs la cible de choix de ces dames qui prenaient un vif plaisir à leur décalotter brutalement le sexe, ce qui rendait les garçons mal à l'aise face à cette inspection, ils pensaient qu'avec ces genres de monitrices aussi avisées qu'elles allaient rapidement découvrir que parfois ils se masturbaient et qu'elles les consigneraient séance tenante sur le rapport journalier adressait au professeur Matrêt qui diagnostiquerait une anomalie pour ce genre d'institution dans son laboratoire il leur configurera rapidement un traitement pour calmer cette libido précoce.

Un regard de désapprobation trop appuyé ou un hochement des épaules les pupilles décontenancés et tremblants avaient un mal fou pour ne pas craquer ils cachaient leur sexe entre leurs cuisses bien serrées. Déjà de vouloir refuser de présenter son sexe était un motif suffisant pour obtenir une sévère punition comme allait gratter à la paille de fer et remettre en cire le parquet du dortoir d'une surface de 100 m² et toute sa farandole de corvées ménagères. En plus, il leur fallait supporter ce chien blanc nommé Barri du type Spitz aussi vicieux que sa maîtresse quand les garçons étaient en rang à distance réglementaire, il faisait le tour comme s'il rassemblait son troupeau de moutons et allait mordre aux talons celui qui n'était pas dans l’alignement en lui aboyant férocement dessus ce chien était vrai un kapo parfois en mal de rut, il s’essayait sur la jambe d'un pensionnaire quand sa maîtresse n'était pas très proche, il se ramassait des grands coups de savate, lui il aboyait à la mort pour attirer la monitrice en l'orientant directement sur le coupable qui se ramassait une bonne paire de baffes à lui décrocher la tête.

Plus graves, elles faisaient un rapport comportemental journalier sur chaque enfant de la section et David l'enfant rebelle avait un rapport bien chargé qui parvenait sur le bureau du docteur Matrêt, un professeur qui ne s'abaissait pas à une tâche subalterne, il n'auscultait aucun enfant, il avait une confiance aveugle aux rapports des monitrices qui n'étaient pourtant pas toujours fiables à cent pour cent, c'était suivant la cote d'amour et le ressenti ou pas qu'elles portaient sur un gosse, pour décider d'un traitement ou mettre à jour une nouvelle molécule au risque de rendre l'enfant encore plus atteint, comme devenir aphone pour quelques jours, sa langue devenait écumeuse et encombrante par son doublement de volume, ou il devenait un robot avec des gestes saccadés ne contrôlant plus ses membres en totalité, même ses mains n'avaient plus la force et la précision pour tenir un verre sans le relâcher. Il lui était impossible de monter un étage de l'escalier normalement, accroché à la rampe l’effort était titanesque, la bouche grande ouverte, il était Lachenal en train d'atteindre le sommet à huit mille mètres d'un Annapurna, sédaté à mort ensuite s'ensuivait la cure du charbon végétal activé en granulés ce qui était comme l'éparcyl à la fosse septique pour lessiver et vous rincer afin de faire disparaître toute cette chimie que vous aviez emmagasinée dans vos tripes même le ténia n'y résistait pas à ce traitement des morceaux longs de 15 cm sortaient de l'anus de l'enfant ce qu'il l'affolait en pensant qu'il venait de rejeter une partie de son intestin.

 


Chapitre N° 25 De qui se moque-t-on..? Le professeur nous fait construire une salle omnisports sous le prétexte disait-il qu'il allait faire pratiquer du sport en salle par mauvais temps aux pensionnaires. Ce n'était qu'une astuce perso, lui seul on aura la jouissance avec ses encadrants, des notables, des lèches-cul d'internes hospitaliers et ses collaborateurs les plus fayots pouvaient utiliser cette salle.

Le professeur Matrêt était un curieux personnage sur sa demande, il a fait construire un gymnase, car il ne supportait plus, paraît-il de voir les enfants jouer à faire rouler des pneus ou se prendre pour Fanfan la Tulipe, Ivanhoé ou Thierry la fronde avec des épées ou des flèches en bois qui parfois se loger dans l’œil. Il est vrai que la douce histoire du Petit Prince même avec la voix charmeuse de Gérard Philipe n'avait pas lieu d'être dans cet environnement d'incompréhension et de grosse souffrance... Le gymnase était équipé pour le tennis le basket-ball et le volley. Le hic ! C'est que la salle était toujours dans la configuration du tennis, donc impraticable pour d'autres activités et , sans les raquettes ni les balles, les enfants devaient retourner jouer aux billes ou aux osselets ou au mikado dehors, pour les plus téméraires il pouvait jouer au foot avec les brodequins, les chevilles et les tibias passaient de très mauvais moments, sinon plus calmement, il y avait les cerfs-volants de fabrication maison à une seule utilisation l'atterrissage était souvent mortel pour cet objet l'armature était en tiges de noisetier recouvert de papier-journal enduit de colle à tapisserie. Il fallait un vent courageux pour qu'il prenne son envol et ensuite pour qu'il veuille bien tenir en l'air cette occupation devenait rapidement lassante avec le plafonnement limité du cerf-volant ne pouvant jamais atteindre les nuages le rêve des gamins, la longueur de la ficelle devenait si lourde pour l’amplitude de la maquette volante.

Il était évident que notre cher Docteur Matrêt s'était fait un petit plaisir sur le dos des pensionnaires pour venir jouer au tennis avec sa cour de fayots d'internes et de ses collègues subalternes apprentis sorciers. Ils avaient à disposition de la matière gratuite les enfants de l'IMP ou les adultes des malades mentaux de l'asile proche du centre de L'Esquirol du professeur Matrêt, ils pouvaient tester à volonté la tolérance et les effets secondaires des nouveaux médicaments avant la mise sur le marché. Sachez que certains traitements que vous utilisez actuellement ont été testés sur un enfant de la DDASS à son l'insu. Lui, il portera, hélas, des séquelles migraineuses ou idiopathiques pour le restant de sa vie. Comme nous étions que des enfants de deuxième zone, bègues ou atteint de poliomyélites et sans famille, la société n'avait aucun scrupule et elle n'avait que faire de ces cobayes humains

 

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Chapitre N°26 David s'est damné pour les premiers et rares yaourts exquis aux fruits.

 

Les seuls changements après la guerre des graviers ont été de nommer un moniteur d'une autorité aussi carré et massif que son physique, pour la section des grands puis un nouveau directeur pour le centre monsieur Maurice un homme nouveau, moderne et pédagogue, ouvert à l'écoute des enfants malgré ses sciatiques paralysantes et douloureuses à répétition, enfin ! Un vrai merveilleux directeur, l'abée Chambault, les monitrices mesdames Laurent d'Orange, Orlondo la marraine de David étaient les seules personnes super-pédagogues de l'encadrement d’exception que les pensionnaires du centre ont eu la chance de rencontrer. C'est elles qui ont sauvé l'avenir pourtant déjà mal embringué de David. Quant à Jean la victime du directeur bourreau il ne remit jamais, plus les pieds dans cette institution, il est resté avec sa maman. Cette dame-ci gentille avait sauvé tous les autres pupilles victimes des sévices de ce taré de directeur que certaines monitrices complices et lâches avaient préféré tourner la tête aux exactions de ce minable.

Madame Laurent cette divine monitrice avait pris sous son aile le sort de David, elle lui trouvait souvent des prétextes pour l'envoyer dans le bâtiment d’hébergement des monitrices, comme pour aller chercher un vêtement oublié sur son lit. La récompense était entre le volet et la fenêtre de sa chambre, où elle laissait volontairement dans ses boîtes colorées tout un achalandage de véritables pâtes de fruits de plusieurs parfums qu'elle ramenait de ses week-ends d'Orange. David, face à ce délice se gavait jusqu’à écœurement, sachant que l'odeur qu'il avait humée en passant près de la cuisine, n'était pas ragoûtante pour le repas de midi, il reconnaissait avec dégout ce que sera le contenu de son assiette. Elle était effectivement garnie d'un mortier de pois cassé, avec sa tranche inséparable de foie de porc tout saignant et presque vert. Pour une fois que les enfants avaient de bonnes intentions envers lui cet ingrat de chien refusait les morceaux que les enfants lui offraient il abandonnait le tout sous la table. Le dimanche un merveilleux poulet rôti était de rigueur et personne ne laissait sa part au chien, dommage que ce plat ne fut pas accompagné patates frites au lieu de cela ils servaient cette horreur de céleri-rave frit coupé en cube, filandreux à outrance impossible à mastiquer pourtant pour s'en débarrasser il fallait l'avaler tout rond pour ne pas vomir dans son assiette.

Pour améliorer son ordinaire David avait passé, un deal en cachette avec la lingère ; une douzaine d'escargots pour un yaourt nature, ou 2 douzaines escargots pour un yaourt aux fruits. David avait zoné tout l’intérieur de l'enceinte chaque haie, mur, ruine avait été fouillée par David sur un mois, il avait tari tout le filon d'escargots. David reprit espoir quand un matin sur l'autre rive de la rivière Charreau qui était la délimitation naturelle du pensionnat, il aperçut un papi avec un panier à salade garnie de cagouilles. David reprit espoir de voir que ce n'était pas fini il pourrait encore déguster des yaourts à la place des Minis Bonbel orange, des carrés Gervais ou de la portion de la Vache qui Rit ou autres vaches qui n'étaient souvent qu'une pâle copie gustative qu'on lui servait au réfectoire de l'internat. Cette fois, il allait devoir régler des gros problèmes pour réussir seulement à traverser cette rivière hostile par sa faune qui l'habitait et par aussi son début de pollution, elle était l'égout à ciel ouvert du centre aggravé par les rejets d'une papeterie en amont qui formaient des voiles opaques blanchâtres que les branches basses des arbres retenaient donnant une sensation d'un lieu diabolique, la rivière était profonde sur une largeur de 2 à 3 mètres par endroits c'est le fort débit qui lui permettait d'avoir encore de la vie.

Son passage à pied était impossible, il y avait bien un petit pont en amont pour accéder à la rive gauche, mais il était placé trop proche du village voisin où ses habitants altérés avaient à l’œil, et dès l'apparition d'un pensionnaire hors des limites de la propriété de l'internat les autres gamins du village le refoulaient à coups de lance-pierre comme s'il était atteint de la peste. L'autre obstacle était encore plus vicieux, il s'appelait Jules un homme d'une soixantaine d'années, un physique de charognard la tête, complètement, déplumait des petits yeux fuyants, il était sec comme un coup de trique, toujours fraîchement rasé, son sillage entêtait l'eau de Cologne Mont St Michel, toujours vêtue de sa combinaison de bleu de chauffe, il possédait une motte dont il avait aménagé une cabane en bois tout confort, à sa droite était aussi placée une ruche dont l'ensemble jouxtait le terrain de récréation des adolescents du centre.

Il passait le plus clair de son temps à regarder son espace toujours la main en visière à la hauteur de son front comme pour ne rien manquer jusqu'à la ligne de l'horizon, il sifflotait sans cesse, mais le son n'était pas le chant joyeux du rossignol ça ressemblait plus à une bravade méprisante et insolente à l'attention de son voisinage.

Jules était une personnalité reçue en bienfaiteur par l'encadrement du centre chaque fois qu'il se présentait à l'internat avec un enfant qui paraît-il s'était égaré hors de la propriété, alors que souvent, il allait les cueillir à la limite du bois mitoyen en direction de l’agglomération de Saint-Michel. Jules pour les encadrants, malgré ses travers était d'une utilité indispensable comme l'indic pour la police. Grâce, à lui ils n'avaient pas à faire de déclaration et de comptes rendus officiel pour fugue et indiscipline auprès de la gendarmerie qui ensuite aurait été suivie par le supérieur de la monitrice

responsable de l'enfant d'une sanction disciplinaire pour négligence, blâme ou mutation.. C'est pour cela que jules malgré son vice était toujours le bienvenu Et tant pis si l'enfant avant son retour avait été contraint de passer un sale moment par la cabane pour y endurer les caresses charnelles et impures de ce répugnant de Jules. Pour la responsable c'était une bonne leçon afin de faire comprendre à ce pensionnaire imprudent ne s'avise plus à flirter avec les limites de l'établissement.

David ne lâchait pas son projet malgré toute cette hostilité environnante, il ne voyait que des yaourts aux fruits dans sa tête, c'était franchement irrésistible et trop bon !

Pour atteindre l'autre rive, il fallait monter une expédition genre à la recherche du "Diamant Vert". En miniature. Pour David, Daniel était le collègue sûr de sa section, pour entre prendre ce projet fou. Ils commencèrent à vider le local à poubelle de la cuisine où étaient entassées de nombreuses boîtes des emballages de poissons en bois très résistants, la fouille s'étendait dans les locaux techniques des entreprises de maintenance elle avait été d'ailleurs fructueuse, ils avaient maintenant des outils adéquats, plus des fournitures, clous, vis et fil de fer, corde. Un vieux ciré vert accrochait à un clou à été aussi récupéré pour assurer l’étanchéité de l'embarcation. Ils avaient planqué toutes leurs trouvailles dans leur cabane dans le bois. Puis fallait attendre le dimanche suivant après le retour de la messe pour pouvoir s’éclipser et déjouer la surveillance allégée du dimanche.

Les deux compères œuvraient à l'assemblage des boîtes entre elles sur deux grosses branches le tout recouvert du ciré pour étanchéifier le radeau, une gaule de noisetier avec une planche clouée à son extrémité servait de pagaie.

Le dimanche suivant l'embarcation consolidée avait pris la forme d'un radeau carré de 1 mètre sur 1,50 mètre David pris place sur son assemblage de bric et de broc. En laissant Daniel sur la rive qui devait le suivre de la rive avec la corde pour contrôler l'embarcation dans le fort courant et en cas de naufrage. La rivière par endroits avait un fort courant et était suffisamment profonde pour s'y noyer surtout que David nageait aussi confortablement qu'une serrure. David malgré les 2,5 mètres de largeur de la rivière se lança dans le cours d'eau, qui était un vrai bouillon de culture, il fallait surtout éviter de prendre un bain, car la faune était bien encore vivante dans ce lieu infect entre rats-d'eau aussi gros que des chats de gouttières, où des vipères aspics qui vivaient en bordure de la rivière. La traversée pour aboutir sur l'autre rive était aléatoire, car l'embarcation dérivait énormément par la force du courant malgré l'effort de Daniel de retenir la corde pour empêcher le radeau de partir pour en aval de la rivière la pression était-elle que Daniel avait lâché la corde ce qui entraîna Denis malgré ses coups rageurs de pagaie obligée de se coucher pour ne pas être accroché par les branches rasantes sur le fil de l'eau Denis était enfin sur la rive gauche à plus de 800 mètres de son point départ, .

La faune était bien présentée les serpents venaient face à l'embarcation sans vouloir la dévier pour l'éviter, les rats étaient en nombre par le flanc droit. Dans ce marigot David passait pour un intrus, c'est à grands coups de pagaie qu'il a dû sévir sérieusement pour éloigner tous ce monde hostile. Daniel était bien là, en face David lui lança à plusieurs reprises la corde sans pouvoir l'atteindre du premier coup en insistant Daniel réussis enfin à fixer l’embarcation qui était déjà bien endommagée. David était déjà en train de crapahuter la rive glissante, pour son accueil un escadron de moustiques soif de sang se jetèrent sur lui. Rien ne pouvait l'arrêter il inspecta les alentours à l'horizon, pas d'humain, il fit un signe à Daniel avant de s'éloigner il y avait face à lui trois ou quatre mottes idem à celle de Jules « le véreux ».

A sa gauche des saules pleureurs, des touffes de buis avec de nombreuses haies en osier, il y avait aussi un incroyable maillage de petits canaux pour David c'était trop tiré aux cordeaux pour trouver les escargots, et c'est à droite que David décida de s'orienter vers les grandes étendues de culture de choux verts et rouges et surtout des ravins et des haies sans entretien David venait de toucher le bingo ! Il venait de remplir en une heure sa musette de plusieurs centaines d'escargots. il avait prélevé la valeur de huit yaourts aux fruits qu'il partagea avec son complice Daniel. Le retour fut plus simple à gérer, son collègue avec la corde a pu ramener directement l'embarcation sur sa rive droite sans encombre, ensuite, ils ramenèrent le semblant radeau dans la cabane pour le réparer pour peut-être une prochaine tentative. Le week-end suivant le nouveau directeur avait organisé un sympathique pique-nique pour la section de David des 16 enfants à un magnifique endroit rien à voir avec la Charreau, la vallée des Eaux Claires à Puymoyen son nom n'avait pas été usurpée tellement que cette vallée naturelle était d'une grandeur et d'une somptuosité à couper le souffle.

Très escarpées par ses rochers, il y avait de très nombreuses cavernes et grottes, elles ne contenaient ni dessins ou peintures de la préhistoire. Par contre, de nombreux cœurs avec leurs prénoms étaient gravés au cran d’arrêt sur les parois, ce site était un haut lieu du flirt et de la baignade qui était animée par de belles cascades en série. C'était une jeunesse de 16 ans à 20 ans qui fréquentait les lieux, d'ailleurs, il suffisait de regarder la concentration de Mobylettes sport biplace pour réaliser qu'ils étaient nombreux accompagnés de leur promise à squatter l'endroit. Il y avait beaucoup d'amour sachant que l'eau fraiche y était abondante, elle coulait de tous les rochers d'une pureté exceptionnelle, et même en pleine chaleur, elle était si froide qu'elle glaçait les dents à provoquer une violente odontalgie.

Le dimanche suivant sous la pluie. David et Daniel avaient décidé de se faire un dernier giron sur l'autre rive de la Charreau pendant les projections répétitives "le voleur de bicyclette film de 1949. "L'histoire d'un chômeur dans la mouise depuis deux ans enfin il retrouve un emploi, mais on lui vole son vélo, il lui est impossible de remettre la main dessus. La perte de sa bicyclette signifiant la perte de son emploi, il se résout à en voler une autre, mais lui, il se fera prendre et lyncher par la foule.)" Ou alors c'était les sagas plus romantiques de Roberto Benzi "un enfant de dix ans musicien et chef d'orchestre à l'oreille absolue", puis le fameux Joselito "chanteur à la voix d'or".

David était déjà trempé comme une soupe pour effectuer la traversée la flottaison de son embarcation était plus proche de celle d'un sous-marin. Enfin, il put atteindre l'autre rive avec prudence, il s'engagea dans la même direction de la première fois des mottes, Jules la vigie n'avait pas l'air de trainer dans les lieux. Pourtant, derrière une touffe de buis, un fauve était planqué en position d'attaque, il surveillait les faits et gestes de l'antilope esseulée, voyant qu'elle était très proche de sa planque le vieux fauve, se mit à bondir vers l'antilope, mais grâce à sa jeunesse, à son agilité et à sa vélocité, elle lui échappa totalement. Dans sa course David avait perdu sa musette et son bâton il put rejoindre l'autre rive grâce à la dextérité de Daniel qui avait flairé le danger que Jules le vicieux était sur les talons de David. Cette fois, ils laissèrent partir leur ramassis d'assemblage flottant à d'autres aventures sous les yeux contrariés de Jules qui ne pouvait plus les atteindre qui levait le poing en l'air d'impuissance en vociférant des insultes extrêmes envers les deux garnements. Les deux compères devaient passer en premier par la salle d'eau qui était heureusement déserte pour enlever la boue qui couvrait leur visage et surtout leurs jambes en plus, David devait se débarrasser de ces maudites sangsues repues de son sang et qui restaient fermement accrochées à ses pieds et à ses membres inférieurs. Leurs brodequins n'étaient en reste pour un nettoyage complet, ensuite ils devaient changer de tenue et enfiler leurs blouses grises au port obligatoire. Entre l'étage et le r.c aucune mauvaise rencontre ils pénétrèrent incognito dans le sombre obscur du réfectoire transformé en cette occasion en une salle de cinéma, pile quand le voleur de bicyclette se faisait copieusement lyncher par la foule.

Le lendemain après-midi le nouveau directeur demanda avec insistance à recevoir David avec sa monitrice du groupe, David compris à ce moment-là que ce serpent de Jules était venu cracher son venin, en bon voisin il avait ramené la musette et son bonnet était placé à l'intérieur qu'il avait égaré pendant sa fuite c'est en voyant le matricule n°12 qui était cousu à l'intérieur du bonnet et de la musette que le directeur su que ces effets appartenaient bien à David. Dès le lundi Jule avait demandé de rencontrer le directeur pour lui remettre en mains propres sa trouvaille tout en l'informant avec zèle sa rencontre du dimanche dans sa motte, il lui signala aussi la présence d'un complice qui était sur l'autre berge et qu'il avait permis à David de s'échapper en traversant la Charreau accroché à son radeau. David comprit que le directeur n'avait pu identifier son ami Daniel malgré la présentation à cette crapule de collabo la maquette de tous les enfants par groupes de L'IMP que Jules visionnés un à un avec trop de minutie tout en calculant certains visages d'enfants qu'il aurait bien voulu choper dans sa cabane. Le directeur commencé à comprendre que Jules partait plus à la chasse de ses fantasmes au lieu de chercher réellement le fameux complice que David refusait de lui servir en jurant qu'il était seul et que Jule n'était qu'un mytho qui voulait simplement se faire mousser auprès du nouveau directeur du centre. La séance se termina sans que Jules puisse mettre un visage sur le complice ce qui soulagea David qui était impatient d'aller briffer son ami Daniel. Jules s'excusa auprès du directeur en protestant "que tous ces enfants les cheveux en brosse et en blouse grise identique qu'il était impossible de les dissocier.

C'est par frustration que Jules a vendu David, par sa maudite musette et son bonnet qu'il aurait pu abandonner négligemment en les balançant dans la propriété de l'établissement et l'affaire aurait été définitivement close. Alors que là il venait de mettre en route le futur punitif à l'encontre de David en déclenchant une arme massive le conseil disciplinaire formé par le grand encadrement de l'internat à réunir en toute urgence, pour décider de la suite que les membres donneraient à cette nouvelle bévue de David, devaient-ils l'interner dans une maison de correction où trouver un autre lieu disciplinaire aux allures de forteresse. David était impressionné par le nombre de personnes en trois jours qui étaient là présentes, parce qu'il s'était échappé des griffes de ce vieux salopard en foulant son terrain.

Il y avait ce mauvais directeur de l'agence de la DDASS d’Angoulême le professeur Matrêt, le nouveau directeur Maurice du centre, heureusement plus celui qui prenait plaisir un malin plaisir à frapper les enfants en public, l'abée Chambault les monitrices mesdames Laurent et Orlando sa marraine, il y avait aussi la plus mauvaise et la vicieuse la fille du chef cuistot une fille terriblement complexée qui avait la silhouette pour travailler avec son père ou tenir une poissonnerie et qui haïssait avec force David. Il ne manquait que le préfet et son peloton de gendarmes pour assister au crime d'avoir franchi une rivière aux eaux pourries.

Le directeur Maurice demanda à David de se lever et de s'expliquer sur sa désertion David avait beau taper du pied pour faire sortir un mot, mais rien de compréhensible ne sortait de sa bouche, seulement son corps tremblait d'effroi face à toutes ces personnes inquisitrices et impressionnantes, sa souffrance était terrible, lui le baroudeur inconscient il se pissait dessus, les monitrices mesdames Laurent et Orlando voyant l'état de l'adolescent, c'est elles qui prirent la parole pour expliquer qu'il n'avait pas fait cette escapade pour fuguer, mais seulement par péché de gourmandise pour obtenir les nouveaux yaourts aux fruits que l'internat ne pouvait leur offrir d'ailleurs, il les partageait avec ses collègues de sa section en échange des escargots que la lingère lui prenait. Le directeur de la DDASS et le professeur Matrêt ne trouvaient pas l'affaire aussi futile que les deux monitrices voulaient bien leur faire comprendre, ils trouvaient que chez David quelque chose était quand même tordu "comment ce garçon pouvait-il être aussi inconscient de prendre le risque de traverser un cours d'eau dans une boîte à poisson au risque de se noyer pour obtenir des ridicules yaourts aux fruits... ?" "C'est quoi cette dinguerie ? Ce gamin n'était franchement pas normal ! "S'exclamait le professeur Matrêt. C'est ensuite le directeur de la DDASS qui prit la parole « mais comment a-t-il fait pour tromper la vigilance des monitrices à ce niveau-là, surtout s'ils étaient deux ? D'ailleurs, qui était l'autre complice ? » En s'adressant cette fois au directeur Maurice et à David. Le corps de David était toujours en transe malgré l'insistance des deux hauts responsables David refusa de donner son complice en niant qu'il avait agi seul pour cette aventure, et tant pis s'il allait encore s'en prendre plein la gueule.
Seul le directeur de la DDASS et la mocheté vindicative avaient demandé un nouveau placement de David dans un centre disciplinaire. Le directeur du centre et le curé les deux monitrices Laurent et Orlando n'avaient pas lâché David tout en sachant qu'il mentait quand il jurait que son expédition, il l'avait effectué seul.

Quoique les traitements d'expérimentations n'étaient pas une joyeuse balade provoquée par leurs effets secondaires redoutables.
La décision finale revenait au professeur Matrêt, qui lui trouvait que ce dur à cuire cet évaporé n'avait pas sa place dans cet institut, il méritait un placement sérieux et façon militaire en maison de correction. Il serait dommage de se passer de ce cas en l'utilisant comme cobaye pour le nouveau protocole prometteur qu'il effectuait pour un laboratoire les traitements neurologiques et troubles cognitifs. Pour cette expérience, le professeur Matrêt effectuait un duo avec le directeur instituteur pour une rééducation de l’élocution et de la prononciation afin d’éradiquer le bégaiement et la dyslexie, c'est de cette façon que David a été libéré de son enfermement intérieur en évitant l'enfermement à la maison de correction. Quoique les traitements d'expérimentations n'étaient pas une joyeuse balade provoquée par leurs effets secondaires redoutables.

Chapitre N°27 Les Smarties chimiques étaient L'arme fatale du professeur. Alors que l’instituteur reprenait à la base la prononciation des mots avec l'aide de la queue d'une cuillère à soupe.

 

Les traitements chimiques étaient toujours l'apanage favori et l'arme massive d'asservissement du professeur et de sa horde d'internes pour traiter les adolescents qui parfois ne voulaient pas grandir tellement que la vie leur paraissait effrayante. Il était impossible pour un pupille d'obtenir un RDV chez un dentiste malgré une énorme chique dentaire, par contre les abonnements à la clinique psychothérapique du professeur depuis la petite rébellion et de la dernière réunion ont été amplifiés, il n'était besoin de rendez-vous pour se rendre encadré militaries par deux colosses au service d'électroencéphalogramme de L'Esquirol. Voyant tous ces fils électriques gris et crème vissaient sur le crâne, David avait l’impression qu'il était William Kemmler, la première personne à être exécutée par l'intermédiaire de la chaise électrique, installée sur l'assise surélevée les jambes dans le vide les autres membres et sa tête étaient fixés par des sangles. L'instant suivant la machine grésillait comme une ligne haute tension par temps de brouillard, il pensait que s'en était fait, qu'il allait mourir sur son siège qui ressemblait étrangement à la chaise électrique de Thomas-Edison. Paraît-il qu'il allait chercher la folie, il fallait la débusquer dans les tréfonds du cerveau en sortant des km de listing un graphique à plusieurs courbes en rouge et bleu comme pour détecter où la folie pouvait bien se planquer dans ce tissu mou à la forme d'une grosse noix...
Le patient ressortait ko de cette séance, avec une migraine persistante de 48 heures, d’ailleurs, elle reviendra sans cesse idiopathiquement pendant toute la vie de David et des pupilles cobayes, telle une tique accrochée à perpétuité dans leurs têtes. Après chaque séance, la lumière du jour devenait jaune comme si vous étiez pris dans les phares d'une voiture. Cette pâte blanche qui puait et coller les cheveux comme un enduit mural sans pouvoir se shampooiner les cheveux, car ce n'était pas le jour hebdomadaire de la douche, cette pâte dégoulinait par la chaleur des électrodes dans les yeux qui étaient déjà beaucoup trop inquiets pour s'ouvrir, de ne pas savoir ce que le monsieur à la blouse blanche allait découvrir, allait-il diagnostiquer un dérèglement mental ou une dyslexie ? Suite à des neurones endommagés, par tant de sollicitude des traitements de cobaye subits qui pourraient vous transformer en un redoutable serial killer, "on n'est jamais assez prudent avec cette mauvaise herbe sauvage indestructible il fallait protéger la société, car un jour, ce rejeton haineux pourrait se rebiffer", c'est ce que disait, le professeur Matrêt aux monitrices accompagnatrices.
David a quitté ce lieu sordide de l'IMP à 15 ans, il en est sorti droitier contrarié, il parlait normalement sans bégaiement et sans dyslexie grâce à la patience et à l'affection du directeur instituteur qui pendant son temps libre, s'était fait une spécialité de restaurer la prononciation avec la queue d'une cuillère à soupe dans la bouche pour orienter la langue la séance durée une heure par jour parfois sur deux ans. À force de persévérance, il a sauvé des dizaines de garçons qui peuvent maintenant s'exprimer couramment. Quand pour la première fois, son élève a prononcé le mot fatidique de cheval au lieu de (seval) et que le (tonmou) est redevenu à l'endroit un mouton, l'instituteur a actionné vite ses essuie-glaces devant ses yeux larmoyants d'une sensibilité joyeuse, il était flamboyant les bras en l'air avec sa cuillère à soupe en étendard.
Tout en étant un hypersensible, il essuyait discrètement sous la table ses verres de lunettes qu'il avait inondés de larmes, même sa pipe n'avait plus le bruit habituel du tabac en fusion ce n'était plus qu'un bruit de gazouillis humide sans la fumée.
Sans ce grand monsieur, David et beaucoup d'autres enfants seraient restés bègues et dyslexiques à vie sans aucune possibilité de réinsertion dans la société. Salut l'artiste & merci encore ! Parfois dans le couloir sombre de notre vie, on croise un homme sans Légion d'honneur qui pourtant a fait discrètement plus de bien qu'un artiste ou d'un politique, ou tout autant que Lourdes avec ses miracles pour le genre Humain.
Les traitements chimiques du professeur Matrêt étaient limites supportables et si peu efficaces avec en plus des gros problèmes d'interactions comportementaux sur l'enfant, qui n'était plus qu'un rat de labo ce sont pourtant ces traitements qui ont été préférés à la méthode de l'instituteur qui elle était trop artisanale pour ce professeur toujours à la recherche d'un cas pour s'en servir de cobaye à la disposition de ses nombreux laboratoires gargantuesques. David a heureusement échappé à la lobotomie frontale qui avant cette époque était une pratique reine pour soigner beaucoup de maux psychologiques et qui par la suite a été remplacée par une méthode moins barbare, mais tout aussi effrayante par la méthode chimique avec son lot de traitement médicamenteux à vie.
David venait d'avoir ces 15 ans un âge-limite pour rester à l'internat, libéré de l'I.M.P sans avoir à repasser par l'étape de chez Marcelle, et c'était mieux pour lui, son papa venait de renouer avec lui et était redevenu un superbe père il avait refait une nouvelle vie loin de cette mistoufle d'autrefois qui lui avait emporté sa mère . David s'était métamorphosé, seules les migraines subsistaient, elles étaient toujours là par période elles revenaient aussi coriaces laissant une cicatrice béante sur cette période de grand pandémonium qui a couvert toute son adolescence. Malgré tous ces malheurs, il est devenu un beau jeune homme musclé et élégant blond 1m90, pour 80 kg. Il est devenu le pilier indispensable de l'équipe du club de rugby du SCA d’Angoulême, Denis ne revit plus jamais son demi-frère de la DDASS et c'était certainement préférable car ils n'avaient eu que des malheurs à se partager.


Chapitre N°28 Avoir une reconnaissance pour la participation à l’enrichissement de leur exploitation, grâce aux pupilles il ne fallait quand même pas rêver et certainement pas attendre un merci de la part des Charentais.

Ils ont fait l'essentiel en les nourrissant juste ce qu'il fallait tout en limitant la consommation du pain qui devait durer trois jours jusqu'à la prochaine livraison. Les repas étaient proche d'une bornée à cochon que le pupille affamé devait avaler sans rechigner sachant que ce repas avait une valeur excessive puisqu'il devait le rendre au centuple en assumant ensuite une longue journée de labeur.

 Dans ce lieu il n'était qu'au rang d'un chien taré abandonné à la SPA pour enfants promis a un curieux destin dans ces fermes charentaises, à une rigueur rustre et sévère à ne produire que de la main-d’œuvre généreuse et surtout à moindre coût, et en plus ils rapportaient une amélioration dans le foyer grâce à la pension versée par la DDASS. Les vrais enfants de ces familles du même âge étaient promis à des études alors que les pupilles pouvaient aller se faire brosser pour obtenir l'équivalent au contraire dans les champs de betteraves ou de patates, ou à nettoyer les écuries ils cumuleraient, un déficit d’instruction général et ils finiraient trop souvent illettrés et analphabètes ce qui arrangeait bien la société que nous soyons que du matériel agricole. La plupart des gamins finissaient en guenille à porter des vêtements usagés des enfants de la famille d'accueil qui eux portaient les vêtements neufs qu'ils avaient soutirés du trousseau du pupille.

Les repas dans ces fermes n'étaient pas un lieu de raffinement pour une dégustation de fin bec, il était plus proche de la bornée à cochon. Le plat royal était servi régulièrement, l'assiette dit "l'auge" de fayots avec ces trois rondelles de carottes qui nageaient dans un jus insipide avec son morceau de couenne toute velue qui était impossible à avaler au risque de tous vomir à cause de ces poils d'un demi-centimètre qui vous grattez le fond de la gorge comme si vous mangiez vos cheveux. Ils n'étaient pas non plus questions de quitter cette putain d'auge si bien nommée tant qu'elle ne serait pas complétement vide, il fallait honorer ce succulent morceau de couenne de porc virile qui était la ragougnasse nationale dans cette maison. Afin d'éviter de rester des heures à table sans le chien complice sous la table, il fallait être ingénieux. Denis découpait la couenne minutieusement en petits morceaux afin de rassurer Irène, la mère nourricière voyait déjà que Denis allait enfin déguster ce mets d'exception qu'il allait déglutir tout rond. Ce qui permit à Iréne d'aller vaquer à d'autres occupations, persuadée que ce sale gamin allait en finir avec son assiette Denis n'attentait que cet instant pour faire disparaître les morceaux de la couenne qu'il avait roulée dans une feuille du journal pour ensuite les placer dans son caleçon en attendant de pouvoir les jeter dès la première occasion sur le tas de fumier.

Le soir, c'était souvent les restes qui étaient sur la table avec l'indispensable assiette de soupe, composée de bouillon un restant d'un pot-au-feu, ou d'un bouillant de poule avec quelques légumes qui nageaient parmi ses multiples yeux gras. La marmite était d'une belle contenance et profonde afin que la soupe puisse tenir pour plusieurs jours avant qu'elle devienne trop aigre. Ce que ne pouvait pas détecter le mari d'Irène qui effectuait un curieux chabrot à l'envers en remplissant d’abord le fond de son assiette de sa piquette de vinasse, ce qui réduisait considérablement la quantité du bouillon ajouté. Avant chaque souper Irène puisait à l'aveugle à la louche le bouillon dans le faitout qu'elle ne déplaçait pas dans le bas de sa grande armoire. Elle concoctait ensuite une soupe améliorée aux vermicelles alphabétiques ou avec une biscotte ou avec du pain rassis ou parfois avec du tapioca enfin avec ce qui lui restait. Le deuxième soir pensant qu'elle touchait le fond du récipient, elle poussa un cri d'horreur, car elle venait de retrouver son chaton qu'elle cherchait depuis deux jours. Denis d'apprendre qu'il avait consommé ce bouillon du chat à la nage, l'avait complétement écœuré, horrifié, abominé.et quitter la table pour aller vomir.

Ce qui fut un comble, c'est que le couple ne voulait pas croire à l'accident soupçonneux, il était persuadé que l'animal n'était pas tombé tout seul dans ce faitout avec le couvercle qui était resté dessus. Le couple y voyait un coup de pouce de la part de Denis qui aurait été aussi stupide pour avaler la soupe en sachant que le chaton baigné dedans, pas un instant le couple n'avait mis un doute sur leurs deux enfants Marc et Bertrand qui pourtant n'étaient pas assidus obligatoirement à la soupe le soir. Ces deux gamins n'étaient pas des saints loin de là, ils avaient de sérieux comptes de jalousie à régler envers Denis qui utilisait un peu de leur espace pourtant loin d'un lien quelconque proche de leurs parents le seul lien que pouvait obtenir Denis dans cette famille était celui du chien. Pourtant Ils étaient prêts à faire n'importe quoi pour faire endosser leurs saloperies sur le dos de Denis qui n'était qu'une personne no grata dans cette famille et qu'il ne devait pas l'oublier un seul instant sachant que déjà il lui offrait le gite et le couvert avec générosité et qu'il ne fallait pas abuser de leur philanthropie.

Il était impossible de trouver des garnements plus machiavéliques que ces deux- là. Ils auraient été capables d'avaler la soupe tout en sachant que le chaton était au fond pour persuader leurs parents de les disculper tout en voulant pour orienter le doute en direction de Denis. La mémé de la maison n'était pas en reste non plus bienvenu chez les cradingues parfois, elle revenait toujours avec trois ou quatre cagouilles fraichement ramassées en pleine course toutes les cornes tirées et toutes baveuses, elle les déposait directement sur la plaque chaude de la cuisinière quand l'escargot ne produisait plus cette bave visqueuse verte, une pincée de sel et avec la pointe de son couteau elle les mangeait avec délectation et avidité. Un jour qu'elle était de corvée à faire mijoter un ragoût de porc dans la cheminée en le remuant méthodiquement avec une cuillère, il n'était pas rare de voir subrepticement des filets de morve sortir de son nez pour atterrir pile dans la marmite du ragoût qu'elle tournait méthodiquement comme si de rien n'était. En période des moissons ou des vendanges quand toute la contrée se réunissait et que les marmites manquaient, il n'était pas gênant de voir son gros pot de chambre recyclé en un récipient alimentaire pour contenir le ragout d'agneau installé en bonne place sur la table et qu'un convive pensant faire de l'humour sur ce récipient lancer une plaisanterie salace, « dépêchez-vous les gars à le vider, car j'ai une grosse envie pressante ».

De toute façon chez ces gens-là, le seul critère essentiel qu'ils demandaient à un pupille, c'était d'avoir des bras solides pour assumer sans relâche, en cette époque il n'était pas utile de passer par une salle de musculation pour développer ses muscles. Le pupille n'avait pas le droit de s'engager dans une conversation d'adulte et certainement pas le droit de poser une question qui aurait pu embarrasser sa famille d'accueil sur certaines de ses injustices criantes que l'adolescent devait subir journellement en silence. De toute façon la réponse était cinglante il n'était que des" filles ou des fils de garce".

Essayez donc de trouver une reconnaissance ensuite chez ces familles charentaises qui ont pourtant beaucoup pris et compté en argent sur le dos des aides des pupilles de la DDASS qui en plus participé activement à l'essor de la ruralité en Charente en nettoyant les écuries, en soignant les animaux en bêchant et en sarclant gratuitement des hectares de cultures avec ou sans la participation du père ou de la mère de la famille d'accueil. Les orphelins s'échinaient gratuitement, pendant que leurs fils n'étaient que des enfants insouciants qui n'étaient débordés par les devoirs de l'école quant aux plus âgés, ils étaient dans des établissements de formations supérieures en agroalimentaire.

Maintenant, ils roulent leur arrogance de la réussite au volant de leurs gros 4x4 noirs pour rencontrer les sommités du département et les autorités de la préfecture qui leur sont tout acquises, les réceptions du préfet en leur honneur non-rien à envier à celle-ci de l'ambassadeur.

Pourtant, ce n'est pas très beau ce qu'ils font maintenant, à vouloir tarir jusqu'au plus petit ruisseau avec sa faune et qu'importe la profondeur même s'il fallait atteindre la Chine pour pomper notre bonne eau potable à la consommation dans le but de la balancer dans les champs , pour ensuite en période estivale nous faire une soupe agrémentée de plusieurs produits chimiques pour nous faire boire une eau qu'ils ont bourrée en nitrate et de pesticides avec de l'eau du fleuve Charente retraitée sous le contrôle complice d'un élu départemental et du préfet comptable de la qualité de cette eau pendant les deux ans que durera sa mutation sur le département, il va bidouiller consciencieusement les divers qualités des eaux afin d'atteindre un seuil de tolérance pour que son eau du robinet ait une apparence de conformité bien que certaines fois l'eau est trouble et a une odeur de boue javellisée, le remède pour apprécier cette belle eau cristalline ces messieurs ont du génie ils vous proposent comme solution sérieusement sans rire de mettre cette merde en carafe comme vous le feriez pour aérer un Chambertin ...

Les pupilles auraient donc sué dans ces exploitations pour maintenant boire et manger les produits nocifs pour en finir un jour par arrêt de l'arbitre d'une nouvelle souffrance provoquée par un cancer. Tous ça pour ça, qu'elle déception. Vous n'êtes plus des paysans, vous êtes devenus des exploitants de grandes superficies en vivant trop souvent avec les aides de l'Europe, pour nous produire en plus une alimentation oncogène.

  


Chapitre N°29 A ma sœur de galère. Fille de la DDASS "Tu ne termineras pas ton adolescence pucelle, la drôlesse ! Sais-tu ? Que nous avons la charge de parfaire à ton éducation tout en exerçant aussi notre droit de jambage.

Le calvaire d'une drôlesse, ce nom que Denis trouvait abject sans élégance, vulgaire, insupportable et dégradant qu'il faudrait même bannir du patois charentais " la drôlesse" comme le disaient ces vieux vicieux d'une voix appuyée et forte à rendre sourd un sonotone pour se faire remarquer dans le voisinage proche pour désigner la pupille qui était déjà surnommée " fille de garce !" Ils avaient l’œil pervers et les lèvres vineuses et baveuses, tout en se tripotant les couilles à travers la poche de leur pantalon en velours côtelé, ils avaient fait une sacrée découverte, que la drôlesse pouvait rimer avec fesse, "olé vachement benèze...!"
Martine 16 ans finissait ses études, elle servait de bonniche et de bergère et avait aussi la mission de soulager sexuellement François son père nourricier, il abusait d'elle, mais pour lui ce n'était pas un viol, ce n'était seulement que son droit de cuissage, qu'il exerçait avec zèle et outrance par son autorité tous les lieux insolites de sa ferme, il les avait tous essayés pour tenir hors d'atteinte sa femme Germaine du délit.

Pourtant, ce jour-là il a frisé la correctionnelle alors que madame était partie faire les courses dans le village à 12 km avec sa bicyclette, sur le chemin de retour entrain de gravir une côte raide en poussant son vélo aux sacoches et le porte-bagages lourdement chargé, quand un véhicule s'arrêta à sa hauteur c'était son voisin de la ferme proche de chez elle. Il proposa aimablement de l'emmener avec sa camionnette, Germaine complétement essoufflée malgré un abord plutôt timide et méfiante elle accepta immédiatement l'offre. Cette fois-ci elle avait bien failli surprendre son époux en train de besogner Martine heureusement que le chien avait donné l'alerte en voyant le véhicule se stationner devant la grille. François toujours aux aguets eut juste le temps de rajuster les bretelles de son pantalon sur sa chemise qu'il avait dans sa précipitation boutonnée en décaler le dimanche avec le lundi.

Il recouvrit vite fait Martine sous la paille propre en lui intimant de ne faire aucun bruit et aucun mouvement, François sorti de la pénombre qui l'arrangeait bien, en se dirigeant vers le seuil de l'étable que Germaine était prête à franchir, il trouva vite fait un stratagème pour faire sortir son épouse de l'étable sa main sur l’œil gauche, il lui fit croire qu'il avait attrapé une poussière de la paille dans celui-ci, et qu'il valait mieux se mettre à l'extérieur à la lumière pour qu'elle puisse lui retirer cet intrus invisible. Son épouse agacée de ne rien voir se lança dans une brève digression en lui faisant une remarque saugrenue ", tu as vu, comment tu t'es fagoté ce matin", il ne répondit pas à ce détail qui aurait pu devenir gênant il glissa un haussement d'épaules pour fermer le sujet vestimentaire, afin de remettre son épouse sur la bonne voie, il l'interpella " tu ne vois toujours rien dans mon œil ?"

Dès que le couple s'éloigna de l'étable Martine se rhabilla rapidement pour aller reprendre sa corvée à écosser les mojhettes en se secouant de toute part pour chasser toute cette paille heureusement que ses cheveux étaient coupés à la garçonne sous la tendeuse militaire de Germaine, elle pensait qu'il ne fallait pas que Martine soit trop féminine afin que François ne soit pas tenté par cette fraîcheur et cette beauté naturelle même habillée dans un sac, elle restait encore pétillante et désirable. Germaine savait qu'à 40 ans, elle cumulait beaucoup de handicaps physiques par rapport à cette maudite fleur qui avait la quintessence de la jeunesse et cette beauté dont elle était jalouse, qu'elle n'eût jamais eu pendant sa jeunesse, les rides, elles avaient déjà fait leurs œuvres de démolition avec les travaux des champs sous le soleil de plomb, son visage était tout fripé comme une figue séchée. Pourtant de qui pouvait-elle avoir peur pour son couple ?

Son François avait les mains et les pieds liés à son épouse, sans elle, il ne serait qu'un commis de ferme ou au mieux un métayer exploité par un riche propriétaire dans une autre exploitation sur la moitié de la récolte. Leur union était donc indéfectible grâce à la propriété que madame avait dans sa corbeille de mariage. En période de vacances scolaires par tous les temps et toute la journée Martine était au champ pour garder les vaches et les chèvres et là, c'était au tour du domestique du voisin Lucien un jeune homme de 35 ans qui faisait partie d'une trop grande famille de 7 enfants dont il était l’aîné, à ses 15 ans ses parents avaient décidé de le placer dans cette ferme, le deal était le gîte, blanchi et le couvert en échange de son travail. Il voyait rarement ses parents et ses frères et sœurs, ils avaient grandi sans lui et l'avaient oublié laissé à son destin dans cette ferme qu'il n'avait pas quitté durant ses vingt ans.

Il savait que Martine avait un mal fou à garder son troupeau dans le périmètre du champ qui était tout en longueur sans clôture seulement un bois à son extrémité d'où les pilotes des avions de chasse de la base de Cognac venaient précisément faire des exercices en ce lieu presque quotidiennement dans un fracas terrifiant, Martine était paralysée par ce tonnerre mécanique des bombardiers, elle perdait le contrôle sur ses bêtes. Les pilotes improvisaient des piqués au-dessus du bois pour terminer en rase-motte, sur le troupeau fou qui partait en étoile. C'est à ce moment-là que Lucien son samouraï profitait pour lui offrir son aide qui n'était pas gratuite , une aide en échange d'un gros câlin comme il disait.

Martine n'avait pas le choix, car la punition serait pire de la part de ses parents nourriciers si les vaches rentraient en fin d'après-midi gonflé comme une montgolfière la panse pleine de luzernes qu'elles auraient broutées du champ voisin. De toute façon Martine n'allait pas se plaindre à François des abus de Lucien, qu'elle trouvait même parfois plutôt agréable quand elle était consentante, à celle de François le rabbit qui lui aussi voulait sa part toujours vite fait de peur de se faire surprendre, elle ne pouvait pas non plus se plaindre à Germaine que tous les hommes et le sien voulaient un droit de cuissage elle l'aurait traité de dégénéré et d'affabulatrice, quant aux fonctionnaires de la DDASS qu'elle ne voyait presque jamais, dont elle connaissait déjà la leçon de morale et la devise "on n'écoute pas l'enfant qui fabule sinon les placements deviendraient impossibles" quant à la leçon morale, elle ne change pas. Elle est gravée dans le granite de la DDASS : "tu sais, tu as de la chance que cette famille exemplaire t'héberge ils ont franchement du mérite et du courage (Martine pensait "avec la pension trimestrielle qu'ils percevaient, cela pouvait bien les aider à obtenir un semblant de mérite ") elle t'offre un foyer alors que certains enfants n'ont rien ! Toi, tu n'es qu'une gamine capricieuse qui n'apprécie rien et tu es, en plus, médisante, tu n'as aucune reconnaissance envers cette famille.

Martine méditait en pensant que ce qu'il y a d'encombrant dans la morale, c'est toujours la morale des autres et que cette morale était à cent lieues de la réalité et du quotidien que vivait Martine; c'était certainement au nom de la morale que Germaine et François la cachaient quand ils recevaient leur famille de la ville, elle n'avait plus aucun droit de naviguer dans la maison et de s'installer à la table familiale où les invités avaient pris place, d'ailleurs son repas lui était servi bien avant que la famille passe à table, dans la grange sur la charrette à fourrage. Ces instants faisaient monter en Martine une désagréable mélancolie à chialer toute l'eau de sa magnifique personne, Qu'avait-elle pu faire pour être traitée aussi odieusement, pourquoi cette différence flagrante entre ces adolescents des invités.

Pourtant, Germaine était une catho pratiquante assidue, elle n'aurait sous aucun prétexte manqué l'office du dimanche recevoir l'hostie pour elle, c'était atteindre le saint Graal. Elle attendait agenouillée avec impatience son tour, la bouche grande ouverte avec son haleine de chacal, elle tirait complétement sa langue pointue afin que le curé puisse lui déposer dessus l'hostie tout en contournant adroitement son encombrant et protubérant nez, sa bouche grande ouverte permettait au curé et au jeune sacristain d'avoir une vue profonde sur ses chicots et ses amygdales, alors que François profitait de ce moment de liberté pour laver le dos de Martine à poil pour faire sa grande toilette dans le grand baquet fumant.


Chapitre N°30 “Allô ! la famille nourricière Nous arriverons tel jour.

Quand l'inspecteur de la DDASS avisait les parents nourriciers de sa proche visite à la pupille, la vie de Martine devenait pour quelques jours un conte de fées. Une vraie chambre avec un cabinet de toilette attenant était à sa disposition, plus de stations accroupies dans l'étable, plus d'abus sexuels, plus de vaches au champ, plus de traite, plus de nettoyage des cochons et des vaches. Elle portait des vêtements propres et avait même reçu une petite délicatesse de la part de madame, qui lui avait glissé un mouchoir imbibé de l'Eau Cologne dans la poche de sa nouvelle blouse qui n'était plus grise, ce gris qui était bien pratique pour camoufler la crasse et les taches, mais, hélas, pas l'odeur des cochons qui restait persistante.

Pour cette unique circonstance, elle portait une blouse plus fantaisiste avec des couleurs joyeuses, elle était rouge bordeaux, avec le col et les revers des poches en rouge dégradé. L'effet était immédiat Martine avait une meilleure allure, elle était une autre personne elle affichait un optimisme sur son beau visage androgyne. Elle n'avait plus cet enfermement envoutant sur elle-même qui lui rongé toute sa personnalité. Elle ne restait pas dupe pour autant... Le lavage de cerveau était constant pour que le jour( j) soit conforme au niveau de la famille exemplaire et surtout qu'elle reste bien notée." Attention ! La drôlesse pas d'entourloupette sinon après la visite cette maison sera pour toi un enfer de douleur " disait en chœur le couple machiavélique, Martine savait que ces suppôts de Satan ne pouvaient pas faire pire, car elle vivait déjà les enfers. Après la visite effectivement l'enfer était vite revenu.

Nicole 16 ans par un commis agricole. Florida 17 ans par son employeur fermier. Martine 16 ans par son père nourricier et le domestique du voisin. Georgina 14 ans par le domestique du voisin de ses parents nourriciers. La liste des personnes abusées n'est pas exhaustive monsieur le directeur vous qui ne vouliez rien entendre et ne rien voir. Pour vivre égoïstement uniquement de votre petit confort loin de toute cette mistoufle d'affection et l'usage de tous ces mauvais traitements qui ont traumatisé une bonne partie de leur vie à ces pupilles adolescentes et adolescents qui vous étiez confié.

 

Chapitre n°31 Une justice bourgeoise pratiquée et aseptisée en catimini entre-soi juges et délinquants.

Denis était devenu un adolescent avec une corpulence et une taille qui lui permettait de tenir à l'écart ces salauds qui faisaient subir aux filles adolescentes des placements cauchemardesques.
Pour en finir avec ce parasite de monsieur Moreau. Un personnage qui est arrivé dans un moment d'inattention, Dieu lui avait offert en toute confiance son ciel bleu dans ses yeux, persuadé qu'il serait un modèle pour le genre humain, alors qu'une fois admis ses yeux avaient tourné au rouge comme venu d'un rayon laser des ténèbres, il savait tromper son monde et paraître en une personne conviviale, prévenante, enjôleuse avec un sourire de séduction qui n'était qu'un piège venimeux pour ensuite mieux vous harponner.

Denis avait appris plus tard que ce monsieur était passé malgré ses relations avec les roitelets mondains par la case prison, en ignorant qui de ses filles ou de son épouse l'avait dénoncé ? Ce personnage grâce à sa truelle était un virtuose il aurait pu vous transformer la gentilhommière d'un notable en château d’Azay-le-Rideau, ce qui fait que son séjour en prison n'était qu'un gâchis totalement insupportable pour ses amis fortunés, ce n'était quand même pas un crime de sang ! D'abuser de ses filles en entre soi et que ça reste dans la famille, c'était presque qu'une éducation sexuelle, pour ces messieurs tant qu'il ne pervertit pas et qu'il ne tripote pas les filles de ses amis notables.

Il y avait à l'extérieur tant de rénovation à effectuer dans les gentilhommières de chez gens, surtout chez un en particulier un industriel local de Montmoreau qui avait un bras si long, si long en relationnel avec les élites les plus importantes de la Baronnie charentaise. En plus, cela persiste toujours dans nos régions en zone rurale, certains ont encore gardé des pouvoirs et une influence indéfectible auprès des administrations ou des services de l'État afin de ralentir ou de bloquer des dossiers discrètement en les perdant dans les dédales de nos administrations, pour servir leurs protégés sans foi ni loi qui sont souvent des ordures qui pratiquent des abus de pouvoir en bénéficiant de l'impunité que leur confèrent leurs positions. Monsieur Moreau est ressorti de prison, paraît-il inconsolable avec des milliers de regrets envers sa famille et surtout pour Isabelle et Annick qui d'ailleurs ne voulait plus de lui sous leur toit. Il a donc décidé de se mettre en ménage avec sa visiteuse et confidente de prison. Cette dame certainement anesthésiée par l'espoir d'un amour incommensurable et impressionnée par tout ce relationnel le bougre n'avait pas perdu de son charme qui lui permettait d'avoir toujours un coup d'avance surtout quand il a fait la connaissance de sa gamine de 14 ans qui vivait avec elle, il n'allait certainement pas refuser l'hébergement que lui proposait avec insistance cette nouvelle compagne incrédule. Il a passé trois mois dans l'ambiance d'une douceur et d'une courtoisie excessive et exagérément hypocrite et obséquieuses jusqu'à cirer les pompes de cette gamine, aux yeux de ces deux femmes il méritait une réhabilitation complète et définitive.

Un jour ! Bas le masque, plus de soumission, sa courtoisie, n'était plus qu'une fureur, une sinistre froideur, il avait repris la peau de ce loup en rut incontrôlable et déchaîné, il fit qu'une bouchée de sa princesse comme il l'a surnommé.

Merci ! À ce cher bourgeois naïf d'avoir fait confiance à ce fauve qui avait goûté à la chair fraîche en pensant qu'il n'y reviendrait plus. L'histoire ne dit pas s'il a eu le temps d'utiliser sa truelle pour reprendre les travaux qu'il avait commencés dans l'appartement du directeur à son premier emprisonnement ?

La DDASS avait horreur des pupilles rassemblés au foyer sans affectation, ils pouvaient se raconter et comparer leur régression d'infortune sur l'échelle de la souffrance, en groupe, ils pouvaient aussi se solidariser et faire murir des mauvaises idées de révolte.

Les fonctionnaires se passaient donc de leur avis pour leur trouver un nouveau placement, car avec une main-d’œuvre aussi bon marché c'était une bonne aubaine, en 48 heures Denis avait été déjà réquisitionné et sélectionné par un nouveau maître, oh ! Pardon, un nouveau patron pour une nouvelle aventure et forcement un nouvel asservissement total en CDI que seul le maître pourra résilier à sa convenance sans aucun motif à présenter de quoi ravir son nouvel exploiteur pour le prix d'une bornée et d'un lit sans rêve.

 

noel 1961 piece de théatre  le poulet 001

Suite n°2.( A Julien) "Le fumier ça se conjugue aussi dans ce coin-là..."

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