Gémir n'est pas de mise au paradis de la mouche scatophage.n°1

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chiffonnieres

enfants sur le bord du canal

Chapitre N°1. Pupilles de la DDASS, Comme ils disaient en Charente "nous n'étions que des filles ou fils de garce à offrir aux gorets ".

Sur la voie pavée cahoteuse du quai du canal de l'Ourcq, un bébé emmailloté comme une chrysalide dans un lange presque blanc est bringuebalé parmi un fourbi d'objets hétéroclites dans la carriole à bras que sa maman Jacqueline n'avait de cesse de remplir en bas de chaque immeuble du 19e arrondissement, entre une série de toux grasse dont elle expectorait les substances qui encombraient ses bronches  puis ensuite elle se raclait plusieurs fois la gorge, ce qui lui permettait d'avoir une portée de voix à faire concurrence à la poissonnière du marché de la rue de Flandre le vendredi pour vendre son poisson paraît-il bien plus frais que sa voix rauque de mère maquerelle avec son éternel mégot baveux à la commissure des lèvres. Alors que Jacqueline criait sans cesse en avançant dans la rue "chiffons, papiers, peaux d"lapin" elle vivait un bonheur parfait quand sa carriole était pleine à ra bord même s'il fallait libérer de la place en installant le bébé dans un berceau de fortune un ancien cagot à tomates rembourré de feuilles de journaux en guise de literie, relié avec une corde entre les deux brancards ce qui procurait à chaque pas de Jacqueline un mouvement de balancement qui endormait le bébé, elle tirait cette carriole avec rage jusqu'à la fin de sa journée. 

Enfin Jacqueline posa sa charrette délicatement ne voulant pas réveiller l'enfant brutalement mais peine perdue Denis avait déjà les yeux ouverts, il paraissait préoccupé en regardant tout ce capharnaüm autour de lui, il venait de réaliser que ce n'était pas là dans cet agglomérat que sa maman avait amassé avec l'acharnement d'une fourmi qu'il trouvera sa petite cuillère d'argent, il était déjà trop tard, la chance de la plus belle opportunité de sa vie venait définitivement de s'écouler, il vivra donc son enfance avec cette petite cuillère de plomb de substitution, désagréable à sucer donnant un goût ferreux à la bouche, qui se contorsionne et se plie à la moindre pression presque à atteindre sa limite de rupture l'enfant savait déjà que ces aléas et facéties, il aura à les surmonter pendant une bonne partie de sa vie en évitant que le saturnisme lui plombe le cerveau et ce n'est pas le côté optimiste de la déclaration universelle des droits de l'homme dont l'article premier fait apparaitre :"tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits." Cette belle pensée artificieuse ne changera pas le destin fuligineux que Denis aura à affronter ; d’ailleurs le chaos et le big-bang va vite frapper à l'orée de ses 3 ans.

Nous sommes en 1951, il est 22 h 30 à 10 jours de Noël, déjà la nuit est  profonde et sombre comme sortie d'un trou noir. Ce soir, l'allumeur de réverbères du "Petit Prince" faillira à son job, aucune étoile ne scintillera rendant l'orientation de la marche de Melchior, Gaspard, et Balthazar impossible. La pluie est glaciale et traversière poussée par une bise mordante venante du nord. Les éclairs sont éblouissants d'une teinte blanche bleutée, elles flashent les ténèbres en formant des zigzags avec des claquements sourds d'une arme guerrière martienne de fin du monde. Jacqueline célibataire 25 ans avait été répudiée par ses parents à cause d'une rencontre d'un amour furtif au bal des pompiers de la caserne voisine du 14 juillet 1947. L'enfant déjà coupable dès sa naissance d'avoir dévoilé et apporté la preuve à la face de son petit monde de cette relation sans lendemain qui aurait dû rester à jamais secrète. 

C'est dans ce tumulte apocalyptique que la dépouille de Jacqueline auréolée du feu de Saint-Elme a choisi de quitter le n°3 de l'impasse de Joinville dans les bras de cette salope de tuberculose qui n'avait pas cessé de lui faire cracher son sang depuis plus d'un an aux portes de l'enfer en se faisant appeler fille de garce..! Elle avait élu domicile chez elle sans relâche pour lui imposer son chemin de damnation, et l'assujettir en lui imposant l'agonie d'une toux perpétuelle, rauque et grasse qui faisait apparaitre à chaque éternuement des soubresauts de sa frêle poitrine en expectorant un fragment de ses poumons malades, elle avait beau agiter un pavillon blanc en pensant obtenir la paix, ou la trêve ou la reddition complète de cette salope, mais hélas ce n'était que son mouchoir propre qui devenait à chaque usage un buvard de son sang noirâtre dont la couleur en était toujours plus funeste...
Son univers était critique et pénétrable, sa mistoufle était sans issue et inexorable, malgré la visite presque quotidienne du curé Jean qui n'était pourtant pas radin de ses prières " Le Notre Père et le je vous salue Marie" en boucle rien n’arrêtera cette marche infernale vers cette maudite fosse commune qui se faisait toujours un peu plus proche à en devenir palpable, seul son enfant de trois ans et l'âme immortelle de Jacqueline se sortira de cette affliction de ce lieu infâme et pourtant en cette période si proche des guirlandes fastueuses donnant l'ambiance surréaliste et festive de Noël à la capitale qu'elle habitait avec son fils. À croire qu'à cette époque de l'année il valait mieux vivre entre un âne et une vache dans une étable que de vivre dans l'indifférence dans une cabane en bois, trop humide et sans chauffage, proche du bassin de la Villette Paris 19e arrondissement à quelques enjambés du lieu mythique " d'atmosphère ? Atmosphère ? Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?" Hélas ! pour Denis jamais il ne donnera la réponse à cette question. Sans aucun souvenir et sans la moindre petite photo du visage de sa maman, comme si elle avait voulu s’effacer et s’excuser d’être passée trop brièvement dans la vie de son enfant en lui voilant les yeux d'un bandeau d'illusion et d'espérance sur un nouveau destin. Durant toute sa vie l'enfant sera frustré de ne pas pouvoir mettre un visage et un physique sur sa maman, c'est la chose la plus cruelle qu'on puisse faire à un humain, nous ne sommes pas des veaux venu par une insémination artificielle qui se foutront totalement d'avoir un père ou une mère tant qu'ils auront du lait à gogo venant des mamelles de n'importe qu'elle vache. L'enfant lui pendant son adolescence a besoin de connaître ses racines indispensables pour se consolider et évoluer en douceur vers un avenir prometteur et serein.

Vous les docteurs inséminateurs vous verrez un jour vos enfants éprouvettes vous détesterons et vous pourrirons votre futur pour vous réclamer une empreinte ou un ADN familial de leur naissance. 

La seule marque que Denis ait pu obtenir de sa maman, c'est sa signature arrondie en bas de son acte de naissance. Maintenant que nous vivons dans le monde numérique pourquoi ne pas introduire en cas de disparition des parents une photo de la maman ou du papa sur l'acte de naissance destiné à l'enfant ? Au lieu qu'il s'invente une maman chimérique qui n'apparaîtra que parfois dans leur imagination d'adolescent avec un voile blanc masquant tout son visage qui ne pouvait être que magnifiquement sublime...

Chapitre N°2 Admission quand l'enfant devient pupille... 

Il entendit une voix féminine, neutre et rigide, elle lui était étrangère, non ce n'était pas la voix suave d'amour de sa maman. Il ferma ses yeux à double tour pour ne pas voir cette personne intruse qui l'interpelait, mais peine perdue, il sentit une pression délicate sur sa paupière droite. Il ouvrit l’œil sous l'impulsion, surpris ! Il le referma aussitôt en tournant la tête en sanglotant ce qu'il venait de voir ne le rassura vraiment pas, penchée sur son lit la tête céleste d'un ange avec une coiffe blanche immaculée, il pensa que sa maman l'avait aussi emmené dans son voyage sans retour.

Après ce moment d’égarement il comprit que l'établissement ne lui était pas si étranger, car c'était à cet endroit précisément qu'eut lieu sa naissance, trois ans plus tôt. Denis en était donc à sa deuxième naissance. Il venait de faire connaissance avec ça une nouvelle maman, elle répondait au doux nom affectueux de la DDASS de la Seine. Cette institution à cette époque avait une curieuse idéologie, son credo était de couper l'enfant de son contexte familial y compris en séparant les fratries. Plus aucun cordon ombilical ne devait retrouver un lien de parenté. La psychologie infantile n'existait pas ou à peine.

Denis allait donc comme nombreux à cette époque d'après-guerre contribuait au repeuplement de la Charente pour contrer l'exode rural et le non retour des fils morts pour la patrie .                                                                                             Cela eut lieu juste un an après le décès de sa maman, La DDASS décida de lui faire quitter l'hospice de Saint-Vincent-de-Paul de Paris en direction du doyenné d’Angoulême Denis y était en transit de quelques semaines pour ensuite une destination vers des parents nourriciers charentais mais d'abord fallait passer par l'étape du doyenné, le lieu était un grand espace avec une grande baie vitrée donnant sur un parc ceinturé par un haut mur, la pièce contenait une vingtaine de berceaux identiques bien alignés sur quatre rangées au fond de cette pièce une imposante armoire en bois vernis qui était une glacière chaque matin un homme y venait la garnir de longs pains de glace qu'il chargeait par-dessus l'armoire. Cette énorme glacière placée dans un dortoir n'était certainement pas dans cette pièce et à cet endroit précis pour meubler était-elle là pour des raisons alimentaires comme pour tenir les biberons au frais ou pour servir de morgue aux nourrissons victimes de la mort subite...? Nuls pensionnaires ne pouvaient voir la manutention du contenu qu'elle enfermait secrètement derrière ses quatre portes aux poignées hautement sécurisées. Denis avait compris qu'il ne fallait pas se tromper de sortie de cette crèche et que seule celle sur le parc paraissait la plus rassurante. 

Quand la maman DDASS, vous placez sa chaîne autour de votre cou, c'était un bon signe que vous alliez quitter la pouponnière et que vous veniez de décrocher un certificat de viabilité pour un passeport en placement. La médaille du collier était indécrochable grâce à son fermoir scellé, sans la gravure du Christ ou de la vierge et ni aucun patronyme et ni date n'apparaissaient sur les revers de la médaille en acier blanc, seuls les chiffres d'un matricule gravés grossièrement apparaissaient sur une face. Sous aucun prétexte, l'enfant ne devait se séparer de ce collier en cas de rupture la DDASS devait en être informée sous 24h pour obtenir une nouvelle fourniture. Le retour de ce collier sans le titulaire à l'agence était un mauvais présage, il annonçait trop souvent une fin de vie prématurée du pupille. Ce système était identique pour comptabiliser et identifier les dépouilles des militaires au front. Dès son placement dans une famille nourricière sans adoption, l'enfant était l'unique propriété de l’État pour épouser le statut de pupille de l'assistance de la Nation. Il n'était plus qu'un matricule chez la famille Tartempion, il recevait son trousseau de vêtements, tous identiques suivant son âge et son sexe, un livret qui suivra l'évolution de l'enfant jusqu'à sa majorité, où il sera annoté  les maladies, les vaccins, le comportement du pupille, ses trousseaux de vêtements perçus, les adresses des hébergements chez les parents nourriciers et la délivrance de leurs mandats à la perception les visites sans surprise des inspecteurs de l'agence d’Angoulême étaient aussi notées 

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Chapitre N°3 Premier placement chez des parents nourriciers.

Parfois, l'inspecteur mettait une annotation style " pourrait mieux faire ou enfant sage, et même trop sage, pas motivé, ou la meilleure de toutes et certainement la plus offensante pour un pupille "enfant limité"

avec cette mention vous aviez un visa pour toute la durée de votre adolescence.

Les rares visites des agents de la DDASS étaient orientées en principe que sur l’hébergement sanitaire et l'école les questions étaient orientées en direct au pupille sur la famille d’accueil en leur présence ce qui rendait impossible de communiquer une situation réelle. Une analyse comportementale du pupille était effectuée sur son humeur joyeuse ou belliqueuse ou sur la toxicité de son caractère, s'il possédait la fureur de vivre d'une cagouille, cette option n'était pas pour déplaire aux agents inspecteurs en sachant que pour plus tard, il sera plus facilement cassable qu'un enfant trop exalté, quant à la première famille nourricière les Dupuis dans ce couple, il n'y avait que du triste entre eux et ils trouvaient salutaires cette mollesse de l'enfant qui n'était qu'un avantage, bien pratique surtout pour madame afin de pouvoir vaquer à d'autres occupations.
L'enfant vivait uniquement dans cette pièce principale et centrale de la maison, le lieu de vie de la famille qui ressemblait à un décor d'une scène de théâtre avec son escalier rustique au fond de la pièce sa grosse horloge comtoise face à l’entrée, à droite la grande cheminée campagnarde, au beau milieu de la pièce s'imposait une longue table massive, les cinq portes latérales ouvrant dans d'autres pièces, les chambres, la cuisine, ou encore une souillarde et le chai.
L'enfant était déposé à même le plancher dans un parc une fabrication maison idem à celui des poussins, il jouxtait le lit de la mémé veuve de la première guerre, toute tremblante et radoteuse, son corps du côté gauche était raide suite à un avec suite à l'accumulation de tous ses malheurs d'avoir perdu son père puis son époux à la guerre de 14/18. Ce fut un dur labeur quotidien qui avait succédé à sa vie aisée pour élever sa fille orpheline. Plus jeune, elle n'achetait aucun aliment tous devaient sortir de sa ferme seule l'exception le sel, et parfois des sardines fraîches quand c'était le jour de la foire et qu'elle avait bien vendu ses volailles et ses lapins. Plié en deux, elle sarclait des rangs interminables de betteraves fourragères de patates et une vigne l'ensemble était d'une vingtaine hectares. Elle avait aussi du bétail six vaches normandes  et deux chevaux. Elle avait hérité de la propriété de son défunt père. Maintenant, le regard pétillant de sa jeunesse était fixé sur la porte dans l'attente d'un “toc toc” pour que la porte s'ouvre sur le passage d'un visiteur qu'elle voyait flou à cause de sa cataracte ce qui l'arrangeait bien, vu qu'elle ne se souvenait et ne reconnaissait presque plus personne de son entourage. Elle était là assise sur son lit, là où sa fille sans affect l'avait installé dès le matin avant d'aller soigner les animaux de la ferme. Alors que son gendre après la traite matinale était déjà en train de sulfater la vigne contre le mildiou avec Bijou son cheval de labour. L'enfant lui gazouillait en poussant ses cubes en bois avec les mains ou ses pieds selon la proximité de ceux-ci sans une destination précise, seulement pour découvrir les images animalières des autres faces. L'enfant n'attendait vraiment personne, sa seule sortie de cette pièce, c'était pour accompagner sa mère nourricière aux travaux des champs qu'elle roulait dans une brouette en bois à fourrage en guise de poussette. Quant à la mémé toujours dans ses fantasmes, tous les matins, elle était à l’affût du ronronnement rauque venant du village voisin de la Motobécane jaune 125 cm3 équipée de trois énormes sacoches en cuir rempli de courrier. Elle piaffait d'impatience, de voir le facteur un jour lui glisser un courrier dans la main, “ le cerveau calcule, l'esprit se languit et le cœur sait ce qu'il ressent."
Elle était tellement obnubilée que chaque jour, elle tendait la main au facteur, par compassion, il lui aurait bien écrit cette lettre, mais avait-il franchement le droit d'entretenir sa folie ? En lui écrivant cette ultime lettre enflammée de son feu chéri militaire polonais blond comme les blés qu'elle attendait et qu'elle déifiait toujours. Elle le trouvait si beau dans sa tenue d'aviateur. C'est le baron rouge cet aviateur ennemi à sang-froid qui ne voulait pas partager son ciel, il était redoutable dans les airs, avec un palmarès de 80 avions descendus, c'est lui qui l'a abattu sans aucun scrupule un matin d'avril 1917, il est sorti par surprise d'un stratus cumulus comme un éclair avec la gerbe d'une étoile filante de son arme fatale sa mitrailleuse LMG qui équipait son triplan Fokker rouge, la rafale avait déchiré le blouson Top Gun Navy d'où le sang de son cœur d'amour jaillissait, en lui fermant définitivement ses beaux yeux dorés dans la chute fracassante d'une boule de feu qui se dirigeait ci-bas vers l'enfer des hommes. Il est vrai qu'avec ce genre d’exercice, il n'avait aucune chance de mourir de vieillesse dans le lit conjugal auprès de son épouse aimante. D'ailleurs, un an plus tard, c'était à son tour au Baron Rouge de venir tutoyer à son tour l'asphalte de l'enfer dans une boule de feu en volant à basse altitude pour échapper à une escadrille de la Royal Air Force, c'est du bas qu'une D.C.A alliée l'a stoppé donnant fin ainsi à son décompte macabre.

 

Chapitre N°4 Trouver une vraie famille pour élever ou adopter un orphelin ce n'était pas le but des instances Charentaises.

Il fallait placer un maximum de pupilles dans ces fermes insatiables de bras à gros biceps, où ils assumeront une main-d’œuvre gratuite et malléable à volonté. Alors que le fils héritier qui lui était bien né, était préparé à effectuer des études supérieures en agronomie, pour que plus tard, il poursuive l'activité de l'exploitation en plus moderne et avec une plus grande productivité en prenant soin de multiplier les hectares grâce à un mariage plutôt terrien que d'amour avec une voisine certainement moche, mais tellement plus riche que lui. Cela lui permettra d'obtenir son premier tracteur Mc Cormick rouge. Plus tard, il ira parader aux abords de la préfecture avec son gros 4x4 Mercedes pour aller déguster du homard  le tout arrosé d'un excellent champagne millésimé chez  Monsieur le préfet parmi les pontes de la FNSEA et certains roitelets de la région très influents et proche des assemblées nationales. 

Le rapport avec l'argent chez certains charentais était troublant et pas très palpable pour admettre que la sueur d'un pupille qui travaille de 6 h à 20 heures sur 7 jours n'était pas monnayable et ne pouvait à peine parvenir à rembourser la pension du" logé, nourri et blanchi, " une situation à celle de l'esclave à qui l'argent et la rémunération étaient un tabou et une réalité impossible à imaginer elle permettait aussi en plus de dresser une forteresse impossible à quitter sans argent ...

Aucune mention de la vraie famille ni de son lieu de naissance ne devait être dévoilée au pupille. Le vrai patronyme de l'enfant dans la famille d'hébergement ou à l'école ne devait être utilisé seulement que dans une situation exceptionnelle, en privilégiant le prénom ou un sobriquet afin que l'enfant ne se pose pas des questions embarrassantes sur le nom différent de la famille accueillante. Et quand une personne était un peu trop curieuse sur le passé du pupille, elle était vite dissuadée par la gendarmerie de changer de dossiers et de passer son chemin après avoir subi à son tour une enquête bien fouillée. 

Le pupille était un ovni il devait rester une personne discrète sans souvenir et sans avenir venant de nulle part, dont la mémoire auditive et visuelle avait été effacée du disque dur du cerveau. Il n'était donc pas question qu'un témoin ravive la vie d'avant en apportant des témoignages pour brouiller le vide sidéral d'un passé qui aurait pu se réactiver en remettant des jalons dans le cortex cérébral de l'enfant. Les pupilles nés dans la capitale étaient déplacés systématiquement . Ils étaient accueillis lors de leur arrivée en province dans un foyer nommé le doyenné d'Angoulême, puis ils étaient envoyés dans des familles d'accueil   dans les paysanneries à travers le département de l'agence Charentaise. 

Certaines familles les utilisaient comme bonne à tout faire ou pour travailler sans salaires à vie. Aujourd’hui, cet espace n'existe plus toutes les archives sont reconcentrées à Paris au centre de Saint-Vincent-de-Paul. 

Dix ans après d'autres départements étaient démunis de bras pour le repeuplement rural comme dans la Creuse ce qui fut un vrai scandale...! Par duperie et falsification la DDASS a abusé de la naïveté de certains parents réunionnais pour kidnapper 1632 enfants pour les inscrire avec la mention comme "pupilles abandonnés définitivement". Monsieur Michel Debré ministre en était l'instigateur, c'est lui qui a organisé cette rafle d'enfants.

Le rouge de la honte qu'il a refusé d'assumer et qui pourtant empourprait complétement votre visage tout en arborant sans gêne ce ruban rouge qu'il portait avec fierté et zèle à la boutonnière.

Dans votre généreuse et grandeur d'âme monsieur le ministre pourquoi vous n’aviez pas aussi envoyé vos quatre enfants pour parfaire à votre grande cause au lieu de vous servir uniquement des enfants de certaines familles par ruse ou par filouterie, ou vous servir des enfants pupilles de la DDASS pour rajouter un autre fardeau qui vous penche encore un peu plus la tête vers la terre au lieu de  garder l'espoir de regarder son avenir à l'horizon d'une autre vie plus prometteuse que de nous faire repeupler le trou du cul de la Creuse ou de la Lozère pendant que vous monsieur le ministre vous gardiez confortablement vos enfants bien au chaud chez vous où dans des ministères des Dom-Tom ou à Matignon afin qu'ils puissent faire des grandes études dans les plus prestigieuses écoles de l’État...? 

La DDASS avait décidé que Denis à ses 15 ans devait maintenant atteindre une partie de son autonomie. Ce qu'il voulait dire que l'adolescent devait s'autosuffire en logement, en nourriture et en argent de poche ce qui était pour le dernier plus aléatoire selon le bon vouloir de l'employeur qui souvent ne donnait rien pour asseoir plus fermement son emprise, seulement les verres de vin étaient la générosité débordante de ces rustres. 

Cette décision était aussi brutale et du même acabit que celle du couple d'oiseaux qui nichent sur des hautes corniches rocheuses maritimes pour   protéger de leur unique oisillon des prédateurs au sol, alors qu'une chute hors du nid pour lui était irréversible.
C'est la mère qui avait la décision du grand jour de l'autonomie de l'envol de son unique oisillon, elle se fera violence pour le pousser hors du nid mais  déterminée elle assumera sa mission de l'indépendance de son petit en assurant le grand saut à la vie ou à la mort de son oiseau elle l’accompagnera en planant dans un vent porteur et propice pour qu'il puisse atterrir sur les flots à côté d'elle. Sa réussite sera sa garantie à poursuivre sa vie, son échec s'il avait foiré son envol, de ricocher d'une corniche à l'autre comme une pierre pour finir fatalement son saut de la mort en contrebas, sa mère l'aurait lâchè à son triste destin où seuls les prédateurs auraient abrégé sa souffrance. 

Denis en quittant l'école avait eu cette forte sensation d'abandon, deux choix se sont présentés à lui, obtenir une réussite conventionnelle et discrète dans les clous ou croupir dans cette voie de garage où étaient bloqués et puis  aiguillés tous les enfers que notre société avait bien structuré et imaginé sans jamais laisser une chance de se sortir de ce plan machiavélique.

Chapitre n°5 Des travaux titanesques sur la planète de la haute sphère de la consanguinité...

C'est avec une sueur acide dégoulinante du front brûlant directement dans les yeux donnant l'effet d'avoir reçu un jet d'une lacrymogène en pleine face. Les  biceps étaient en permanence au maximum dans ses bras trop chétifs pour un gamin de 15 ans qui allait pourtant vite réussir à devenir un adulte dans cette société impitoyable pour éviter de mettre un genou à terre. Pour un premier   chantier Denis avait gagné le pompon en plus d'être tombé chez les fermiers Arnault. Le terrassement était d'une ampleur pharaonique rendant ce labeur de la démolition épuisant, il fallait être Hercule pour dézinguer cet ancien pressoir vertical pour rénover un nouveau chai afin de construire une nouvelle cuve en béton, et préparer l'installation du nouveau pressoir horizontal. 

Entre les tonnes de gravats, dont le sable, les pierres et le ciment qu'il fallait brasser manuellement, la pioche, la pelle, la brouette, ces outils avec  l'estomac creux à la fin devenaient si lourds que Denis n'arrivait plus à les bouger. 

En plus chez les Arnault rien n'était dans la normalité, chaque jour, nous avions les délires plus ou moins fantasques de cette famille de timbrés à supporter, cela n'était pas pour apaiser la défiance que Denis accordait à cette famille, pourtant, il était déjà bien blindé par son enfance assassinée...
Tous les matins, il y avait ce gamin de 7 ans qui était en crise, une bave écumante sortait en simultanée avec les rugissements d'un fauve de sa bouche haineuse, tout en jetant tous les accessoires de cuisine des placards en se roulant sur le sol de cette pièce quand il ne s'en prenait pas aux barriques de pineau du chai en émettant des cris stridents cet enfant était déjà accro au vin rouge ou à la niôle et à tout ce qu'il pouvait contenir de l'alcool. Il y avait aussi ces hommes et ces femmes d'une trentaine d'années qui étaient toutes simplets d'esprit à cause de leur consanguinité, ils criaient en s'amusant à courir derrière les poules et les canards en les imitant avec leurs bras en mouvement les battements d'ailes de la volaille, comme l'aurait fait un enfant de la ville en voyant pour la première fois une basse-cour, les chiens et les chats connaissaient la finalité de ce tumulte annonciateur d'une victime potentielle de jeu sur une volaille qui allait devenir un ballon, elles anticipaient en quittant le lieu de massacre afin de ne pas devenir à leur tour l'objet central de leur jeu favori du massacre à la basse-cour. Les Arnault avaient à peine terminé avec leur petit-fils dans la cuisine qu'ils devaient très rapidement trouver des travaux dans les champs avant que la bande se désagrège et qu'elle parte en vrille, il fallait vite les reprendre en main.

La fratrie était composée de deux sœurs et trois frères, enfants de madame et monsieur Arnault qui à leur tour ont eu trois enfants en pratiquant des relations incestueuses à se butiner entre frères et sœurs.  Les deux sœurs ont donné naissance à deux filles la première avait 15 ans, la cadette, 14 ans plus le gamin de 7 ans sans savoir qui était leur père parmi les trois frères, d'ailleurs ce n'était pas leurs soucis car elles ne désiraient certainement pas créer ce genre de lien, Elles connaissaient déjà  leur maman et cela était insupportable d'ailleurs elles n'entretenaient aucune filiation et relation familiale car leurs uniques familles qu'elles avaient choisies s'arrêtaient uniquement à leurs grands-parents. Physiquement, elles étaient belles et différentes de l'une de l'autre, elles faisaient des études brillantes, elles n'avaient rien à envier à ces gamins où gamines paradaient car bien nés qui pourtant étaient cons à bouffer du foin. On sentait bien un complexe et une certaine gêne chez les deux sœurs leurs regards étaient fuyants surtout si elles croisaient une personne informée sur leur situation familiale dont certaines ne se privaient pas non plus pour cancaner sur leur famille tuyaux poêle.

Au pire ! Elles auraient préféré la situation de Denis être orphelines de parent inconnu ou naître même sous X, ce qui aurait été certainement plus confortable et le moins pire pour elles que de porter cette bosse toute la vie au risque même de revoir apparaître ses effets de cette consanguinité à la génération suivante qu'elles pourraient mettre au monde. Concernant leur jeune frère de sept ans, lui, il était déjà irrécupérable, son biberon n'avait jamais été blanc depuis belle lurette, son visage sous l'effet du manque était déchirant avec la folie qui s'exprimait dans ses yeux, on aurait dit le petit garçon Oscar avec son tambour qui refusait de grandir comme dans le film. Il était gravement atteint par ses crises de delirium tremens suite à son addiction à l'alcool, il faut dire aussi à sa décharge qu'il n'était franchement pas possible de vivre normalement quand on éclos dans ce capharnaüm familial...


Chapitre N°6 Quand le plombier entreprenait sa parade amoureuse en adoptant l'allure délicate du flamant rose pour déclarer sa flamme de démence à Denis.

Ce chantier commençait par sortir par les yeux de Denis au fur et à mesure de son avancement, cet endroit ressemblait à un asile à ciel ouvert dont les fils et filles de la maison qui avaient l'esprit qui refusait de grandir, parfois il flippait carrément, par leur soudaineté d'arriver de nulle part avec une expression agressive ou une joie hystérique celle qui était d’ailleurs la plus terrorisante. C'est ainsi qu'apparut un nouveau prestataire plombier qui n'apporta pas une franche sérénité sur ce chantier qui était déjà extravagant. L'homme avait la quarantaine costaude avec une apparence vicieuse vraiment pas rassurante, c'était une putain de folle de charentaise, avec l'obsession de vouloir se taper un gamin de 15 ans, il était dans tous ses états, dans une hystérie psychosexuelle, il n'était plus qu'un cerf en rut il ne lui manquait plus que le cri du brame. Il ne maîtrisait plus rien son cerveau était passé en mode reptilien, son comportement était primitif, sa pulsion n’obéissait plus qu'à la volonté de sa prostate. Il cherchait des subterfuges pour effectuer des tentatives d'approche afin que son délire devienne aussi tactile. Sa démarche délicate ressemblait à celle d'un flamant rose partant dans les salins du midi à la chasse aux papillons tout en dessinant des volutes dans l'air avec ses bras en guise des ailes, plus rien ne pouvait freiner son ardeur, il était dans son obsession, il fallait par tous les moyens qu'il atteigne son objectif de caresser les fesses ou bien de toucher le sexe de Denis, il osait toujours plus pour essayer de lui saisir le sexe, ce qui amusait son patron ce barjo de Moreau, de voir son apprentie dans une panique totale, au lieu de calmer cet olibrius sur le champ, il demanda à Denis de garder son sang-froid alors qui était sur le point de lui asséner un coup de pelle sur la tête, à cet enfoiré salace. Denis avait vraiment hâte que cet endroit abracadabrantesque cesse le plus rapidement.

Chapitre N°7 Pourquoi, pourquoi ? Ce placement chez les Moreaux ce personnage non recommandable à double facette.

Que pouvait avoir fait Denis pour mériter ce bagne et ce genre de prison ? Monsieur Moreau était un homme de 38 ans, il avait trois filles et la quatrième était en route la plus âgée Isabelle d'une quinzaine d'années et ses deux autres sœurs se suivaient avec un décalage d'une bonne année et demie entre elles. Toutes ses filles avaient la même maigreur avec des visages de la blancheur du lait, des cheveux blonds roux cuivrés, elles avaient toutes subi la coupe règlementaire à la Clovis que madame Moreau s'appliquait à effectuer certainement par facilité. Denis ne voyait que très rarement les filles, car il habitait à l'écart de la maison familiale, dans une cabane humide et spartiate, une ancienne réserve à patates.

Le sol était en béton brut avec des murs en pierre qui suintaient, en plus d'une poussière blanche suivant le temps extérieur, un lit métallique à une place, un seau galvanisé, une cuvette jaune émaillée, une chaise avec l'assise en paille éclatée, un ancien volet posé sur deux piles de briques, une nappe confectionnée avec les feuilles jaunies d'un journal faisant office de nappe, une table de nuit déclavetée sur trois pieds avec un tiroir sans fond, une penderie souple de couleur grise, il est vrai que le mobilier IKEA n'était pas encore dans ce monde. Pourquoi Denis devait-il subir cette épreuve de ce placement ..? C'est la directrice de l'école de Montmoreau en pensant bien faire qui avait signalé à l'agence la maltraitance que Denis subissait de la part de Marcelle sa mère nourricière. L'institutrice avait placé Denis au fond de la classe pour que l'enfant profite de ce havre de paix que lui prodiguait cette école loin des corvées répétitives que Marcelle lui infligeait cette place du fond Denis l'appréciait, il ne l'aurait pas cédé même contre son plumier en bois garni de crayons ou de ses coureurs en plomb dans le fond de son cartable dont il était un fervent collectionneur, son sac de billes, d'agates et de calots avait l'importance de son habileté féroce pour les gagner. Son bonheur était d'observer toute la classe sans être vu ; les embrouilles, les chouchous de l'institutrice, les premiers flirts, les roublardises, les petits mots qui passaient entre toutes les mains pour arriver enfin au destinataire, quand ce n'était pas l'institutrice qui neutralisait le parcours du télégramme scolaire avec l'effaceur du tableau qui n'atteignait pas toujours la bonne cible, mais la maladresse était vite compensée avec quelques caramels par contre le vrai coupable ne sortait pas indemne de cette erreur il goûtait à la règle en ébène avec ses angles en métal doré, pour faire vraiment mal en frappant l'extrémité des doigts. Denis partait souvent pour un long voyage en s'inspirant des planches de l'histoire de France accrochaient au mur, il se racontait l'histoire, son histoire bien à lui, celle qui avait des anecdotes au lieu des dates historiques à retenir par cœur et à reciter comme un mainate.

Le 12 avril 1961 à 9h07, le cosmonaute URSS Youri Gagarine avait atteint l’altitude maximale de 327 km avec une vitesse de 28.260 km/h. Il était le premier humain à avoir été aussi haut et aussi vite. Il a tout simplement dit de son excursion ", C'est très beau". Ce modeste fils de charpentier a été choisi en plus de ses qualités d'endurance pour sa petite taille pour pouvoir rentrer dans le vaisseau Vostok. Vous remarquerez que les fils de charpentiers ont toujours eu des destins fabuleux... Mais ce n'était pas le programme du jour de l'institutrice, car l'importance de ce jour, c'était la date de naissance de François 1er roi de France, le 12 septembre 1494, à Cognac. Et comme l'histoire est parfois curieuse c'est la ville voisine de Jarnac 422 ans, plus tard, qui donna naissance à un autre future roi François le 26 octobre 1916 monsieur Mitterrand, président de la République française le 21 mai 1981.



Chapitre N°8 L'herbe n'est pas forcément plus tendre dans le champ du voisin.

Voilà comment Denis s'est retrouvé dans cette galère moitié chien de traîneau moitié garçon ou faire aussi le cheval de trait chez ce taré au lieu d'aller à l'école. La situation du moment était autrement plus terrifiante à celle que Denis avait laissé chez Marcelle, cette mère nourricière qui jouait effectivement trop souvent avec son martinet, et des corvées qu'elle empilait comme un millefeuille en moins digeste, surtout depuis qu'elle avait acheté une boulangerie à Montmoreau pour son fils Michel à la place de l'épicerie de Fontafie. Michel était un homme de 28 ans râblé tout en nerf, il avait plutôt de la sympathie pour ses trois chiens courants quand il était à la chasse, puis les ignorait ensuite hors période de la chasse. Denis avait hérité de la corvée de nettoyer la dalle de ciment où ils étaient enchainés pour le restant du temps sans jamais sortir. Michel, savait montrer à Denis qu'il n'était pas de son monde, il savait l'ignorait et l'esquivait en public malgré les douze années passées sous le même toit. Denis n'était qu'un sous être pour ce monsieur pourtant, il savait l'utiliser sans ménagement pour le soulager de certains travaux que son dos fragile l'empêchait d'effectuer.

Robert l'époux de Marcelle un taiseux transparent, il promettait à Denis sans jamais rien tenir un exemple " Pour la place de cinéma que je t'ai promise pour le lavage de la 203 camionnette demande l'argent à Marcelle." Faire cette demande à Marcelle la radine s'était envoyer Denis au casse type elle allait trouver cette demande excessive et non fondée, "attend ! Pourquoi je devais t'offrir une place de cinéma ? C'est franchement n'importe quoi cette générosité soudaine de la part de Robert, je ne vais quand même pas établir aussi un bulletin de salaire à chaque fois que tu nous rends un service...?"

A table Robert avait une particularité, souvent en fin de dîner, il piquait du nez dans son assiette heureusement vide, pour voyager profondément dans son monde de chimères en oubliant Marcelle pourtant très attentionnée envers son époux, c'est à grands coups de taloches et en l'invectivant copieusement "de bourriche à vin, de feignasse" et sans manque de politesse de quitter une conversation sans sommation. Marcelle savait rapidement le faire revenir de son voyage inopiné, le visage rougeaud de Robert commençait à reprendre vie, vu son temps de réadaptation, on sentait bien que Robert avait été contrarié par cet atterrissage un peu trop brutal suite à la tempête rageuse de Marcelle, Robert n’essayer pas de la contourner trop content de laisser toutes les initiatives à la charge de Marcelle, car comme il le disait si bien "elle porte si magnifiquement la culotte avec élégance et avec virilité et autorité, malgré son absence de burnes à l'intérieur.

Chapitre N°9 Valérie ! C'est l'Etna avec ses innombrables éruptions entraînant des nuées ardentes dans le voisinage.

Valérie la fille du couple Marcelle et Robert, un Etna à domicile, à 15 ans déjà une vraie nana sensuelle à l'opposé de sa maman, une belle brunette pétillante avec ses cheveux longs qui couvraient ses épaules avec sa frange en limite de ses grands yeux de biche, elle avait déjà de magnifiques reliefs corporels, quand elle passait près des hommes, ils ressentaient une légère brise chaude tel un sirocco à la fragrance olfactive envoûtante d'une mandarine et de magnolia qui ne laissait aucun homme indifférent. Denis à dix ans était déjà son jouet, elle était un jour doctoresse ou maman, dans la séquence amoureuse chevauchant gaillardement Denis qui avait le rôle du papa, heureusement que cette période a été de courte durée sur quelques mois déjà suffisamment pour ne plus amuser Denis qui saturait de ces jeux fantasmatiques que Valérie lui imposée. A seize ans elle en paraissait dix-huit et l'assumait aisément comme une évidence qu'elle n'était plus une adolescente elle était passée au stade de jeune femme très vite elle passa aux choses sérieuses, les chevauchées fantastiques avec Denis l'avaient trop laissé en plan sur un désir inassouvi pour persévérer dans ce jeu de touche-pipi. Ce qui arrangeait bien Denis. Elle s'est donc rapidement tournée à son nouveau statut d'adulte en s'essayant avec les quelques voisins des fermes environnantes, sans aucune discrimination du riche propriétaire au garçon de ferme, bien vite le scandale arriva avec une histoire de détournement de mineur avec un bourgeois marié qui avait pignon sur rue un garage Simca de la commune. Comme tous les bourgeois l'apparence côté public était exemplaire tout y était la droiture la courtoisie et l'élégance, jusqu'à la paire de prie-dieu gravé à leur nom sur une plaque dorée au premier rang central de l'église de Saint-Aignan à Luxé 16 dont ils faisaient partie des généreux donateurs. A chaque messe dominicale, ils étaient là à leur place, car il fallait être vu par tous les notables de cette petite localité et c'était tellement bien vu d'être dans les robes du curé pour entretenir sa vertu chrétienne, jamais ils n'ont raté la distribution des hosties à genoux les mains jointes, la bouche grande ouverte avec la langue sortie, dans cette posture, on avait l’impression de voir Mickey le chien ratier de Marcelle, faire le beau debout sur ses pattes arrière pour attraper le morceau de sucre qu'on lui tendait.

Marcelle étant dans l'incapacité de maîtriser sa fille elle l'enfermait dans sa chambre, cette solution n'était pas tenable, on n'étouffe pas un Etna avec une couverture. Comment pouvait-elle empêcher l'extravagance de cette élégante et magnifique nymphe dépendante au plaisir de virevolter en mai sur un plan d'eau, tapis de nénuphars aux multiples fleurs rouges, jaunes, ou blanches offertes elle aussi sans la moindre pudeur, elle en avait toute sa déraison face à ces étamines qui lui étaient tout acquises, à la moindre brise, que produisait son souffle chaud stationnaire au-dessus de la fleur choisie qui s'animait et dansait sur le chant envoutant de la nature en dégageant une émanation d'une douce effluve euphorique à se métamorphoser sous les traits d'un jeune garçon d'une beauté ravissante pour conjuguer ses ébats avec Naïade la nymphe, dans l'espace humide de sa zone érogène insatiable et si magique capable de lui procurer des cyclones d'amour pistillaires à l'intérieur de sa corole de pétales à foison.

La seule réponse adéquate que Marcelle trouva pour éteindre la polémique a été de détourner cette lave incandescente qu'était sa fille, en déménageant de cet endroit pour trouver un autre lieu anonyme où personne ne serait informé de son assuétude, loin d'une grange pleine de paille où elle reprendrait ses rendez-vous démoniaques pour assouvir une hystérie impossible à combler.


Chapitre N° 10. Mon Dieu ! Ce village, c'est le diable qui l'avait vomi en voyageant entre Angoulême & Limoges, même le guide Michelin ne l'avait pas référencé...

Marcelle se décida pour une épicerie lugubre de Fontafie. situé dans le centre en bordure de l'unique route transversale du village constamment les néons de la boutique restaient allumés, car à chaque passage des camions de l'usine une masse sombre envahissait le magasin. Il fallait voir Marcelle au milieu de sa boutique, elle était facile avec les clients, elle aurait été même capable de vendre du lait tourné à une vache. Le vin coulait à flots pour étancher cette soif persistante venant de cette poussière d'argile qui chargeait l'air, l'abus de cette boisson faisait parfois apparaître un semblant de ciel bleu, mais le mauvais vin blanc muscadet trop acide ou le monbazillac trop sucré mélangé à de la limonade ou à du Perrier pour donner du pétillant à cette boisson sans obtenir pour cela une belle ivresse joyeuse et euphorique à cause de la migraine qui sévissait auparavant. Les corbeaux avaient l'interdiction de survoler le village pour qu'ils ne soient pas tentés d'organiser un suicide collectif en se jetant sur la cheminée gracile fumante de la tuilerie, en voyant le spleen et la loose et cette mistoufle qui sévissait si bas, les habitants vivaient en noir et blanc, on imaginait pouvoir rencontrer, Michel Simon dans la peau de Zabel ce pourri ! De tuteur dans le "Quai des Brumes" sans jamais pouvoir y croiser les beaux yeux de Michèle Morgan. Le village vivait au rythme cadencé du seigneur des lieux de la tuilerie, la sirène sonnait journellement l'embauche, la pause, la débauche. Parfois, c'était la cloche le bourdon de l'église sonnait surtout pour le glas, par l’aumônier de la SA PERRUSSON. Pour les enterrements, le corbillard municipal noir avait des liserés blancs, il était tiré par un cheval blanc qui d'ordinaire était utilisé pour le ramassage des poubelles, pour cet événement, il était en tenue de parade joliment habillée d'une étoffe noire avec une croix en argent de chaque côté du poitrail de l'animal sur sa tête entre ses deux oreilles était posé une grosse étoile argent rayonnante d'une multitude de petits brillants bleutés tout cet attirail funéraire avec l'animal était offert gracieusement par la S.A PERRUSSON qu'elle accordait à ses salariés pour leur dernier voyage sans retour .

Dans ce lugubre village, les enterrements paraissaient presque féeriques. C'était le seul moment de la journée que les camions-bennes de l'usine pleins de glaise cessaient leurs navettes sur l’itinéraire de l'église au cimetière qui était d'ailleurs l'unique artère transversale du coron, elle partait de la carrière pour aller à la fabrique qui était presque à l'autre extrémité. Cette route était impraticable par temps de pluie, tapissée par l'argile, elle devenait très glissante et à chaque passage de ces monstrueux camions qui aspergeaient copieusement avec la gadoue les piétons ou les véhicules qui roulaient en sens inverse, elles devenaient pour un instant aveugle par les projections boueuses sur le pare-brise, ce qui donnait aux véhicules l'impression de revenir d'un safari boueux africain.

Des maisons toutes identiques de l'usine bordaient cette route principale, elles étaient classées par catégories hiérarchiques du personnel de l'usine, les petites maisons étaient collées les unes sur les autres à 2 pièces en rez-de-chaussée, elles étaient réservées aux ouvriers (o.s) sans grade dans ces maisons les cloisons étaient aussi légères que du carton, les occupants devaient attendre pour faire l'amour discrètement quand le voisin était en brigade décalée des trois huit, s'il ne voulait pas entendre le lendemain en public au vestiaire de l'usine des réflexions désobligeantes style " alors ! La nuit a été torride ? Ou tu as fait cela comme un piaf sur le bord d'une gouttière, ou madame était insatiable deviendrais-tu impuissant..?" Les maisons à deux niveaux de fabrication « vraie maison » étaient réservées aux cadres et assimilés de l'usine elles étaient en retrait de la route sur un grand terrain et sans aucune mitoyenneté.

En place depuis deux ans à l'épicerie de Fontafie toute la famille de Marcelle s'était éparpillée, concernant les deux fils Claude effectuait son service militaire du côté de Romilly s/seine quant à Michel lui, il était ouvrier boulanger à Angoulême quant à Valérie, Marcelle lui avait concocté un itinéraire à sa mesure pour une durée de deux ans de sa vie de jeune fille, elle s'est retrouvée en internat dans une école familiale, ménagère, disciplinaire du côté de Limoges pour apprendre à devenir une bonne maîtresse, ce qui était déjà dans ses cordes. Concernant l'entretien de la maison une seule pièce à vivre avait sa préférence et mériter toute son attention c'était la chambre à coucher... Contrainte, elle apprenait à longer un bébé fictif, elle apprenait aussi à faire la cuisine et à tricoter, puis à repasser ou à apprendre à effectuer des canevas afin de les faire admirer plus tard à ses convives les œuvres était la biche qui se désaltère les "glaneuses" ou " l'angélus" de Jean-François Millet, plus tard elles meubleront chez elle en bonne place, juste au-dessus du chien couché la langue pendante et les oreilles droites en plâtre verni posé sur un napperon en dentelle sur le confiturier ou sur la TSF.

Valérie n'était pas heureuse dans cet établissement, effectivement il était trop disciplinaire et catho à son goût, il y régnait une ambiance de rigueur et d'une sévérité de fer qui n'avait rien à envier à celle d'un couvent. Non ! Ce n'était pas un paradis pour y croquer la pomme, quoique certaines aient bel et bien croqué avec délice, d'ailleurs c'est pour cela que la plupart étaient dans ce centre pour calmer leur ardeur pour se justifier de cet égarement disaient avoir été surprises dans un moment de flottement par une étreinte irrésistible trop foudroyante et passionnelle qui rendait vaine la volonté de se raidir pour résister à cet acte si désiré. Valérie qui à 17 ans se souvenait déjà de ses innombrables vestiges de l'amour avec de nombreux partenaires, ce n'était plus possible de continuer à vivre avec son passé pourquoi devait-elle se priver de ce bonheur et passer par la case ménagère pour devenir la parfaite épouse d'un seul homme une situation qui ne lui paraissait pas la meilleure et la mieux adaptée à son tempérament de nymphomane insatiable.

Dans l'internat heureusement que sa voisine de chambre Marie Paule qui avait l'apparence d'une fille désuète qu'elle cultivait avec soin pour paraître une vraie sainte ni touche incognito dans le groupe, avec son chignon et ses lunettes rondes et sa légère poussée d'acné frontale, qui la frustrée horriblement tout en lui donnant une apparence austère, elle bernait l'encadrement tant qu'elle était insoupçonnable, transparente comme une oie blanche, en retour elle avait une paix royale pour se livrer secrètement à des relations douteuses de l'internat. Marie-Paule était au contraire très demandeuse de douceur et d'affection féminines, pour cela elle pouvait compter sur Valérie toujours en manque et en pénurie d'hommes ce n'était pas pour elle le nirvana, mais déjà un merveilleux ersatz, car il fallait bien que son corps exulte.

Marie Paule, c'est elle qui veillait jusqu'à minuit pile pour obtenir son moment câlin sous ses draps, suivant le sommeil des six autres pensionnaires qui partageaient le dortoir, ce qui conditionnait le lieu et le rendez-vous, car il ne fallait surtout pas qu'une des filles de la chambrée puisse s'en apercevoir pour aller ensuite cafter à la directrice pour se faire bien voir et obtenir une meilleure annotation, parfois en cas de doute, elles se rencontraient dans le bloc sanitaire hors du dortoir de l'autre côté du couloir, mais avant tout il fallait attendre l'unique passage de la surveillante de nuit qui sortait de son infirmerie du rez-de-chaussée. À pas de loup elle avançait comme pour surprendre une proie, seule sa lampe torche de flic la trahissait, son approche était toujours méthodique elle n'allumait aucune lumière, elle orientait son faisceau de lumière vers chaque lit, parfois, elle chuchotait et réconfortait des pensionnaires qui avaient du vague à l'âme en leur caressant le visage avec infiniment de tendresse. Quand elle ne percevait pas la tête de la pensionnaire, elle soulevait le drap pour être sûre qu'elle n'avait pas fugué dans une autre chambre de l’établissement ou contrôler que tout était normal au sous-sol de la pudeur.


Chapitre N° 11 L'abée quittait sa soutane pour le short de scout.

Heureusement que l'abbé Chambault lui, il était bien là pour organiser en tenue de scout avec quelques bonnes sœurs dont la belle Marie-Thérèse fraîche comme une rosée d'un matin de mai. On voyait bien qu'il n'y avait pas qu'une relation de missel entre elle et l'abée. Pendant les vacances scolaires, il organisait des promenades, la pêche à la ligne, des pique-niques, des veillées de lecture avec des livres de la bibliothèque Verte ou des recueils de catéchisme qui sentaient bon le café et qui parfois comportaient aussi des taches grasses indélébiles produites par le café en grains dont les sœurs avaient façonné les couvertures en recyclant l'emballage des sacs de café en papier paille pour couvrir les livres bibliques ou les livres d'aventures de la bibliothèque. Il organisait aussi des nuits à la belle étoile sous des tentes avec des grands feux de camp et il entonnait des chansons paillardes ou grivoises comme "la Lirette, la Lirette" l'ambiance était festive et ce n'est pourtant pas avec le pschitt ! Citron ou orange servit à gogo qui pouvait rendre la troupe d'une humeur si joyeuse, c'était seulement l'effet de ne pas dormir dans ce dortoir austère à seize lits isolés par les armoires métalliques grises. De pouvoir s'endormir au contact des uns contre les autres, se sentir soudé par une énorme amitié, contre l'adversité, car tous ensemble les enfants devenaient une digue indestructible si un enfant souffrait, c'est tous les enfants du même groupe qui souffraient et qui portaient sa douleur. Dans la cabane en bois située au milieu du petit-bois de l'institution, David avait pris l'initiative de la construire avec l'aide de ses compagnons d'infortune que les adultes avaient abandonnés à leur sort dans ce pensionnat. David y organisait des points de rencontre où chacun racontait l'actu du moment qu'il avait entendu d'une conversation entrent monitrices ou institutrices à se faire peur son dernier cauchemar leur histoire vraie de leur vie d'avant qu'ils avaient parfois agrémenté avec des histoires d'aventures puisées dans les romans d'Alexandre Dumas ou de Jacques London et d'André Demaison... David leur servait des palets de chocolat aux noisettes sauvages qu'il avait récolté à l'automne dans ce même bois, il avait aussi détourné des tablettes de chocolat à croquer affectées aux monitrices pour leurs gouters dont il avait la charge de préparer la portion de chocolat avec les tartines de pain et le verre de lait. La fabrication de ces palets consistait à faire fondre sur les noisettes le chocolat dans des anciennes boîtes de cirage posées discrètement sur les radiateurs les plus chauds du circuit. Il avait aussi concocté une piquette à base de fruit du vieil arbre un cornier qui poussait à l’intérieur du parc. La corme est un fruit en forme de petite poire qui passe du jaune au bleu en mûrissant, David était le seul à récolter les fruits que seules les guêpes et frelons trouvaient un intérêt à ces fruits qu'ils dégustaient en grand nombre, il les faisait macérer dans des bouteilles de limonade dans de l'eau et du sucre. Sa bibine était légèrement acide et âpre avec un léger pétillant ce qui n'était pas désagréable, il était impossible d'obtenir même une légère euphorie avec cette purge improvisée, mais par contre en échange, ils obtenaient tous une superbe colique à perdre chacun leur ténia qui habitait les quatre-vingts enfants du centre.

Chapitre N°12 Pour David les vacances à l'épicerie de Fontafie c'était retour dans l'ancien monde .

L'arrivée chez Marcelle de David le frère de la DDASS huit mois après son arrivée à la maison, il est devenu pensionnaire à l'Institut médico-pédagogique au village bien nommé de Breuty proche d'un asile de fous. David âgé de 11 ans ne revenait que deux fois par an une semaine à Noël dont quatre pour le mois d’août jusqu’à ses 15 ans. David malgré le cauchemar et l'incompréhension qu'il devait supporter à l'IMP, il trouvait qu'à Fontafie, c'était encore la pire des variantes de ce qu'il pouvait imaginer, c'était l'ennuie. La vie dans le centre avec ses copains d'infortunes était moins monotone et plus confortable ce qui n'était pas le cas dans cette épicerie du village à se retrouver enfermé dans la cour à regarder les camions-bennes pleins d'argile ou vide se croiser, pour lui les vacances étaient insupportables dans le trou-du-cul de la Charente. À l'IMP malgré les tares de certains directeurs et les persécutions sporadiques, et acharnement machiavélique de certaines monitrices capricieuses que les gamins devaient subir.David avait toujours autant de mal à s'adapter avec ce minimum de confort chez Marcelle une seule ampoule éclairée la cuisine la pièce à vivre et souvent le soir l'ampoule fléchissait au niveau de son éclairage Marcelle ignorait encore les tubes néons qui éclairaient toutes les pièces du pensionnat où David était, l'eau chaude et la douche étaient à gogo le chauffage central était dans toutes les pièces. Il trouvait que chez Marcelle le confort était spartiate et à son image rustique, David avait l'impression de vivre le Moyen Âge, dans le domaine confort seul la cuisine grâce à sa cuisinière Rosiere était pourvue de chauffage le magasin avait son poêle à mazout pour protéger la marchandise, pour les W.C style latrine c'était au pas de course qu'en mauvaise saison il fallait l'atteindre au fond du jardin pour ensuite se geler les fesses, alors que David connaissait déjà les toilettes à cuvette et sa chasse d'eau, alors qu'ici il fallait uriner, le long du mur de la grange mitoyenne à la maison juste sous la treille de la bignone aux sublimes fleurs jaunes orangées en été. Il connaissait aussi la savonnette couleur parfumée, les berlingots du shampoing Dop le tube de dentifrice Golgate et la brosse à dents, Denis ignorait totalement tous ces produits de toilette, lui qui n'avait droit à la toilette qu'une fois par semaine dans le grand baquet qu'il fallait placer dans la cuisine pour l'occasion ensuite il fallait le remplir au seau cette eau glaciale qu'il fallait aller pomper dans un local au fond de la cour pour remplir la lessiveuse placée sur la cuisinière. Dès que l'eau était bouillante il fallait redescendre la lessiveuse super-lourde c'est avec mille précautions qu'il fallait exécuter la manutention du transvidage en évitant de s'ébouillanter. Pour l'intimité de l'adolescent on pouvait certainement mieux faire comme étendre un drap mais Marcelle n'était pas du genre à peaufiner ce genre de détail Denis avait l'impression de prendre son bain au milieu d'un hall de gare, entre le passage de certains clients qui devaient passer par la cuisine pour joindre la réserve, et le reste de la famille, sans oublier la vicieuse Valérie quand elle était en vacances scolaires ce qui ne rassurait pas Denis qui était déjà bien embarrassé avec sa pudeur qui essayait de planquer son sexe à sa vue en serrant ses cuisses, c'est qu'elle aurait été capable de faire chavirer un caméléon en arc-en-ciel par son insistance, elle restait là plantée à s'ébahir face à quelques poils qui avaient fait leur apparition sur ce corps juvénile, elle profita de l'instant que

Marcelle soit occupée avec une cliente, pour tenter une approche d'une main en eaux troubles dans le baquet à la recherche de la savonnette qui avait glissé de sa main le gant de toilette de l'autre pour leurrer les personnes qui pourraient la surprendre et qui au contraire approuverait cette belle attention de vouloir savonner le dos de Denis. Mais dès que toutes les présences  disparaissaient de la pièce, la main de Valérie repartait en piquée retrouver dans le fond du baquet cette savonnette baladeuse qui était prétexte pour tâter à chaque passage ses parties intimes, Denis rouge comme une pivoine repoussant sans cesse ses incursions d'une main tout en serrant si puissamment ses cuisses qu'il aurait pu exploser une noix il ne savait plus quoi faire pour ce sortir de ce piège démoniaque que lui faisait subir cette agace-pissette de Valérie. Heureusement que Marcelle venait d'en finir avec sa cliente juste avant que Valérie termine son déchainement dans le baquet.

Une ribambelle de chats vivaient dans les nombreuses dépendances et dans les locaux des animaux poulets, chèvres, lapins, cochons, comme disait Marcelle aux personnes surprises de voir toute cette colonie de chats ? « il faut neutraliser toute cette invasion de vermines souris, et rats et petits serpents. » Chaque fois qu'une chatte transportait dans sa gueule un à un les chatons de sa nichée Marcelle les saisissaient en protestant a la personne qui trouvait ces chatons trop mignons pour les estourbir, elle leur répondait « qu'elle devait aussi régulariser les nombreuses naissances pour ne pas être envahie à l'inverse par les chats »La méthode était de la façon la plus barbare pour éliminer ces adorables petits chatons elle les prenait un par un de la caisse où elle les avait emprisonné en les lançant à la suite violemment à la  contre le mur. À chaque fois c'était le même scénario on entendait les miaulements plaintifs des chatons pleurant leur mère sans avoir aucun effet sur la détermination de Marcelle qui n’éprouvait aucun ressentiment à son action de massacre pour neutraliser la communauté féline à cette époque on ne stérilisait pas les chattes et puis imaginer un ressentiment de souffrance chez Marcelle aurait été une faiblesse et  un luxe sentimental dont elle était imperméable et dépourvue.

 

Chapitre N°13 Les deux D organisent un pique-nique, armés de leur lance-pierres, bonjour l'ambiance ça va encore  mordre en ligne rouge.

La seule distraction de David a été de réaliser deux lance-pierres avec des fourches en bois et des lamelles de chambre à air, ce n'était pas très fiable, car souvent, l'élastique éclaté en plein visage. Les deux D avaient décidé d'organiser un goûter à l'extérieur. Denis était chargé de réunir les ingrédients pour la journée de trouver des allumettes des vieux journaux des wc, du tabac gris à rouler de Robert, une boîte de poissons Pilchards vide, des œufs, des sachets d'Alsa de sucre vanillé et quatre ou cinq pommes de terre, et une bouteille de cidre le tout sorti du magasin pendant que Marcelle faisait l'inventaire de ses Charentaises dans sa réserve à l'étage. Maintenant, les 2 gamins devaient trouver un alibi pour franchir le portail, ils allaient se servir des deux chèvres et du bouc de Marcelle tout heureuse de cette initiative des 2 D d’emmener brouter ses animaux dans une prairie en jachère en haut du village en bordure d'un chemin de terre. Sitôt arrivés Ils commencèrent à rassembler des grosses pierres pour construire un foyer et ensuite ramasser du bois mort pour faire le feu pour effectuer leurs pommes de terre à la cendre, la boîte de pilchard était utilisée pour mettre les œufs battus mélangés au sucre vanillé pour faire un semblant de flan. Les pommes de terre cuitent étaient aussi délicieuses que des bananes flambées du vrai caviar à déguster pour ces deux gamins, le flan chaud était aussi un merveilleux délice à lécher toute la gamelle à la rendre nickel comme neuve. Comme tous grand repas qui se termine avec un cigare Denis roula une cigarette dans une feuille du journal de la « Charente-Libre » avec le tabac gris qu'il avait chouravé dans le véhicule de Robert, ils tiraient chacun leur tour une taffe, la fin était limite supportable, entre le tabac le cidre, les deux D étaient ronds comme des queues de pelle, les chèvres leur alibi n'étaient plus leur souci, elles auraient pu retourner seules à l'étable sans qu'ils ne s'en rendent compte mais elles avaient plutôt préféré de s'attaquer à la haie épineuse du chemin. Les deux compères étaient déjà passés à autre chose en organisant un jeu d'adresse au lance-pierre pour exploser le maximum de godets en verre de la ligne électrique qui bordait le chemin. Heureusement que dans leur état euphorique ils loupaient souvent leurs cibles Denis plus par le hasard que par précision était arrivé à atteindre deux godets qu'il avait littéralement explosé. Voyant les fils pendus aux branches des arbres, les deux D retrouvèrent instamment leur lucidité, conscient qu'ils venaient de dérailler et que leur responsabilité serait lourde de conséquences. La panique était maintenant en eux il fallait rapidement récupérer les chèvres et ce n'était pas une mince affaire elles avaient fait un sacré bout de chemin, elles s'étaient complétement encastrées dans les buissons de ronces pour les sortir de cet endroit les deux ados ont bataillé fermement pour ramener les bêtes à la raison qui n'étaient pas pressées de sortir de ce paradis à chèvres. Plus tard, ce sont les agents d'EDF qui entraient dans la danse ils n'avaient pas trouvé ce jeu d'adresse très glorieux comme se l'étaient imaginés les deux canailles. Heureusement pour brouiller les pistes cette compétition était aussi le sport favori des autres gamins du village, face à cette situation de sabotage comme le criaient les agents d'EDF, leur chef déposa une demande officielle auprès du maire qui demanda à son tour au garde champêtre sachant déjà que cette enquête n'allait certainement pas aboutir de sitôt car il n'avait pas à faire un aigle pour effectuer ce genre d’enquête il lui demanda quand même de d'êtres vigilant tout en surveillant discrètement la ligne à l'endroit de cet dégradation volontaire. Le maire et ses adjoints furent surpris par la rapidité que le garde champêtre à découvert en plein flag le coupable un gamin du village qui avait profité des doutes sérieux qui pesaient sur les deux zigotos de l'épicerie pour se défouler à son tour sur les godets, sauf qu'il ignorait que le garde champêtre était une personne cancanière et qu'entre-temps, les commérages allaient bon train en passant par le magasin qui était le carrefour des langues de putes, se qui permettaient à Denis et David d'avoir les informations en priorité et d'avoir l'initiative Ils avaient donc cessé de mettre un terme à ces jeux stupides de sauvageons en se tenant à carreau se sachant surveillés et avant que cette furie de Marcelle prenne le sujet à bras-le-corps avec le martinet dans l'autre main. Le gamin qui avait été pris en plein flag par le garde-champêtre était le fils du régisseur du fort Knox ce haut lieu de l'élevage des visons, endroit qui n'avait rien à envier au camp militaire américain de la Braconne, le garde champêtre était fière de son efficacité qu'il ce surpris à lui-même en le clamant à toute personne qui voulait l'entendre. Mais hélas il allait s'en prendre plein la gueule de la part des élus locaux qui lui reprochaient sa précipitation et qu'il devait y regarder à deux fois avant de battre du tambour et de jeter en pâture un enfant d'une très bonne famille, qu'il n'avait pas a traiter le fils d'un cadre de l'unique employeur de la commune comme le premier des fils des ouvriers. D'après le maire « il était devenu fou ! Il fallait ménager la susceptibilité de ce genre de personnage. Pourtant dans ce village il y avait un choix énorme à dénoncer déjà un de ces deux bâtards de l'épicerie ou un des enfants de vilains qui font peine à voir sans que ça dérange les hautes instances du coron. »

Chapitre N°14: les rancunes débordent et un mulot qui se prend pour le lion de la jungle.

C'est «OK Corral à L'école » Les-vacances de David étant terminée, Denis âgé de 12 ans s'est retrouvé tout seul avec Marcelle et Robert son époux qui lui disparaissait toute la journée pour battre la campagne des environs avec son fourgon gris Renault Goélette pour proposer son épicerie à domicile. Denis était abonné à cette maudite école primaire du village celle qui avait scellé en six mois le sort de son camarade David. Lui n'était pas mieux vu et épargné, par une bande de fripouilles, leurs seules préoccupations étaient de monter contre Denis des sordidités toujours plus crasseuses afin que lui seul porte le chapeau, comme pisser sur la porte ou sur les murs des WC privatifs des institutrices en le dénonçant directement. Une autre fois, ils lui avaient chipé son cartable pour le balancer dans un fossé plein d'eau, résultat les manuels et ses cahiers n'étaient plus que des torchons illisibles Denis avaient beau dire à Marcelle ou à l'institutrice que c'étaient les autres élèves qui avaient fait cela sciemment de toute façon Denis était un coupable idéal de toute façon il n'aurait jamais pu persuader de sa franchise un adulte convaincu du contraire il disait de Denis "ce gamin est un cossard il a le vice en lui, il est prêt à tout pour ne pas apprendre." Ce qui autorisait ensuite Marcelle à aligner les branlées et des punitions, les corvées, le verre d'eau et le trognon de pain rassis pour le souper.

Chaque année Denis se devait aussi d'offrir à Marcelle un dessin à la fête des Mères, tout en connaissant la suite qu'elle allait réserver à son chef-d'oeuvre, pourtant Denis s'appliquait à peintre une prairie aux fleurs très rouges sous un ciel gris où le soleil pudique ne faisait qu'apparaître qu'un rayon jauni dans ce ciel tragique au sol ensanglanté. Ce dessin, dont Denis avec méfiance devait offrir à Marcelle, n'avait pas eu plus de succès que les précédents, un regard furtif de sa part sans aucune parole le dessin n'eut qu'une brève existence en passant directement dans le foyer de l'enfer de la cuisinière. Ce dessein hélas n'était qu'une étape à croire que l'Éducation nationale à cette époque avait laissé la pédagogie au fond de leur cartable concernant les pupilles d'Etat. C'est maintenant au tour des photos annuelles elles étaient effectuées à l'initiative de la directrice institutrice par un photographe pour réaliser des clichés du groupe d’élèves de la classe avec les encadrants de l'école puis une seconde où chaque enfant était pris individuellement assis à sa table d'écolier les clichés étaient proposés ensuite à la vente à la famille des élèves. Tous les parents avaient payé pour garder les deux clichés de leur garnement une seule c'est distinguée c'est Marcelle qui n'en avait rien à battre de la bobine de Denis, en plus elle motivait son refus directement à lui loin et certainement pas de la manière la plus élégante « tu es franchement trop moche sur ces photos pour que je puisse les acheter » Marcelle avait retrouvé tout son cynisme et tant pis si l'enfant allait amortir plusieurs jets d'une F1 en toute brutalité et sans humanité avec cette violence quand elle fracassait les chatons le long du mur. l'instite, face à cet argument avait compris qu'il ne fallait pas qu'elle persiste à vouloir vendre les clichés avec la frimousse de Denis.

Marcelle préférait mettre cet argent dans le calendrier de la poste avec en couverture le trio de chatons dans la corbeille. Au moins cela ils tiendraient l'année entière. Denis à contre-cœur dut rendre les deux photos à l'institutrice sachant que c'était le seul témoignage de son enfance qu'il allait perdre à jamais il a dû aussi supporter la raillerie et les rires de toute la classe qui crachait des paroles venimeuses à son encontre " Tu vois même ta mère te trouve trop moche !" L'institutrice qui était au premier plan ne trouva pas utile d'intervenir tant que ce n'était pas ses chouchous qui étaient visés dans ce torrent de la méchanceté sans limites." L'institutrice qui était au premier plan ne trouva pas utile d'intervenir tant que ce n'était pas ses chouchous qui étaient visés dans ce torrent de la méchanceté sans limites. Pourquoi toute cette haine alors qu'ils étaient adulés par des parents généreux en adjectifs merveilleux envers leurs enfants sortis tout droit de la cuisse de Jupiter.
À la récréation au bout du bout du supportable de la provoc Denis pris par le col cette petite vermine, ce meneur de bande, ce garçon bien né d'une famille bourgeoise en négociant de vin de la commune, cette petite frappe passait son temps à narguer et à se moquer de la situation familiale dépourvue de l'affection parentale. Denis tel un fauve bondi pour en faire une bouchée en deux coups l'alpha de la meute des acnés juvéniles était à terre le bras coincé dans son dos avec un œil "au beurre noir" en suppliant et en pleurant sous les baffes à répétition. Suite à cette empoignade Denis a été catalogué comme fou furieux, par un psy de l'Education nationale il n'était plus qu'à deux pas de l'enfermement en maison de correction. Les gendarmes ont été contactés à la demande de l'école et des parents du petit saint et des autres gamins de la bande, pour les parents ce pupille débile de l'assistance publique n'avait pas sa place parmi eux dans une école communale. La DDASS, comme d'habitude attendait le rapport définitif pour prendre une décision de retirer Denis de chez Marcelle, les gendarmes pour calmer les matadors du village avaient proposé une quarantaine de ce dangereux élève, ce qui n'était pas pour déplaire à Marcelle d'avoir à sa merci, un commis disponible à volonté pour effectuer la manutention dans le magasin. Denis s'était préparé psychologiquement pour la prochaine étape à effectuer de la maison de correction que de continuer à subir cet acharnement sans fin de toute la classe et de son encadrement direct, sans ne pouvoir jamais obtenir aucune bientraitance. Malgré l'influence et la pression des bourgeois et du personnel de l'école les gendarmes ont été exemplaires, ils ont blanchi Denis, ils ont même effectué un rappel à l'ordre aux parents du meneur et des éléments de sa bande. Le corps enseignant aurait dû le protéger de cette petite vermine au lieu de l'encourager dans ses méfaits." Néanmoins, c'est Denis qui a dû poursuivre son année scolaire à l'école d'un village voisin, mais cette fois dans une ambiance apaisée.

Chapitre N°15 Marcelle voulait le beurre, l'argent du beurre et les biceps du berger.

Les corvées étaient toujours aussi nombreuses dans le magasin, il fallait tourner cette manivelle de ce gros moulin à poivre pour moudre des kilogrammes de grains de poivre pour ensuite placer la mouture dans des sachets de 50 grammes Denis n'arrivait pas à canaliser cette averse de larmes plus l'eau qui lui coulait du nez à chaque tour de manivelle, il éternuait bruyamment à chaque vidage de la mouture qui rendait l'air irrespirable comme s'il avait vidé une bombe lacrymogène dans la boutique. Il fallait placer aussi dans la grange les bouteilles consignées et remportées des bouteilles pleines dans chaque rayon. Il y avait aussi les jerricans, les bidons vides des clients qu'il fallait remplir en mazout ou en alcool à brûler le produit était stocké dans des énormes fûts métalliques gris, debout dans un cabanon étroit, pas de pompe Japy ni de robinet juste un tuyau souple qu'il fallait enfiler dans le tonneau pour aspirer en contrebas avec la bouche pour obtenir l'écoulement du carburant pour le remplissage des récipients. C'était encore une installation minimum brevetée de cette feignasse de Robert, il y avait des journées pourries, avec des bonnes rasades de carburant que Denis aspirait en guise de bain de bouche en passant le reste de la journée et les jours suivants à recracher ces carburants infects et tenaces qui lui restaient en bouche, tout ce qu'il mangeait avait le goût infect du fioul. Il avait même l'impression que ce poison il circulait dans ses veines à la place de son sang. Dans la journée Denis devait devenir une personne invisible il était "persona non gratta" aux abords de la boutique sauve sur demande exceptionnelle de Marcelle pour apporter une bouteille de gaz à un client et repartir avec le vide en mode disparition instantanée. De toute façon d'autres corvées en dehors du magasin l'attendaient, les chèvres, le clapier à lapins, le poulailler à nettoyer, couper de l'herbe pour les lapins ou des orties pour en faire l'usage d'une pâtée avec du son de blé pour les canards, parfois Marcelle utilisait les orties à d'autres fins et s'en crier gare ! comme pour fouetter soudainement à froid Denis sur les jambes ou sur les fesses pour avoir cassé il y a trois jours avant une bouteille de vin en effectuant sa manutention. La rancune était redoutable et persistante chez Marcelle toute aussi forte que celle de la mule du pape qui avait attendu patiemment huit ans pour lui rendre son coup de pied.

Chapitre N°16 Des yeux noisette rieurs pour embellir ce soleil noir. Un peu de douceur dans ce monde de douleurs.

Dans ce lieu sans soleil, le seul rayon qui rendait Denis accro à la vie, c'était Isabelle sa copine une fille de son âge, elle était grande mince avec un visage rieur des cheveux mi-long clair, elle habitait le village voisin de Genouillac ses parents avaient une importante exploitation agricole. Denis l'avait rencontré dans le chemin où broutaient les chèvres. Elle était en panne avec son vélo la chaîne pendante, il lui proposa de la lui remettre en place, après le dépannage, elle était restée pendant des heures à discuter sur la nouvelle arrivée dans le village de Denis tout en partageant le fruit de la passion de Denis une pomme de terre à la cendre. Pendant deux ans, elle est passée à la boutique suivant sa disponibilité et la liberté qu'elle pouvait s'octroyer pour s’échapper pour venir faire sa provision de confiserie, elle attendait Denis au portail, s'il était absent, elle lui laissait un mot dans un interstice du mur que Denis avait élargie avec son canif dans le mur en guise de boîte aux lettres pour déposer un message pour le prochain rendez-vous à la pâture des chèvres dans le petit chemin de la prairie afin de partager et de déguster et de boire du cidre ou de tirer une taffe roulée dans une feuille de la Charente-Libre, en mâchouillant les friandises entre caramels et bonbons demi-lunes orange ou citrons et du réglisse en forme de tête qu'Isabelle avait apportée, Denis avait des osselets, et le mikado dont un jeu de 32 cartes publicitaire que Denis avait fait main basse dans un carton de pastis. A la troisième rencontre c'est le père d'Isabelle qui s’invita elle fut surprise de voir son père déambulait dans notre endroit secret. La peur au ventre Denis était resté en arrière cet homme était impressionnant par sa taille une force de la nature Isabelle courue vers son père pour le calmer se qu'il ne l’empêcha pas de se prendre deux claques à lui décrocher la tête Ne pouvant saisir Denis il préféra l'insulter et le prévenir qu'il n'y aurait pas de prochaine fois et qu'il risquerait de se prendre une décharge de gros sel dans le postérieur. Isabelle hébétée de cette situation venait de comprendre qu'il lui avait fait tendu un piège en lui faisant croire qu'il partait toute l’après midi avec sa mère faire des courses au Monoprix d'Angouléme. C'était un aimable voisin qui l'avait informé du lieu ou sa fille se rendait en catimini, son père n'avait plus qu'à préparer sa redoutable embuscade pour mettre un point final à cette relation amicale sans plus aucun espoir de revoir Isabelle qu'elle n'aurait plus un moment de liberté et qu'elle serait étroitement sous bonne garde de son Père et de ses frères.

Chapitre N°17 Le départ de Fontafie, c'est l'argile qui nous sèche les larmes que nous n'avons pas à obtenir...

Marcelle décida de changer de commerce elle venait d'aquérir une boulangerie avec ses deux fils boulangers à Montmoreau Saint-Cybard entre Angouléme et Aubeterre dans le sud-ouest de la Charente. Partir de ce morne coron Denis n'eut même pas une pensée mélancolique à partir de cet endroit maudit et lugubre, de quitter enfin cette réserve sans fenêtre qui lui servait de chambre la nuit, la journée son lit devenait un marchepied pour atteindre les étagères où étaient entassés les bottes, les sabots, les pantoufles, les espadrilles et les chaussons pour les sabots et les bottes. Après avoir supporté les odeurs de pipi de David à ses débuts maintenant Denis devait dormir avec ces odeurs persistantes et entêtante de caoutchouc de feutre et de cuire et de textile avec la colle, souvent le matin c'était une violente migraine qui lui disait « bonjour ». Il n'était pas rare non plus en pleine nuit qu'il se réveille en sursaut en pensant qu'il avait été abandonné dans une manufacture de chaussures et de pantoufles charentaises.

Chapitre N°18 Valérie est revenue... Attention ! chaud, chaud devant. 

Valérie après une période presque de séminariste surtout sans scandale, elle avait retrouvé sa place dans sa cellule familiale à Montmoreau. elle avançait sur ses 18 ans et ce n'est pas parce qu'elle avait souvent adopté la position du missionnaire pour Marie-Paule qu'elle serait devenue une candide bonne sœur, bien au contraire, avec cette privation forcée elle était devenue une insatiable nymphomane incontrôlable. À son premier emploi à la laiterie Nouki de Montmoreau lieu où elle était censée surtout de travailler, les réserves étaient son exutoire et lui servaient de nid d'amours pendant les poses dans cette chaude ambiance, il valait mieux prévenir avant d'accéder en ces lieux, même les esquimaux Nouki en chambre froide n'étaient pas fières et certainement pas rassurés trop peur de perdre leurs consistances pour devenir une bouillie infâme à cause de ce trop proche volcan toujours en pleine activité que Valérie impulsait, quand elle s’enflammait, elle devenait une tour infernale incontrôlable. C'était scandale sur scandale Marcelle n'arrivait plus à gérer toutes ces femmes cocues de la commune venant au magasin, chacune a leur tour pleurnicharde ou au contraire complètement hystérique pour se plaindre ou tancer Marcelle sur le comportement de sa fille envers la gent masculine. Pourtant, le soir les claques tombaient sans retenue, le martinet lui aussi était en bonne place, les injures étaient furieuses et dégradantes l'ensemble faisant partie intégrante de la panoplie de rétorsion de Marcelle. Quant à Robert toujours aussi taciturne son béret charentais visé sur la tête, il agissait avec ses battoirs en guise de mains, la tête de Valérie tournait comme une girouette qui subissait un vent fou venant en simultané du nord et du sud, les larmes de Valérie coulaient à flots des plaintes montaient et elle poussait de grands cris par saccades en jurant par tous les saints "qu'on ne l'y prendrait plus qu'elle aurait dorénavant une conduite exemplaire comparable à celle d'une carmélite", comme elle le promettait à chaque rouste, sachant que sa fringale du sexe reprendrait vite l'ascendant. Pour une fois, ce n'était pas Denis qui était la bête à lyncher, il avait l'impression d’assister à une séance de désenvoûtement d'une violence extrême. Mais, chassez le naturel, il revient au galop, en effet le mois suivant le diable était déjà de retour, il se manifestait dans son corps et ça repartait dans tous les sens jusqu'au jour où elle rencontra à son travail enfin son beau prince moustachu qui habitait une autre ville, il devait avoir un répondant à sa mesure. Valérie quitta la maison elle épousa discrètement sans Marcelle et ni Robert, seulement avec son ventre bombé plus personne n'a plus entendu parler de ses frasques, Valérie était devenue sainte Bernadette Soubirous, toutes les femmes de la commune se disant des victimes collatérales de Valérie retrouvèrent enfin leurs sérénités, elles allaient pouvoir vivre sans aucun nuage menaçant sur leur vie familiale, enfin sauf pour certaines qui étaient déjà en équilibre précaire dans leur couple avant l'épisode Valérie malgré cela elles gardèrent une tenace rancune d'avoir fait écrouler plus rapidement leur couple branlant. Elle refusaient obstinément d'acheter le pain chez Marcelle, malgré que le pain du concurrent le plus proche n'était pas au top au niveau de la qualité qui était plutôt médiocre. Pendant la fermeture du concurrent elles finirent par rappliquer , le regard fuyant et honteuse face à Marcelle qui jouissait du moment de ce bonheur de voir ce retournement de situation. Marcelle avait perdu sa fille, et de son aisance, mais certainement pas le sens du business prioritaire sur toutes les considérations donc pas de place pour les sentiments, en plus Marcelle avait le don de cicatriser rapidement surtout en voyant revenir ces dames offensées. Personne de la famille n'avait intérêt à moufeter pour ne pas faire monter Marcelle en décibels dont l'intensité pouvait être égale à une disqueuse...! Denis était certainement le seul à éprouver un grand manque par l'absence de Valérie, il avait le vague à l'âme, car elle était la seule personne de cette famille qui lui avait témoigné de l'humanité et de la gentillesse, elle s’adressait à lui comme à une personne du cercle familiale, et pour ses frasques Denis avait retenu une belle phrase que lui avait reportée David venant de l'abée Chambault "cela lui sera pardonné, car elle a beaucoup donné en amour." Quant à Marcelle et Robert qui avaient fermé la porte à leur fille à cause de l'opprobre et le déshonneur qu'elle leur avait infligé, ils sont restés de nombreuses années sans se voir et ils durent attendre longtemps pour rencontrer leur gendre et faire connaissance de leurs deux petits-fils… Après son départ houleux de la boulangerie Denis n'eut aucune nouvelle et il ne revit plus jamais Valérie.

Chapitre N°19 Marcelle empile les corvées comme des choux à la crème sur une pièce montée en moins digeste.

Pour Marcelle les études n'étaient qu'une perte de temps il y avait plus urgent et l'école ne devait pas sortir du cadre minimum sans emprunter sur son espace de ses corvées. Les jeudis d'automne et une partie de l'hiver, c'était le réveil à 5 heures pour remplacer son fils Michel au fournil qui avait une grande occupation de partir à la chasse.                                   En fin d'après-midi juste après la sortie de l'école Denis devait sortir des 100 kg de la balle de farine des paquets au détail en poche d'un kilo ou d'une livre. Le dimanche matin, ce n'était pas la messe obligatoire d'ailleurs Denis n'était pas chaud pour ce genre de célébration il préférait partir avec Michel avec la camionnette 203 en tournée dominicale savourant ce plaisir de voyager en s’asseyant sur le siège passager à l'avant du véhicule le but de cette attention de la part de Michel n'était pas pour veiller au confort de Denis, elle était dictée tout bêtement qu'il ne pouvait pas demander à Denis de monter à l'arrière du véhicule qui était plein comme un œuf une fois sur deux des sacs de blé des fermes environnantes.

Certains fermiers échangeaient contre des bons, grains contre pains pour l'année. Les sacs que Michel et Denis avaient la charge de prendre étaient toujours déposés dans des remises toujours inaccessibles ou dans un grenier de la grange, pour y accéder, il fallait utiliser l'échelle de fabrication maison toujours de guingois ou branlantes, Denis sous ses 14 ans et ses 55 kilogrammes portait difficilement à l'épaule cette charge, de 80 kg par moments il avait l’impression que ses boyaux allaient sortir de son bas-ventre pour chaque descente d'un barreau de ces maudites échelles. La tournée dominicale avait quand même un point positif, elle permettait à Denis de rencontrer tous ses frères et sœurs de la DDASS en placement dans ces fermes reculées.                                                                                    Ensuite, ce sont les minotiers des Moulins d'Aubeterre qui venaient récupérer les sacs de blé stockés entassés les uns sur les autres dans le hangar, cet endroit était aussi le lieu où Denis devait rester entre deux corvées et faire le piquet à attendre le bon vouloir de Marcelle sans qu'elle ait à le chercher et qu'il soit toujours à porter de sa voix de cerbère, pour rentrer dans la cuisine il devait attendre les repas et encore quand elle ne recevait pas, sinon le repas était sur l'évier à l'extérieur.

Un après-midi alors que la température était au zénith, le camion des minotiers avait reculé dans le hangar pour récupérer la trentaine de sacs de blé. Les deux minotiers étaient deux rudes gaillards en maillot de corps archi-trompé de sueur ils avaient l'air pompette avec la bouteille de rouge à portée de main, ils portaient les sacs de 80 kg de blés à l'épaule avec l'aisance du port d'un sac de patates de 10 kg qu'ils entassaient dans leur camion. Denis dès leur arrivée avait pris l'habitude d'aller se planquer sur la mezzanine derrière les fagots, sachant que ces hommes avaient une curieuse et fâcheuse façon de jouer avec les adolescents Denis ne pensait qu'à fuir ces deux personnes à la tête trop joviale et aux yeux vicelards, Denis en avait gardé un très mauvais souvenir de leurs dernier passage avec leur jeu à vouloir l'attraper pour l'enfiler dans un sac..

Quand soudain un des deux lui avait fait un croc-en-jambe en pleine course pour le saisir brutalement et que le second accourait déjà pour lui enfiler un grand sac vide de farine par dessus la tête pour lui emprisonner les bras le long du corps jusqu'à la ceinture qu'un des hommes lui ceinturait d'une main et de l'autre lui bâillonnait la bouche pour le réduire au silence. Denis complètement bloqué, ne pouvait qu'agiter ses jambes sans pouvoir se libérer de cette puissante emprise. Les deux hommes s’allièrent pour pousser l'adolescent à l'arrière entre les sacs par discrétion. Le deuxième homme empressé lui avait déjà dégrafé son short tout en lui tripotant d'une main baladeuse son sexe. Denis avait beau vouloir se débattre, et se ruer dans tous les sens il n'arrivait toujours pas à se dégager de cette forte emprise. Il lui était impossible de lutter contre ses deux monstres il sentait qu'il faiblissait sous la forte pression, les bras bien pris plus la tête dans le sac à moitié aveuglé une main devant la bouche Denis avait du mal à reprendre son souffle son salut n'était que ses jambes qu'il pouvait à peine agiter a cause de son short en bas de ses chevilles pour les frapper. Les deux salauds étaient passés à la version de l'hystérie ils ne voulaient pas se contenter d'un touche zizi pour effrayer Denis, maintenant c'était clair ils voulaient aller jusqu'aux bouts de leur insanité. Ils cherchaient à coucher Denis sur le ventre sur les autres sacs. Heureusement  Mickey le chien ratier qui passait par là avait rapidement compris  par l'agitation régnante que son ami était en mauvaise posture, le chien commença par se mêler à la bagarre en aboyant rageusement et en mordant les minotiers à la cheville qui eut l'effet de couper net leur élan trop occupé à balancer des coups de tatanes, ce qui ne calma pas Mickey, bien au contraire, il devenait de plus en plus rageur il grognait encore plus furieusement, c'est à ce moment là à l’unisson qu'un concert d'aboiements aussi assourdissants qu’effrayants à celle d'une meute s'est élevé dans tout le hangar c'était, les trois chiens de chasse de Michel qui étaient parqués plus en amont, ils avaient pris le relais de Mickey en hurlant à la mort, ce vacarme remis vite fait la tête à l'endroit des deux minotiers, ils retirèrent rapidement le sac qui entravait Denis en lui remettant son short et ils continuèrent à vaquer comme si rien ne s'était passé. Marcelle alertée par ce barouf inhabituel déboula en questionnant les minotiers « mais que se passe-t-il ici ? » Les minotiers avec un aplomb et un sang-froid à toute épreuve tout en sourire lui répondirent ensemble « oh rien de bien grave madame nous chahutions avec le gamin et son chien à vouloir faire semblant de les mettre dans un sac. » Marcelle acquiesça d'un haussement d'épaules à leur intention elle était maintenant rassurée, elle ne s'adressa même pas à Denis qui s'était réfugié assis la tête dans les genoux et Mickey tout proche assis lui aussi, la tête haute et oreilles droites,toujours les crocs apparents avec un aboiement serein fier d'avoir fait avorter la tentative de viol que ces deux salauds s'apprétaient à faire sur son copain.

La fin de matinée du dimanche se terminait souvent pour Denis par le lavage de la voiture 203 pour la tournée de pain de Robert au lendemain. L'hiver l'eau était glacée, il lui fallait des heures pour retrouver l'usage de ses doigts. Dans la semaine d'autres corvées lui étaient attribuées, comme nettoyer, le parc des chiens de chasse du fils chéri de Marcelle. Chaque matin avant d'aller à l'école Denis devait vider la fosse à purin étroite et profonde des deux cochons, c'est à l'aide d'une minuscule casserole qu'il remplissait le seau puis fallait ensuite traverser la route pour le vider dans le fossé de l'autre côté de la voie le seau était plein à ras bord pour éviter de faire des allers et retours, surtout qu'à chaque trajet le purin giclé contre ses jambes tout en remplissant copieusement ses chaussures l'odeur restée tenace et le poursuivait jusqu'à l'école ce qui provoquait la raillerie des autres élèves qui le surnommaient de l’affectueux sobriquet de "livarot " ce nom que Denis associait plus à la tribu des Indiens navajo à plumes qu'à celui d'un fromage qui pue Il y avait aussi les fagots à charrier pour le four à pain, ils étaient souvent squattés par des serpents et des orvets qui n'appréciaient pas le dérangement, heureusement que Mickey le chien ratier y mettait bon ordre en les faisant tournoyer comme une fronde pour après les occire d'un coup de crocs. Marcelle venait d'acquérir sa toute première machine à laver électrique de marque Connor que Robert avait installée avec tout son génie habituel dans le hangar proche de l'alimentation d'eau, C'est Robert qui avait la mission d'effectuer le branchement électrique, il est arrivé à faire d'une machine à laver une chaise électrique son utilisation était un cauchemar tout l'environnement de cette machine n'était que décharge électrique. L’essorage de cette machine était manuel en tournant une manivelle qui actionnait les deux rouleaux superposés où le linge était introduit et c'est qui, qui avait hérité de cette nouvelle corvée ? C'est Denis cette opération était un supplice, elle n'était qu'une gégène avec ses décharges électriques à répétition à fort ampérage en 120 volts. Marcelle ne s'en sortait pas trop mal les pieds confortablement dans des grosses chaussettes dans ses sabots en bois, elle était très bien isolée ne recevant aucune décharge, elle avait donc du mal à comprendre les jérémiades de Denis qui n'était pour elle qu'un looser cherchant toujours un prétexte pour esquiver cette nouvelle mission d’essorage. Denis n'avait qu'aux pieds un reste d'espadrilles à la semelle usée jusqu'à la corde pataugeant dans l'eau de vidange, Denis était tout simplement le câble conducteur de la prise de terre que Robert avait omis de brancher, voyant que la machine fonctionnait avec deux fils le troisième pour lui n'était qu'un gadget. Cette bourde n'avait toujours pas parcouru son chemin dans la tête de Marcelle qui était boulonnée à son idée de filouterie de la part de Denis, alors qu'il arrivait dans le dur en voulant essorer une épaisse serviette de bain les rouleaux de l'essoreuse se sont bloqués, Marcelle avec sa hargne des mauvais jours avait bien essayé en gesticulant en insultant cette manivelle sans oublier au passage ce bon à rien de Denis elle tirait sur la serviette avec la même hargne qu'un chien a qui on agite une serviette devant son museau rien ne bougeait tout restait fermement bloquée, subito ! Michel le fils chéri en entendant les vociférations de sa mère, sorti de son fournil en pensant que sa mère courait un grave danger, il fut instamment invité à faire le dépanneur lui qui était nu pied dans ses vieilles savates de fournil, comme d’habitude, il n'entendit pas la mise en garde de Denis "ne touchez surtout pas à mains nues la machine" peine perdue, il criait piégé puis collé à son tour à la machine, Marcelle la pétulante, voyant son fils chéri en mauvaise posture, elle voulut le sortir de cette terrible emprise, elle le tira comme une mule et voilà que la mère et le fils étaient devenus un couple d'inséparables ce qui n'était pas habituel dans ce genre de famille, se fulgure rapprochement contraint, heureusement que le disjoncteur s'était vite lassé de cette étreinte électrique fraternelle en les libérant. Marcelle avait enfin assimilé que sa maudite machine était plus proche de la chaise électrique de Thomas Edison qu'une machine à laver, ce n'est pas pour cela qu'ensuite elle s'excuserait auprès de Denis les insultes et la médisance dont elle l'avait généreusement abreuvée pour elle ce n'était plus que des mots affectueux. Michel, était très choqué et avait un mal fou pour s'en remettre, sa forme olympique habituelle était comateuse, il alla titubant s'allonger sur son lit sa femme Nicole avait délaissé un instant son roman-photo de "Nous Deux, pour essayer de déstresser son époux qui était sous l'emprise de soubresauts impossibles à contrôler, heureusement le médecin habitait la maison voisine Marcelle avait été le sortir de son cabinet de consultation en lui aboyant "que son fils était au plus mal" la mallette en cuir noir du toubib à la main elle poussait ce mollasson de médecin dans le dos afin d'activer sa présence au chevet de son fils. Michel sans ouvrir les yeux et en se pinçant le nez en apnée salua le médecin qu'il avait reconnu par son haleine fétide du renard qui vient juste de manger une poule faisandée. Son cœur battait une chamade en version accélérée en 120 volts, la piqure du médecin fut immédiate Michel s’endormit comme un bébé jusqu'au lendemain matin, Nicole était restée proche du lit tout lisant les bulles de son Nous-Deux. Il était évident que Denis allait être le volontaire d'office pour prendre la relève afin d'achever la journée au fournil avec le compagnon pour sortir la dernière fournée...? Enfin un technicien de cette maudite machine à laver est venu sur place pour neutraliser le monstre, Robert pour une fois qu'il était dans les lieux s'est ramassé en plein visage les compliments de l'agent, qui l'a traité "d'abruti et d'assassin " soutenus et approuvés par Marcelle et son fils qui avait retrouvé toute sa vitalité dès le lendemain le dépanneur en rajouta une couche en indiquant de son index qu'il était à point pour rentrer à Sainte-Anne. Une vidange fut installée hors de la dalle en béton où était posée la machine puis une vraie prise de terre a été plantée directement dans le sol. L'utilisation de cette machine même sans décharge électrique était quand même resté un supplice rebutant pour Denis. Il préférait encore parcourir des kilomètres à pied à travers la campagne en essayant de ne pas chuter avec ses sandalettes scabreuses avec la semelle grande ouverte et sa lanière d'attache coupée par l'usure. Denis devait attendre encore trois mois pour toucher la nouvelle paire de brodequins de la DDASS pour passer l'hiver et ce n'est pas Marcelle qui aurait avancé une paire pourtant responsable en grande partie de cette usure prématurée par les kilomètres qu'elle lui faisait avaler. Au retour il ne fallait surtout pas tomber avec les cinq douzaines d’œufs. Marcelle n'aurait certainement pas apprécié que tous ses œufs frais utilisés pour la fabrication de la viennoiserie passent en pure perte. Avant de trouver la vieille Galtauld du Chail vivant il fallait affronter ses deux chiens des Berger Belge Groenendael noir que des personnes c'étaient débarrassées car effectivement ils n'étaient pas très sociables David avait pris le coup pour ne pas se faire chopper il fonçait droit dans la cabane des WC et attendait que la Galteau veuille bien rappeler et enfermer ses deux fauves en furies, aboyant et secouant la porte branlante de la cabane. Un à un elle comptait ses œufs en les rangeant dans la paille en vrac dans le grand panier en osier tout en attestant que ses œufs étaient pondus de la veille pourtant, il n'était pas rare de trouver dans certains œufs des poussins en formation, elle n'était pas à un mensonge près, certaine que des œufs ne feraient de toute façon pas le voyage en entier avant le départ elle prodiguait toujours sa consigne débile à «Petit avant de chuter tu poses ton panier» . Au moment du règlement des comptes de l'échange œufs contre pains Marcelle et la Galtault commençaient par s'insulter en patois charentais par l'intonation et la violence de cette joute verbale, on voyait bien qu'ils n'étaient pas en train de parler des tissus du marché Saint-Pierre, cette conversation en patois cessait systématiquement au bout d'une heure comme si elles avaient consommé toute la panoplie du lexique des insultes en patois, Marcelle était toujours la gagnante, elle arrivait toujours à lui soustraire de son compte trois ou quatre miches. La journée n'était pas terminée le soir Denis devait attendre la traite des vaches pour encore faire 2 km à la ferme voisine pour ramener les pots à lait. Les corvées s'accumulent sans cesse Denis avait aussi la charge de balayer le fournil et de laver la vitrerie quand elle devenait opaque, c'était des milliers de petits carreaux avec celle de la façade du magasin. Fallait étendre un produit blanc (blanc de Meudon) qu'il fallait ensuite essuyer avec des feuilles des journaux cela duré des semaines pendant les vacances scolaires. La pire des corvées était bien celle du décapage des toiles à couches en lin du pain, elles trempaient dans un énorme bassin dans une eau croupie qui puait la charogne putréfiée l'eau était glaciale sans les gants sur une planche à laver, il fallait grattait la toile avec un coupe-pâte métallique pour enlever la croûte aussi dure que du béton pour en finir à la brosse à chiendent, il n'y avait pas de volontaire Marcelle, Robert, Valérie, Nicole l'épouse de Michel, David, pour participer à ce boulot de merde, Denis se sentait bien seul et désespéré face à ce labeur digne du moyen Âge sans fin ce n'était pas une perspective enthousiaste de passer son adolescence le nez dans ce bassin. La visse sans fin des corvées ne s'arrêterait jamais Il fallait aussi courir en pleine charge comme une mule pour alimenter les boutiques dépôts de pain aux quatre coins de l’agglomération qu'il fallait ranger dans l’étagère à pain debout avec la grigne de la miche placée toujours à gauche pour ne pas provoquer la migraine aux pains en le plaçant la tête en bas. Denis croisait souvent cette feignasse de Robert qui avait terminé sa tournée de pain dans l'après-midi et comme il n'était pas pressé de rentrer à la boutique il se planquait dans un estaminet pour taper le carton et boire des carafes de vin blanc. Robert vivait comme autrefois quand il était propriétaire de la ferme proche de Luxé il passait plus de temps avec son fusil Robust de chez Manufrance que derrière le cul des chevaux à tenir la charrue, d'ailleurs comme la plupart des paysans charentais de cette époque, heureusement que les Vendéens qui crevaient la dalle dans leur propriété avec des terres iodées où même les arbres refusaient de pousser, ils ont migré en grand nombre pour fertiliser les bonnes terres charentaises... Marcelle qui n'aimait pas que Denis puisse rester un instant à vide était constamment à lui inventer de nouvelles occupations comme faire la nounou pour promener dans sa poussette son petit-fils, car Nicole ça maman était très occupée à lire en duo avec Marcelle le nouveau roman photo « Nous Deux » entre le passage des clients. Denis devait faire face à son destin sans brancher tout le contraire de cette belle affiche de l'unique cinéma de la commune où la belle Romy en Sissi impératrice, apparaissait dans une beauté insolente, elle aussi était face à un notre destin que celui de Denis elle dansait des valses viennoises étourdissantes dans des beaux et fastueux palais de l'Empire austro-hongrois, où coulait à flots le tokaji ce vin absolument magique et unique qui euphorisait la grâce de notre Sissi, pendant que Denis valsait avec son spleen dans l'attente de jours meilleurs en entendant de devenir un homme pour sortir de cette relégation de servitudes de Trifouilly-les-Oies en Charente en enchaînant les corvées interminables quand il n'était pas à l'école son seul refuge...

Chapitre N°19 bis L'affection de Claude envers Denis n'avait que la valeur d'une baguette de pain rien de plus.

La dernière idée généreuse et surtout toute pourrie de Marcelle d'offrir des vacances à Denis pour le mois d'août pour ses 15 ans chez son fils Claude qui venait d'acquérir une boulangerie à Couhé-Vérac. Ce séjour était vendu à Denis comme un cadeau, surpris car Claude n'avait jamais montré un sentiment particulier envers Denis il l'ignorait totalement, trop loin de son lui et de ses préoccupations. Denis comme à son habitude avait le voyage à l’arrière de la fourgonnette à se taper les fesses sur le plancher pendant plus d'une heure. A peine arrivé dans l’après-midi Claude était à sa sieste il avait laissé des consignes à son épouse Huguette pour que Denis lui prépare le levain de la première fournée. Après le souper, Denis pensait qu'il allait se coucher directement pour ce lever très top le matin au lieu de cela Claude l'invita à le suivre directement au fournil à préparer la pâte de la viennoiserie.

À 2 heures du matin Denis n'était plus qu'un robot ambulant titubant de sommeil, sa première nuit blanche se termina à 8 heures du matin le moment ou Claude comprit que Denis ne serait plus aucune aide à l'avancement de la panification du pain c'est à cet instant que Huguette que venait de lever lui proposa son lit. C'est à 16 heures que Denis revit le jour, il fut surpris d'entendre les voix de Robert et Marcelle qui avait fait la route sur la demande de Claude pour le récupérer immédiatement en se plaignant que Denis n'était qu'une charge supplémentaire pour son travail, il n'y avait aucune raison de persévérer dans ce séjour de vacances que Marcelle avait concocté une curieuse idée de nommer cette aide des vacances ? Cette situation avait attristé Denis qui venait de comprendre qu'il n'était pas là par pure gentillesse avec la volonté de lui offrir un total dépaysement loin des corvées de Marcelle, triste désillusion pour Denis qui n'était seulement là pour remplacer le commis mitron qui lui était réellement en vacances.

Chapitre N°20 La faim à quinze ans, c'est la pire des afflictions, vous avez des mirages de steak, frites devant les yeux.

À 11 heures, une simple odeur de cuisine peut vous rendre complétement dingue ! Vous seriez prêt à faire un hold-up du plat du jour. Dans ce bourg de trois maisons entre Montmoreau et Mouthiers-sur-Boëme, la journée a commencé avec vaillance à 6 h 30 pour rentrer le soir sur les rotules vers 19 h 30, du lundi au samedi. Pour Denis le plus harassant, ce n'était pas la longueur et l’effort fourni dans la journée, c'était la faim qui le tenaillait à partir de 11 heures du matin et ce n'est pas le casse-croûte que madame Moreau lui avait préparé pour le midi n'avait aucune prétention de lui couper sa faim de loup.

En manque Denis regrettait avec fringale ce moment-là, l'infernale la démoniaque, la Cruélla, Marcelle méphistophélique et sa boulangerie où il avait droit au petit déjeuner royal de toute la viennoiserie invendue de la veille ou de l'après veille : croissants, pains aux raisins, flans, chocolatines, tartelettes, pains aux laits la totale quoi ! Sans compter les paquets de gaufrettes Gringoire praliné-noisette, ou les BN-choco que Denis chipait dans le magasin. Denis savait que de crever la faim était le pire supplice à quinze ans, le martinet et les multitudes corvées de Marcelle étaient plus supportables. Heureusement encore que c'était la période de l'été, le soir après le souper Denis allait faire sa réserve jusqu'à avoir une overdose de prunes, abricots, tomates ou d'autres fruits de saison qu'il chapardait dans le jardin du voisin.

Le propriétaire avait repéré le manège de cet adolescent dans ses plates-bandes, sans jamais intervenir comme s'il n'avait rien vu aucune allusion aucune remarque, mais Denis savait que le propriétaire n'était pas dupe, car il lui laissait poser sur une tuile en bordure de la clôture de son potager des tomates et concombres savoureux. Ce magnifique monsieur connaissait l'humeur instable de son voisin Moreau le patron de Denis un barjo de la pire espèce dont il fallait se méfier, avec ses impulsions sans frein, il pouvait rapidement passer en zone rouge de son compte-tours de la folie et de la perversité.

Chapitre N°21 Premier placement en apprentissage pour Denis, la DDASS n'avait pas fait dans la douceur pour son premier job avec un employeur qui n'était que le diable personnifié.

Ce dimanche tout gracieux monsieur Moreau partait en goguette loin de chez lui son épouse enceinte jusqu'aux oreilles n'était pas conviée à cette sortie. Elle s'affairait dans ses conserves et les confitures de fruits dans sa cuisine à l’arrière de la maison, sa fille aînée avait surpassé sa timidité et la crainte de ses parents concernant l’interdiction d'adresser la parole à Denis. Ce jour-là Isabelle osa enfreindre cette interdiction s’approchant de Denis qui puisait de l'eau du puits pour effectuer sa toilette du dimanche, c'est elle timidement qui entama la conversation après maintes hésitations, elle lui confia son lourd secret de famille que Denis n'aurait jamais voulu entendre stupéfait par cette révélation Denis restait pantois face à cette situation incroyable comment un père pouvait-il coucher avec ses deux plus grandes filles...? Isabelle 15 ans et sa sœur Annick quatorze ans à peine pubères obligés de coucher avec leur père chacune leur tour ? Denis croyait avoir tout vu et entendu sur ce genre de pratique assez courante envers les pupilles filles, mais avec ses propres filles, là ça dépassait l'entendement ! Avec ses propres filles où allons nous ? Denis qui n'était déjà pas fan de leur père, maintenant le haïssait doublement  de savoir que ce monsieur était de la race des salops de la pire espèce, c'était un virtuose de la manipulation il disloquait mentalement sa proie quand elle était en état de vulnérabilité
Le Père avait compris que ses mœurs avaient fuité et confirmé par sa moucharde fille  Annick qui avait surpris sa sœur en plein bavardage avec Denis. Deux semaines plus-tard le jeudi en début d’après midi monsieur Moreau demanda à Denis de nettoyer et ronger les outils dans la camionnette  surpris de cette décision de débaucher sitôt son patron vit son trouble et lui bredouilla presque amicalement qu'il devait emmener son épouse chez le médecin. A la maison Denis trouvait que son patron était un peu trop mielleux avec une gentillesse malsaine et ce sourire effrayant que ses yeux verts n'arrivaient pas à adoucir il savait provoquer un antonyme chez son interlocuteur qui était déstabilisé avant de retrouver ses esprits, le bougre il savait en jouer. Denis sentait quelque chose venir mais où était donc le piège  ? Il savait que son patron lui avait préparé sournoisement un scénario, enfin il  leva le rideau et lui parla d'un ton presque solennel très détaché "ce soir mon épouse t'a préparé de l'eau chaude et des vêtements propres, car demain, départ à 7 heures pour te ramener au foyer de la DDASS d’Angoulême, n'est pas de regret petit  tu n'étais pas fait pour ce métier ta période d’essai de six mois se termine donc ce soir, prépare dés maintenant ta valise ".

L'annonce fut brutale Denis eut un choc terrible, il avait du mal à refréner sa tristesse face à cette injustice ; lui qui avait bossé avec ses tripes pour rester debout, il aurait dû être soulagé de quitter ces enfers lucifériens. Denis était presque atteint du syndrome de Stockholm tellement qu'il était bouffé par le désarroi et l'effroi d'avoir failli dans sa tâche. Le lendemain comme promis Denis, la honte au visage était face au directeur de l'agence, costume sombre avec des grosses lunettes à monture noire et des verres si épais qu'on ne pouvait voir la couleur et la direction de ses yeux. Monsieur Moreau était sous un nouveau jour un homme courtois, affable, jovial le visage souriant, sans remords, comme s'il venait de s'acquitter de sa bonne action en se débarrassant du chien galeux qu'il avait pourtant essayé de lui apprendre un métier dans un immense élan de générosité malgré ses cabosses apparentes... Six mois d'un travail de forçat, pas une considération, pas de merci, pas une pièce, seulement un regard  fuyant vers Denis et toujours ce putain de sourire qui glace, comme celui du chat qui va mettre un terme à cette relation de jeu avec la souris qu'il calcule depuis dix minutes entre ses griffes en entendant le coup fatal de ses canines. Denis réalisa qu'il était devenu une menace pour ce monsieur, certainement qu'il n'aurait pas dû ce jour-là écouter la confidence de sa grande fille Isabelle, mais son secret était certainement trop lourd à porter pour elle seule Denis n'avait pas de regret à avoir, dans sa tête son sang bouillonnait si violemment qu'il entendait le ronflement d'un bombardier en plein régime sur le point de décoller, devenait insupportable à ses oreilles, Denis, compressait de toutes ses forces cette lave ravageuse et bouillonnante dans les Abysses de ses tripes, il aurait voulu faire comme Marcelle gueulait à s'en faire péter les cordes vocales, ou prendre un martinet pour se défouler sur les deux gros culs de ces deux pantins minables, en les insultant copieusement avec des mots abjects en patois de ce coin de France. Ce minable ! De directeur qui ne prenait jamais la défense de ses gamins dont il avait la charge, tellement qu'il était insolent de certitude sans affect il ne voulait rien entendre et surtout ne pas savoir, pour ne pas courir ce risque qui aurait pu remettre un peu de sentiment et un autre jugement  Qui aurait pu faire fléchir son raisonnement obtus en cause.

Mais Denis s’arrêta net dans son compte-tours de la colère, une voix venait le supplier "mais, malheureux ! Garde la tête basse pour montrer ta déférence, et surtout, je t'en conjure ne répond pas, sachant que de tes arguments, il s'en fout comme de sa première chemise, pour lui, tu ne seras qu'un éternel coupable. Et si tu ne désires pas finir dans un de ces centres du style de l'I.M.P que la DDASS affectionne", c'était la supplication de son faux Frère de la DDASS, David ce garçon fracassé et traumatisé qu'un soir Marcelle avait ramené du doyenné et qui chaque nuit lui arrosait copieusement son lit de son urine. Le pire, c'était le soir quand il fallait se recoucher dans ses draps humides et souillés que Marcelle avait décidé de laisser, en guise de rétorsion envers David. Denis qui lui n'y était pour rien devait lui aussi se vautrer pendant plus d'un mois dans ce lit à la forte odeur d'ammoniaque, dans ces conditions les deux gamins avaient du mal à rester solidaires et à créer un lien normal l'un envers l'autre ce qui arrangeait bien l'autorité de Marcelle de voir ces deux gamins se pourrir la vie.

Un monsieur au-dessus de tout soupçon, il n'était que diabolique.

Pourtant, si vous saviez monsieur le directeur, ce qui se cache derrière cette apparition trompeuse et trop flatteuse de mon ex-patron monsieur Moreau, cet homme face à vous, si courtois, si souriant, à qui vous confiez des enfants; alors que cette personne est un prédateur un monstre monsieur ! Ce salaud ! il viole régulièrement ses deux filles de 16 et 15 ans. Monsieur le directeur, vous ne pouviez pas ignorer non plus que des filles pupilles de la DDASS que vous avez placée dans des fermes isolées de ce département que Denis ait rencontré au gré des chantiers, elles se faisaient copieusement violer et elles se taisaient aussi sur la maltraitance qu'elles subissaient sans discernement des pupilles (garçons ou filles) hélas ! Il y avait trop d'enfants comme Julien qui étaient laissés pour contre.

Chapitre N°22 A mon frère de galère David. L'institutrice " nous ne laisserons pas cette main gauche récalcitrante prendre la place et la maîtrise de la main droite, en plus contre mon avis et tant pis si cela impacte le fragile équilibre de l'enfant."

David savait que l'entrée en I.M.P n'était pas réservée seulement aux élites attardées des orphelins. Car lui en plus d'avoir pissé au lit, il était gaucher, et cela, pour l'institutrice de Fontafie, c'était franchement une tare, en trois mois alors qu'il était un élève normal, à force de lui imposer autoritairement avec de sévères punitions ; le coin à l'école, le bonnet d'âne dans la cour de récréation, ou encore elle lui enfilait une chaussette à la main gauche avec l'interdiction de l'enlever de la journée, ou encore le bras gauche attaché dans le dos. Le supplice pour être efficace devait continuer aussi à la maison Marcelle avait ordre que l'enfant utilise bien sa main droite pour manger et écrire. Marcelle toujours aussi zélée pour se faire apprécier par son dévouement auprès de la bourgeoisie du village qui avait autorité de vie ou de mort sur son magasin, afin de contrer le concurrent qui avançait le bout du nez de son estafette Renault bleue de sa tournée en bas du village, Marcelle était capable pour sauvegarder le business de son épicerie de distribuer généreusement des claques ou des coups de martinet à un enfant, comme elle pouvait aussi effectuer les injections intramusculaires que le médecin du village ordonnait à ses patients, elle connaissait déjà pas mal de fessiers de beaucoup de bourgeois du village, ce qui n'était pas inutile pour améliorer ses relations. Ils avaient même droit au service confort de s'allonger sur le lit dans la chambre du couple. Quant à l'ouvrier lui, il n'avait pas le même cérémonial, interdit de franchir la porte de la chambre, il avait sa piqûre les fesses à l'air dans la cuisine appuyée sur le dossier d'une chaise.

Parfois, des curieux visiteurs en uniforme toujours par deux, faisaient le tour de la boutique pour contrôler la qualité et la fraicheur des produits son étiquetage et la tare de la balance. Marcelle savait qu'elle n'était pas une commerçante disciplinée, mais savait être prolixe, joviale et très généreuse avec ces personnes à la fin de la visite qui n'avaient pas manqué de constater de sérieux manquements à la loi. La visite se terminait par un giron dans le poulailler, les deux gendarmes avaient avancé la juva 4 dans la cour pour charger discrètement plusieurs cartons pleins de poulets vus la quantité c'était à croire qu'ils alimentaient toute la caserne.

Pendant ce temps David vivait le martyre à ne plus pouvoir se servir de sa main gauche en tous lieux et en premier réflexe, le pauvre n'avait plus de mains valides ne sachant plus laquelle était la gauche ou la droite, il était tellement paralysé, qu'il lâchait systématiquement les objets de peur de s'être trompé de main. Par la suite il avait pris l'habitude de se servir de ses bras pour enfuir sa tête afin de se protéger d'une averse de claques qui tombait drue sur son visage. L'association de l'instite et de Marcelle a été si loin dans leur opiniâtreté envers David qu'en six mois, il est devenu bègue il tapait du pied pour pouvoir cracher un seul mot et comme cela n'était pas encore suffisamment grave, il est devenu aussi dyslexique qu'un mouton devenait un "tonmou" ou un cheval un "seval" . Elles avaient réussi ces deux salopes à lui faire obtenir le concours d'entrée à l'internat avec la mention " presque irrécupérable, en neuropathie périphérique. " Cette grande institution de l'institut médico-pédagogique où ils savaient transformer un loup en un agneau à grand renfort de Largactil, des gouttes, des granulés et des comprimés de toutes les couleurs comme celles des bonbons Smarties, qui vous métamorphosent un gamin plein d'entrain en un animal aussi lent qu'un paresseux. Plus le châtiment corporel à coups de baguette souple qui cinglait fort en mordant la chair ou la règle métallique sur le bout des doigts pour se sortir de la torpeur chimique. Avec l'encadrement d'un pitoyable directeur fielleux un monsieur Chadurie qui avait mis son intelligence au service de l’oppression d'adolescent, toujours à la recherche d'un motif afin de se légitimer pour torturer les enfants.

Comment peut-on nommer un directeur dans centre d'adolescents qui hait les enfants ? C'est comme aussi vouloir nommer pour surveiller les dortoirs d'enfants un surveillant, ou une surveillante pédophile qui passait la nuit à découvrir les enfants endormis, armé d'une lampe torche à la main, l'eau à la bouche, les lèvres humides en regardant le bas-ventre de chaque enfant. Certains adultes vicieux et dégantés dans nos internats s'autorisaient à calculer des enfants vulnérables qui ignoraient tout de la tendresse d'une maman ou d'un papa, ils en profitaient pour jeter leur dévolu sur le garçon le plus réceptif en obtenant sa confiance naïve, avec des confiseries alléchantes, des paroles bienveillantes et des caresses affleurantes précises effectuées avec une trop grande frénésie chaleureuse pour qu'elles soient affectives, car elles se situaient à des années-lumière du convenable, du bisou sur le front ou de la petite tape amicale sur la joue... Sachez que tout était possible dans ce genre d’établissements, Les plus grands malades n'étaient pas forcément ceux qui portaient la blouse grise, certaines blouses blanches qui avaient tous les pouvoirs étaient parfois bien plus atteintes. Le personnel avait encore de beaux jours face à eux, il savait, que la hiérarchie chloroformait les sujets, les plaintes rien ne pouvait sortir de ces murs épais de cet ancien cloître. L'enfant rebelle, avait mérité sa triple dose de Largactil pour soigner sa grosse mythomanie.

Chapitre N°23 C'est la révolution des graviers qui mit fin au règne du directeur bourreau d'enfants.

C'est une journée chaude d'automne, c'est ce moment que ce salaud de directeur a fait le saut de l'infamie pour un motif si futile, une traînée effectuée à l'aide d'un marron d'inde sur le mur en crépi de la façade du bâtiment, il a réuni les quarante pensionnaires de l'immeuble sur les quatre-vingts présents dans l'internat partagé en cinq groupes de 16 pensionnaires ces groupes étaient nommés par une couleur distincte la plus petite "les blancs " les huit, neuf ans , Les suivants étaient "les jaunes " dix ans les deux groupes logeait chacun sur un rez- chaussée des deux bâtiments ensuite à l'étage vous aviez trois groupes les verts les onze douze ans, au milieu les bleus les treize ans et les plus grands le groupe " des Rouges" les quatorze quinze ans.

Enfin le directeur allait réaliser avec détermination son fantasme, il allait pouvoir prendre son pied et se défouler avec cette séance jouissive à outrance pour lui et aussi pour certaines de ses monitrices complices. C'est avec une touffe d'ortie à la main qu'elles fouettaient les cuisses des plus récalcitrants qui s'obstinassent à ne pas vouloir s'agenouiller directement sur le gravier de la cour, les enfants en short. La friction des orties a été instantané tous les gamins étaient en position à genoux à terre et mains sur la tête, maintenant les hostilités étaient ouvertes et le supplice pouvait commencer. Le directeur commença par s'excuser en disant qu'il avait été contraint d'appliquer cette punition collective car personne s'était dénoncé à aucune des quatre monitrices présentes qui l'écoutaient religieusement. Avec force il aboya sur la foule qu'il laisserait les enfants dans cette position tant que le coupable ne se serait pas identifié, déjà par la hauteur de la traînée il aurait pu déjà dispenser le groupe blanc dont aucun ne pouvait atteindre la traînée mais rien à faire pour l'exemple ils devaient eux aussi subir à rester dans cette position en attendant qu'un enfant trop chétif craque et se dénonce d'être l'auteur de ce crime immonde que le diable trouvait odieux. Malheur à l'enfant qui cédera le premier, il serait forcément le plus fragile de tous, mais pas forcément le coupable. Deux après, c'est Jean, les genoux à vif et à sang contraint par la douleur a avoué qu'il était l'auteur de ce crime dans un gémissement éploré avant de s’écrouler, il a été vite relevé par sa monitrice et traîné jusqu'aux pieds du trône du directeur qui attendait assis avec délectation, et jouissance il écumait déjà à la commissure de ses lèvres, enfin il pouvait tester sa réelle puissance et toutes son autorité auprès des adultes et des gamins du haut de ses trois marches du perron de l'immeuble, il était devenu Néron sur les marches du capitole, Son égo était surdimensionné il va bientôt leur demander de lui faire le salut romain en scandant " l'Ave monsieur le directeur". Jean, l'enfant de la section des verts douze ans, était le garçon le plus vulnérable qui n'était pas armé comme la plupart des gamins de l'internat pour affronter cette brutalité gratuite son cas était presque unique lui il avait encore l'affection de sa maman. Décrété coupable il devait maintenant subir l'exemple alors que les autres enfants étaient toujours dans cette position inconfortable à genoux pour assister à cette odieuse séance de flagellation, Jean se retrouva torse nu à genoux son dos offert au maître sado tenant une baguette souple qui fondait l'air d'un sifflement à chaque rotation pour lacérer le dos de Jean le martyr qui devait en plus lui dire à chaque morsure sur son dos "non, je ne recommencerai plus à faire des traces sur le mur. " Des cris, du sang et de la souffrance, pas une des quatre monitrices ne bougeaient , les enfants toujours à genoux les mains sur la tête observaient cette tragédie dans un silence horrifié. Un garçon le plus téméraire, le vrai chef de la section des 14/15 ans David du haut de ses 14 ans son corps portait de la maltraitance ancienne celle que son père lui avait infligé. Il se releva d'un coup ne supportant plus cet acharnement gratuit sur cet enfant innocent trop frêle. Les 15 autres enfants de sa section rouge commencèrent eux aussi à faire bloc ils se levaient comme une vague en formation qui allait envahir la cour, les remontrances et les menaces des monitrices qui leur promettaient le pire des châtiments, ne pouvaient plus les impressionner. Cet instant avait libéré jean des coups de son tortionnaire qui demandait aux monitrices de lui apporter de la viande fraîche en parlant de David pour qu'il reçoive lui aussi son châtiment. Mais ce ne fut pas une bonne idée aux monitrices de s'exécuter la section de David toujours solidaire et devant pour protéger les autres groupes d'enfants plus jeunes. Tous armée de projectiles des pleines poignées de gravier qu'il suffisait de se baisser pour les ramasser . Les monitrices étaient rentrée dans un nouvel habit celui de de matonne inconscientes et surtout fortement exigé par les gueulantes du directeur toujours assit comme César sur son trône en haut des trois marches du seuil de l'immeuble. C'est le fracas d'une première volée de graviers qui stoppa net invitant sérieusement aux quatre cerbères de faire demi-tour, en se dirigeant directement vers le directeur pensant qu'elles seraient mieux protéger auprès de celui-ci, ce qui ne fut pas le cas quand la deuxième averse fournie cette fois par les 40 enfants .

Les vitres de la porte d'entrée éclatèrent dans un bruit de tonnerre. Les matrones se planquaient leur tête entre leurs mains, le directeur toujours dans sa bulle voulut saisir un autre enfant pour le corriger pour l'exemple. Mais la première vague des 16 enfants du groupe de David s'avançait toujours plus menaçante et compacte avec cette pluie compacte en se dirigeant droit sur le perron, le directeur commençait à sentir la violence des cailloux et les premières plaies ensanglantées sur son visage eu pour effet de le sortir de son délire son fan-club féminin l'avaient abandonné pour s'abriter à l'intérieur du bâtiment.

La vague des enfants, libéra Jean qui était en mauvaise posture sous une chaise surveillée par une monitrice zélée à son directeur. la vague maintenant était sur le point d'engloutir l'encadrement de l'internat et de les lyncher à coups de savate dans le chahut le personnel des autres services accoururent de l'infirmerie à la cuisine tout le monde flipper grave en étant persuadés qu'ils n'arriveraient jamais à ramener le calme sans l'aide de la gendarmerie, ils avaient soufflé le mistral, en retour ils avaient une tornade face à eux qui pouvait faire énormément de dégâts. C'est une petite voix fragile qui stoppa net la révolte des enfants un silence de cathédrale avait envahi le champ de bataille seule cette petite voix d'or empruntée à Joselito elle commençait à prendre de la puissance cette voix tous les enfants du centre la connaissait, Christian, un ange tout cabossé à onze ans un petit bout de chou avec les oreilles décollées, Bègue et introverti lui aussi comme beaucoup de pensionnaires, le soir pour s'endormir, systématiquement il utilisait cette impulsion de ce mouvement de sa tête qui allait de gauche à droite accompagnée d'un ronronnement bouche fermée. La tête métallique de son lit sous l'effet répétitif de son mouvement pendulaire était devenue aussi branlante qu'un vieux fauteuil de l'empire, elle grinçait comme pour compter les secondes sous l'effet de cette rotation régulière qu'il s'infligeait pour s'endormir. Il portait toujours des vêtements beaucoup trop larges et d'un autre temps qui sentaient la naphtaline, quand il s'exprimait ses mots étaient hachés par des syllabes coupantes et épuisantes à rassembler en une phrase, par contre quand il chantait, tout était en ordre il était magnifique et sans défaut, il sentait la lavande, il était un autre garçon, il était devenu rayonnant comme le petit prince, il aurait pu charmer lui aussi la fleur, et même le malin renard. Il prenait une superbe assurance et portait même une esquisse de sourire sur son visage qui d'habitude portait toute la misère du monde.

Au comportement des chenilles processionnaires qu'il fallait adopter pour se fondre dans le groupe pour ne pas être calculé par certaines des monitrices qui étaient envenimées naturellement par l'ambiance carcérale de cet établissement. Christian pour un instant s'était extirpé de sa chrysalide pour se retrouver en pleine lumière, sa voix le portait comme un flamboyant papillon machaon virevoltant avant de prendre la pose sur un trèfle à quatre-feuilles, toute cette élégante beauté posée sur le bonheur. Sa voix n'était qu'envoûtement, les graviers de la colère étaient devenus que douceur aussi légère que des flocons de neige qui étouffaient la colère pour devenir un silence affectueux pas comme celui qui est imposé par la menace des baguettes des cerbères. Christian entonna les premières paroles de la chanson "des brigands", les enfants avaient tous la chair de poule, ils fermaient les yeux pour l'entendre profondément jusqu'à leurs tripes ils voyageaient loin de ce pays qui n'aimait pas tous ses enfants. Ils étaient tous fans de leur Joselito de cet internat cette voix cristalline avant mue elle était fraîche comme une des sources des Eaux Claires qui coulaient des contreforts de Puymoyen. Comme les larmes qui coulaient de ces visages plein de bonté et d'une épaisse mélancolie que provoquaient cette voix que beaucoup d'enfant auraient bien voulu entendre dans leur foyer au lieu d'entendre les aboiements autoritaires de Marcelle. Dans la cour, l'atmosphère orageuse s'était complétement dissipée pour retrouver une douceur assumée. Merci ! Aussi au vrai Josélito Pour ces merveilleux dimanches après midi d'hiver qui leur offrait grâce à ses films, où ce joyeux rossignol les faisaient vagabonder hors de cette austère enceinte de l’orphelinat. Pendant un instant, ils étaient tous des Joselito, ils avaient tous oublié qu'ils n'étaient que des enfants de la DDASS...

"Ces Messieurs de Grenoble
Avec leurs longues robes,
Et leurs bonnets carrés,
M'eurent bientôt…
Vous m'entendez ?
Et leurs bonnets carrés
M'eurent bientôt jugé.
Ils m'ont jugé à pendre,
Ah ! c'est dur à entendre !
À pendre et étrangler,
Sur la place du…
Vous m'entendez ?
À pendre et étrangler,
Sur la place du Marché.
Monté sur la potence
Je regardai la France,
J'y vis mes compagnons,
À l'ombre d'un…
Vous m'entendez ?
J'y vis mes compagnons,
À l'ombre d'un buisson.
Compagnons de misère,
Allez dire à ma mère,
Qu'elle ne me reverra plus,
Je suis un enfant…
Vous m'entendez ?
Qu'elle ne me reverra plus,
Je suis un enfant perdu !»

Les 40 enfants avaient repris en chœur la chanson qu'ils n'avaient jamais si bien chantée, même sous l'arbre de Noël. Un fait unique deux des monitrices avaient des larmes qui roulaient sur leurs joues et pour cause, c'était elles qui étaient les initiatrices de cette chanson pour former la chorale de la réception le Noël 1961, face au professeur Matrêt et à son parterre de personnalités, le clergé : l’évêque du diocèse, l'abée Chambault, avec la mère supérieure et ses sœurs", l'administration en la personne du sous-préfet, les directeurs des DDASS, le maire et des nombreux médecins chercheurs. Le directeur avait discrètement quitté son trône pour retrouver ses appartements pour oublier cet affront, et son autorité mise à mal, il était devenu pitoyable, il avait donné ordre à son personnel encadrant de reformer les quatre groupes par 16 enfants et les diriger dans leurs secteurs respectifs en douceur en groupe sans imposer la discipline de marcher en rang. Plus tard le directeur apprendra à ses dépens que ce jour-là il avait fait le pire choix pour se défouler sur Jean il avait choisi le seul enfant qui n'était pas un pupille, lui il avait encore une vraie maman elle lui rendait visite régulièrement à chaque week-end, le dimanche soir à son retour, il partageait toutes ses friandises (confitures de fraises, saucisson à l'ail et des caramels et chocolats et de la poudre de coco pour boire avec ses amis de sa section, Jean était un chic et généreux gamin. Malgré qu'il n'était pas de la même section, David et ses amis avaient eu raison d'intervenir pour cesser ce massacre et de mettre un terme à la révolution des graviers .


Chapitre N°24 Il est midi voilà les gendarmes pour nous faire admirer leurs bonnes prises du week-end.

Une ou deux fois par mois le lundi, c'était un rituel la gendarmerie ramenait un enfant fugueur par tradition les deux gendarmes passaient par le réfectoire à l'heure du déjeuner devant chaque table pour faire honte au fugueur menotté, suivi des commentaires des monitrices "vous voyez si un jour cela vous tente, vous subirez le même sort que lui, et cela, ce n'est pas grand-chose par rapport à l'ordonnance que le professeur Matrêt va lui concocter, ensuite il sera un putain de zombie pour quelques semaines". Mais cette fois, ils ne ramenaient pas un enfant fugueur que les parents nourriciers auraient dénoncé presto dès que le gamin allait frapper à leur porte. Au lieu de l'accueillir et de lui donner un peu d'amour du réconfort et de la chaleur, et bien nom ! Ces enfoirés Ils couraient à la gendarmerie au lieu de lui servir une soupe revigorante... cette fois, les pensionnaires n'étaient pas en cause ils venaient discrètement arrêter le directeur tortionnaire suite à la plainte de la maman de Jean, quand elle a découvert dans l'état du corps de son fils qui était cramoisi de cicatrices et des marques aux couleurs de l'arc-en-ciel d'Hiroshima sur l'instant elle avait cru que son fils avait été écrasé par l'écroulement d'un immeuble seul son visage avait été préservé. Deux des monitrices n'avaient toujours pas digéré l'averse de graviers qu'elles avaient essuyée elles étaient les plus coriaces et possédaient une rancune tenace qu'un éléphant n'aurait pas désavouée. Elles étaient colères et très remontées contre la finalité de l'éviction du directeur elles avaient promis une vengeance terrible pendant cette vacante de directeur elles décidèrent d'user de leurs prérogatives en attendant l'arrivée du nouveau pour se venger sur la section dès 14/15 ans dont faisait partie David en s'attaquant lâchement à la pudeur des adolescents en pleine évolution de la puberté, certains ados n'étaient pas à l'aise avec cette exhibition de bites. Par honte ils cachaient leur sexe sous un gang de toilette, ou le coincer entre les cuisses puissamment serrées l'une contre l'autre, malheur à ceux-là, le couple de monitrices les avait repérés de loin. Les ados étaient placés en rang par deux à poil du dortoir au bloc sanitaire elle inspectait avec délice et sadisme un à un les sexes des gamins, comme pour chercher des morpions inexistants en tirant méchamment les quelques poils pubiens ou en tapotant les testicules, les grands timides étaient les plus évolués physiquement ils étaient d'ailleurs la cible de choix de ces dames prenaient un vif plaisir à leur décalotter brutalement le sexe, ce qui rendait les garçons mal à l'aise face à cette inspection, ils pensaient qu'avec ces monitrices aussi avisées qu'elles allaient découvrir qu'ils se masturbaient et seraient dénoncés sur le rapport journalier adressait au professeur Matrêt qui diagnostiquerait une anomalie pour ce genre d'institution dans son laboratoire il trouvera un remède pour calmer cette libido précoce .

Un regard de désapprobation trop appuyé ou un hochement des épaules les pupilles décontenancés et tremblants avaient un mal fou pour ne pas craquer ils cachaient leur sexe entre leurs cuisses bien serrées. Déjà de vouloir refuser de présenter son sexe était un motif suffisant pour obtenir une sévère punition comme allait gratter à la paille de fer et remettre en cire le parquet du dortoir d'une surface de 100m² et toute sa farandole de corvées ménagères. En plus, il leur fallait supporter ce chien blanc nommé Barri du type Spitz aussi vicieux que sa maîtresse quand les garçons étaient en rang à distance réglementaire, il faisait le tour comme s'il rassemblait son troupeau de moutons et allait mordre aux talons celui qui n'était pas dans l’alignement en lui aboyant férocement dessus ce chien était vrai un kapo parfois en mal de rut, il s’essayait sur la jambe d'un pensionnaire quand sa maîtresse n'était pas très proche, il se ramassait des grands coups de savate, lui il aboyait à la mort pour attirer la monitrice en l'orientant directement sur le coupable qui se ramassait une bonne paire de baffes à lui décrocher la tête.

Plus graves, elles faisaient un rapport comportemental journalier sur chaque enfant de la section et David l'enfant rebelle avait un rapport bien chargé qui parvenait sur le bureau du docteur Matrêt, un professeur qui ne s'abaissait pas à une tâche subalterne, il n'auscultait aucun enfant, il avait une confiance aveugle aux rapports des monitrices qui n'étaient pourtant pas toujours fiables à cent pour cent, c'était suivant la cote d'amour et le ressentit ou pas qu'elles portaient sur un gosse, pour décider d'un traitement ou mettre à jour une nouvelle molécule au risque de rendre l'enfant encore plus atteint, comme devenir aphone pour quelques jours, sa langue devenait écumeuse et encombrante par son doublement de volume, ou il devenait un robot avec des gestes saccadés ne contrôlant plus ses membres en totalité, même ses mains n'avaient plus la force et la précision pour tenir un verre sans le relâcher. Il lui était impossible de monter un étage de l'escalier normalement, accroché à la rampe l’effort était titanesque, la bouche grande ouverte, il était Lachenal en train d'atteindre le sommet à huit mille mètres d'un Annapurna, sédaté à mort après suivait la cure du charbon végétal activé en granulés ce qui était comme l'éparcyl à la fosse septique pour lessiver et vous rincer afin de faire disparaître toute cette chimie que vous aviez emmagasinée dans vos tripes même le ténia n'y résistait pas à ce traitement des morceaux longs de 20 cm sortaient des boyaux de l'enfant ce qu'il l'affolait en pensant qu'il venait de rejeter une partie de son intestin.


Chapitre N° 25 quand le professeur fait construire pour les pensionnaires une salle omnisports juste pour sa gueule, et sa raquette de tennis.

Le professeur Matrêt était un curieux personnage sur sa demande, il a fait construire un gymnase, car il ne supportait plus, paraît-il de voir les enfants jouer à faire rouler des pneus ou se prendre pour Fanfan la Tulipe, Ivanhoé ou Thierry la fronde avec des épées ou des flèches en bois qui parfois se loger dans l’œil. Il est vrai que la douce histoire du Petit Prince même avec la voix charmeuse de Gérard Philipe n'avait pas lieu d'être dans cet environnement d'incompréhension et de grosse souffrance... Le gymnase était équipé pour le tennis le basket-ball et le volley. Le hic ! C'est que la salle était toujours dans la configuration du tennis donc impraticable pour d'autres activités et , sans les raquettes ni les balles, les enfants devaient retourner jouer aux billes ou aux osselets ou au mikado dehors, pour les plus téméraires il pouvait jouer au foot avec les brodequins, les chevilles et les tibias passaient de très mauvais moments, sinon plus calmement, il y avait les cerfs-volants de fabrication maison à une seule utilisation l'atterrissage était souvent mortel pour cet objet l'armature était en tiges de noisetier recouvert de papier-journal enduit de colle à tapisserie. Il fallait un vent courageux pour qu'il prenne son envol et ensuite pour qu'il veuille bien tenir en l'air cette occupation devenait rapidement lassante avec le plafonnement limité du cerf-volant ne pouvant jamais atteindre les nuages le rêve des gamins, la longueur de la ficelle devenait si lourde pour l’amplitude de la maquette volante.

Il était évident que notre cher Docteur Matrêt s'était fait un petit plaisir sur le dos des pensionnaires pour venir jouer au tennis avec sa cour de fayots d'internes et de ses collègues subalternes apprentis sorciers. Ils avaient à disposition de la matière gratuite les enfants de l'IMP ou les adultes des malades mentaux de l'asile proche du centre de L'Esquirol du professeur Matrêt, ils pouvaient tester à volonté la tolérance et les effets secondaires des nouveaux médicaments avant la mise sur le marché. Sachez que certains traitements que vous utilisez actuellement ont été testés sur un enfant de la DDASS à son l'insu. Lui, il portera, hélas, des séquelles migraineuses ou idiopathiques pour le restant de sa vie. Mais comme nous étions que des enfants de deuxième zone, bègues ou poliomyélites et sans famille, la société n'avait aucun scrupule et elle n'avait que faire par ignorance de ces cobayes humains.

Chapitre N°26 David s'est damné pour les premiers yaourts aux fruits.


Les seuls changements après la guerre des graviers ont été de nommer un moniteur d'une autorité aussi carré et massif que son physique, pour la section des grands puis un nouveau directeur pour le centre monsieur Maurice un homme nouveau, moderne et pédagogue, ouvert à l'écoute des enfants malgré ses sciatiques paralysantes et douloureuses à répétition, enfin ! Un vrai merveilleux directeur, l'abée Chambault, les monitrices mesdames Laurent d'Orange, Orlondo la marraine de David étaient les seules personnes super- pédagogues de l'encadrement d’exception que les pensionnaires du centre ont eu la chance de rencontrer. C'est elles qui ont sauvé l'avenir pourtant déjà mal embringué de David. Quant à Jean la victime du directeur bourreau il ne remit jamais, plus les pieds dans cette institution, il est resté avec sa maman. Cette dame-ci gentille avait sauvé tous les autres pupilles victimes des sévices de ce taré de directeur que certaines monitrices complices et lâches avaient préféré tourner la tête aux exactions de ce minable.

Madame Laurent cette divine monitrice avait pris sous son aile le sort de David, elle lui trouvait souvent des faux prétextes pour l'envoyer dans le bâtiment d’hébergement des monitrices, comme pour aller chercher un vêtement oublié sur son lit. Mais la récompense était entre volet et fenêtre de sa chambre, où elle laissait volontairement dans ses boîtes colorées tout un achalandage de véritables pâtes de fruits de plusieurs parfums qu'elle ramenait de ses week-ends d'Orange. David, face à ce délice se gavait jusqu’à écœurement, sachant que l'odeur qu'il avait humée en passant près de la cuisine, n'était pas ragoûtante pour le repas de midi, il reconnaissait avec dégout ce que sera le contenu de son assiette. Elle était effectivement garnie d'un mortier de pois cassé, avec sa tranche inséparable de foie de porc tout saignant et presque vert. Pour une fois que les enfants avaient de bonnes intentions envers lui cet ingrat de chien refusait les morceaux que les enfants lui offraient il abandonnait le tout sous la table. Le dimanche un merveilleux poulet rôti était de rigueur et personne ne laissait sa part au chien, dommage que ce plat ne fut pas accompagné patates frites au lieu de cela ils servaient cette horreur de céleri-rave frit coupé en cube, filandreux à outrance impossible à mastiquer pourtant pour s'en débarrasser il fallait l'avaler tous rond pour ne pas vomir dans son assiette.

Pour améliorer son ordinaire David avait passé, un deal en cachette avec la lingère ; une douzaine d'escargots pour un yaourt nature, ou 2 douzaines escargots pour un yaourt aux fruits. David avait zoné tout l’intérieur de l'enceinte chaque haie, mur, ruine avait été fouillé par David sur un mois, il avait tari tout le filon d'escargots. David reprit espoir quand un matin sur l'autre rive de la rivière Charreau qui était la délimitation naturelle du pensionnat, il aperçut un papi avec un panier à salade garni de cagouilles. David reprit espoir de voir que ce n'était pas fini il pourrait encore déguster des yaourts à la place des Minis Bonbel orange, des carrés Gervais ou de la portion de la Vache qui Rit ou autres vaches qui n'étaient souvent qu'une pâle copie gustative qu'on lui servait au réfectoire de l'internat. Mais cette fois, il allait devoir régler des gros problèmes pour réussir seulement à traverser cette rivière hostile par sa faune qui l'habitait et par aussi son début de pollution, elle était l'égout à ciel ouvert du centre aggravé par les rejets d'une papeterie en amont qui formaient des voiles opaques blanchâtres que les branches basses des arbres retenaient donnant une sensation d'un lieu diabolique, la rivière était profonde sur une largeur de 2 à 3 mètres par endroits c'est le fort débit qui lui permettait d'avoir encore de la vie.

Son passage à pied était impossible, il y avait bien un petit pont en amont pour accéder à la rive gauche, mais il était placé trop proche du village voisin où ses habitants altérés avaient à l’œil, et dès l'apparition d'un pensionnaire hors des limites de la propriété de l'internat les autres gamins du village le refoulaient à coups de lance-pierre comme s'il était atteint de la peste. L'autre obstacle était encore plus vicieux, il s'appelait Jules un homme d'une soixantaine d'années, un physique de charognard la tête, complètement, déplumait des petits yeux fuyants, il était sec comme un coup de trique, toujours fraîchement rasé, son sillage entêtait l'eau de Cologne Mont St Michel, toujours vêtue de sa combinaison de bleu de chauffe, il possédait une motte dont il avait aménagé une cabane en bois tout confort, à sa droite était aussi placée une ruche dont l'ensemble jouxtait le terrain de récréation des adolescents du centre.

Il passait le plus clair de son temps à regarder son espace toujours la main en visière à la hauteur de son front comme pour ne rien manquer jusqu'à la ligne de l'horizon, il sifflotait sans cesse, mais le son n'était pas le chant joyeux du rossignol ça ressemblait plus à une bravade méprisante et insolente à l'attention de son voisinage.

Jules était une personnalité reçue en bienfaiteur par l'encadrement du centre chaque fois qu'il se présentait à l'internat avec un enfant qui paraît-il s'était égaré hors de la propriété, alors que souvent, il allait les cueillir à la limite du bois mitoyen en direction de l’agglomération de Saint-Michel. Jules pour les encadrants, malgré ses travers était d'une utilité indispensable comme l'indic pour la police. Grâce, à lui ils n'avaient pas à faire de déclaration et de comptes rendus officiel pour fugue et indiscipline auprès de la gendarmerie qui ensuite aurait été suivie par le supérieur de la monitrice

responsable de l'enfant d'une sanction disciplinaire pour négligence, blâme ou mutation.. C'est pour cela que jules malgré son vice était toujours le bienvenu Et tant pis si l'enfant avant son retour avait été contraint de passer un sale moment par la cabane pour y endurer les caresses charnelles et impures de ce répugnant de Jules. Pour la responsable c'était une bonne leçon afin de faire comprendre à ce pensionnaire imprudent ne s'avise plus à flirter avec les limites de l'établissement.

David ne lâchait pas son projet malgré toute cette hostilité environnante, il ne voyait que des yaourts aux fruits dans sa tête, c'était franchement irrésistible et trop bon !

Pour atteindre l'autre rive, il fallait monter une expédition genre à la recherche du "Diamant Vert". en miniature. Pour David, Daniel était le collègue sûr de sa section,pour entre prendre ce projet fou. Ils commencèrent à vider le local poubelle de la cuisine où étaient entassées de nombreuses boîtes des emballages de poissons en bois très résistants, la fouille s'étendait dans les locaux techniques des entreprises de maintenance elle avait été d'ailleurs fructueuse, ils avaient maintenant des outils adéquats, plus des fournitures, clous, vis et fil de fer, corde. Ils avaient aussi trouvé un vieux ciré vert pour assurer l’étanchéité de l'embarcation. Ils avaient planqué toutes leurs trouvailles dans leur cabane dans le bois. Ensuite fallait attendre le dimanche suivant après le retour de la messe pour pouvoir s’éclipser et déjouer la surveillance allégée de ce jour.

Les deux compères œuvraient à l'assemblage des boîtes entre elles sur deux grosses branches le tout recouvert du ciré pour étanchéifier le radeau, une gaule de noisetier avec une planche clouée à son extrémité servait de pagaie.

Le dimanche suivant l'embarcation consolidée avait pris la forme d'un radeau carré de 1 mètre sur 1,50 mètre David pris place sur son assemblage de bric et de broc. En laissant Daniel sur la rive qui devait le suivre de la rive avec la corde pour contrôler l'embarcation dans le fort courant et en cas de naufrage. La rivière par endroits avait un fort courant et était suffisamment profonde pour s'y noyer surtout que David nageait aussi confortablement qu'une serrure. David malgré les 2,5 mètres de largeur de la rivière se lança dans le cours d'eau, qui était un vrai bouillon de culture, il fallait surtout éviter de prendre un bain car la faune était bien encore vivante dans ce lieu infect entre rats-d'eau aussi gros que des chats de gouttières, où des vipères aspics qui vivaient en bordure de la rivière. La traversée pour aboutir sur l'autre rive était aléatoire, car l'embarcation dérivait énormément par la force du courant malgré l'effort de Daniel de retenir la corde pour empêcher le radeau de partir pour en aval de la rivière la pression était-elle que Daniel avait lâché la corde ce qui entraîna Denis malgré ses coups rageurs de pagaie obligée de se coucher pour ne pas être accroché par les branches rasantes sur le fil de l'eau Denis était enfin sur la rive gauche à plus de 800 mètres de son point départ,.

La faune était bien présente les serpents venaient face à l'embarcation sans vouloir la dévier pour l'éviter, les rats étaient en nombre par le flanc droit. Dans ce marigot David passait pour un intrus, c'est à grands coups de pagaie qu'il a dû sévir sérieusement pour éloigner ce monde hostile. Daniel était bien là,en face David lui lança à plusieurs reprises la corde sans pouvoir l'atteindre du premier coup en insistant Daniel réussis enfin à fixer l’embarcation qui était déjà bien destroy. David était déjà entrain de crapahuter la rive glissante, pour son accueil un escadron de moustiques soif de sang se jetérent sur lui. Mais rien ne pouvait l'arrêter il inspecta les alentours à l'horizon, pas d'humain, il fit un signe à Daniel avant de s'éloigner il y avait face à lui trois ou quatre mottes idem à celle de Jules « le véreux ».

A sa gauche des saules pleureurs, des touffes de buis avec de nombreuses haies en osier, il y avait aussi un incroyable maillage de petits canaux pour David c'était trop tiré aux cordeaux pour trouver les escargots, et c'est à droite que David décida de s'orienter vers les grandes étendues de culture de choux verts et rouges et surtout des ravins et des haies sans entretien David venait de toucher le bingo ! Il venait de remplir en une heure sa musette de plusieurs centaines d'escargots. il avait prélevé la valeur de huit yaourts aux fruits qu'il partagera avec son complice Daniel. Le retour fut plus simple à gérer, son collègue avec la corde a pu ramener directement l'embarcation sur sa rive droite sans encombre, ensuite, ils ramenèrent le semblant radeau dans la cabane pour le réparer pour peut-être une prochaine tentative. Le week-end suivant le nouveau directeur avait organisé un sympathique pique-nique pour la section de David des 16 enfants à un magnifique endroit rien à voir avec la Charreau, la vallée des Eaux Claires à Puymoyen son nom n'avait pas été usurpée tellement que cette vallée naturelle était d'une grandeur et d'une somptuosité à couper le souffle.

Très escarpées par les rochers, il y avait de très nombreuses cavernes et grottes, elles ne contenaient ni dessins ou peintures de la préhistoire. Par contre, de nombreux cœurs avec leurs prénoms étaient gravés au cran d’arrêt sur les parois, ce site était un haut lieu du flirt et de la baignade qui était animée par de belles cascades en série. C'était une jeunesse de 16 ans à 20 ans qui fréquentait les lieux, d'ailleurs, il suffisait de regarder la concentration de Mobylettes sport biplace pour réaliser qu'ils étaient nombreux accompagnés de leur promise à squatter l'endroit. Il y avait beaucoup d'amour sachant que l'eau fraiche y était abondante, elle coulait de tous les rochers d'une pureté exceptionnelle, et même en pleine chaleur, elle était si froide qu'elle glaçait les dents à provoquer une violente odontalgie.

Le dimanche suivant était sous la pluie. David et Daniel avaient décidé de se faire un dernier giron sur l'autre rive de la Charreau pendant les projections répétitives "le voleur de bicyclette film de 1949. "chômeur depuis deux ans il retrouve un emploi, on lui vole son vélo, il lui est impossible de remettre la main dessus. La perte de sa bicyclette signifiant la perte de son emploi, il se résout à en voler une autre, mais lui, il se fera prendre et lyncher par la foule.)" Ou alors c'était les sagas plus romantiques de Roberto Benzi "un enfant de dix ans musicien et chef d'orchestre à l'oreille absolue", puis le fameux Joselito "chanteur à la voix d'or".

David était déjà trempé comme une soupe pour effectuer la traversée la flottaison de son embarcation était plus proche de celle d'un sous-marin. Enfin, il put atteindre l'autre rive avec prudence, il s'engagea dans la même direction de la première fois des mottes, Jules la vigie n'avait pas l'air de trainer dans les lieux. Pourtant derrière une touffe de buis, un fauve était planqué en position d'attaque, il surveillait les faits et gestes de l'antilope esseulée, voyant qu'elle était très proche de sa planque le vieux fauve,se mit à bondir vers l'antilope, mais grâce à sa jeunesse, à son agilité et à sa vélocité, elle lui échappa totalement. Dans sa course David avait perdu sa musette et son bâton il put rejoindre l'autre rive grâce à la dextérité de Daniel qui avait flairé le danger que Jules le vicieux était sur les talons de David. Cette fois, ils laissèrent partir leur ramassis d'assemblage flottant à d'autres aventures sous les yeux contrariés de Jules qui ne pouvait plus les atteindre qui levait le poing en l'air d'impuissance en vociférant des insultes extrêmes envers les deux garnements. Les deux compères devaient passer en premier par la salle d'eau qui était heureusement déserte pour enlever la boue qui couvrait leur visage et surtout leurs jambes en plus David devait se débarrasser de ces maudites sangsues repues de son sang et qui restaient fermement accrochées à ses pieds et à ses membres inférieurs. Leurs brodequins n'étaient en reste pour un nettoyage complet, ensuite ils devaient changer de tenue et enfiler leurs blouses grises au port obligatoire. Entre l'étage et le r.c aucune mauvaise rencontre ils pénétrèrent incognito dans le sombre obscur du réfectoire transformé en cette occasion en une salle de cinéma, pile quand le voleur de bicyclette se faisait copieusement lyncher par la foule.

Le lendemain après-midi le nouveau directeur demanda avec insistance à recevoir David avec sa monitrice du groupe, David compris à ce moment-là que ce serpent de Jules était venu cracher son venin, en bon voisin il avait ramené la musette et son bonnet était placé à l'intérieur qu'il avait égaré pendant sa fuite c'est en voyant le matricule n°12 qui était cousu à l'intérieur du bonnet et de la musette que le directeur su que ces effets appartenaient bien à David. Dès le lundi Jule avait demandé de rencontrer le directeur pour lui remettre en mains propres sa trouvaille tout en l'informant avec zèle sa rencontre du dimanche dans sa motte, il lui signala aussi la présence d'un complice qui était sur l'autre berge et qu'il avait permis à David de s'échapper en traversant la Charreau accroché à son radeau. David comprit que le directeur n'avait pu identifier son ami Daniel malgré la présentation à cette crapule de collabo la maquette de tous les enfants par groupes de L'IMP que Jules visionnés un à un avec trop de minutie tout en calculant certains visages d'enfants qu'il aurait bien voulu choper dans sa cabane. Le directeur commencé à comprendre que Jules partait plus à la chasse de ses fantasmes au lieu de chercher réellement le fameux complice que David refusait de lui servir en jurant qu'il était seul et que Jule n'était qu'un mytho qui voulait simplement se faire mousser auprès du nouveau directeur du centre. La séance se termina sans que Jules puisse mettre un visage sur le complice ce qui soulagea David qui était impatient d'aller briffer son ami Daniel. Jules s'excusa auprès du directeur en protestant "que tous ces enfants les cheveux en brosse et en blouse grise identique qu'il était impossibles de les dissocies.

C'est par frustration que Jules a vendu David, par sa maudite musette et son bonnet qu'il aurait pu abandonner négligemment en les balançant dans la propriété de l'établissement et l'affaire aurait été définitivement close. Alors que là il venait de mettre en route le futur punitif à l'encontre de David en déclenchant une arme massive le conseil disciplinaire formé par le grand encadrement de l'internat à réunir en toute urgence, pour décider de la suite que les membres donneraient à cette nouvelle bévue de David, devaient-ils l'interner dans une maison de correction où trouver un autre lieu disciplinaire aux allures de forteresse. David était impressionné par le nombre de personnes en trois jours qui étaient là présentes, parce qu'il s'était échappé de ce vieux salopard en foulant son terrain.

Il y avait ce mauvais directeur de l'agence de la DDASS d’Angoulême le professeur Matrêt, le nouveau directeur Maurice du centre, heureusement pas celui qui prenait plaisir à frapper les enfants en public, l'abée Chambault les monitrices mesdames Laurent et Orlando sa marraine, il y avait aussi la plus mauvaise et la vicieuse la fille du chef cuistot une fille terriblement complexée qui avait la silhouette pour travailler avec son père ou tenir une poissonnerie et qui haïssait avec force David. Il ne manquait que le préfet et son peloton de gendarmes pour assister au crime d'avoir franchi une rivière aux eaux pourries.

Le directeur Maurice demanda à David de se lever et de s'expliquer sur sa désertion David avait beau taper du pied pour faire sortir un mot, mais rien de compréhensible ne sortait de sa bouche, seulement son corps tremblait d'effroi face à toutes ces personnes inquisitrices et impressionnantes, sa souffrance était terrible, lui le baroudeur inconscient il se pissait dessus, les monitrices mesdames Laurent et Orlando voyant l'état de l'adolescent, c'est elles qui prirent la parole pour expliquer qu'il n'avait pas fait cette escapade pour fuguer, mais seulement par péché de gourmandise pour obtenir les nouveaux yaourts aux fruits que l'internat ne pouvait leur offrir d'ailleurs, il les partageait avec ses collègues de sa section en échange des escargots que la lingère lui prenait. Mais le directeur de la DDASS et le professeur Matrêt ne trouvaient pas l'affaire aussi futile que les deux monitrices voulaient bien leur faire comprendre, ils trouvaient que chez David quelque chose était quand même tordu "comment ce garçon pouvait-il être aussi inconscient de prendre le risque de traverser un cours d'eau dans une boîte à poisson au risque de se noyer pour obtenir des ridicules yaourts aux fruits... ?" "C'est quoi cette dinguerie ? Ce gamin n'était franchement pas normal ! "S'exclamait le professeur Matrêt. C'est ensuite le directeur de la DDASS qui prit la parole " mais comment a-t-il fait pour tromper la vigilance des monitrices à ce niveau-là, surtout s'ils étaient deux ? D'ailleurs, c'est qui l'autre complice ? » En s'adressant cette fois au directeur Maurice et à David. Le corps de David était toujours en transe malgré l'insistance des deux hauts responsables David refusa de donner son complice en niant qu'il avait agi seul pour cette aventure, et tant pis s'il allait encore s'en prendre plein la gueule.
Seul le directeur de la DDASS et la Moche vindicative avaient demandé un nouveau placement de David dans un centre disciplinaire. Le directeur du centre et le curé les deux monitrices Laurent et Orlando n'avaient pas lâché David tout en sachant qu'il mentait quand il jurait que son expédition, il l'avait effectué seul.

La décision finale revenait au professeur Matrêt, qui lui trouvait que ce dur à cuire cet évaporé n'avait pas sa place dans cet institut, il méritait un placement sérieux et façon militaire en maison de correction. Mais il serait dommage de se passer de ce cas en l'utilisant comme cobaye pour le nouveau protocole prometteur qu'il effectuait pour un laboratoire les traitements neurologiques et troubles cognitifs. Pour cette expérience, le professeur Matrêt effectuait un duo avec le directeur instituteur pour une rééducation de l’élocution et de la prononciation afin d’éradiquer le bégaiement et la dyslexie, c'est comme cela que David a été libéré de son enfermement intérieur en évitant l'enfermement de la maison de correction malgré que les traitements ne fussent pas une joyeuse balade par leurs effets secondaires redoutables.

Chapitre N°27 Les Smarties chimiques étaient L'arme fatale du professeur. Alors que l’instituteur reprenait à la base la prononciation des mots avec l'aide du manche d'une cuillère à soupe.

Les traitements chimiques étaient toujours l'apanage favori et l'arme massive d'asservissement du professeur et de sa horde d'internes pour traiter les adolescents qui parfois ne voulaient pas grandir tellement que la vie leur paraissait effrayante. Il était impossible pour un pupille d'obtenir un RDV chez un dentiste malgré une énorme chique dentaire, par contre les abonnements à la clinique psychothérapique du professeur depuis la petite rébellion et de la dernière réunion ont été amplifiés, il n'était besoin de rendez-vous pour se rendre encadré militaries par deux colosses au service d'électroencéphalogramme de L'Esquirol. Voyant tous ces fils électriques gris et crème vissaient sur le crâne, David avait l’impression qu'il était William Kemmler, la première personne à être exécutée par l'intermédiaire de la chaise électrique, installée sur l'assise surélevée les jambes dans le vide les autres membres et sa tête étaient fixés par des sangles. L'instant suivant la machine grésillait comme une ligne haute tension par temps de brouillard, il pensait que s'en était fait, qu'il allait mourir sur son siège qui ressemblait étrangement à la chaise électrique de Thomas-Edison. Paraît-il qu'il allait chercher la folie, il fallait la débusquer dans les tréfonds du cerveau en sortant des km de listing un graphique à plusieurs courbes en rouge et bleu comme pour détecter où la folie pouvait bien se planquer dans ce tissu mou à la forme d'une grosse noix...

Le patient ressortait ko de cette séance, avec une migraine persistante de 48 heures, d’ailleurs, elle reviendra sans cesse idiopathiquement pendant toute la vie de David et des pupilles cobayes, telle une tique accrochée à perpétuité dans leurs têtes. Après chaque séance, la lumière du jour devenait jaune comme si vous étiez pris dans les phares d'une voiture. Et cette pâte blanche qui puait et coller les cheveux comme un enduit mûral sans pouvoir se shampoigner les cheveux car ce n'était pas le jour hebdomadaire de la douche, cette pâte dégoulinait par la chaleur des électrodes dans les yeux qui étaient déjà beaucoup trop inquiets pour s'ouvrir, de ne pas savoir ce que le monsieur à la blouse blanche allait découvrir, allait-il diagnostiquer un dérèglement mental ou une dyslexie ? Suite à des neurones endommagés, par tant de sollicitude des traitements de cobaye subits qui pourraient vous transformer en un redoutable serial killer, "on n'est jamais assez prudent avec cette mauvaise herbe sauvage indestructible il fallait protéger la société, car un jour, ce rejeton haineux pourrait se rebiffer", c'est ce que disait, le professeur Matrêt aux monitrices accompagnatrices.

David a quitté ce lieu sordide de l'IMP à 15 ans, il en est sorti droitier contrarié, il parlait normalement sans bégaiement et sans dyslexie grâce à la patience et à l'affection du directeur instituteur qui pendant son temps libre, s'était fait une spécialité de restaurer la prononciation avec la queue d'une cuillère à soupe dans la bouche pour orienter la langue la séance durée une heure par jour parfois sur deux ans. À force de persévérance, il a sauvé des dizaines de garçons qui peuvent maintenant s'exprimer couramment. Quand pour la première fois, son élève a prononcé le mot fatidique de cheval au lieu de (seval) et que le (tonmou) est redevenu à l'endroit un mouton, l'instituteur a actionné vite ses essuie-glaces devant ses yeux larmoyants d'une sensibilité joyeuse, il était flamboyant les bras en l'air avec sa cuillère à soupe en étendard.

Tout en étant un hypersensible, il essuyait discrètement sous la table ses verres de lunettes qu'il avait inondés de larmes, même sa pipe n'avait plus le bruit habituel du tabac en fusion ce n'était plus qu'un bruit de gazouillis humide sans la fumée.

Sans ce grand monsieur, David et beaucoup d'autres enfants seraient restés bègues et dyslexiques à vie sans aucune possibilité de réinsertion dans la société. Salut l'artiste & merci encore ! Parfois dans le couloir sombre de notre vie, on croise un homme sans Légion d'honneur qui pourtant a fait discrètement plus de bien qu'un artiste ou d'un politique, ou tout autant que Lourdes avec ses miracles pour le genre Humain.

Les traitements chimiques du professeur Matrêt étaient limites supportables et si peu efficaces avec en plus des gros problèmes d'interactions comportementaux sur l'enfant, ce sont pourtant ces traitements qui ont été préférés à la méthode de l'instituteur qui elle était trop artisanale pour ce professeur toujours à la recherche d'un cas pour s'en servir de cobaye à la disposition des laboratoires. David a heureusement échappé à la lobotomie frontale qui avant cette époque était une pratique reine pour soigner beaucoup de maux psychologiques et qui par la suite a été remplacée par une méthode moins barbare mais tout aussi effrayante celle de la chimique avec son traitement médicamenteux à vie.

David venait d'avoir ces 15 ans âge-limite pour rester à l'internat, libéré de l'IMP sans repasser par l'étape de chez Marcelle, et c'était mieux pour lui, son papa venait de renouer avec lui et était redevenu un superbe père il avait refait une nouvelle vie loin de cette  mistoufle d'autrefois qui lui avait emporté sa mère . David s'était métamorphosé, seules les migraines subsistaient, elles étaient toujours là par période elles revenaient aussi coriaces laissant une cicatrice béante sur cette période de noirceur gigantesque qui a couvert toute son adolescence. Malgré tous ces malheurs, il est devenu un beau jeune homme musclé et élégant blond 1m90, pour 80 kg. Il est devenu le pilier indispensable de l'équipe du club de rugby du SCA d’Angoulême, Denis ne revit plus son demi-frère de la DDASS.


Chapitre N°28 une reconnaissance de la part des Charentais, il ne fallait quand même pas rêver...


Ils ont fait l'essentiel en les nourrissant afin qu'ils soient redevables et qu'ils puissent leur rendre au centuple un labeur gratuit et sans limite. Dans cette vie, alors qu'ils étaient dans l'état d'un chien taré abandonné à la SPA pour enfants promis au destin aux fermes charentaises, à une rigueur rustre et sévère à ne produire que de la main-d’œuvre généreuse et surtout à moindre coût, et en plus ils rapportaient une amélioration dans le foyer grâce à la pension versée par la DDASS. Les vrais enfants de ces familles du même âge étaient promis à des études alors que les pupilles pouvaient aller se faire brosser pour obtenir l'équivalent au contraire dans les champs de betteraves ou de patates, ou à nettoyer les écuries ils cumuleraient, un déficit d’instruction général et ils finiraient trop souvent illettrés et analphabètes ce qui arrangeait bien la société que nous soyons que du matériel agricole. La plupart des gamins finissaient en guenille à porter des vêtements usagés des enfants de la famille d'acceuil qui eux portaient les vêtements neufs qu'ils avaient soutiré du trousseau du pupille.

Les repas dans ces fermes n'était pas un lieu de raffinement pour une dégustation de fin bec, il était plus proche de la bornée à cochon. Le plat royal était servi régulièrement, l'assiette de fayots avec ces trois rondelles de carottes qui nageaient dans un jus insipide avec son morceau de couenne toute velue qui était impossible à avaler au risque de tous vomir à cause de ces poils d'un demi-centimètre qui grattaient le fond de la gorge. Ils n'étaient pas non plus question de quitter cette putain d'assiette si elle n'était pas vidée, il fallait honorer ce succulent morceau de couenne de porc avec sa barbe de huit jours qui était le plat national dans cette maison. Pour éviter de rester des heures à table quand le chien n'était pas sous la table il fallait être malin. Denis découpait la couenne minutieusement en petits morceaux afin de rassurer Irène, la mère nourricière voyait déjà que Denis allait enfin déguster ce mets d'exception qu'il allait déglutir tout rond. Ce qui permit à Iréne d'aller vaquer à d'autres occupations, persuadée que ce sale gamin allait en finir avec son assiette Denis n'attentait que cet instant pour faire disparaître les morceaux de la couenne qu'il avait roulés dans une feuille du journal pour ensuite les placer dans son caleçon en attendant de pouvoir les jeter dés la première occasion sur le tas de fumier.

Le soir, c'était souvent les restes qui étaient sur la table avec l'indispensable assiette de soupe, composée de bouillon un restant d'un pot-au-feu, ou d'un bouillant de poule avec quelques légumes qui nageaient parmi ses multiples yeux gras. La marmite était d'une belle contenance et profonde afin que la soupe puisse tenir pour plusieurs jours avant qu'elle devienne trop aigre. Ce que ne pouvait pas détecter le mari d'Irène qui effectuait un curieux chabrot à l'envers en remplissant d’abord le fond de son assiette de sa piquette de vinasse, ce qui réduisait considérablement la quantité du bouillon ajouté. Avant chaque souper Irène puisait à l'aveugle à la louche le bouillon dans le faitout qu'elle ne déplaçait pas dans le bas de sa grande armoire. Elle concoctait ensuite une soupe améliorée aux vermicelles alphabétiques ou avec une biscotte ou avec du pain rassis ou parfois avec du tapioca enfin avec ce qui lui restée. Le deuxième soir pensant qu'elle touchait le fond du récipient, elle poussa un cri d'horreur, car elle venait de retrouver son chaton qu'elle cherchait depuis deux jours. Denis d'apprendre qu'il avait consommé ce bouillon du chat à la nage, l'avait complétement écœuré, horrifié, abominé.et quitter la table pour aller vomir.

Ce qui fut un comble, c'est que le couple ne voulait pas croire à l'accident soupçonneux, il était persuadé que l'animal n'était pas tombé tout seul dans ce faitout avec le couvercle qui était resté dessus. Le couple y voyait un coup de pouce de la part de Denis qui aurait été aussi stupide pour avaler la soupe en sachant que le chaton baigné dedans, pas un instant le couple n'avait mis un doute sur leurs deux enfants Marc et Bertrand qui pourtant n'étaient pas assidus obligatoirement à la soupe le soir. Ces deux gamins n'étaient pas des saints loin de là, ils avaient de sérieux comptes de jalousie à régler envers Denis qui utilisait un peu de leur espace pourtant loin d'un lien quelconque proche de leurs parents le seul lien que pouvait obtenir Denis dans cette famille était celui du chien. Pourtant Ils étaient prêts à faire n'importe quoi pour faire endosser leurs saloperies sur le dos de Denis qui n'était qu'une personne no grata dans cette famille et qu'il ne devait pas l'oublier un seul instant sachant que déjà il lui offrait le gite et le couvert avec générosité et qu'il ne fallait pas abuser de leur philanthropie.

Il était impossible de trouver des garnements plus machiavéliques que ces deux- là. Ils auraient été capables d'avaler la soupe tout en sachant que le chaton était au fond pour persuader leurs parents de les disculper tout en voulant pour orienter le doute en direction de Denis. La mémé de la maison n'était pas en reste non plus bienvenu chez les cradingues parfois, elle revenait toujours avec trois ou quatre cagouilles fraichement ramassées en pleine course toutes les cornes tirées et toutes baveuses, elle les déposait directement sur la plaque chaude de la cuisinière quand l'escargot ne produisait plus cette bave visqueuse verte, une pincée de sel et avec la pointe de son couteau elle les mangeait avec délectation et avidité. Un jour qu'elle était de corvée à faire mijoter un ragoût de porc dans la cheminée en le remuant méthodiquement avec une cuillère, il n'était pas rare de voir subrepticement des filets de morve sortir de son nez pour atterrir pile dans la marmite du ragoût qu'elle tournait méthodiquement comme si de rien n'était. En période des moissons ou des vendanges quand toute la contrée se réunissait et que les marmites manquaient, il n'était pas gênant de voir son gros pot de chambre recyclé en un récipient alimentaire pour contenir le ragout d'agneau installé en bonne place sur la table et qu'un convive pensant faire de l'humour sur ce récipient lancer une plaisanterie salace, « dépêchez-vous les gars à le vider, car j'ai une grosse envie pressante ».

De toute façon chez ces gens-là, le seul critère essentiel qu'ils demandaient à un pupille, c'était d'avoir des bras solides pour assumer sans relâche, en cette époque il n'était pas utile de passer par une salle de musculation pour développer ses muscles. Le pupille n'avait pas le droit de s'engager dans une conversation d'adulte et certainement pas le droit de poser une question qui aurait pu embarrasser sa famille d'accueil sur certaines de ses injustices criantes que l'adolescent devait subir journellement en silence. de toute façon la réponse était cinglante il n'était que des" filles ou des fils de garce".

Essayez donc de trouver une reconnaissance ensuite chez ces familles charentaises qui ont pourtant beaucoup pris et compté en argent sur le dos des aides des pupilles de la DDASS qui en plus participé activement à l'essor de la ruralité en Charente en nettoyant les écuries, en soignant les animaux en bêchant et en sarclant gratuitement des hectares de cultures avec ou sans la participation du père ou de la mère de la famille d'accueil. Les orphelins s'échinaient gratuitement, pendant que leurs fils n'étaient que des enfants insouciants qui n'étaient débordés par les devoirs de l'école quant aux plus âgés, ils étaient dans des établissements de formations supérieures en agroalimentaire.

Maintenant, ils roulent leur arrogance de la réussite au volant de leurs gros 4x4 noirs pour rencontrer les sommités du département et les autorités de la préfecture qui leur sont tout acquises, les réceptions du préfet en leur honneur non-rien à envier à celle-ci de l'ambassadeur.

Pourtant, ce n'est pas très beau ce qu'ils font maintenant, à vouloir tarir jusqu'au  plus petit ruisseau avec sa faune et qu'importe la profondeur même s'il fallait atteindre la Chine pour pomper  notre bonne eau potable à la consommation pour la balancer dans les champs , pour ensuite en période estivale nous faire une soupe agrémentée de plusieurs produits chimiques pour nous faire boire une eau qu'ils ont bourrée en nitrate et de pesticides avec de l'eau du fleuve Charente retraitée sous le  contrôle complice d'un élu départemental et du préfet comptable de la qualité de cette eau pendant les deux ans que durera sa mutation sur le département, il va bidouiller consciencieusement les qualités divers des eaux afin d'atteindre un seuil de tolérance pour que son eau du robinet ait une apparence de conformité malgré que certaines fois l'eau est  trouble et a une odeur de boue javellisée, le remède pour apprécier cette belle eau cristalline ces messieurs ont du génie ils vous proposent comme solution sérieusement sans rire de mettre cette merde en carafe comme vous le feriez pour aérer du Chambertin ...

Les pupilles auraient donc sué dans ces exploitations pour maintenant boire et manger les produits nocifs pour en finir un jour par arrêt de l'arbitre d'une nouvelle souffrance provoquée par un cancer. Tous ça pour ça, qu'elle déception. Vous n'êtes plus des paysans, vous êtes devenus des exploitants de grandes superficies en vivant trop souvent avec les aides de l'Europe, pour nous produire en plus une alimentation oncogène.

Chapitre N°29 A ma sœur de galère. Fille de la DDASS "Tu ne termineras pas ton adolescence pucelle la drôlesse il nous faudra bien qu'un jour on se paye en nature.

le calvaire d'une drôlesse, ce nom que Denis trouvait abject sans élégance, vulgaire, insupportable et dégradant qu'il faudrait même bannir du patois charentais " la drôlesse" comme le disaient ces vieux vicieux d'une voix appuyée et forte à rendre sourd un Sonotone pour se faire remarquer dans tout le voisinage pour désigner la pupille qui était déjà surnommée " fille de garce" ! Ils avaient l’œil pervers et les lèvres vineuses et baveuses, tout en se tripotant les couilles à travers la poche de leur pantalon en velours côtelé, ils avaient fait une sacrée découverte, que la drôlesse pouvait rimer avec fesse, "olé vachement benèze...!"
Martine 16 ans finissait ses études, elle servait de boniche et de bergère et devait aussi soulager sexuellement François son père nourricier, il abusait d'elle, mais pour lui ce n'était pas un viol, ce n'était seulement que son droit de cuissage, qu'il exerçait avec zèle et outrance par son autorité tous les lieux insolites de sa ferme, il les avait tous essayés pour tenir hors d'atteinte sa femme Germaine du délit.

Pourtant, une fois dans l'étable alors que madame était partie faire les courses dans le village à 8 km avec sa bicyclette, sur place, elle avait rencontré son voisin qui lui était motorisé, lui avait aimablement proposé de faire le retour dans sa camionnette, cette fois-là elle avait bien failli surprendre son époux en train de besogner Martine heureusement que le chien avait donné l'alerte en voyant l'engin mécanique stationné devant la grille. Le François eut juste le temps de rajuster les bretelles de son pantalon sur sa chemise qu'il avait dans sa précipitation boutonnée en décaler le dimanche avec le lundi.

Il recouvrit vite fait Martine sous la paille propre en lui intimant de ne faire aucun bruit et aucun mouvement, François sorti de la pénombre qui l'arrangeait bien, en se dirigeant vers le seuil de l'étable que Germaine était prête à franchir, il trouva vite fait un stratagème pour faire sortir son épouse de l'étable sa main sur l’œil gauche, il lui fit croire qu'il avait attrapé une poussière de la paille dans celui-ci, et qu'il valait mieux se mettre à l'extérieur à la lumière pour qu'elle puisse lui retirer cet intrus invisible. Son épouse agacée de ne rien voir se lança dans une brève digression en lui faisant une remarque saugrenue ", tu as vu, comment tu t'es fagoté ce matin", il ne répondit pas à ce détail qui aurait pu devenir gênant il glissa un haussement d'épaules pour fermer le sujet vestimentaire, afin de remettre son épouse sur la bonne voie, il l'interpella ", tu ne vois toujours rien dans mon œil ?"

Dès que le couple s'éloigna de l'étable Martine se rhabilla rapidement pour aller reprendre sa corvée à écosser les mojhettes en se secouant de toute part pour chasser toute cette paille heureusement que ses cheveux étaient coupés à la garçonne sous la tendeuse militaire de Germaine, elle pensait qu'il ne fallait pas que Martine soit trop féminine afin que François ne soit pas tenté par cette fraîcheur et cette beauté naturelle même habillée dans un sac, elle restait encore pétillante et désirable. Germaine savait qu'à 40 ans, elle cumulait beaucoup d'handicaps physiques par rapport à cette maudite fleur qui avait la quintessence de la jeunesse et cette beauté dont elle était jalouse, qu'elle n'eût jamais eu pendant sa jeunesse, les rides, elles avaient déjà fait leurs œuvres de démolition avec les travaux des champs sous le soleil de plomb, son visage était tout fripé comme une figue séchée. Pourtant de qui pouvait-elle avoir peur pour son couple ?

Son François avait les mains et les pieds liés à son épouse, sans elle, il ne serait qu'un commis de ferme ou au mieux un métayer exploité par un riche propriétaire dans une autre exploitation sur la moitié de la récolte. Leur union était donc indéfectible grâce à la propriété que madame avait dans sa corbeille de mariage. En période de vacances scolaires par tous les temps et toute la journée Martine était au champ pour garder les vaches et les chèvres et là, c'était au tour du domestique du voisin Lucien un jeune homme de 35 ans qui faisait partie d'une trop grande famille de 7 enfants dont il était l’aîné, à ses 15 ans ses parents avaient décidé de le placer dans cette ferme, le deal était le gîte, blanchi et le couvert en échange de son travail. Il voyait rarement ses parents et ses frères et sœurs, ils avaient grandi sans lui et l'avaient oublié laissé à son destin dans cette ferme qu'il n'avait pas quitté durant ses vingt années.

Il savait que Martine avait un mal fou à garder son troupeau dans le périmètre du champ qui était tout en longueur sans clôture seulement un bois à son extrémité d'où les pilotes des avions de chasse de la base de Cognac venaient précisément faire des exercices en ce lieu presque quotidiennement dans un fracas terrifiant, Martine était paralysée par ce tonnerre mécanique des bombardiers, elle perdait le contrôle sur ses bêtes. Les pilotes improvisaient des piqués au-dessus du bois pour terminer en rase-motte, sur le troupeau fou qui partait en étoile. C'est à ce moment-là que Lucien son samouraï profitait pour lui offrir son aide qui n'était pas gratuite , une aide en échange d'un gros câlin comme il disait.

Martine n'avait pas le choix, car la punition serait pire de la part de ses parents nourriciers si les vaches rentraient le soir grosses comme des énormes ballons la panse pleine de luzernes qu'elles auraient broutées du champ voisin. De toute façon Martine n'allait pas se plaindre à François des abus de Lucien, qu'elle trouvait même parfois plutôt agréable quand elle était consentante, à celle du rabbit François qui lui aussi voulait sa part vite fait toujours peur de se faire surprendre, elle ne pouvait pas non plus se plaindre à Germaine que tous les hommes et le sien voulaient un droit de cuissage elle l'aurait traité de dégénéré et d'affabulatrice, quant aux fonctionnaires de la DDASS qu'elle ne voyait presque jamais, dont elle connaissait déjà la leçon de morale et la devise "on n'écoute pas l'enfant qui fabule sinon les placements deviendraient impossibles" quant à la leçon morale, elle ne change pas. Elle est gravée dans le granite de la DDASS : "tu sais, tu as de la chance que cette famille exemplaire t'héberge ils ont franchement du mérite et du courage (Martine pensait "avec la pension trimestrielle qu'ils percevaient, cela pouvait bien les aider à obtenir un semblant de mérite ") elle t'offre un foyer alors que certains enfants n'ont rien ! Toi, tu n'es qu'une gamine capricieuse qui n'apprécie rien et tu es, en plus, médisante, tu n'as aucune reconnaissance envers cette famille.

Martine méditait en pensant que ce qu'il y a d'encombrant dans la morale, c'est toujours la morale des autres et que cette morale était à cent lieues de la réalité et du quotidien que vivait Martine; c'était certainement au nom de la morale que Germaine et François la cachaient quand ils recevaient leur famille de la ville, elle n'avait plus aucun droit de naviguer dans la maison et de s'installer à la table familiale où les invités avaient pris place, d'ailleurs son repas lui était servi bien avant que la famille passe à table, dans la grange sur la charrette à fourrage. Ces instants faisaient monter en Martine une désagréable mélancolie à chialer toute l'eau de sa magnifique personne, Qu'avait-elle pu faire pour être traitée aussi odieusement, pourquoi cette différence flagrante entre ces adolescents des invités.

Pourtant, Germaine était une catho pratiquante assidue, elle n'aurait sous aucun prétexte manqué l'office du dimanche recevoir l'hostie pour elle, c'était atteindre le saint Graal. Elle attendait agenouillée avec impatience son tour, la bouche grande ouverte avec une haleine de hyène, elle tirait complétement sa langue pointue afin que le curé puisse lui déposer dessus l'hostie tout en contournant adroitement son encombrant et protubérant nez, sa bouche était grande ouverte ce qui permettait au curé et au jeune sacristain d'avoir une vue profonde sur ses amygdales alors que François s'autorisait d'assister de ses instants à la toilette de Martine dans le grand baquet.


Chapitre N°30 “Allô ! la famille nourricière Nous arriverons tel jour.

Quand l'inspecteur de la DDASS avisait les parents nourriciers de sa proche visite à la pupille, la vie de Martine devenait pour quelques jours un conte de fées. Une vraie chambre avec un cabinet de toilette attenant était à sa disposition, plus de stations accroupies dans l'étable sous surveillance, plus d'abus sexuels, plus de vaches au champ, plus de traite, plus le vidage de la fosse à purin des cochons. Elle portait des vêtements propres et avait même reçu une petite délicatesse de la part de madame, elle lui avait glissé un mouchoir imbibé de l'Eau Cologne dans la poche de sa nouvelle blouse qui n'était plus grise, ce gris qui était bien pratique pour camoufler la crasse et les taches, mais, hélas, pas l'odeur des cochons elle était toujours persistante.

Pour cette unique circonstance, elle portait une blouse plus fantaisiste avec des couleurs joyeuses, elle était rouge bordeaux, avec le col et les revers des poches en rouge dégradé. Elle faisait son effet, même qu'elle rendait à Martine une bonne mine, elle était une autre personne, un optimisme s'affichait sur son beau visage androgyne . Elle n'avait plus cet enfermement sur elle-même qui lui rongé toute sa personnalité. Mais elle ne restait pas dupe pour autant... Le lavage de cerveau était constant pour que le jour( j) soit conforme au niveau de la famille exemplaire et surtout qu'elle reste bien notée." Attention ! La drôlesse pas d'entourloupette sinon après la visite cette maison sera pour toi un enfer de douleur " disait en chœur le couple machiavélique, Martine savait que ces suppôts de Satan ne pouvaient pas faire pire, car elle vivait déjà les enfers. Et après la visite effectivement l'enfer était vite revenu.

Nicole 16 ans par un commis agricole. Florida 17 ans par son employeur fermier. Martine 16 ans par son père nourricier et le domestique du voisin. Georgina 14 ans par le domestique du voisin de ses parents nourriciers. la liste des personnes abusées n'est pas exhaustive monsieur le directeur vous qui ne vouliez rien entendre et ne rien voir. Pour vivre égoïstement uniquement de votre petit confort loin de toute cette mistoufle d'affection et l'usage de tous ces mauvais traitements qui ont traumatisé une bonne partie de leur vie à ces pupilles adolescentes et adolescents qui vous étiez confié.


Chapitre n°31 Une justice bourgeoise pratiquée et aseptisée en catimini entre-soi juges et délinquants.

Denis était devenu un adolescent avec une corpulence et une taille qui lui permettait de maintenir à l'écart ces salauds qui faisaient subir aux filles adolescentes des placements cauchemardesques.
Pour en finir avec ce parasite de monsieur Moreau. Un personnage qui est arrivé par un moment d'inattention Dieu lui avait offert en toute confiance son ciel bleu dans ses yeux, persuadé qu'il serait un modèle pour le genre humain, alors qu'effectivement ses yeux avaient tourné au rouge comme venant directement des ténèbres, il était le diable qui savait paraître une personne idéale, enjôleur en étant plein de bonnes intentions sadiques ..

Denis avait appris plus tard que ce monsieur était passé malgré ses relations par la case prison, il ignore qui de ses filles ou de son épouse l'avait dénoncé ? Mais ce personnage grâce à sa truelle virtuose il aurait pu vous transformer la gentilhommière d'un notable en château d’Azay-le-Rideau, ce qui fait que son séjour en prison n'était qu'un gâchis totalement insupportable ce n'était quand même pas un crime de sang ! D'abuser de ses filles en entre soi ça reste dans la famille, tant qu'il ne va pas pervertir les filles de ses amis notables.

Il y avait à l'extérieur tant de rénovation à effectuer dans les gentilhommières de chez gens, surtout chez un en particulier un industriel local de Montmoreau qui avait un bras si long, si long en relationnel avec les élites les plus importantes de la Baronnie charentaise. En plus, cela persiste toujours dans nos régions en zone rurale, certains ont encore gardé des pouvoirs et une influence indéfectible auprès des administrations ou des services de l'État afin de ralentir ou de bloquer des dossiers discrètement en les perdant dans les dédales de nos administrations, pour servir leurs protégés sans foi ni loi qui sont souvent des ordures qui pratiquent des abus de pouvoir en bénéficiant de l'impunité que leur confèrent leurs positions. Monsieur Moreau est ressorti de prison, paraît-il inconsolable avec des milliers de regrets envers sa famille et surtout pour Isabelle et Annick qui d'ailleurs ne voulait plus de lui sous leur toit. Il a donc décidé de se mettre en ménage avec sa visiteuse et confidente de prison. Cette dame certainement aveuglée par l'espoir d'un amour incommensurable et impressionnée par tout ce relationnel le bougre avait du charme qui lui permettait d'avoir toujours un coup d'avance surtout quand il a fait la connaissance de sa gamine de 14 ans qui vivait avec elle, il n'allait certainement pas refuser l'hébergement que lui proposait avec insistance cette nouvelle compagne incrédule. Il a passé trois mois dans l'ambiance d'une douceur et d'une courtoisie excessives et exagérément hypocrite et obséquieuses jusqu'à cirer les pompes de cette gamine, aux yeux de ces deux femmes il méritait un rachat de réhabilité entier et définitif.

Mais un jour ! Bas le masque, plus de soumission, sa courtoisie, n'était plus qu'une fureur, il avait repris la peau de ce loup en rut incontrôlable et déchaîné, il fit qu'une bouchée de sa princesse comme il l'a surnommé.

Merci ! À ce cher bourgeois naïf d'avoir fait confiance à ce fauve qui avait goûté à la chair fraîche en pensant qu'il n'y reviendrait plus. L'histoire ne dit pas s'il a eu le temps d'utiliser sa truelle pour reprendre les travaux qu'il avait commencés à son premier emprisonnement ?

La DDASS avait horreur des pupilles rassemblés au foyer sans affectation, ils pouvaient se raconter et comparer leur régression d'infortune sur l'échelle de la souffrance, en groupe, ils pouvaient aussi se solidariser et faire murir des mauvaises idées de révolte.

Les fonctionnaires se passaient donc de leur avis pour leur trouver un nouveau placement, car avec une main-d’œuvre aussi bon marché c'était une bonne aubaine, en 48 heures Denis avait été déjà réquisitionné et sélectionné par un nouveau maître, oh ! Pardon, un nouveau patron pour une nouvelle aventure et forcement un nouvel asservissement total en CDI que seul le maître pourra résilier à sa convenance sans aucun motif à présenter de quoi ravir son nouvel exploiteur pour le prix d'une bornée et d'un lit sans rêve.

noel 1961 piece de théatre  le poulet 001

Suite n°2.( A Julien) "Le fumier ça se conjugue aussi dans ce coin-là..."

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